Soyons Net - Page 5

  • Le démon de treize heures (13, à suivre)

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     Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgDieu où es-tu? Tu m’écoutes ou tu es en train du nous préparer encore une belle saloperie? Parce que, comme le supposent la plupart des scientifiques fébriles,  si le virus couronné n’a pas été fabriqué par les chinois alors, inéluctablement, il a été créé par toi. Ou la Nature! Non? 

     Oublions les grandes puissances en déclin! Du diable peut-être? Mais ce démon qui l’a conçu, Créateur unique et omnipotent?  

     En somme, tu es aussi étrange et contradictoire que ton soi-disant fiston. D’un côté, il a prêché l’amour du prochain et, de l’autre, il a chassé les marchands du temple à coup de fouet ou de paroles peu tendres. 

     Mais le clou de l’histoire m’inquiète davantage: il s’est comporté pire qu’eux, en multipliant des pains et des poissons et en ouvrant ainsi la voie à la grande distribution.

     - Blasphème! crieraient certains.

     Et je leur répondrait: 

     - Que tous les fanatiques aillent se faire voir chez les Grecs. De préférence à Lesbos ou à Montcuq!

     Mon Père Céleste me pardonne tout. Même quand je le traite de casse-couille. Car il connait à fond les quatre principes  que j’applique à la lettre. Forcément, c’est lui qui me les a soufflé lors d’un dîner arrosé entre la poire et le fromage.

     Pour plus de précisions et ne rien vous cacher, il m’a chuchoté à l’oreille gauche, la moins sourde:

     - Si tu tiens vraiment à vivre heureux jusqu’à ton dernier soupir,  tâche de ne jamais mentir, voler, blesser et tuer.

     Plaisanterie mise à part, tout n’est qu’une question de point de vue. Le mythomane, le mari et l’épouse infidèles, l’escroc, le détracteur et de nombreux chefs d’état, pour ne citer que ces racailles-là, raisonnent différemment.

     Dans ce monde dégénéré depuis des lustres, toute croyance est un miroir aux alouettes...

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  • Le démon de treize heures (12, à suivre)

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      Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgRetour au déchiffrage de l’une de mes pierres de Rosette:  5 du 5 1955.

     Qu’avons nous gravé sur cette stèle temporelle, la belle Bernoise, les frères irlandais et moi?

     Nous nous sommes promis de nous revoir le 6 du 6 1966. Au pire de penser à notre mini groupe friand de fantaisies, ce jour-là.

     Hélas! Je n’ai pas tenu cette promesse. Bien que... non, je fabule. Quant aux autres?  Eux et leur conscience ou leur mémoire.

     A cette date précise, mes préoccupations étaient terriblement ailleurs. Lourdes et confuses. A cheval entre une relation amoureuse, forcée de vibrer en cachette, et la préparation d’une expédition dans le désert du Néfoud. 

     Les promesses des enfants n’atteignent que rarement leur but mais elles ne cessent  jamais de nous exhaler la douceur de leur innocence.  

     Par contre, celles des adultes, les non tenues surtout, nous donnent souvent la nausée...

    Expédition Néfoud, Hank Vogel.jpg

    Expédition Néfoud / 1966, l'année de toutes les folies

     

     

     

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  • Le démon de treize heures (11, à suivre)

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    Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgIntermezzo littéraire! Premier jour du calendrier romain.

     Toute nouvelle, bonne ou mauvaise, qui arrive avec plusieurs mois de retard, me fait penser à un petit nuage perdu dans le firmament. Suit-il l’orage ou le fuit-il?

     J’ai écrit ce matin sur la face du monde:

     Je viens d'apprendre avec une profonde tristesse le décès de Mylène, ma chère cousine germaine. Et avec un grand étonnement  que le Président de la Confédération fut un élève (sérieux paraît-il) de mon frère Freddy, en viticulture.

     Alors, à la mémoire de l'une et à la santé de l'autre et de nous tous, je lève mon verre... Car le monde est trop petit et la vie trop courte!

    Nouzah_La Bande des Quatre_17.10.1949-1.jpg

    De gauche à droite: mon cousin Rudy, mon frère Ouly, moi et ma cousine Mylène.  Nouzah (Alexandrie) le 17 octobre 1949. 

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (20, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgLa protectrice des arts et des lettres se frotte l’oreille gauche. Puis elle dit:

     - Tout cela, c’est bien jolie mais je crois que  nous sommes là pour des choses plus importantes. N’est-ce pas?

     Gênée, la sommelière se retire.

     Elle ne se prend pas pour la queue d’une poire, cette conseillère, me dis-je. Comme bien d’autres sans doute. Mais à quoi doit-on sa réussite? A son savoir initiatique relatif à la culture, à son parti plus friand que donateur ou au peuple peu cultivé?
     
