Soyons Net - Page 7

  • Ma Mère, cette Italienne (15, à suivre)

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     5 juin 1933: Pierre Cot a la cote, le ministre français de l'air passe son brevet de pilote et madame Antoinette Vogel, ex-mademoiselle Antonietta Banfi, met  au monde son premier garçon, Frédéric. La fameuse prédiction du bédouin au mouchoir est en bonne voie.
     
     Onze jours plus tard, à Tel-Aviv, on assassine le chef du département politique de l'Agence juive Haïm Arlozoroff, sioniste convaincu. 
     
     - Tu as l’air bien sombre aujourd’hui, que se passe-t-il? demanda Antoinette à son mari, en allaitant son enfant.

     - Je viens de lire dans la presse une triste nouvelle, répondit Edgar, le regard lointain... On a un tué un poète juif, défenseur de l'idée d'un État d'Israël et du retour des Juifs en Terre d'Israël.

     - Tu connaissais?

     - Pas du tout mais le drame s’est déroulé dans la même ville où, quand j’étais enfant, l’ancien ou un des anciens médecins du tsar, juif lui aussi, m’a sauvé d’une méchante grippe.

     - Où exactement?

     - A Tel-Aviv, en Palestine... Dans le même  hôtel où descendait souvent Latife Uşşaki.

     - Qui ça?

     - La future épouse-éclair d’Atatürk... Des oui-dire. Est-ce vrai, est-ce faux?...

     - Que faisais-tu là?

     - Ma mère, mon frère Charles et moi, nous suivions toujours le Grand Maître dans presque tous ses déplacements commerciaux.
     
     - Le Grand Maître?

     - Mon père.

     - Pourquoi le traites-tu ainsi?

    - Ce n’est pas péjoratif. C’était vraiment un grand maître à tous les points de vue... Il profitait des voyages pour nous enseigner un tas de choses. Sur le terrain.

     - Par exemple?...

    Haïm Arlozoroff.jpg

    Haïm Arlozoroff (pour plus d'infos cliquez sur la photo)

    Latife Uşşaki.jpg

    Latife Uşşaki (pour plus d'infos cliquez sur la photo)

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  • Bienvenue année 2021!

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    Adieu 2020! Adieu les nombreux messages inules sur Twitter de cet étrange président états-unien qui, avec son incohérente logique concernant l'histoire a redonné Jérusalem au peuple hébreux mais a totalement oublié de rendre Hawaï aux Hawaïens, New York aux Iroquois et tout le reste de l'Amérique aux autres Peaux-Rouges! Adieu le virus made in China, j'espère, qui, malgré sa cruauté, nous a rappelé qu'il faut toujours se méfier d'un plus petit que soi, qui passe vraiment inaperçu, et des eaux dormantes! Et avant tout que tous les gouvernements se valent face à un montre incontrôlable!

    Adieu année écoulée!

    Nous nous souviendrons d'elle, avec son Covid-19, avec beaucoup de dégoût, de tristesse ou de rage. Surtout ceux qui ont perdu un être cher, leur emploie ou leur entreprise. Ou, pour le moins pire, l'avoir transformée en une société en ligne.

    Adieu l'ancienne, bienvenue la nouvelle!

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  • Vous avez dit démocratie?

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    Dans une cité, dite démocratique, dont la majorité de ses citoyens sont des andouilles, les élus ne peuvent être que des imbéciles.

    *

    En dictature, c’est la loi du plus fort qui fait foi. En démocratie, c’est celle du plus grand nombre.

    *

    Tout impôt abusif est un vol étatique.

    *
    La générosité d’un élu ne sort jamais de sa poche.

    *

    Les élus, pas tous heureusement, n’ont que le génie de faire croire au peuple qu’ils sont
    géniaux. Car, la plupart du temps, ils ne sont guère plus efficaces que ma concierge quand elle fait bien son travail. C’est-à-dire: lorsqu’elle nettoie, correctement de bas en haut, les escaliers de son immeuble. Permettant ainsi aux visiteurs de passage de constater l’ordre et la propreté.

    *

    Pour avoir le maximum de change d’être élu, la première chose à faire est de choisir le bon parti. C’est-à-dire: celui qui a le plus le vent en poupe.

    *

    Les clés du succès de la démocratie helvétique ne dépendent que des serrures que l’on a bien voulu dévoiler au peuple et au monde.

    La plus rouillée d’entre elles est la collégialité. À force d'être utilisée, finira-t-elle un jour par se briser?

    *

    Les traîtres à la patrie sont moins à blâmer qu’une patrie qui fabriquent des pauvres et des sans-abris.

    *

    Les institutions dont il faut se méfier le plus dans une démocratie, ce sont la police et l’armée.

    Deux institutions qui peuvent mettre tout une population en péril uniquement pour satisfaire les exigences d’un chef devenu fou ou imbu de pouvoir.

    *

    Les listes électorales me font souvent penser aux cartons du loto. Il surfit parfois de tomber sur le bon carton pour gagner.

