Soyons Net - Page 5

  • Projection 2021

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    Les pommes et l'arbalète, Hank Vogel.jpgLes petits nains du gouvernement helvétique, cesseront-ils de se prendre pour des géants, en jouant aux grands dadais et en fermant les yeux sur le commerce des armes de guerre, à moitié confectionnées made in Switzerland?

    Et le chauve, à cheval entre la culture et la santé, toujours à l’intérieur et jamais à l’extérieur, qui a piqué la place à un bienfaiteur social beaucoup plus doué que lui, cessera-t-il aussi de donner des ordres tous azimuts, à la va-te-faire-foutre, excitant ainsi les soi-disant révolutionnaires cantonaux.

    A quand la fin de la dictature des assurances obligatoires et des loyers chers qui m’a forcé à fuir à l’étranger?

    Il y a trop de pommes en Suisse. Et pas un seul arbalétrier prêt à tout!

    Suis-je condamné à vivre en exil encore pour longtemps?    

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  • Ma Mère, cette Italienne (8, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgPendant qu’Edgar (alias Eddy, alias Pitzi, alias El Inglizi) s’était permis de faire un petite escapade au premier étage chez sa grand-maman au lieu se rendre directement à la cuisine pour préparer le thé, la fragilisée Teutonique confia à l’infaillible garibaldienne:

    - J’ai accouché huit fois. À Naples, à Milan et ici... et j’ai passé par toutes les étapes de la vie d’une femme entièrement dévouée à son mari et à sa descendance sans jamais me lamenter. Pour le pire et pour le meilleur. J’ai vu périr deux de mes gosses, le plus sensible et la plus innocente. Frederico à l’âge de quatre ans et Egizia à peine âgée de cinq moi. Et j’ai failli voir agoniser un troisième, robuste tel un chêne celui-ci. Mais heureusement, par miracle, Waldi a survécu à sa folle blessure... Il fallait le faire!

    - Quoi donc, Madame?

    - Mon aîné est très intelligent, peut-être  le plus intelligent de tous mes enfants, mais c’est un romantique dangereux. Surtout dangereux pour lui-même. Quand la réalité dépasse la fiction, le passé et le présent... non, c’est trop compliqué. Il s’est tiré une balle dans la tête. Sur l’île Nelson!

    - Au large d’Aboukir?

    - Exactement!... afin de mourir en martyre ou  en héros, comme ces pauvres marins et soldats de la fameuse bataille navale entre les flottes britannique et française...  

    - Mais il n’y a jamais personne à cet endroit. Sur cet îlot historique...

    - Sa censée fiancée était là. Elle devait se suicider avec lui ou après lui mais elle a préféré appeler  au secours.

    - Pour quelle raison tout ça?

    - Mon regretté époux était un homme très prévoyant et très charitable, vraiment compatissant. Malgré cela, par sa prestance, son allure de kaiser prêt à tout, il faisait  trembler tout le monde... et Waldi, à cette époque,  se rebellait facilement contre tout ce qui lui semblait dominant et effroyable. Et l’idée répétée de son père d’aller terminer ses études à Londres ou à Cambridge fut la goute d’eau qui fait déborder le vase. Vous voyez ce que je veux dire?

    - Fort bien. Moi, j’aurais obéi sur le champ. Car j’adore les voyages.

    - Alors vous vous entendrez à merveille avec Eddy. Mais, au fait, pourquoi je vous raconte tout ça? Ah oui!...

    Mais à cet instant précis, Edgar, souriant et les mains vides, se pointa en déclarant:

    - Mémé Henriette, en parfaite Glaronaise, nous conseille plutôt d’aller déguster une bonne saucisse de Vienne chez Lanz puis une succulente glace aux marrons chez Groppi. Et zut aux soi-disant délicatesses made in England!...

    Karl Vogel.jpg

    Karl Vogel  (pour plus d'infos, cliquez sur la photo)

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    Le contre-amiral Sir Horatio Nelson  (... cliquez sur la photo)

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    Giacomo Groppi (... cliquez sur la photo)

    La

    La "Boucherie et Charcuterie Suisse" de Jacob Lanz (... cliquez sur la photo)

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  • Ma Mère, cette Italienne (7, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpg12 mars 1932: la police parisienne, toute hagarde, découvre le corps inanimé d’Ivar Kreuger, le roi des allumettes suédoises, à côté d’une arme à feu et la théorie du complot se met en branle. Et Antonietta Banfi apprend avec stupéfaction que la villa de Madame Hermine Hélène Vogel, la chère maman d’Edgar, se trouve à deux pas de celle de la famille Hess où naquirent Rudolf, Alfred et Margarete.

    Quand l’histoire ne nous colle pas à la peau, elle nous suit partout comme un toutou.

    Après les traditionnelles et pompeuses présentations, Antonietta demanda à la mère de son tout nouveau petit ami, en présence de ce dernier bien entendu:

    - Vous n’avez pas peur de vivre toute seule dans cette immense demeure non loin d’un habitat chargé de démons malfaisants?

    - Si vous faites allusion à la maison où le petit Rudy a fait pipi dans le jardin, alors sachez que la mienne est encore plus hantée, rétorqua la jeune veuve... Les mauvais esprits et les fantômes me font moins peur que les vivants. Et puis je ne vis pas seule mais en compagnie de ma belle-maman qui doit être maintenant en train... en train de...

    - De?

    - De compter les étoiles...

    - En sirotant un grand verre de porta et en fumant un petit cigare ou l’inverse, poursuivit Edgar en souriant.

    - Ça tombe bien, tu ne sers rien à boire à ton amie? dit la quinquagénaire à son fils. Moi, je commence à avoir la gorge sèche...