     Aussitôt la petite électrice perdue dans ses latrines probablement, faute de répartie, la grande dame de ces dames met en branle son caquet:

     - Alors! Que vous a-t-il vraiment raconté mon cher papa? Ses aventures d’officier de police ou ses mésaventures de jeunesse? Je sais qu’il a beaucoup souffert quand il avait vingt ans. Mais cela ne justifie pas tout. Ce n’est pas parce que les poissons de votre aquarium sont rouges que je n’ai pas le droit de manger du saumon cru. Le fameux gravelax! Veuillez m’excusez! Il y a de la confusion  dans l’air. J’étais en train de penser à un slogan pour les prochaines votations. Êtes-vous végan et pansexuel? Non, non,  ne prenez pas ça pour une insulte. Au contraire. El Pirata, doit certainement être proche de ces nouveaux mouvements, non è vero? Non? C’est  vous? C’est votre vrai nom, un sobriquet ou  un pseudonyme? Aucun importance! L’essentiel, c’est d’être bien dans sa peau. Vous l’êtes? En tout cas, moi, je le suis. D’ailleurs, c’est ce qui m’a permis d’être là où je suis. Socialement parlant, bien entendu...

     - Anne Bouille, tu t’embrouilles! je crie soudainement.

     Puis à voix basse:

     - C’était un autre slogan. A vendre à votre futur adversaire. Au cas où...

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (19, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg  Ma langue tourne sept fois dans ma bouche avant que je ne lui avoue un de mes péchés mignons:

     - Dès que je sens l’odeur de l’arabica, j’ai une envie folle de chocolat. C’est plus fort que moi. Je suis même prêt à tuer quelqu’un pour  ça... De préférence belge.

     - Le chocolat bien entendu? s’inquiète-t-elle.

     Je m’apprête à railler ou à dérailler du droit chemin mais à cet instant précis la serveuse me sauve du pire en posant nos consommations sur la table.

     Puis, avec un sourire digne des jours fériés, la jolie rousse nous annonce gaiement:

     - C’est offert par la maison. 

     Une fois de plus dans cette cité austère peuplée de radins et de mendiants à bout de souffle, je tombe sur le cul. Et elle, mon interlocutrice, probablement sur ses fesses en forme de poire.

     - En... l’honneur... quel? je cafouille, dû à l’émotion.

     - Vous! s’exclame la rouquine.

     - Nous?

     - Non, vous tout seul, l’homme de Skardou... Ça ne vous rappelle rien? Le Baltistan, les Hunzas et compagnie... 

     - Au Cachemire?

     - Où d’autre? Dans la région de Montcuq-en-Quercy-Blanc peut-être... Par contre, je ne me souviens pas de votre vrai nom. Enfant, j’ai flashé sur vos aventures... C’est comment? 

     J’affabule:

     - El Pirata, l’homme qui adore les îles et les déserts mais qui n’a pas pu se rendre à  la Mecque à cause des pauvres mecs. Quand le Koweït crache un oui ou un non l’Arabie éructe un non ou un oui. Et vice versa. Le ping-pong est un sport très pratiqué chez ces gens-là. Mentalement seulement. Les shorts offusquent le Seigneur, paraît-il, lui qui créa l’homme à son image donc à poil.

     Égarée intellectuellement, et il y a de quoi, la jeune fille auburn se gratte le cuir chevelu.

     La protectrice des arts et des lettres se frotte l’oreille gauche. Puis elle dit:

     - Tout cela, c’est bien jolie mais je crois que  nous sommes là pour des choses plus importantes. N’est-ce pas?

     Gênée, la sommelière se retire...

    Hank Vogel au Cachemire.jpg

    Hank Vogel au pays des Hunzas (pour plus d'infos, cliquez sur la photo)

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  • Ma Mère, cette Italienne (21, à suivre)

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     Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpgLe 9 mai 1940: au Royaume-Uni, on prolonge la conscription jusqu'à l'âge de trente-six ans. Et au royaume des pharaons, Antoinette Vogel fait une neuvaine bien à elle, soit de neuf minutes tout au plus, en demandant fermement à son saint préféré, qu’elle gardera secret toute sa vie, si l’Italie va entrer dans le grand merdier déclenché par Adolf Hitler.

     Cette dernière information, anodine, ne figure que dans les airs, pareille à de nombreuses autres qui ont changé et qui auraient pu changer le court de l’histoire.  

     Après cette prière si personnelle en apparence, l’Italienne regarda par la fenêtre et attendit, attendit... la réponse qu’elle devra interpréter. 

     Trente secondes plus tard, une dispute éclata dans la rue, entre européens. Pour la jeune voyante: le présage était clair et net.  Alors, les mains tremblantes, elle annonça à l’avance la triste nouvelle à toute la famille. 

     Le lendemain, la mâchoire en avant, Benito Mussolini déclara la guerre à l'Angleterre et à la France. Et, sans tarder, tous les Italiens mâles d’Égypte furent arrêtés et confinés dans des camps de concentration.