    *

    Après chaque votation, il y a toujours forcément des gagnants et des perdants.

    Parmi les perdants, il y a ceux qui n’acceptent pas leur défaite, ceux qui s’adaptent à la situation et ceux qui s’en foutent. En somme, la démocratie encourage la révolte, la soumission et l’indifférence.

    (Extraits de Aphorismes entre autres)

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  • Petite anecdote en trois volets sur mon Casse-tête préféré

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    L’homme inventa la poudre.
    Dieu fit pire, il créa l’homme.
    #
    Dieu créa l’homme à son image, selon certains.
    Mais en vérité, il créa d’abord la femme grâce à sa beauté et sa douceur, ensuite l’homme à cause de sa dureté et son entêtement.
    #
    Après avoir créé la femme et l’homme, Dieu se reposa... Comme il n’avait personne à qui devoir rendre des comptes, ni épouse ni patron, il fit une longue et paisible sieste.
    Malheureusement, quand il se réveilla, découvrant à sa grande stupéfaction un monde en feu et en flammes et ses créatures en train de s'entretuer, il s’écria avec tristesse et colère:

    - Mais qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour mériter ça?

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  • Ma Mère, cette Italienne (14, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgEt Edgar, alias Eddy, alias Pitzi, alias El Inglizi, expliqua:

     - En attendant que les autorités helvétiques se décident à descendre de leurs montagnes enneigées et se confronter enfin à la réalité, les consulats de leurs trois pays voisins s’occupent des suisses établis en Égypte et Dieu sait où ailleurs.

     Il sortit de la poche intérieure de sa veste en coton égyptien son passeport français, l’ouvrit à la première page et dit à Antonietta en le lui montrant:

     - Regarde, c’est marqué administré de nationalité suisse... Quand nous étions sous la tutelle de l’Allemagne, nous étions souvent espionnés par des agents britanniques. Alors un soir sous haute surveillance, afin que ce jeu ridicule cesse, mon père décida de bannir à jamais l’allemand au sein notre la famille. C’est pourquoi, à part mes sœurs Henriette et Wanda nées bien avant nous, mes frères et moi ignorons totalement la belle langue de Goethe.

     - Quelle triste décision politique, murmura-t-elle.

     - Tout est politique sauf souvent les politiques... Mais heureusement un jour, mon père qui ne supportait pas les longues attentes, se fâcha avec le consul prussien et se rendit d’un pas pressant au consulat général de France où il fut accueilli les bras grand ouverts. Comme aujourd’hui... 

     En effet, Monsieur Louis Frédéric Girieud, assisté de deux témoins pris au hasard parmi ses collaborateurs, célébra le mariage d’Antonietta Banfi et d’Edgar Vogel et  ajouta à son traditionnel discours enflammé et joyeux:

     - Edgar, élève brillant au Lycée français d’Alexandrie, j’espère qu’aux moments les plus  sombres de l’histoire, vous n’oublierez pas la France et encore moins sa culture. Et soyez loyal envers vos amis et vos alliés comme votre père l’a toujours été.

     Et le jeune directeur de dix-huit ne se sentit plus pisser, crierait aujourd’hui sur les toits le plus minable des journalistes. C’est-à-dire: celui qui est bourré de préjugés et partisan du copier-coller sans la moindre preuve.

    Lycée français d'Alexandrie, Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpg

    Lycée français d'Alexandrie (cliquez sur le premier certificat)

    Lycée français d'Alexandrie, Ma Mère cette Italienne Hank Vogel*.jpg

    Consulat général de France à Alexandrie (cliquez sur le dos du certificat, en arabe)

    Certificat d'Edgar Vogel, Mère cette Italienne Hank Vogel.jpg

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  • Joyeux Noël 2020

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    Hank Vogel en Père Noël.jpgVu la situation sanitaire actuelle, pour être sûr de voir le Père Noël cette année, j'ai décidé de me déguiser... non, de prendre sa place et œuvrer tel que lui. Malheureusement, uniquement là où j'habite et là où je séjourne de temps à autre. C'est-à-dire à Pouchkine-Inkeri et à Ohalatva. Surtout à Ohalatva où vécurent jadis des Ingriéens.

    Car, en fouillant à fond aux tréfonds de mon âme, je me suis rendu compte que j'ai  beaucoup plus de plaisir à offrir qu'à recevoir. Donc, en parfait égoïste imbu de lui-même, je profite de Noël pour donner, donner, donner... même un sourire, sans rien espérer en retour.

    Bien que le Bouddha me conseillerait de choisir la voie du juste milieu et je resterais muet!

    Mais à celui ou à celle qui me dirait, comme a essayé de m'en persuader un chercheur post-universitaire il n'y a pas si longtemps, Noël, Nouvel An et toutes les autres fêtes n'ont aucun sens, elles sont aléatoires dans la trajectoire du temps, je lui répondrais, en pensant aux paroles de mon cher père, je préfère la lune du poète à celle du scientifique.