    Ivar Kreuger.jpg

    Ivar Kreuger (pour plus d'infos, cliquez sur la photo)

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    Rudolf Hess (pour plus d'infos, cliquez sur la photo)

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    La villa hantée de Madame Hermine Hélène Vogel (ma grand-mère)

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  • Ma Mère, cette Italienne (6, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgEncore un dandy qui, j’espère, préfère la dinde au dindon, se dit l’ultramontaine.

    - Le chabrawichi, cette essence créée par le docteur Hamza al-Chabrawichi, a une double fonction, expliqua-t-elle avec ironie. Il fait fuir les mouches pédantes et empêche les maris volages de s’envoler. A moins que votre sœurette, comme la plupart des Anglaises, soit totalement bouchée du nez entre autres...

    - Grande sœur, corrigea-t-il, tout vexé.

    Mais, en bon joueur, il poursuivit avec humour:

    - Ce n’est pas du tout une sujette du roi Georges mais plutôt un carreau de Guillaume Tell rangé dans son carquois depuis de belles lurettes.

    - Et sans fioriture ni bordure? fit-elle.

    - Je vous propose une devinette, dit le lascar à ses yeux. Acceptez-vous?

    - Pourquoi pas.

    - Quel est le peuple qui vote, revote et rerevote sans cesse?

    - Pour la même chose?

    - Forcément!

    - Exemple?

    - En 1874, il décida d’abolir la peine de mort et cinq ans plus tard, il décida de la rétablir... jusqu’à la prochaine décision... Où les hommes tirent souvent sur leurs brettelles mais leurs chemises restent toujours collées à la peau...

    - De leurs fesses?

    - Chez les politiciens tout particulièrement... Où la femme qui, à force de compter pour du beurre, a fini par devenir une maniaque de l’ordre et de la propreté.

    - Dur, dur!

    - Elle poutze, elle poutze... du matin au soir et du soir au matin.

    La charmante et charmeuse Italienne réfléchit un bref instant puis elle se lança:

    - Vu la blondeur de vos cheveux et la clarté de vos iris, elle doit être un une belle Écossaise votre sœur. Non? Oui?

    - Non.

    - Irlandaise?

    - Non plus.

    - Je donne ma langue au chat.

    - C’est une Suissesse alémanique pur sang... presque.

    - Je croyais que les Suisses étaient racistes et détestaient les Italiens.

    - Qui vous a raconté ça?

    - Mussolini.

    - En personne?

    - Bien sûr que non!.. C’est une histoire que les copains de la palestra (club sportif italien à Alexandrie) s’amusent à la répéter.

    - Quelle histoire?

    - Quand il était jeune, le pauvre Benito aurait essayé de s’installer en Suisse mais les autorités helvétiques lui auraient fait voir de toutes les couleurs...

    - Vous n’êtes pas certaine, n’est-ce pas?

    - Si!

    - Alors il ne fallait pas utiliser le conditionnel.

    - Désolée, ma langue maternelle n’est pas le français mais l’italien.

    - Moi aussi.

    Sur ces mots, si anodins et si révélateurs à la fois, Antonietta tomba des nues, prête à hurler de joie.

    Et Edgar profita pour lui dire:

    - Filons vite au café d’en face avant que le vendeur de chabrawichi ne nous chasse à coups de bâton!..

    Chabrawichi : Ma Mère cette Italenne de Hank Vogel.png

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  • Ma Mère, cette Italienne (5, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpg5 décembre 1931: Joseph Staline donne l’ordre de réduire en cendres la Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, Adolf Hitler se prépare à mettre au parfum Paul von Hindenburg, le président du Reich, sur ses soi-disant bonnes intentions, et Antonietta Banfi rencontre, par hasard dans une petite parfumerie, Edgar, l’avant-dernier fils de Karl (von) Vogel, ancien directeur de la Gramophone Company, pour l’Égypte, le Soudan et le Moyen Orient, et ex Grand Maître de la Loge d’Alexandrie qui, en passant, critiqua avec une colère bleue l’esprit trop mercantile de ses adeptes avant de les quitter.

    Entre vérités et mensonges, seul le diable est capable de tirer l’épingle du jeu.

    - Si c’est du chabrawichi que vous espérez trouver ici, vous vous êtes carrément trompé d’adresse, dit Antonietta à Edgar, d’une voix provocante... Pourquoi vous m’avez suivie? Vous êtes de la police anglaise?

    - Pas du tout, pas du tout! s’exclama le jeune homme tout ébranlé quasi choqué. Je cherchais et je cherche toujours un parfum pour... pour l’anniversaire de l’une de mes deux sœurs.

    - Je suppose qu’elle ne fréquente pas un Arabe... comme toute Européenne qui se respecte. N’est-ce pas?

    - En effet... mais parce qu’elle est fidèle et mariée à un sicilien.

    - La pauvre!... Finalement, je crois que la Madone ne s’est pas moquée de vous.

    - Je ne vous suis pas...

    Edgar Vogel 1.jpg

    Egdar Vogel

    Hank Vogel, Karl & Hermine Vogel.jpg

    Karl et Hermine Vogel, née Félix... prussienne d'origine française

    (d'où mes gènes bretons, irlandais, écossais et gallois sans doute)

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  • Ma Mère, cette Italienne (4, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgMars 1919: à Ismaïlia, Hassan al-Banna, instituteur, fonde la société des Frères musulmans afin de libérer l’Égypte de l’occupation et de l’emprise occidentales. Et à Alexandrie, Antonietta Banfi entre en tant que téléphoniste à la British Eastern Telegraph Company.

    - Au fait, chère Mademoiselle, à part l’italien, le français et l’anglais, combien d’autres langues parlez-vous? lui demanda son directeur.

    - Je ne sais pas, je ne les ai jamais comptées, répondit-elle, concentrée sur son tableau téléphonique.