     Tout le monde imite tout le monde. Pour le  meilleur comme pour le pire.

     Malheureusement, soit par négligence soit de manière délibérée, les historiens, tels les politiciens, ne gardent en mémoire et n’exploitent que les évènements les plus terrifiants.

     - J’espère que mon père tiendra le coup, dit Noussy à Edgardon.

     - Pourquoi dis-tu ça? demanda-t-il.

     - Parce qu’il fait terriblement froid dans le désert certaines nuits, expliqua-t-elle.

     - Comment le sais-tu?

     - Une Européenne qui parle l’arabe comme une Égyptienne n’ignore rien des craintes d'une bédouine.  Je suis moins raciste que mes sœurs le prétendent. Peut-être pas du tout...

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (18, à suivre)

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     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgDans cette Rome protestante où vivent des familles bourgeoises dont les maîtres de maison ressemblent plus à des eunuques rafistolés qu’à des guerriers en convalescence, les anciens bistros populaires ont tous cédé leur place à des salons de thé, très appréciés des banquiers et autres prisonniers du costume-cravate et surtout des vieilles commères. 

     Question d’hygiène, de prestige ou de rentabilité?

     Dommage! La réponse était probablement inscrite sur le Mur des Réformateurs, avant d’être peinturluré par les socialistes, les féministes et ou les autres avec ou sans iste.

     Les temps changent, forcément. La tête rasée a remplacé les cheveux longs et la seringue la pipe à eau ou le bang pour les inconditionnels. Bien que cette dernière risque de revenir à la mode à cause ou grâce à la théorie du Big Bang que l’on force sans relâche la jeunesse à gober. Telles des grenouilles dans une mare pleine de connards.

     Nous entrons au e-coffee&more.com. L’anglais, ça fait snob, ça fait bien. L’écriture web, c’est encore mieux.

     Nous nous installons tranquillement voir timidement. L’élue des grandes gueules: peut-être. Moi: fatalement.

     Le décor me rappelle tout sauf de bons souvenirs.

     C’est sans doute pour cela, me dis-je. 

     Madame ou mademoiselle Anne Bouille commande un café renversé et moi un expresso court.

     Ma langue tourne sept fois dans ma bouche avant que je ne lui avoue un de mes péchés mignons:...

    Mur des Réformateurs.jpg

    Le Mur des Réformateurs (cliquez sur un des réformateurs, ils sont de mèche)

     

     

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (17, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgUn femme s’approche de moi et me dit toute étonnée:

     - Ça ne me regarde pas mais j’ai l’impression  que vous confondez sérieusement ce mur avec le Mur des Lamentations.

     Je cligne des yeux.

     - A Jérusalem, précise-t-elle... Vous connaissez?

     - Comme ma poche de mon palto! dis-je spontanément. 

     - Pourquoi pas de votre pantalon?

     Encore une obsédée, je présume.

     Face à ma non réponse, elle attaque à sa façon, elle se présente donc, superficiellement:

     - Je m’appelle Anne Bouille, je suis la conseillère municipale chargée de la culture?

     Je souris et j’invente:

     - La seule fois où j'ai rencontré un élue honnête et sincère, j'ai failli m'évanouir. Alors, depuis ce jour-là, par crainte de tomber en pâmoison et de me faire dévaliser le peu qui me reste, je me refuse de fréquenter tout politique. Car une fois n'est pas coutume.

     A son tour, elle cligne des yeux mais telle une poupée mécanique. 

     Du déjà vécu? je m’interroge.

     - Mes propos ont-ils frisé l’indécence? je lui demande.

     - Désolée, je pensais à mon père, me répond-t-elle, l’air un peu ailleurs... Il se ballade souvent ici.

     - Vous le cherchez?

     - Je le cherchais... Tant pis pour lui!...

     - Pourquoi dans cette ruelle?

     - Parce qu’il est persuadé que l’assassin de ma mère passera par ici. C’est sa théorie depuis qu’il est flic.

     - Justement... justement...

     - Oui? 

     - Je viens de bavarder avec quelqu’un qui prétendait s’appeler Paul Pol Pot au quelque chose de très proche...

     - Popol?

     - C’est ça!

     - C’est lui! 

     - Il a subitement foutu le camp comme un zèbre. Une moustique a certainement dû le piquer.

     - Non, il a dû m’apercevoir, tout simplement. C’est son style... Que vous a-t-il raconté?

     - Et si on allait boire un pot? J’ai les jambes en compote...   

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  • Le démon de treize heures (10, à suivre)

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    Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpg  L’homme est à la fois l’architecte et l’archéologue de son propre esprit. Il construit son avenir et fouille dans son passé. Sans cesse, au rythme de ses préoccupations.

     Nous sommes doubles. En tout cas moi, je le suis. Je projette, je bâtis, je creuse et  je farfouille. Ange et démon qui portent le même tablier. Quand suis-je l’un? Et quand suis-je l’autre?