    Si les réunions de famille(s) ou entre amis, grâce aux fêtes, ne servent à rien, alors adieu l'humanité! Et bonjour les ténèbres!

    Joyeuses fêtes à tous et à toutes. Ou plutôt à toutes et à tous.

    1024px-Inkerin_lippu.svg.png

    Les Ingriens (cliquez sur le drapeau)

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  • Ma Mère, cette Italienne (13, à suivre)

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     Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgMais la calèche s’arrêta à ce moment-là.

     L’Au-delà a ses règles et ses lois qui dépassent l’entendement, pensa certainement l’Italienne, ma mère. Un pigeon en plein vol qui défèque sur le paletot d’un patron en train d’engueuler un employé, il faut voir cela comme un signe du ciel. Peut-être, un avertissement pour le dominant ou l’exploiteur et une chance pour le dominé ou l’exploité. De toute façon, il y a rupture lors de l’évènement, sa continuité est interrompue. Tout cela en d’autres termes ou nébuleusement, bien entendu.  

     - A toi maintenant, répéta Edgar.

     -  Tout le monde descend maintenant, hurla  le cocher, simultanément. Mon cheval crève de soif et a besoin de repos. De toutes  façons, vous êtes arrivés à destination. 

     - Quand deux maintenant se croissent presque, mieux vaut obéir au plus pressant, fit-elle.

     Le couple descendit de la calèche et la femme, une peu inquiète, demanda à l’homme:    

     - Pourquoi ici en face du consulat français?

     Et l’homme, tout souriant et sûr de lui, répondit:

     - Pour nous y rendre tout simplement, ma chère.

     - Quémander un visa?

     - Non, nous marier.

     - Mais, mais... pourquoi pas au consulat suisse?

     - Parce qu’il n’existe pas encore.

     - Comme c’est étrange!

     - Rien n’est étrange, tout s’explique en fin de compte.

    - Vraiment?

     Et Edgar, alias Eddy, alias Pitzi, alias El Inglizi, expliqua:...

       

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  • Ma Mère, cette Italienne (12, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgEt le jeune chercheur en sciences occultes répondit fébrilement:

     - Mezzo mezzo! Entre la harpe et le scalpel.

     - C’est-à-dire?

      - Dans un premier temps, on regarde, on fouille, on découvre et on s’étonne. Dans un second temps, on s’interroge, on se renseigne et on cherche à comprendre le pourquoi de la chose.

     - Pratiquement?      

     - Après chaque séance, si l’on peut appeler cela ainsi, mon papounet déchirait la feuille en mille morceaux et jeter à la poubelle ces bouts de papier chargés de messages célestes. Et moi, curieux comme n’importe quel voyou en pleine puberté, caché derrière les rideaux de sa chambre préférée, son laboratoire privé, je le regardais faire,  dans son état second ou pas... craignant parfois le pire.

     - Pourquoi, il te frappait souvent?

     - Un homme intelligent ne bat jamais ses enfants... Non, j’avais peur qu’il me gronde pour mon comportement sauvage...

     - Et?

     - Le lendemain matin, je plongeait ma main indigne là où il ne fallait pas.

     - Tu fouilles dans la zibala (ordures en persan)?

     - C’était une belle corbeille en osier.

     - Le principe est le même. Bon bref! Et après?

     - Des fragments de mot, des mots amputés qui ne suscitaient aucun désir de verbalisation. Est-ce clair pour toi?

     - On se croirait à l’université...

     - Sauf une fois! Deux lexèmes, tel un couple uni pour l’éternité, m’ont terriblement secoué... à jamais secoué.

     - Lesquels?

     -  Caro paperino... Quant à la suite, elle est plus que ordinaire... Un soir de pluie, adulte, aussi rusé, indélicat et distant qu’un officier de police, je demandai à ma mère si feu son mari flirtait avec les esprits. Et la vieille dame, sereine et digne, me répondit: oui, toutes les nuits mais seulement avec Fifi... A toi maintenant...

     Mais la calèche s’arrêta à ce moment-là...

    Edgar, son père ert son frère : Ma Mère cette Italienne de Hank Vogel.jpg

    (de droite à gauche) Edgar, son père et son petit frère au fameux laboratoire...

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  • Ma Mère, cette Italienne (11, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgEt comme la vérité toute crue n’a pas besoin d’ornements, contrairement au beau mensonge que l’on se force à faire gober, Edgardon, autre surnom tardif, dit en toute simplicité, naïvement pour les incrédules durs à convaincre:

    - En secret, tous les jours ou presque aux alentours de mi-nuit, durant plus de vingt ans, mon père a communiqué avec son fils mort. Mon frère Fifi que je n’ai pas eu la change de connaître... Mon paternel hors du commun s’installait confortablement à son bureau, posait une feuille de papier vierge sur le buvard, décapuchonnait son inséparable stylographe... et attendait que sa main se mette à écrire, sous l’influence de... Mystère! Tu t’imagines la scène? Psychographie ou écriture automatique?    
     