    - Comment ça?

    - C’est le dernier de mes soucis.

    - Et l’allemand? Vous avez quelques notions?...

    - Ouille!

    - C’est-à-dire?

    - L’’arabe, comme une médiante des rues. Le grec, comme un épicier grec. L’hébreu, il faudrait pour cela que je fréquente davantage...

    - Il s’agit de l’allemand, divine Majesté!

    - C’est trop tôt ou trop tard?

    - Que voulez-vous insinuer?

    - Il y a des bruits qui courent... non rien. C’était peut-être une blague...

    - Avez-vous intercepté des messages douteux?

    - Je ne fais que ça.

    - Vraiment?

    - J’ai l’air de plaisanter?

    Le gentleman british, écossais pourtant et subordonné certainement, se tripota la moustache, durant une vingtaine de secondes au moins, puis il conseilla à son employée:

    - A l’avenir, soyez encore plus attentive. Et si une conversation vous semble très suspecte, avertissez-moi sur le champ. OK?

    - N’ayez crainte, Sir, je sais ce que je dois faire lorsque c’est nécessaire, dit-il pour rassurer son supérieur hiérarchique. Le contre-espionnage, c’est inné chez moi...

    unnamed.jpg

    Hassan al-Banna et la société des Frères musulmans (cliquez sur la photo)

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  • Ma Mère, cette Italienne (3, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpg28 mars 1910: premier vol sur huit-cents mètres de l'hydravion de l'ingénieur Henri Fabre sur l'étang de Berre, en France, et naissance d’Antonietta Banfi dit Noussy à Alexandrie, ma mère.

    L’année semblait prometteuse et le siècle n’en parlons pas!

    Mais comme mon grand-père maternel, Arturo, était souvent dans la lune ou abruti par le boulot, vu qu’à cette époque les ouvriers et les employés n’avaient d’un repos de vingt-quatre heures après six jours de travail, il ne signala la naissance de son quatrième enfant à la municipalité qu’une année plus tard.

    Donc, officiellement: 28 mars 1911.

    Mais!

    Petite anecdote: à sa retraite, la vieille dame a subi un choc émotionnel inhabituel quasi surréaliste. En effet, à Genève, un fonctionnaire, chargé de fouiller dans le passé des citoyens sans doute, se rendit compte de l’erreur de date entre autres et, à la surprise générale, la caisse de compensation, en refaisant ses calcules, lui versa la jolie somme de quatorze mille francs.

    Qui ose dire qu’il n’y a point de fonctionnaire suisse honnête?...

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  • Ma Mère, cette Italienne (2, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgQuelqu’un m’a dit un jour:

    - En affaires, il faut deux Arabes pour battre un Juif et trois Juifs pour battre un Arménien. Et, concernant le chauvinisme, deux Suisses-Totos pour un Boche et trois Boches pour un fan de Garibaldi... Tu es d’accord avec moi ou pas?

    J’ai souri et je lui ai répondu:

    - J’ai un cousin arménien qui vit six mois dans un chalet en Suisse et six mois dans un château en Espagne et, ainsi, il paie très peu d’impôts. Quant à Giuseppe, ses victoires avec les chemises rouges, je les connais presque par cœur.

    Et j’ai ajouté:

    - Tels les Nazis avec les Tsiganes et les autres minorités, malgré leur sublime culture, les Ottomans ont peut-être rêvé d’exterminer le peuple arménien mais ils n’ont jamais songé à anéantir l’âme arménienne car ils raisonnaient et se comportaient comme des chiens enragés. Contrairement aux Turques d’aujourd’hui...

    Bon, bref!

    Je me presse de quitter l’univers gluant des comparaisons avant de m’y enliser pour l’éternité. Car mia Mamma n’est comparable à personne. Bien que... l’histoire se permettra de rédiger son dernier chapitre chargé de thèses, d’antithèses et de foutaises.

    - Mais à quoi tu joues, portion d’Écossais? me demanderaient Patrick, mon copain irlandais.

    - Excuse-moi mon plus cher ami, quand mon stylo a le feu au cul, forcément il y a quelques dérapages, je leur répondrais.

    - Alors, comme tout bon Suisse, achète-toi un portable et imagine-toi qu’il n’ y a pas le feu au lac.

    Devrais-je rire ou pleurer?

    Je sais, je zigzague en écrivant. Et alors? Est-ce un crime? Ou un style anti littéraire? Pourquoi les skieurs ont le droit de faire du slalom et les joueurs de tennis des revers? Et pas moi des zigzagues? Ah, ces Helvètes influencés par cet ayatollah de Calvin accro à des règles chimériques! Ils se prennent tous pour la flèche de Guillaume Tell...

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  • Ma Mère, cette Italienne (1, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgSincèrement, je ne sais pas par quoi commencer. Car, quand je pense à mes parents, j’ai tendance à les surévaluer voire à les diviniser. Vu qu’ils sont morts. Et cela n’est guère compatible avec mon goût pour la vérité.

    Tant pis! Allez, je me lance! La tête la première comme un taureau ou un bourricot piqué par un frelon asiatique. Et ce pour satisfaire les souhaits de ma chère fille Cynthia. En effet, probablement en tant que psychologue du sport diplômée, elle aimerait en savoir plus sur la vie dynamique et secrète, telle la face cachée de la lune, de son inoubliable grand-mère. La Nonna!

    Et qui dit Nonna dit forcément italienne!

    On pourrait donc confirmer sans vergogne que je suis à moitié un transalpin, un rital, un macaroni ou, pourquoi pas, un spaghouze.

    Mais en réalité, je suis pire ou mieux que ça.