     A midi, je déjeune ou je dîne, selon les lieux. Différence des collatéraux. Je suis l’humain qui dévore la bête à ce moment-là. Ou l’inverse. 

     A treize heures, je prends ma sieste, je rumine, je rêvasse, je comptabilise mes gloires et mes défaites. Que suis-je pendant cette durée-là?

     La logique n’est pas toujours la meilleure conseillère, elle trahit souvent le plus faible au profit du plus fort. Pareil à un prêtre proche du pouvoir, même corrompu.

     Alors?

     - Creuse toujours, mon petit Champollion et tu deviendras plus libre que savant, me dirait ma concierge préférée. Il y a encore tant de pierres de Rosette à trouver et à déchiffrer.

     1955! Les deux derniers chiffres sonnent dans ma cervelle, telles les clochent du Vatican.

     Rosemarie, Nicolas et Patrick ne cessent pas de m’inviter chez eux...

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  • Le démon de treize heures (9, à suivre)

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    Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgHeia! Heia Safari, Rommel! J’ai rencontré ton pire ennemi, ou ton meilleur ami  dans d’autres circonstances certainement,  Montgomery à El Alamein. Dix ans après la fin de la guerre, bien entendu. On rendait hommage, pour la deuxième fois je suppose, aux morts de cette grande bataille. Monty crevait de chaud. D’ailleurs, il avait remonté les manches de sa chemise. Ses bras étaient maigres et roses comme la  peau d’un poulet totalement déplumé. Il m’a serré la main et m’a caressé la tête. Je l’ai trouvé très sympa. Vraiment très sympa. Sais-tu que lui et toi, vous êtes les seuls généraux de toute l’histoire que j’admire. Bien que l’admiration soit un terme très proche du doute dans mon esprit. Lui, pour l’avoir croisé dans le désert et toi, pour tes ruses de renard sur le sable de celui-là. Peu de chars mais beaucoup de traces pour faire croire qu’ils sont nombreux, quel coup de génie!...

    Erwin Rommel-Colorized.jpg

    Rommel

    Montgomery-Colorized.jpg

    Monty

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  • Le démon de treize heures (8, à suivre)

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     Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgÔ Ange des ténèbres! Dans quelle grotte les as-tu fourrés, ces petits Suisses aux idées si obscures déjà? Ils ne savent plus quel chef suivre car aucun des élus ne possède la lanterne tant espérée. On stagne au pays des Helvètes recomposés. Telle une famille très nombreuse après plusieurs divorces et plusieurs remariages forcément.

     Forcément, forcément! Il n’y a point de dignité dans ce pays de cocagne. En apparence, mercantile! Socialement et ou professionnellement, on n’y réussit qu’à coups de piston. Papa, tonton, tribu, ghetto, parti politique ou cercle intime.

     - A valeur égale, j’engage toujours un candidat membre de ma chapelle, même pour un poste minable, m’avoua personnellement un ancien maire de Genève, au volant de sa voiture.

     A valeur égale? Quelle valeur égale? C’est du pipeau tout ça, camarade de mes vieilles seringues!

     Ça me pique encore les nerfs tout ça. Je passe alors à tout autre chose. Je fouille dans mes archives. Électroniques. Sans but précis. Pareil à un fouineur dans une cave abandonnée après un bombardement. Tout à coup, je tombe sur un portait photographique de moi datant de janvier 1955.

     - Quelle fraîcheur, je murmure... Et mes esgourdes décollées?

     Comme c’est bizarre, me dis-je, elles ont dû prendre le bon pli grâce à mon insouciance, à force d’avoir trop dormi sur ses mes deux oreilles.

     1955! Un année inoubliable. Surtout le 5 du 5 1955. 

     Il y avait Nicolas, Patrick, Rosemarie et moi. Les frères O’Leary, la belle Tschanz et le petit oiseau. Nous étions des enfants heureux.

    Hank Vogel, janvier 1955.jpg

    Hank Vogel, janvier 1955

    Rosemarie Tschanz,1954.jpg

    Rosemarie Tschanz... 1954

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  • Le démon de treize heures (7, à suivre)

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    Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpg  Quelle folie! A quoi joue-t-il le Bon Dieu?

     Hier, enfant, j’étouffais de chaleur au royaume des pharaons. Aujourd’hui, à un mois de mes soixante-quinze ans, je me les gèle au pays des tsars éternels.

     Hier et aujourd’hui: deux façons de vivre, deux périodes de ma vie totalement aux antipodes l’une de l’autre.  

     A l’instant, à Pouchkine, où je suis en train de taper sur mon ordinateur, il fait moins vingt-quatre degrés Celsius (-24°C), dehors bien entendu.