    Et forcément, malgré le son des galops du cheval et des claquements du fouet du cocher, Antonietta, en parfaite espionne amatrice,  imagina la scène comme si elle y était. Mais demanda à son cher et tendre:

    - Des preuves? C’est du vécu ou du rapporté telle une information journalistique transformée ou déformée?...

    Chico_Psicografia_Emmanuel.jpg

    Psychographie (cliquez sur l'image)

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  • Ma Mère, cette Italienne (10, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpg5 juin 1932: le Grand Prix automobile de Milan ouvre ses portes, Edgar Vogel ferme définitivement celles de sa Balilla et propose à Antonietta Banfi de se balader avec lui en calèche...

    Un pékin tiré à quatre épingles au volant de sa voiture est cent fois moins expressif et mille fois moins entreprenant qu’un zigoto qui ne conduit pas.

    - Par hasard, aurais-tu tes papiers sur toi? demanda le jeune homme à sa belle, loin d’être une donzelle.

    - Comme c’est étrange! répondit-elle d’un air béat.  Ce matin en me levant, un ange de la sainte d’Alexandrie m’a conseillée en sourdine de les baiser en signe d’adieu...

    - Je parlais... il s’agit de ton passeport ou de tout autre document certifiant ton identité et ta nationalité...

    - J’ai très bien compris. Mais l’un n’empêche pas l’autre.

    - Je ne te suis pas.

    - Tout le contraire de mon attitude.

    - Encore moins.

    - Pourtant, moi je te suis bien et je ne m’inquiète pas. Pour l’instant.

    - Qu’est-ce qui te faire ça?

    - Tes mains, tes gestes, ta voix, tes yeux... Tu ne pourrais pas comprendre. Ça m’étonnerait que tu sois quelqu’un de très mystique.

    - Tu as à moitié raison, car j’ai failli le devenir mais mon père l’était terriblement.

    - Raconte!

    - Toi d’abord! C’est quoi, c’est qui ce chérubin?...

    - Non, toi!...

    Calèche à Alexandrie.jpg

    Une calèche à Alexandrie

    Catherine d'Alexandrie.jpg

    Sainte (Catherine) d'Alexandrie (Cliquez sur l'image, si bon vous semble!)

    Mystique.jpg

    Mystique (Cliquez sur l'image, si bon vous semble!)

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  • Ma Mère, cette Italienne (9, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgUne semaine plus tard, voire deux, Edgar, tout décontracté mais quelque peu prudent au volant de sa balilla, demanda à Antonietta, assise fièrement à côté de lui:

    -  Quelle est la différence entre une colonie et protectorat?

    - Encore une devinette helvétique pour évaluer le quotient intellectuel d’une Italienne! répondit-elle, le regard un tantinet froissé... N’est-ce pas?

    - Absolument pas.

    - Alors je ne sais pas... 

    - Essaie! Imagine! Fantasme!

    - Tout ce que je sais,  c’est que l’Égypte est un protectorat britannique.

    - Était... Elle ne l’est plus depuis l’année de ma naissance. Mais pareil au chien, l’ envahisseur ne lâche jamais son os. D’où... Accidenti!... 

    - D’où quoi?

    - Excuse-moi! J’ai failli écraser un chat.

    - Je n’ai rien vu... Noir?

    - Non, tigré.

    - Bon présage!

    - Serais-tu superstitieuse?

    - Comme tous les habitants d’Alexandrie.

    - Les Grecs et les Italiens surtout.

    - Et toi?

    - Pas du tout. La seule chose à laquelle je crois... peut-être... peut-être...

    - Je t’écoute.

    - Un bédouin m’a prédit que j’aurai trois fils et... non, rien.

    - En dépit de ton apparence,  j’ai l’impression que l’automobile et toi ça fait deux... Au fait pourquoi l’as-tu choisie aussi sombre que la mort et non pas... rouge par exemple?

    - Parce que ta couleur préférée sans doute est strictement réservée à la royauté dans ce pays de cocagne.

    - Vraiment?...

    - Et aux pompiers aussi.

    - En somme, aux arroseurs et aux arroseurs arrosés.

    - A qui fais-tu allusion?

    - Aux pachas et au roi.

    - Sais-tu que mon père a fait fortune grâce au Khédive. Lequel et quand, je l’ignore.

    - Comment ça?

    - Le noble seigneur lui avait accordé la permission de vendre et d’enregistrer librement des disques sur tout son territoire... à la barbe des Britanniques. Trop nuls pour reconnaître les talents locaux. Telle qu’ Oum Kalsoum... 

    - Accordé personnellement?

    - Tout est possible avec un libre-penseur...  C’est lui qui a découvert la diva mais l’histoire officielle, toujours du côté des dominants, ne tardera pas à effacer une bonne partie de la vérité... Bref! Et ta réponse?

    - Quelle réponse?

    - Concernant la devinette helvétique.

    Antonietta ferma les yeux et dit lentement, en fouillant dans mémoire:

    - Les Italiens parlent beaucoup, les Suisses    ont de la peine à parler par peur de salir leur neutralité et les Anglais changent souvent de titre mais racontent toujours la même histoire... Il n’y a aucune différence!