    D’après l’analyse de mon ADN, effectuée par un laboratoire israélien, mes origines ethniques sont ou, je dirais plutôt, le sang qui coule dans mes veines est:

    Ouest et nord-européen: 51,9%.
    Grec et italien du sud: 25,7%.
    Italien: 9,4%.
    Breton, irlandais, écossais et gallois: 8,9%.
    Asiatique de l'Ouest: 4,1%.

    Donc, donc, donc!

    Qui et quoi que vous soyez, ministre aux anges ou pékin révolté, j’aurais deux conseils à vous donner.

    Le premier: avant d’insulter quelqu’un en le traitant de sale suivi d’un adjectif relatif à un pays ou à une région précise ou vague, songez d’abord à votre acide désoxyribonucléique, réel ou probable.

    Le second: avant d’humilier quelqu’un en sous-estimant son état mental, courez vite chez un psychiatre, la folie a peut-être déjà atteint la zone la plus prétentieuse de votre esprit...

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  • Extrême (34, fin)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpg

    Après la soif et la peur, toutes les fontaines coulent librement à flots et plus rien n’est comme avant.

    Malheureusement les crétins et les salauds préfèrent le contraire. Soit par ignorance soit, selon eux, pour mieux contrôler la situation. L’ancien serait plus rassurant que le nouveau, a fait ses preuves et tous les gens ou presque ont survécus aux pires tempêtes.

    Six semaines plus tard, Napoléon alias Ekstrèm se pointe chez moi, accompagné de deux mercenaires armés jusqu’aux dents, un noir et un blanc originaires probablement de Cuba, et me dit:

    - Je conteste le vote. Il a été truqué. On a volontairement mal compté.

    - Comment ça truqué, mal compté? je lui demande tout étonné. Nous avons tous dit oui en levant le bras. Même toi!

    - Quel bras?

    - Je ne comprends pas. Nous avons tous sauté de joie. Même toi!

    - Tu te répètes, faux patriote!

    - C’est la vérité.

    - Je me suis forcé pour ne pas gâcher la fête.

    - Alors?

    - Ta complice négroïde a déclaré: le bras droit pour le oui et le gauche pour le non... et j’ai compté plus de...

    - Spot! Chantimanee a proposé exactement, et cela figure dans mes archives: que tous ceux qui sont pour la pension lèvent leur bras droit et tous ceux qui sont contre leur bras gauche... ou plutôt aillent se faire bouffer par les requins!... Et personne ne s’est baigné ce jour-là.

    - L’eau était trop froide.

    Je m’esclaffe puis je lui avoue:

    - Tu me fais vraiment penser au plus mauvais perdant des présidents américains... J’espère que tu es plus intelligent et moins orgueilleux que lui pour changer ton fusil d’épaule.

    - Va chercher tes archives, tête de nœud! m’ordonne le mercenaire blanc, crûment.

    - Excellente idée! souligne Extrême.

    Et le mercenaire noir sort aussitôt de sa poche arrière une boîte d’allumettes.

    A cet instant précis, je me trouve face à un trilemme: obéir, fuir ou me battre.

    Obéir: c’est souvent frustrant mais c’est la chose la plus facile à faire. Il n’y qu’à regarder autour se soi.

    Fuir: c’est angoissant, dangereux très difficile à atteindre un but.

    Se battre: seul, c’est la mort assurée. Pas seul, c’est la défaite ou la victoire.

    Alors, en tant que Glaronais de père en fils depuis des siècles et au nom de la démocratie nouvelle version, je siffle de toutes mes forces et par chance...

    Deux concubines en colère valent à elles seules toute une armée de Cubains!

    La femme est l’avenir de l’homme, a écrit le poète Louis Aragon.

    Ohalatva, le 21 novembre 2020.                                                                                                            

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  • Extrême (33, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpg- Et ce sont eux aussi qui balancent des déchets électroniques et surtout des piles électriques à quelques mètres de la source et du grand réservoir d’eau, là où ils ne vont jamais? je rétorque. Pourquoi faut-il que l’on mette tout sur le dos des étrangers? Sont-ils des pestiférés?

    - Bien plus que ça, affirme Napoléon. Ils sont non seulement porteurs d’un tas de maladies pareilles ou pires que ce virus couronné mais aussi de nombreuses idées tordues made in city. Pour qui te prends-tu? Pour le messie du capitalisme? Et puis ton fric, il nous servirait à quoi?

    Je souris puis je lui explique ironiquement:

    - A acheter des masques que tu imposes aux autres, avec peu de succès ma foie!... Tu critiques à fond les autorités des grandes villes et, ironie du sort, tu agis exactement comme elles. Tu as profité d’une situation inquiétante, crée principalement par les ondes et la voix opprimante de tes tam-tams chez nous et tous médias au niveau mondial, pour te mettre en avant et en créer une autre encore plus inquiétante. Celle de la terreur. J’exagère peut-être mais je n’en suis pas loin. Avant de vouloir nous rendre plus ridicules de ce que nous sommes, as-tu au moins songé à nous prendre la température?

    - Je ne suis pas toubib.

    - Ça tombe bien! Mon fric, le fric servirait entre autres à ça. Un bon médecin serait le bienvenu. Ainsi qu’un instituteur ou une institutrice pour les enfants. Non? Oui? Non?...

    - Grâce à l’internet, les gosses s’instruisent déjà par eux-mêmes.

    - En regardant des vidéos drôles ou musicales?

    - Tous les parents ne sont pas débiles.

    - Je partage enfin un de tes avis. Mais l’éducation à distance ou la télé-école n’a pas encore fait ses preuves. Nous sommes avant tout des humains et non pas des robots. Les contacts réels entre enseignants et élèves sont plus que bénéfiques. Sincèrement, je pense que ma première maîtresse d’école est le seul véritable guide spirituel que j’ai eu. Par sa féminité, sa douceur et ses leçons de choses, elle m’a ouvert les portes de mon imaginaire. Bref!... Mesdames, vous n’a envie de faire du lèche-vitrines autrement que sur votre tablette ou votre ordi?...