     Je regarde par la fenêtre et je me dis:

     - Quel courage incroyable ils ont dû avoir ces peuples du passé pour venir jusqu’ici  et créer tant bien que mal de nouvelles civilisations dans un environnement si hostile à l’homme! Mais quel étrange rêve aussi ils ont dû faire pour oser quitter l’épicentre de humanité, permettez-moi cette expression, lieu paradisiaque et propice à toute évolution, et risquer de se perdre à jamais dans le brouillard et le froid! Des surexcités  et des hyperactifs sans aucun doute. Les  peureux et les fainéants sont restés sur place.

     Petite pause cérébrale, permettant ainsi à mes neurones de mieux se connecter.

     OK!

     D’après certains scientifiques, très sûrs d’eux, l’être humain a vu le jour quelque  part en Afrique, je poursuis. Donc, logiquement, notre première ancêtre à toutes et à tous était noir ébène ou noir d’encre. Et notre premier ancêtre à tous et à toutes était noir charbon ou noir de fumée. Ou inversement. Personnellement, je ne suis pas contre, j’accepte cette thèse. Mais mon cousin, qui est un raciste patenté, la réfute totalement. En évoquant des récits bibliques et d’autres histoires à dormir debout, bref! C’est son droit. La liberté de penser, de raisonner est peut-être encore la seule des libertés intellectuelles à ne pas avoir été bafouée par les autorités de la plupart des nations et de nombreux intellos aux idées extrêmes. Pour la préserver: le silence absolu. Ainsi, ni les anti-ceci tous azimuts et les pro-cela et tout le bazar ne pourront jamais nous l’arracher des limbes de notre cerveau. A moins qu’un savant fou ne découvre un moyen efficace pour nous contrôler et nous manipuler à distance. Du genre: vaccin obligatoire muni d’une ou de plusieurs micro-puces électroniques, les gendarmes du futur.

     Spot! Avant que l’on me colle sur le front l’étiquette du parfait complotiste. C’est à la mode!

     Cogito, ergo sum, répétait souvent mon copain René à son meilleur ami Descartes...

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  • Ma Mère, cette Italienne (20, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpg  Le temps passa comme une lettre à la poste. Le petit n’était plus un boutchou mais un garçonnet turbulent et capricieux qui adorait les casquettes. 

     Deviendra-t-il général, aviateur ou coureur cycliste? se demandaient souvent les gens du voisinage. Des Arméniens, des Grecs, des Juifs et des Égyptiens. L’avenir nous le dira. In sha Allah!

     Scolariser très tôt un esprit agité est le seul moyen pour empêcher pour qu’il ne devienne un voyou voir un démon, pensa Antoinette.

     Et avant que le clou ne rouillât et ne se brisât, on l’enfonça sans tarder.   

     Le fiston fréquenta une année l’école italienne puis l’école allemande. 

     Mais comme la Grande-Bretagne déclara la guerre à l'Allemagne, le lendemain du 3 septembre 1939,  le pauvre Freddy se retrouva tout seul comme un con à la Kinderschule. La direction, les enseignants et ses camarades boches ayant pris la fuite. 

     Alors, une fois sorti de ce cauchemar ridicule dû à la politique sourde et sournoise du Führer,  il entra chez les prêtres la main sur le cœur et pas autrement. Au Collège Saint-Marc plus exactement. 

     Encore en activité, c’est une école catholique qui a été fondée par les Frères des Écoles chrétiennes, en 1928. Elle est située à Chatby. Dans le même quartier où vit le jour à domicile l’adorateur de coiffes à visière.

     Retour aux sources ou pur hasard? Les dieux, il faut être un surhomme pour deviner leurs manigances.

     La famille Vogel-Banfi  voyagea beaucoup. A travers l’Europe et la Méditerranée. 

     On visita, on découvrit et on compara avec attention. Presque à fond car les préjugés étaient, sont et seront toujours présents, indéracinables. Sauf pour le sage et peut-être le philosophe.

     Elle séjourna surtout en Italie, à Rhodes et dans d’autres îles italiennes de l'Égée.

     - Comme je suis fière des Chemises noires! s’exclama Antoinette en regardant la mer du balcon de la chambre d’hôtel. Ils ont su transformer une simple botte en un immense empire. Et j’espère que ce n’est pas fini...

     - Tu es sérieuse ou tu plaisantes? lui demanda Edgar, un tantinet interloqué.

     - La Suisse à cause de ses montagnes ne pourra jamais élargir son horizon.

     - Tu n’as pas répondu à question...

     - Tu n’aurais pas un cigarette, chéri? J’ai envie de fêter ça...

    Alexandrie, Antoinette Vogel et son fils Fréddy.jpg

    Freddy, avec sa casquette, dans la rue avec sa maman...

    Alexandrie, famille Vogel 2.jpg

    Freddy, avec sa casquette, sur le toit d'une voiture...

    Alexandrie, famille Vogel 1.jpg

    Freddy, avec sa casquette, assis par terre...  