    Et Edgar ajouta:

    - Si ton maître te traite aujourd’hui de bourricot et demain de bourrique, tu peux être certain qu’il fait partie de la bande des sujets de Sa Majesté le Roi. Sentence fraîchement promulguée!

    Balila.jpg

    Balilla (pour plus d'infos, cliquez sur la voiture)

    Flag_of_Egypt_1922–1958.svg_.png

    Protectorat britannique d'Égypte  (... cliquez sur le drapeau égyptien de 1922 à 1958)

    800px-Coat_of_arms_of_the_Khedive_of_Egypt.svg copie.jpg

    Khédive (... cliquez sur les armoiries)

    Concernant Oum Kalsoum

    Ajout trouvé sur Internet, en anglais et traduit en français par Google:

    Karl Friedrich Vogel, un Allemand (au lieu de Suisse allemand) basé dans la ville égyptienne d'Alexandrie, était le principal représentant de la Gramophone Company pour l'Égypte, la Turquie, la Grèce, la Syrie, la Palestine et Chypre. Il était également l'homme responsable de la découverte et du premier enregistrement de Oum Kalsoum et de Mohammed Abdel-Wahab. Alors que l'enregistrement se déroulait à Constantinople, Vogel entreprenait une tournée automobile en Palestine pour évaluer le potentiel commercial. Avec l'avènement du procédé d'enregistrement électrique au début de 1926, toute l'industrie du disque se sentit confiante quant à l'avenir. Les disques étaient plus forts et plus clairs maintenant qu'ils ne l'avaient jamais été, et les clients n'avaient pas besoin de nouvel équipement pour les lire. C'était le processus d'enregistrement, pas le système de lecture, qui était électrique.

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  • Projection 2021

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    Les pommes et l'arbalète, Hank Vogel.jpgLes petits nains du gouvernement helvétique, cesseront-ils de se prendre pour des géants, en jouant aux grands dadais et en fermant les yeux sur le commerce des armes de guerre, à moitié confectionnées made in Switzerland?

    Et le chauve, à cheval entre la culture et la santé, toujours à l’intérieur et jamais à l’extérieur, qui a piqué la place à un bienfaiteur social beaucoup plus doué que lui, cessera-t-il aussi de donner des ordres tous azimuts, à la va-te-faire-foutre, excitant ainsi les soi-disant révolutionnaires cantonaux.

    A quand la fin de la dictature des assurances obligatoires et des loyers chers qui m’a forcé à fuir à l’étranger?

    Il y a trop de pommes en Suisse. Et pas un seul arbalétrier prêt à tout!

    Suis-je condamné à vivre en exil encore pour longtemps?    

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  • Ma Mère, cette Italienne (8, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgPendant qu’Edgar (alias Eddy, alias Pitzi, alias El Inglizi) s’était permis de faire un petite escapade au premier étage chez sa grand-maman au lieu se rendre directement à la cuisine pour préparer le thé, la fragilisée Teutonique confia à l’infaillible garibaldienne:

    - J’ai accouché huit fois. À Naples, à Milan et ici... et j’ai passé par toutes les étapes de la vie d’une femme entièrement dévouée à son mari et à sa descendance sans jamais me lamenter. Pour le pire et pour le meilleur. J’ai vu périr deux de mes gosses, le plus sensible et la plus innocente. Frederico à l’âge de quatre ans et Egizia à peine âgée de cinq moi. Et j’ai failli voir agoniser un troisième, robuste tel un chêne celui-ci. Mais heureusement, par miracle, Waldi a survécu à sa folle blessure... Il fallait le faire!

    - Quoi donc, Madame?

    - Mon aîné est très intelligent, peut-être  le plus intelligent de tous mes enfants, mais c’est un romantique dangereux. Surtout dangereux pour lui-même. Quand la réalité dépasse la fiction, le passé et le présent... non, c’est trop compliqué. Il s’est tiré une balle dans la tête. Sur l’île Nelson!

    - Au large d’Aboukir?

    - Exactement!... afin de mourir en martyre ou  en héros, comme ces pauvres marins et soldats de la fameuse bataille navale entre les flottes britannique et française...  

    - Mais il n’y a jamais personne à cet endroit. Sur cet îlot historique...

    - Sa censée fiancée était là. Elle devait se suicider avec lui ou après lui mais elle a préféré appeler  au secours.

    - Pour quelle raison tout ça?

    - Mon regretté époux était un homme très prévoyant et très charitable, vraiment compatissant. Malgré cela, par sa prestance, son allure de kaiser prêt à tout, il faisait  trembler tout le monde... et Waldi, à cette époque,  se rebellait facilement contre tout ce qui lui semblait dominant et effroyable. Et l’idée répétée de son père d’aller terminer ses études à Londres ou à Cambridge fut la goute d’eau qui fait déborder le vase. Vous voyez ce que je veux dire?

