Soyons Net - Page 4

  • J'ai aimé et tué ma soeur (12, à suivre)

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     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgUn clochard du même âge que moi m’accoste et me dit en désignant du bras l’œuvre en question, relativement bafouée:

     - C’est bien foutu, n’est-ce pas?

     Je hoche la tête en signe d’affirmation.

     Bien qu’il soit mal rasé et très mal habillé,  le  bonhomme dégage une certaine prestance, difficile à définir. Il me dévisage un bref instant puis il me demande les yeux tout ronds:

     - C’est vous? C’était vous?

     - Non, ce n’est pas moi, je réponds automatiquement. Soit par méfiance, soit par instinct de protection, de conservation.

     - C’était quand? insiste-t-il.

     - Non, ce n’est pas moi, je réitère mon mensonge.

     - C’était avant ou après? persiste-t-il.

     - Lâchez-moi les baskets, je crie... Vous êtes sourd ou quoi?

     Alors, tout énervé et tremblant, le pauvre  homme, en apparence, sort un portrait photographique de sa poche et me le montre en me hurlant dessus:

     - Et ça, c’est quoi, le cul d’une autruche du Néguev?

     Et je découvre, avec stupéfaction et  inquiétude, la photo de mon deuxième passeport suisse, colorée ou curieusement teintée. Quand j’étais jeune, forcément...

    Hank Vogel.jpg

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (11, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgJ’éteins mon ordinateur et je me dis:

     Dans un monde fou, les fous courent les rues et se précipitent sur les réseaux sociaux. Ils écrivent et réécrivent sans cesse... ils épuisent tout leur sang-froid et vomissent des pages entières de preuves et d’infirmations. Mais à quoi bon? Oui, à quoi bon s’acharner sur des évènements qui seront demain déformés par les historiens? La vérité n’étant qu’un leurre dans une société faite de partisans...  Le plus voyou des présidents étasuniens allongera-t-il la liste où figurent Napoléon, Hitler et tous les autre semeurs de zizanie à outrance de tous les temps? Il ne faut tout de même pas exagérer, le bonhomme n’est pas aussi cinglé comme le prétendent certains psychiatres, eux-mêmes un pied dans la folie et l’autre dans la normalité. C’est tout simplement un individu très malin, prétentieux, hautain et mal éduqué ou éduqué mercantilement.  

     Je claque la porte de chez moi en criant:

     - Allez tous vous faire foutre, bande d’intellos pourris jusqu’à la moelle! Labourez la terre et vous changerez vite d’idées!... Qu’en pensez-vous?

     Aucune réponse. Pas le moindre chuchotements. Ni l’ombre d’une concierge. De la mienne pour être moi discriminatoire.

     Forcément et sûrement, à cette heure-ci,  la pauvre dame commère à l’église avec sa meilleure amie, une fille de son village andalou, et tous mes voisins sont au boulot en train de préparer la prochaine grève, à la cantine, à la barbe de leur patron.

     Je m’éloigne de mon immeuble, qui pue la putréfaction dirait un ami chirurgien, et je me faufile dans un longue ruelle dont les murs sont allègrement tagués.

     Je marche, j’observe et je m’interroge. 

     Pourtant, il n’y a rien à comprendre. Tout semble si vague, si peu convaincant, nullement révoltant.  

     Tout à coup, je me trouve face avec une caricature de moi-même, déguisé en cow-boy quand j’avais vingt-quatre ans.

     - Merde, c’est moi et davantage! je m’exclame bizarrement...

    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel*.jpg

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (10, à suivre)

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     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgJ’allume mon ordonne et en cherchant tout et n’importe quoi, sans but précis,  je tombe sur un article de presse qui parle de Jérusalem-Est rédigé par un jeune homme sans doute mais en tout cas par quelqu’un de moins âgé que moi, vu son style proche du dégainage hollywoodien. 

     Mais avant d’arriver au bout de son message, subitement, un évènement personnel, très intense et très instructif pour mon avenir, me revient à l’esprit:

     Un habitant de cette ville dite sainte mais mal respectée, un Jordanien, un Cisjordanien ou un apatride pro-palestinien, qu’importe son identité, me tire par le bras et me demande:

     - Veux-tu apercevoir secrètement Israël, le pays arabe le plus aidé des Américains?

     - Oui, pourquoi pas, je lui réponds spontanément, tout  perplexe mais confiant.

     - Alors suis-moi!

     Et j’obéis comme un touriste à la dérive, n’ayant plus rien de palpitant à découvrir.
     