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  • Le démon de treize heures (6, à suivre)

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     Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgYangoun et non pas Rangoun, sapristi! Les Britanniques ont vraiment une sale manie de déformer les noms propres en ajoutant ou en remplaçant la première lettre par un R. Autre exemple: Rina au lieu de Ina. Le prénom de mon ex. A croire que le mot royal leur colle à la peau... de leur langue saburrale. Faute d’une bonne cuisine journalière. Pauvres petits sujets de Sa Majesté! Et encore de jours! Jusqu’à quand? 

     D’après le roi d’Égypte Farouk, qui était un pur produit albanais et nullement égyptien, jusqu’à la mort du Commonwealth. Cet empire qui ne se couche jamais. 

     En effet, un soir, à la fin d’une partie de poker, le beau luron dit à ses amis, pleins aux as forcément, cette phrase historique et prémonitoire:

     - Un jour, sur terre, il ne restera plus que les quatre rois des jeux de cartes et le roi d’Angleterre.

     Sacré Rarouk... pardon Farouk! Cet égarement était dû sans doute à mes gènes écossaises, galloises et irlandaises. Ou au lait en poudre made in England que j’ai dû avaler durant toute ma petite enfance. Aucune importance! 

     Et dire que mon cher Papa a joué avec ce vétéran du luxe et de la luxure aux quilles au Club suisse d’Alexandrie et que le lendemain matin de son mariage avec sa nouvelle épouse, j’ai chanté avec ma copine Saïouda, la fille du potier:

     - Narimann narimann omak chita abouk tarzann.

     Soit, pour les non arabophones et les arabophobes:

     - Narriman, Narriman, ta mère c’est Cheeta et ton père c’est Tarzan!...

    Le roi Farouk.jpg

    Le roi Farouk

    La reine Narriman.jpg

    La reine Narriman

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (16, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg  Tout à coup, il éclate en sanglots. Et, aussitôt, il prend la fuite. 

     Et, forcément, je tombe sur le cul. 

     Inéluctablement, ça fait désordre pour quelqu’un qui est chargé de mettre de l’ordre, me dis-je. Bien que cette charge cache une panoplie de très mauvaises et révoltantes méthodes pour le pékin de la rue. La plus pire: assassiner de sang froid celui qui s’en prend un max aux ordres arbitraires. A moins que...

     - A moins que quoi? je chuchote.

     Dois-je penser le contraire de ce que j’ai osé penser? je poursuis cérébralement. C’est-à-dire: les études servent finalement à quelque chose, pour le meilleur comme pour le pire.

     Je rectifie donc cette phrase dans ma cervelle  ainsi:

     Finalement, les études ne servent à rien lorsque l’on se trouve face à un con de policier ou à un con tout court.

     Subitement, l’image du commissaire me vient à l’esprit. Qui se ressemble s’assemble! Réellement ou virtuellement. 
     
     Non, je ne me fais pas des films, je me rassure. Ce sont les films qui viennent à moi. Un documentaire en particulier. Celui où je surprend l’animal en train d’abuser d’une prostituée. 

     Mais illico presto le générique de ma vie de débauché se déroule dans ma petite cervelle, encore elle et toujours elle, à cheval entre les regrets et la culpabilité. Et je lis, par ordre alphabétique, les prénoms suivants:

     Aja, Alice, Alicia, Alisia, Allie, Amanda, Amarna, Analie, Angel, Annabelle, Anny, Aubrey, Bianca, Blanche, Blue, Brittany, Cameron, Candi, Carla, Courtni, Daisy, Denisa, Elisa, Ella, Elle, Izzy, Jessie, Joslyn, Karla, Kiwi, Lianna, Lily, Madison, Mandy, Masem, Misha, Nastya, Natalie, Nikki, Sarina, Scarlet, Scarlett, Sofia, Tiffany, Tracy, Yulia et Zuzana.

     Et je murmure, après les avoir comptés:

     - Quarante-sept noms de baptême, des convenances. Telles des étiquettes collées sur des flacons vides. En apparence tout semble si anodin. Mais chacune d’elles camoufle l’absence du vrai,  une histoire fausse ou sans de réels personnages, une jouissance à sens unique voir au fil du rasoir dans certains lieux non sécurisés.

     Un femme s’approche de moi et me dit toute étonnée:

     - Ça ne me regarde pas mais j’ai l’impression  que vous confondez sérieusement ce mur avec le Mur des Lamentations.

     Je cligne des yeux.

     - A Jérusalem, précise-t-elle... Vous connaissez?

     - Comme ma poche de mon palto! dis-je spontanément. 

     - Pourquoi pas de votre pantalon?...

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  • Ma Mère, cette Italienne (19, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpg14 juin 1934: à Venise, Adolf Hitler rencontre pour la première fois Benito Mussolini.

     Petit anecdote de l’époque, plus ou moins:

     Qui des deux essaya de faire chavirer la gondole? Aucun des deux. Car ni l’un ni l’autre ne savaient nager.