    - Fort bien. Moi, j’aurais obéi sur le champ. Car j’adore les voyages.

    - Alors vous vous entendrez à merveille avec Eddy. Mais, au fait, pourquoi je vous raconte tout ça? Ah oui!...

    Mais à cet instant précis, Edgar, souriant et les mains vides, se pointa en déclarant:

    - Mémé Henriette, en parfaite Glaronaise, nous conseille plutôt d’aller déguster une bonne saucisse de Vienne chez Lanz puis une succulente glace aux marrons chez Groppi. Et zut aux soi-disant délicatesses made in England!...

    Karl Vogel.jpg

    Karl Vogel  (pour plus d'infos, cliquez sur la photo)

    Le contre-amiral Sir Horatio Nelson.jpg

    Le contre-amiral Sir Horatio Nelson  (... cliquez sur la photo)

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    Giacomo Groppi (... cliquez sur la photo)

    La

    La "Boucherie et Charcuterie Suisse" de Jacob Lanz (... cliquez sur la photo)

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  • Ma Mère, cette Italienne (7, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpg12 mars 1932: la police parisienne, toute hagarde, découvre le corps inanimé d’Ivar Kreuger, le roi des allumettes suédoises, à côté d’une arme à feu et la théorie du complot se met en branle. Et Antonietta Banfi apprend avec stupéfaction que la villa de Madame Hermine Hélène Vogel, la chère maman d’Edgar, se trouve à deux pas de celle de la famille Hess où naquirent Rudolf, Alfred et Margarete.

    Quand l’histoire ne nous colle pas à la peau, elle nous suit partout comme un toutou.

    Après les traditionnelles et pompeuses présentations, Antonietta demanda à la mère de son tout nouveau petit ami, en présence de ce dernier bien entendu:

    - Vous n’avez pas peur de vivre toute seule dans cette immense demeure non loin d’un habitat chargé de démons malfaisants?

    - Si vous faites allusion à la maison où le petit Rudy a fait pipi dans le jardin, alors sachez que la mienne est encore plus hantée, rétorqua la jeune veuve... Les mauvais esprits et les fantômes me font moins peur que les vivants. Et puis je ne vis pas seule mais en compagnie de ma belle-maman qui doit être maintenant en train... en train de...

    - De?

    - De compter les étoiles...

    - En sirotant un grand verre de porta et en fumant un petit cigare ou l’inverse, poursuivit Edgar en souriant.

    - Ça tombe bien, tu ne sers rien à boire à ton amie? dit la quinquagénaire à son fils. Moi, je commence à avoir la gorge sèche...

    Ivar Kreuger.jpg

    Ivar Kreuger (pour plus d'infos, cliquez sur la photo)

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    Rudolf Hess (pour plus d'infos, cliquez sur la photo)

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    La villa hantée de Madame Hermine Hélène Vogel (ma grand-mère)

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  • Ma Mère, cette Italienne (6, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgEncore un dandy qui, j’espère, préfère la dinde au dindon, se dit l’ultramontaine.

    - Le chabrawichi, cette essence créée par le docteur Hamza al-Chabrawichi, a une double fonction, expliqua-t-elle avec ironie. Il fait fuir les mouches pédantes et empêche les maris volages de s’envoler. A moins que votre sœurette, comme la plupart des Anglaises, soit totalement bouchée du nez entre autres...

    - Grande sœur, corrigea-t-il, tout vexé.

    Mais, en bon joueur, il poursuivit avec humour:

    - Ce n’est pas du tout une sujette du roi Georges mais plutôt un carreau de Guillaume Tell rangé dans son carquois depuis de belles lurettes.

    - Et sans fioriture ni bordure? fit-elle.

    - Je vous propose une devinette, dit le lascar à ses yeux. Acceptez-vous?

    - Pourquoi pas.

    - Quel est le peuple qui vote, revote et rerevote sans cesse?

    - Pour la même chose?

    - Forcément!

    - Exemple?

    - En 1874, il décida d’abolir la peine de mort et cinq ans plus tard, il décida de la rétablir... jusqu’à la prochaine décision... Où les hommes tirent souvent sur leurs brettelles mais leurs chemises restent toujours collées à la peau...

    - De leurs fesses?

    - Chez les politiciens tout particulièrement... Où la femme qui, à force de compter pour du beurre, a fini par devenir une maniaque de l’ordre et de la propreté.

    - Dur, dur!

    - Elle poutze, elle poutze... du matin au soir et du soir au matin.

    La charmante et charmeuse Italienne réfléchit un bref instant puis elle se lança:

    - Vu la blondeur de vos cheveux et la clarté de vos iris, elle doit être un une belle Écossaise votre sœur. Non? Oui?

    - Non.

    - Irlandaise?

    - Non plus.

    - Je donne ma langue au chat.

    - C’est une Suissesse alémanique pur sang... presque.

    - Je croyais que les Suisses étaient racistes et détestaient les Italiens.

    - Qui vous a raconté ça?

    - Mussolini.

    - En personne?