    - Que tous ceux qui sont pour la pension lèvent leur bras droit et tous ceux qui sont contre leur bras gauche... ou plutôt aillent se faire bouffer par les requins! propose subitement Chintamanee, craignant des propos vulgaires ou malsains de la part de son ex soupirant.

    Mais quand l’argent est là, propre ou sale, sous nos yeux ou prêt à glisser dans notre tirelire, seul l’ermite ne se laisse pas séduire par les charmes du veau d’or.

    Même le Pape, en secret après un bon gueuleton bien arrosé, vous confirmerait cela...

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  • Extrême (32, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgTrois jours plus tard, à l’heure précise, décidée et ébruitée avec conviction par mes deux messagères et complices, dont il n’est plus nécessaire d’évoquer leur nom, tous les habitants de l’île sont dans mon jardin. Debout, assis sur une chaise ou par terre, selon leur choix. Seule un quinzaine d’entre eux portent un masque de protection, imposé par Extrême vu le coriace virus chinetoque qui est en train de ronger la planète mais loin de chez nous.


    Fier de ce rassemblements inespéré et ému tel un ancien élu à la retraite qui reconnaît enfin et sincèrement que ses réussites politiques dépendaient principalement des efforts de ses collaborateurs et de ses partisans, je prends la parole en disant:

    - Mes chers amis, merci d’être tous là. Si mes deux chères calculatrices en chair et en os, ici présentes à mes côtés, ne se sont pas trompées dans leur tâche, je peux affirmer à la face du monde que cinquante-deux individus de races, d’ethnies ou d’origines diverses habitent sur cette archipel idyllique au confond de toute civilisation. Vingt-deux femmes, dix-neuf hommes, six filles et cinq garçons. Ont-elles calculé juste, ces braves dames?

    Certains se mettent à compter et à recompter et les autres se forcent à faire semblant. Puis, au bout de trois minutes, pour que ça fasse sérieux et crédible, tous les conviés crient joyeusement et quasi simultanément:

    - Oui, c’est juste, c’est juste!

    On se croirait presque à l’école enfantine.

    Et je poursuis:

    - Bon! Cinquante-deux, retenez bien ce chiffre! Comme dans toutes les démocraties, les chiffres sont très importants. Au poil près et non pas à la virgule près. Ou inversement. Conformément aux caprices des parlementaires, êtres bavards qui ont une certaine facilité tordue à se contredire. Bref! Mettons cela de côté pour l’instant... La chose la plus importante dans la vie, c’est l’amour. Et quand l’amour va à merveille tout s’approche du meilleur et s’éloigne du pire. Cependant, ce dernier reste sur place, stagne pour alimenter l'imaginaire des défaitistes et des pessimistes. Et quand l’amour est là aussi, le sens du partage prend l’ascenseur. Donc, j’ai décidé de partager tous les bénéfices de ma fortune entre vous, entre nous tous. Et ils sont colossaux.

    Des ouah! magistraux montent jusqu’au ciel.

    Je précise:

    - Tout insulaire, qu’il soit adulte ou mineur, recevra chaque mois, de ma part dans un premier temps, une certaine somme d’argent qui devra être considérée non pas comme un cadeau privé mais comme une pension étatique obligatoire attribuée dès l’enfance. En contrepartie, symboliquement ou pratiquement, tout bénéficiaire devra... d’où entre en jeu le chiffre 52, une semaine par année... prendre les fonctions de chef ou de représentant de...

    - C’est moi le chef ici et personne d’autre! intervient violemment Extrême, me coupant ainsi la parole.

    Un ouh! généralisé m’étourdit durant plusieurs secondes.

    - As-tu l’intention de contester la décision sonore de ce comité que je viens d’entendre? je demande à mon faux frère glaronais, tout embarrassé. Qui t’a conféré un tel pouvoir?

    - Les sept sages du village.

    - Sont-ils parmi nous? Ou, pareil qu’en Suisse, toujours au moulin et jamais au four...

    - Non, ils sont morts. Mais, contrairement à tes prestidigitateurs surpayés, leurs jugements et décisions méritent des prolongations.

    - A vie? Aurais-tu une âme de roi ou de dictateur, mon cher Extrême?

    - Ne m’appelle plus ainsi! Mon vrai prénom, c’est Napoléon.

    Sifflements, sourires et rires sont à la fête.

    Effondré, le pauvre bonhomme s’explique:

    - Si mon paternel a eu l’idée de me baptiser ainsi, ce n’était pas pour honorer la mémoire de Bonaparte, cet esclavagiste de Corse, mais pour emmerder tout bonnement les Anglais. Car quand je suis né, Antigua appartenait totalement à la Couronne des bouffeurs de cakes.

    Applaudissements.

    Alors, Extrême, tout radieux, pour ne grimper au cocotier et passer pour un méchant, me fait signe de poursuivre.

    Et je déclare haut et fort:

    - Faites de votre corps et de votre esprit ce que bon vous semble mais pas de votre pays, de l’endroit où vous vivez. Cette île, c’est notre avenir, notre enfant à tous et, en ce moment, il est aussi vulnérable qu’un nouveau-né qui ne peut grandir aisément que dans le calme et la propreté. C’est aussi notre jardin sacré, notre source de vie. Ils nous donne tout ce dont nous avons besoin pour subsister, sainement. Des fruits et légumes en abondance. Des bananes, des patates douces, des papayes, des manges, des goyaves...

    - Nous savons déjà tout ça! crie un jeune homme.