     Et à Alexandrie, Antoinette, Edgar et Frédéric Vogel s’installent dans leur nouvel appartement dans le quartier d'Ibrahimiya, non loin du Sporting Club.

     L’homme qui adore et qui peut marcher, grimper aux arbres et nager est un homme en parfaite santé. Il possède tous les atouts pour aller très loin dans la vie. C’est pareil pour la femme, à condition qu’elle ne soit pas enceinte de plus de trois mois. Pour de plus sures informations: adressez-vous à un médecin spécialiste en gynécologie et obstétrique.

     Mais en vérité, je vous le dis, il y a trois types d’individus sur terre: les grimpeurs, les esclaves et les marionnettes de la folie.

     - Ciel! Mais je vais me perdre dans cette gigantesque demeure! s’exclama la belle Italienne, toute émerveillée, en entrant dans son nouvel appart. Qui donc a construit cette huitième merveille du monde?

     - Ont construit, corrigea son mari. Pourquoi fait-on toujours abstraction des ouvriers? Parce qu’ils sont arabes ou nubiens?

     - Désolée!... Mais les as-tu au moins bien rémunérés?

     - Mieux que leurs frères de même race!

     - Alors, je suis contente pour eux et pour toi. Mais ma question était celle d’un pauvre dictionnariste amateur que nous sommes d’ailleurs tous devenus grâce et à cause de l’école. On retient les cerveaux et on jette tout le reste à la poubelle. 

     Edgar se gratta le bout de son crâne d’intello déshydraté puis il expliqua à sa chère épouse, avec fierté et ironie:    

     - L’architecte est autrichien et les murs sont doubles. Ou l’inverse... Les étages de cette ouvrage idyllique ont été payés, entièrement de ma poche.

     - Merci beau-père Charles! cria Antoinette, joyeusement.

     - Et la His Master’s Voice! ajouta Edgardon sur le même ton... Bizarrement, j’entends parfois les aboiements de Nipper, le chien.

     - Bon signe! Les souvenirs qui aboient ne mordent jamais...

    Les marionnettes de la folie, Hank Vogel.jpg

    Venise, le 14 juin 1934 / Les marionnettes de la folie

    His Master's Voice.jpg

    Nipper et la voix de son maître

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  • Le démon de treize heures (5, à suivre)

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    Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpg  Ô Ricky Nelson! Tu es mort dans un accident d’avion abandonnant ainsi, malgré toi, à jamais femme et enfants. Tu n’avais que quarante-cinq ans. La grande faucheuse était forcément jalouse de ta gloire, la salope! Je sais que tu sais tout ça et sûrement d’avantage. C’est pour cela que je m’adresse à toi. Au cas où tu serais à la droite du Seigneur, qui est devenu sourd comme un pou, manque de pot.

     Désolé, cher Eric, de me comporter comme ces grenouilles de bénitier qui passent en révision tous les saints pour leur quémander la même faveur. Excepté Saint Christophe, le patron des voyageurs, qui, de nos jours, vu le nombre élevé de décès sur les routes, ne se préoccupe plus que des chauffards et des fous du volant. Et, à la sortie de l’église, je vois mal une ces baveuses de prières enjamber sa décapotable et mettre à fond les gaz. Ainsi soit-il et amen!

     Je critique ces bonnes femmes mais vaux-je mieux? Pas du tout. 

     Passer d’un saint à autre ou passer d’un défunt à autre, c’est kif kif bourricot. Bien que cela m’amuse énormément! Comme sauter du coq à l’âme. En tout cas, ces gymnastiques-là, cérébrales bien entendu, me paraissent moins déraisonnables voire moins diaboliques que de reconnaître, au nom de la neutralité par exemple, des dirigeants, des soi-disant adeptes fervents de la démocratie, qui empêchent leurs opposants de s’exprimer en les foutant en taule ou en les faisant tout simplement disparaître. Reconnaître veut dire aussi: accepter de mettre à l’abri les fortunes de cette racaille. Et oui, malheureusement, je ne suis pas fier de mon pays. La belle Suisse! Cet dame distinguée qui porte toujours des pampers sur elle, comme disait ma concierge apatride. La plupart du temps sales, vu qu’elle est rapia. Sais-tu pourquoi, camarade de l’au-delà? Non? Alors cherche! Tu as tout l’éternité pour ça.

     Et maintenant, c’est l’armée birmane qui entre en scène! Les flics et les militaires, c’est du pareil au même. Ce sont les démons de toute heure. Pauvre Birmanie! Quelle guigne pour son peuple si doux. Grâce surtout aux femmes. En effet, elles sont affectueuses et travailleuses. Tandis que les hommes sont machos et fainéants. Je parle toujours en connaissance de cause, je ne suis pas un béni-oui-oui du copier-coller. Tel de nombreux journalistes et blogueurs. J’ai séjourné à deux reprises dans cette région si bien pagodée. La première fois: en tant que touriste. La seconde: en tant que guide...