    - Bien sûr que non!.. C’est une histoire que les copains de la palestra (club sportif italien à Alexandrie) s’amusent à la répéter.

    - Quelle histoire?

    - Quand il était jeune, le pauvre Benito aurait essayé de s’installer en Suisse mais les autorités helvétiques lui auraient fait voir de toutes les couleurs...

    - Vous n’êtes pas certaine, n’est-ce pas?

    - Si!

    - Alors il ne fallait pas utiliser le conditionnel.

    - Désolée, ma langue maternelle n’est pas le français mais l’italien.

    - Moi aussi.

    Sur ces mots, si anodins et si révélateurs à la fois, Antonietta tomba des nues, prête à hurler de joie.

    Et Edgar profita pour lui dire:

    - Filons vite au café d’en face avant que le vendeur de chabrawichi ne nous chasse à coups de bâton!..

    Chabrawichi : Ma Mère cette Italenne de Hank Vogel.png

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  • Ma Mère, cette Italienne (5, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpg5 décembre 1931: Joseph Staline donne l’ordre de réduire en cendres la Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, Adolf Hitler se prépare à mettre au parfum Paul von Hindenburg, le président du Reich, sur ses soi-disant bonnes intentions, et Antonietta Banfi rencontre, par hasard dans une petite parfumerie, Edgar, l’avant-dernier fils de Karl (von) Vogel, ancien directeur de la Gramophone Company, pour l’Égypte, le Soudan et le Moyen Orient, et ex Grand Maître de la Loge d’Alexandrie qui, en passant, critiqua avec une colère bleue l’esprit trop mercantile de ses adeptes avant de les quitter.

    Entre vérités et mensonges, seul le diable est capable de tirer l’épingle du jeu.

    - Si c’est du chabrawichi que vous espérez trouver ici, vous vous êtes carrément trompé d’adresse, dit Antonietta à Edgar, d’une voix provocante... Pourquoi vous m’avez suivie? Vous êtes de la police anglaise?

    - Pas du tout, pas du tout! s’exclama le jeune homme tout ébranlé quasi choqué. Je cherchais et je cherche toujours un parfum pour... pour l’anniversaire de l’une de mes deux sœurs.

    - Je suppose qu’elle ne fréquente pas un Arabe... comme toute Européenne qui se respecte. N’est-ce pas?

    - En effet... mais parce qu’elle est fidèle et mariée à un sicilien.

    - La pauvre!... Finalement, je crois que la Madone ne s’est pas moquée de vous.

    - Je ne vous suis pas...

    Edgar Vogel 1.jpg

    Egdar Vogel

    Hank Vogel, Karl & Hermine Vogel.jpg

    Karl et Hermine Vogel, née Félix... prussienne d'origine française

    (d'où mes gènes bretons, irlandais, écossais et gallois sans doute)

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  • Ma Mère, cette Italienne (4, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgMars 1919: à Ismaïlia, Hassan al-Banna, instituteur, fonde la société des Frères musulmans afin de libérer l’Égypte de l’occupation et de l’emprise occidentales. Et à Alexandrie, Antonietta Banfi entre en tant que téléphoniste à la British Eastern Telegraph Company.

    - Au fait, chère Mademoiselle, à part l’italien, le français et l’anglais, combien d’autres langues parlez-vous? lui demanda son directeur.

    - Je ne sais pas, je ne les ai jamais comptées, répondit-elle, concentrée sur son tableau téléphonique.

    - Comment ça?

    - C’est le dernier de mes soucis.

    - Et l’allemand? Vous avez quelques notions?...

    - Ouille!

    - C’est-à-dire?

    - L’’arabe, comme une médiante des rues. Le grec, comme un épicier grec. L’hébreu, il faudrait pour cela que je fréquente davantage...

    - Il s’agit de l’allemand, divine Majesté!

    - C’est trop tôt ou trop tard?

    - Que voulez-vous insinuer?

    - Il y a des bruits qui courent... non rien. C’était peut-être une blague...

    - Avez-vous intercepté des messages douteux?

    - Je ne fais que ça.

    - Vraiment?

    - J’ai l’air de plaisanter?

    Le gentleman british, écossais pourtant et subordonné certainement, se tripota la moustache, durant une vingtaine de secondes au moins, puis il conseilla à son employée:

    - A l’avenir, soyez encore plus attentive. Et si une conversation vous semble très suspecte, avertissez-moi sur le champ. OK?

    - N’ayez crainte, Sir, je sais ce que je dois faire lorsque c’est nécessaire, dit-il pour rassurer son supérieur hiérarchique. Le contre-espionnage, c’est inné chez moi...

    unnamed.jpg

    Hassan al-Banna et la société des Frères musulmans (cliquez sur la photo)

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  • Ma Mère, cette Italienne (3, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpg28 mars 1910: premier vol sur huit-cents mètres de l'hydravion de l'ingénieur Henri Fabre sur l'étang de Berre, en France, et naissance d’Antonietta Banfi dit Noussy à Alexandrie, ma mère.