    - C’est faux, archi-faux! je proteste. Ce matin même en me promenant au bord de la mer, j’ai ramassé au moins cinq bouteilles en plastique qui flottaient à moitié sur l’eau et une dizaine de masques de chirurgien qui trainaient sur le sable...

    - Ce sont les touristes, accuse la même personne. Et puis quel rapport?...

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  • Extrême (31, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgUn bon matin, ma belle au bois fumant et noir charbon me dit en se réveillant, sans aucune arrière-pensée en apparence ou, plus exactement, au premier son de cloche:

    - Tu as ronflé comme un hippopotame, mon un bel étalon.

    - Pourquoi me compares-tu à ces animaux de cirque ou de foire? je lui demande d’un air vaseux.

    - Tu aurais préféré que j’emploie les termes pacha et musulman?

    - Je vois plus ou moins où tu veux en venir.

    - Vraiment?

    - Plus que ça.

    - Eh bien! C’est prometteur pour quelqu’un encore sous l’influence de Morphée.

    - Eh bien, oui... Sache, ma plus que chère, que ma situation, notre situation, me convient parfaitement. Car elle est nulle- ment hypocrite. D’après Mademoiselle ou Madame Nashidil Rouiaï, la quasi-totalité des pays musulmans, à l’exception de la Tunisie et de la Turquie, autorise la polygamie et plusieurs pays d’Afrique majoritairement chrétiens et animistes ont légalisé cette pratique. Alors pourquoi pas chez nous, pas nous? Nous ne dépendons d’aucune juridiction précise. La France, l’Espagne et le Royaume-Uni, ces ex esclavagistes, revendiquent verbalement cette île paradisiaque mais aucun de ces trois peuples de cocus n’osent faire les démarches nécessaires, bref. Alors secundo, tertio, quarto...

    - J’ai du mal à te suivre.

    - Moi aussi.

    - Tu commences à me faire peur.

    - Désolé, ce n’était pas du tout mon intention. Je pensais à mes œufs brouillés et je me suis mal exprimé... Je voulais tout simplement te faire savoir que je me sentirais mieux dans peau d’un Arabe qui a deux ou plusieurs épouses que dans celle qu’un Européen marié qui ne cesse pas d’aller à gauche. Et... et...

    - Et?

    - Ces temps-ci, je jubile comme un mahométan qui vient de fêter son double mariage.

    - Mais tu n’es marié avec personne. Li nan tout nan tèt la.

    - Traduis!

    - Tout est dans ta cafetière, à peu près...

    - C’est encore mieux!... Mais!

    - Mais quoi?

    - Prenons notre petit-déjeuner d’abord, avec des œufs bien entendu, et ensuite essayons de réunir tous les habitants de cet état à l’état latent car j’ai une révélation très importante à leur faire.

    - Et moi, je compte pour du beurre?...

     Nashidil Rouiaï.jpg

    Nashidil Rouiaï

    (pour des informations détaillés sur la polygamie, cliquez sur cette photo)

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  • Extrême (30, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgTout n’est qu’une question d’éducation, de conditionnement ou d’arrangement(s) dans la vie sociale ou pas, je me répète souvent. Ou une salade, un amalgame de ces trois éléments-là. Tant qu’il y aura des guerres, des poteaux d’exécution, des prisons, des compétitions sportives, des académies artistiques, littéraires, scientifiques et autres qui décernent douteusement prix, médailles et trophées et, métaphoriquement, des ânesses qui applaudissent des ânes, ou l’inverse, qui se prennent pour des chevaux de course, bien entendu!

    Malgré cette lourde pensée, quand je marche au bord de la mer, j’ai l’impression d’avoir dix-huit ans et, par moments, de pédaler dans le ciel. Identiquement à certains personnages du génial artiste polonais Igor Morski.

    Cela grâce à ma voisine alias Madame Cameron et à Chintamanee qui s’entendent comme deux inséparables copines d’école avant leur puberté et qui agrémentent mes soirées, mes nuits et mes longues matinées.

    C’est-à-dire, pour éviter toute suspicion, je couche tantôt avec l’une, tantôt avec l’autre et, les jours de pleine lune, avec les deux. Selon un programme et un calendrier bien établis. Établis par elles-mêmes à mon insu...

    Igor Morski : lire Extrême de Hank Vogel.jpg

    Œuvre d'Igor Morski (cliquez sur l'image)

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  • Extrême (29, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgEt voilà! Je m’y attendais et je m’y attendrai toujours.

    Il suffit que le Bon Dieu se manifeste dans toute sa bonté et nous fasse ainsi un formidable cadeau pour que sa sœur jumelle ramène sa fraise et en rajoute une couche.

    - Je vous ai vu avec elle, vous êtes injuste! m'accuse violemment Chintamanee... Pourquoi elle et pas moi? C’est à cause de la noirceur de ma peau? Vous avez peur de devoir nourrir un pitit chokola lèt jusqu'à sa majorité? C’est ça, c’est ça!

    Secoué tel un prunier en pleine bourrasque, malgré ma rassurante intuition, je déballe deux de mes plus intimes convictions, croyant être forcé de plaider ma défense:

    - Il y a deux types de bras cassés qui me donnent d’abord le torticolis ensuite la nausée, ce sont les retardataires et les soi-disant profs qui ne se prennent pas pour la queue d’une poire...

    - Vous avez fumé un joint ou quoi?

    - Et vous?

    - La moitié d’un... Es-tu satisfait, blanc bec?

    - Vous... tu me tutoies maintenant?

    - Définitivement. Et c’est irréversible... A toi de choisir: ou tu acceptes de me faire l’amour comme un dieu grec et sur le champs ou tu refuses et dès demain tu seras obligé de t’adresser à moi comme si j’étais la fille ou la petite-fille de la Reine d’Angleterre...

    - Si... non... quels mots pompeux devrais-je utiliser?