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  • Le démon de treize heures (4, à suivre)

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    Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpg J’adore les chansons de Cliff Richard, de Neil Sedaka, de Ricky Nelson, de Brenda Lee... Certaines d’entre elles, malgré leur superficialité, se sont... comment dire... incrustées dans mon cerveau comme des pierres précieuses dans une couronne d’une valeur inestimable. Au moindre rappel,  elles se mettent à briller et tout mon être se met aussitôt dans un drôle d’état.

     D’effervescence, d’ivresse, de jubilation, d’euphorie, d’extase, de transe ou de lévitation?

     De lévitation, c’est ça! J’ai l’impression de nager dans les airs ou de planer dans les eaux. Ou les deux à la fois.

     Quel bonheur! Quelle insouciance! Je me sens jeune. Non, je suis jeune. Car tout est dans le ciboulot!


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  • J'ai aimé et tué ma soeur (15, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg  Alors, je propose à cet inconnu que la providence ou les Services secrets et honteux de Confédération ont largué sur mon chemin:

     - Lancez-vous dans l’univers des balbutiements historiques. La générosité du cœur ouvre la première porte, celle de l’esprit la seconde par politesse et ainsi de suite. Vous semblez être affecté par une histoire qui vous dépasse...

     - Sembler être... n' y a-t-il pas pléonasme? m’interrompt-il.

     - Dieu sois loué! je m’exclame... Fabuleux! Cela prouve bien que vous ne faites pas partie de la grande famille flicailleuse.

     - De la flicaille, vous voulez dire?

     - Oui, c’est ça?

     Il se gratte la narine gauche et me dit:

     - Bonne déduction! Vous êtes plus malin que je l’imaginais.

     Il ment, il ment comme il respire, je pense aussitôt. Il s’est gratté la narine gauche, deux points, c’est un flic à cent pour cent! Ou plutôt un sycophante instruit au service des polices.

     - Lancez-vous dans l’univers des balbutiements historiques! je répète d’un ton plus convaincant.

     Il grimace, sourit, grimace de nouveau puis s’exécute:

     - Vous ou pas vous, j’ai follement aimé la sœur de cet artiste et philosophe de quatre sous... Paul me disait-elle... Paul, c’est moi... sois patient, aucun mur n’est éternel sauf peut-être la Grande Muraille mais le monstre est très loin de chez nous... Oui, sois patient mon petit Popol, mon frangin finira par comprendre que je ne suis plus une gamine et que le droit de cuissage est obsolète... Il se prenait pour un seigneur, le con... Anke, je l’ai connue à l’époque des hippies. Comme était belle avec ses cheveux longs! Un peu fofolle certains jours  mais elle ne fumait pas. Jamais! Ni sexe, ni fumette. Bizarre pour une beatnik, non?

     - Beatnik ou hippie?

     - Entre les deux, peut-être. Je crois. C’est son look qui me fascinait. Le reste, je m’en foutais carrément. C’était ma saine et sainte vierge à moi.

     Tout à coup, il éclate en sanglots...

    Anke par Popol.jpg

    Anke, aquarelle de Popol

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (14, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgIl me secoue le bras en me suppliant presque:

     - Allez, soyez sympa, avouez que c’est vous! 

     Et dire que j’ai écrit, il n’y a pas si longtemps: A mon humble avis, il n’y a que quatre péchés à ne jamais commettre sur cette fabuleuse planète où vivent des êtres sensibles et fragiles: mentir, voler, blesser, moralement et physiquement, et tuer. 

     Soit l’individu en face de moi est un professionnel du renseignement rusé qui se la joue gentil ou anticonformiste mais incapable de reconnaître à tire-d’aile un criminel faute d’instruction, soit j’ai assimilé à la perfection le bréviaire du parfait dissimulateur qui conseille aux menteurs de tout calibre, en quelques mots et à ma façon:

     Ne cherchez nullement à dissimuler votre visage. Empêchez vos narines de frémir telles les nageoires d’un poisson pressé ou, au pire, pincez-vous le nez si vous craignez qu’elles risquent d’exploser, et vos yeux de cligner plus rapidement que d’habitude ou, à titre imaginatif, pareil à une poupée mécanique. Évitez à tout prix de vous gratter la narine gauche et de racler votre gorge, signes indéniables de mensonge et de trahison. Souriez normalement. Soyez relaxe, le plus décontracté possible, les bras non croisés et les jambes non écartées, si possible totalement à l’opposé de quelqu’un qui est en train de se pisser dessus, autre signe fragrant de culpabilité. 

     Les études servent finalement à quelque chose, me dis-je, pour le meilleur comme pour le pire.

     Alors, je propose à cet inconnu que la providence ou les Services secrets et honteux de Confédération ont largué sur mon chemin:...

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