    L’année semblait prometteuse et le siècle n’en parlons pas!

    Mais comme mon grand-père maternel, Arturo, était souvent dans la lune ou abruti par le boulot, vu qu’à cette époque les ouvriers et les employés n’avaient d’un repos de vingt-quatre heures après six jours de travail, il ne signala la naissance de son quatrième enfant à la municipalité qu’une année plus tard.

    Donc, officiellement: 28 mars 1911.

    Mais!

    Petite anecdote: à sa retraite, la vieille dame a subi un choc émotionnel inhabituel quasi surréaliste. En effet, à Genève, un fonctionnaire, chargé de fouiller dans le passé des citoyens sans doute, se rendit compte de l’erreur de date entre autres et, à la surprise générale, la caisse de compensation, en refaisant ses calcules, lui versa la jolie somme de quatorze mille francs.

    Qui ose dire qu’il n’y a point de fonctionnaire suisse honnête?...

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  • Ma Mère, cette Italienne (2, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgQuelqu’un m’a dit un jour:

    - En affaires, il faut deux Arabes pour battre un Juif et trois Juifs pour battre un Arménien. Et, concernant le chauvinisme, deux Suisses-Totos pour un Boche et trois Boches pour un fan de Garibaldi... Tu es d’accord avec moi ou pas?

    J’ai souri et je lui ai répondu:

    - J’ai un cousin arménien qui vit six mois dans un chalet en Suisse et six mois dans un château en Espagne et, ainsi, il paie très peu d’impôts. Quant à Giuseppe, ses victoires avec les chemises rouges, je les connais presque par cœur.

    Et j’ai ajouté:

    - Tels les Nazis avec les Tsiganes et les autres minorités, malgré leur sublime culture, les Ottomans ont peut-être rêvé d’exterminer le peuple arménien mais ils n’ont jamais songé à anéantir l’âme arménienne car ils raisonnaient et se comportaient comme des chiens enragés. Contrairement aux Turques d’aujourd’hui...

    Bon, bref!

    Je me presse de quitter l’univers gluant des comparaisons avant de m’y enliser pour l’éternité. Car mia Mamma n’est comparable à personne. Bien que... l’histoire se permettra de rédiger son dernier chapitre chargé de thèses, d’antithèses et de foutaises.

    - Mais à quoi tu joues, portion d’Écossais? me demanderaient Patrick, mon copain irlandais.

    - Excuse-moi mon plus cher ami, quand mon stylo a le feu au cul, forcément il y a quelques dérapages, je leur répondrais.

    - Alors, comme tout bon Suisse, achète-toi un portable et imagine-toi qu’il n’ y a pas le feu au lac.

    Devrais-je rire ou pleurer?

    Je sais, je zigzague en écrivant. Et alors? Est-ce un crime? Ou un style anti littéraire? Pourquoi les skieurs ont le droit de faire du slalom et les joueurs de tennis des revers? Et pas moi des zigzagues? Ah, ces Helvètes influencés par cet ayatollah de Calvin accro à des règles chimériques! Ils se prennent tous pour la flèche de Guillaume Tell...

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  • Ma Mère, cette Italienne (1, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgSincèrement, je ne sais pas par quoi commencer. Car, quand je pense à mes parents, j’ai tendance à les surévaluer voire à les diviniser. Vu qu’ils sont morts. Et cela n’est guère compatible avec mon goût pour la vérité.

    Tant pis! Allez, je me lance! La tête la première comme un taureau ou un bourricot piqué par un frelon asiatique. Et ce pour satisfaire les souhaits de ma chère fille Cynthia. En effet, probablement en tant que psychologue du sport diplômée, elle aimerait en savoir plus sur la vie dynamique et secrète, telle la face cachée de la lune, de son inoubliable grand-mère. La Nonna!

    Et qui dit Nonna dit forcément italienne!

    On pourrait donc confirmer sans vergogne que je suis à moitié un transalpin, un rital, un macaroni ou, pourquoi pas, un spaghouze.

    Mais en réalité, je suis pire ou mieux que ça.

    D’après l’analyse de mon ADN, effectuée par un laboratoire israélien, mes origines ethniques sont ou, je dirais plutôt, le sang qui coule dans mes veines est:

    Ouest et nord-européen: 51,9%.
    Grec et italien du sud: 25,7%.
    Italien: 9,4%.
    Breton, irlandais, écossais et gallois: 8,9%.
    Asiatique de l'Ouest: 4,1%.

    Donc, donc, donc!

    Qui et quoi que vous soyez, ministre aux anges ou pékin révolté, j’aurais deux conseils à vous donner.

    Le premier: avant d’insulter quelqu’un en le traitant de sale suivi d’un adjectif relatif à un pays ou à une région précise ou vague, songez d’abord à votre acide désoxyribonucléique, réel ou probable.

    Le second: avant d’humilier quelqu’un en sous-estimant son état mental, courez vite chez un psychiatre, la folie a peut-être déjà atteint la zone la plus prétentieuse de votre esprit...

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