    - Votre altesse royale, la première fois. Et Madame, les fois suivantes. Oui, Madame. Non, Madame. C’est cela, Madame...

    - D’où tu détiens ces informations?

    - Grâce à l’internet, nul ne risque de trébucher sur les marches d’un palais... Alors, quel est ton choix?

    - Baisse ta culotte!

    - Toi d’abord.

    Lentement, j’enlève ma chemise et mon pantalon sous son sourire narquois et, en me débarrassant rapidement de mon slip, je la préviens d’un ton sec:

    - Sache que si dans quelques secondes tu te tires en éclatant de rire, tu ne me verras plus jamais.

    Et me voici dans de vrais beaux draps. Non froissés et non froissants! Mais jusqu’à quand?...

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  • Extrême (28, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgTout va à merveille entre ma voisine et moi.

    Quand elle a besoin de se faire soulager, elle me siffle et je cours vers elle comme un chien.

    Quand c’est moi qui a besoin de me faire soulager, je la siffle et elle court vers moi comme une chienne.

    Mais quand, miraculeusement, l'envie de nous entrelacer harmonieusement nous chatouille au même moment les neurones adéquats, nous marchons l’un vers l’autre tels deux Casques bleus prêts à mourir pour la paix et à vous d’imaginer la suite.

    Vu du ciel et pour les badauds, ma voisine c’est ma voisine et rien de plus. C’est-à-dire une honorable personne qui, pareille à la lune, alimente sa face cachée. Et c’est déjà trop.

    Par contre pour moi, elle est le contraire d’une voisine banale qui vous dévoile son pédigrée et vous réclame le vôtre avant même de franchir sans gêne le seuil de votre porte lors de la première rencontre.

    La preuve, je ne connais ni son nom de famille ni son vrai prénom. Et ni son âge, bien que féminité oblige! Et c’est mieux ainsi. Et elle, aussi, rien de tout ça me concernant. Égalité oblige!

    Sans doute, les quelques habitants de ce paradis perdu, moi y compris, ont tous été impressionnés voire conditionnés, un jour ou l’autre, par une drôle de pancarte près du port où il est inscrit:

    Hommes et femmes de bonne volonté, vous n’êtes pas des bouteilles ni des boîtes de conserve, que je sache! Alors ne collez aucune étiquette trompeuse sur votre visage avant d’avoir goûté au fruit du bonheur pour la dernière fois.

    Signé: Raoul qui se les roule.

    Un petit texte absurde pousse parfois le commun des mortels plus à réfléchir et à réagir qu’un long et sensé serment bien rédigé.

    Ce qui me conduit à me dire:

    Les meilleures leçons scolaires sont probablement les plus confuses. Ce sont celles qui obligent les élèves à penser d’avantage par eux-mêmes...

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  • Extrême (27, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgSoudain, je me revois gamin au tribunal de l’enfance de ma ville d’adoption, devant la juge, une quadragénaire prétentieuse et sèche comme une trique, qui s’est permise d’humilier mon père en le traitant de parent immature pour deux ou trois boules de neige que j’avais balancées sur le pare-brise d’un autobus à l’arrêt, avec des copains.

    - C’était pour rire, pour nous amuser, vieille saucisse protestante! je ronchonne en fixant mon assiette vide. Nous étions heureux, la neige venait à peine de tomber... Il y a longtemps, très longtemps. Causes? Causes et effets! Si lointaines et si proches!

    Et j’accuse à haute voix, tel un affamé de justice dans une cour d’assises, injustement réprimandé:

    - Tout est faux dans cette société qui nous colle encore au cul. Du plus petit au plus grand. Tous des vendus au plus offrants. La morale joue des castagnettes. Elle me fait penser à une danseuse d’opéra condamnée à s’exhiber dans un cabaret pour survivre. Hier, l’homosexualité était interdite, aujourd’hui elle est plébiscité voire fortement conseillée pour empêcher la surpopulation mondiale. Chez nous, nos semblables, bien entendu. Par certains de nos illustres abrutis. Et tous les cons suivent le mouvement, ses mouvements. Les élus, les magistrats, les avocats, les policiers, les militaires, les enseignants, les historiens, les artistes, les journalistes, les écrivains, les patrons, même les concierges que je chérie si souvent du fond de mon âme, sauf... sauf... Sauf qui au fait?

    - Toi et moi?

    - Non. Ce serait trop beau.

    - Qui finalement?

    - C’est trop tôt ou trop tard pour le savoir.

    Ma voisine se lève alors et, piquée par Dieu sait quel moustique diabolique, m’envoie dans les gencives:

    - Cesse de serpenter et de vouloir bouffer ta queue comme un serpent.

    Puis d’un air angélique et envoûtant, elle me propose:

    - Foutons-nous à poil et, la main dans la main, allons nous baigner dans les eaux émeraude. Nos sexes n’attendent que ça.

    Et ni une ni deux, nous nous déshabillons en toute hâte, nous plongeons dans la mer et nous obéissons à nos instincts libérateurs.

    Sans l’autre, la liberté n’est qu’un leurre...

    République dominicaine.jpg

    A la mémoire de toutes ces belles îles où j'ai séjourné...

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  • Extrême (26, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgElle ferme les yeux, respire profondément, puis les ouvre et me demande avec une pointe de colère:

    - En tant que mâle, peux-tu me jurer sur ta génitrice que tu n’as jamais abusé d’une femelle?

    - Je ne jure jamais mais j’en suis certain, je lui réponds spontanément, sans la moindre hésitation. Je suis aussi pur que Saint Joseph de ce côté-là...

    - Ni aucune tentative ou envie de harcèlement?

    - Ni l’une, ni l’autre. L’ onanisme est peut-être ma seule fâcheuse dérogation. Mais je drague en bonne et due forme. Que veux-tu, Dieu a fait de nous les mecs des éternels chasseurs et les prophètes de toute part cherchent à nous réduire en couilles molles. Ceux qui se permettent tout dépassent tout simplement les bornes. Et les bornes ne sont les mêmes partout.

    - Explique!

    - Il y a des endroits où les bonnes femmes adorent jouer au chat et à la souris. Soit pour mettre du beurre dans les épinards, soit pour grimper plus facilement et plus rapidement les échelons, soit pour pouvoir ensuite traiter leur matou, au singulier comme au pluriel, de tous les noms d’oiseaux, soit...

    - Stop! Tu te marches sur les bretelles, l’ami! Et tu tires à perte de vue dans tous les sens. Certes, il y a autant de salopes que de salauds dans notre société mais ce n’est pas une raison suffisante pour croire que certains milieux sont plus néfastes que d’autres... Je vois où tu voulais en venir.

    - A quoi?

    - Au milieu du cinéma porno ou à celui de la prostitution, n’est-ce pas?

    - Pas obligatoirement.

    - Alors auquel?

    - Aucune importance, crache la vipère du fond de ta gorge et on verra.

    - J’ai déjà entendu cette expression, plus ou moins...

    - Probablement, moins on est nombreux plus on se copie dans ce jardin d’Éden. Dis ce que tu as à dire!

    - Tout est une question de contrat, de conditions. Il y a ceux qui les respectent et ceux qui ne les respectent pas.

    - C’est à cause de ces derniers que tu t’es réfugiée ici?

    - Parfaitement!... Plus précisément, j’en avais assez d’entendre le mot raciste parce que je refusais de faire l’amour avec des acteurs non blonds et non européens, même semblant. C’est plus fort que moi. C’est plus épidermique que psychologique... En démocratie, on a tout de même le droit de choisir ce que bon nous semble sans devoir subir automatiquement de cruelles pressions, bordel! Chantages ou menaces! Non?

    - Certaines communautés ne s’en privent pas...

    - Et puis, excuse-moi du peu, mais mon anus et mon vagin sont à moi. A moi seule et à personne d’autre! Et je les vends ou les offre à qui je veux et à ma guise. Quand ça me prend... Heureusement plus maintenant, car j’ai pris ma retraite anticipée. Et toi?

    - Moi quoi?

    - Pourquoi tu vis sur cette île paumée? Tu fuis les flics ou tes créanciers?

    - La liste est longue... mais pour des causes bien plus graves.

    - Énumère-les, nous sommes loin de tout micro espion...

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  • Extrême (25, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgPuis, après s’être bien bidonnée, elle me dit d’un air solennel, ironiquement bien entendu:

    - Vous êtes trop mignon, preux chevalier, vous avez droit à la liberté et au plaisir du tutoiement et à toute mon amitié. Non?

    Et je lui réponds sur le même ton:

    - Vous avez parfaitement raison, noble dame, à vous donc l’honneur... Oui?

    - Oui quoi?

    - J’attends.

    - Tu attends quoi?

    - Bingo!

    - Je ne comprends pas.

    - J’attendais que tu prononces le premier tu....

    - Que je suis bête!... C’est parce que tu m’as troublée... Je croyais... non rien... ma vie d’avant ne mérites pas d’être racontée.

    Je croise mes mains et lui explique:

    - La confession est le meilleur remède psychologique. C’est une force libératrice capable de transformer un démon en ange. Et non pas le contraire, comme lors d’un discours politique enflammé. Mais! Car il y a toujours un mais ou une condition. Pour que les choses aillent dans le sens de mes prédilections, il faut que celui qui écoute, l’auditeur plus que parfait au présent, ne soit ni un prêtre dogmatique ni un psy prisonnier de son école mais un individu libre, dépourvu de tout préjugé, du moins des abominables et des impardonnables, très attentif et bon conseiller... Si tu estimes que je corresponds plus ou moins a un tel profil, je pose ma candidature.

    Elle regarde droit dans les yeux et me demande:

    - Es-tu sérieux? Et après? Pourras-tu m’apprécier comme maintenant, sans trop d’arrière-pensées? Car je sais ce que tu sais déjà sur moi. Chanti, pour défendre son camp, a certainement dû salir le mien. Tes rêves en sont la preuve. Sinon, tu ne serais pas en face de moi à tenter je ne sais quoi...

    - As-tu peur de tomber de ton piédestal?

    - Plus que ça!

    - C’est-à-dire?...

    Extrême, Hank Vogel.gif

    Mes rêves avec Chanti!

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  • La tour de Babel, c'est de la nioniote à côté!

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    La tour de verre, opaque pour le grand public, est un bordel étatisé où tout le monde couche avec tout le monde, ou presque, aux frais de la princesse, m'a dit un jour mon ancienne concierge qui écoutait aux portes pour le compte du KGB et de la CIA. En tout cas, c'est sûr, les réalisateurs baisent avec leurs monteuses, parfois même dans les box de montage. On tutoie aisément son dirlo et on complote derrière son dos, sans vergogne et à longueur de journée. Ça pédale et ça gouine dans tous les coins obscurs et isolés, aussi. A rendre jaloux les cochons et les cochonnes de nos chers parlements, égalité oblige! On n'entre pas dans ce lieu sacré qui flirte avec le ciel sans un gros coup de piston. Non! C'est certain! Grâce ou à cause de qui? Mystère et boule de gomme. La tour de Babel, c'est de la nioniote à côté, du pipi de chamelle...

    Alors l'affaire du beau parleur, qui chausse du 48 et qui s'est tiré chez les grandes gueules, ne m'étonne guère.

    D'autres histoires du même genre voire plus croustillantes méritent d'être déterrées. Dans les hôpitaux et les banques, également.

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