     Après avoir serpenté la vielle ville durant une dizaine de minutes tout au plus, nous nous arrêtons devant un mur séparant deux vieilles maisons en pierre, le bonhomme me montre une fissure et me dit:

     - Approche-toi d’elle et guigne... et tu verras que j’ai raison.

     Je regarde à travers la petite faille, tel un adolescent un peu pervers qui espionne sa  grande sœur par le trou de la serrure des toilettes, et que vois-je pour la première fois de ma vie? Une parcelle de l’État hébreux et quelques passants nullement américanisés.

     Je me tourne vers mon guide occasionnel et je lui dis:

     - Tu as raison, vous vous ressemblez comme deux gouttes d’eau. Peut-être l’une est salée et l’autre est sucrée. Cassez le mur et vous sentirez sûrement moins la différence. 

     Et, comme le cerveau est à la fois un outil et un compagnon intelligent mais souvent très jaloux, je me dis pour le rassurer et le calmer:

     - Un test ADN permettrait à certains surexcités, convaincus d’appartenir à une telle tribu et surtout pas à une telle autre,  de se recentrer...

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  • Ma Mère, cette Italienne (18, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpg Beaucoup d’Européens firent d’excellentes affaires en Égypte. Les plus cupides et vénaux, en exploitant à fond les fellahs et le sol égyptien car, comme l’a écrit Hérodote, avec plus d’élégance et de conviction certainement, sa terre est noire, friable et faite du limon et des alluvions apportés d'Éthiopie par le Nil. Surtout les planteurs de coton. A l’instar de quelques familles suisses alémaniques. Mais à l’inverse de l’agronome et défenseur des droits de l’homme, le genevois John Ninet. Et les autres, aléatoirement accros à l’argent, comme vous et moi face à un bancomat sans surveillance, en fabricant ou en achetant des produits locaux pour une misère et en les revendant à l’étranger à prix d’or. 

     Quant au père d’Edgar, Vogel Charles né à Lausanne alias Karl né à Berlin pour les services secrets britanniques, toujours méfiants envers les étrangers,  mon honorable grand-mère, contrairement à ce que pensaient et le pensent peut-être encore certaines personnes jalouses et malintentionnées, ne s’est pas enrichi sur le dos des pauvres arabes mais en découvrant de talentueux artistes, chanteurs et musiciens... et en distribuant à grande échelle leurs disques, entre autres, sous le label His Master’s Voice à travers tout le Moyen-Orient. Alexandrie n’était qu’une sorte de pied-à-terre dont le climat convenait à merveille à la santé fragile de sa tendre Hélène, ma douce grand-mètre prussienne d’origine française.

     Et c’est grâce à cela et non pas suite à des activités malsaines, purement colonialistes, que cet homme, pourtant plus souvent attiré par l’univers éthéré des anges et des morts que le monde terre-à-terre du commerce culturel, laissa une belle fortune à ses héritiers, le jour de son décès. C’était  le 16 février 1929. Edgar n’avait pas encore quinze ans...

    John Ninet.png

    John Ninet (pour plus d'infos cliquez sur cette Image)

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  • Ma Mère, cette Italienne (17, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpg- Et toi, tu l’as lu?

     Edgar se frotta le front puis il répondit d’une voix nette:

     - Oui.

     Mais il ajouta, sans doute, pour se faire pardonner ou justifier son acte de vilain petit cachottier auprès de sa princesse imaginaire qui ne s’était pas encore totalement dévoilée:

     - Comme je lis beaucoup et que tu as pu le constater, tout ce qui est illicite, mon libraire me le propose en cachette afin que je lui donne mon opinion... Le risque en vaut-il la chandelle?... D’après lui, les avaleurs de livres qui viennent régulièrement au magasin ne sont tous dignes de confiance... Comprends-tu le pourquoi de la chose? 

     La jeune maman retira son mamelon gauche de la bouche de son enfant.

     - En long et en large, dit-elle après avoir essuyé délicatement la bouche de son bébé... Il n’ y a plus qu’à le faire roter ce futur fasciste avant que je m’y mette moi aussi à feuilleter des revues cochonnes.

     Après avoir ruminé, comme une vache glaronaise, une montagne d’interrogations douteuses et non pas une botte de foin, forcément, le lecteur insatiable totalement apolitique dit à la fasciste en herbe:

     - Freddy ne sera jamais fasciste, le sang de mes ancêtres coule dans ses veines.

     - Et celui des mieux coule où? Dans les égouts?...

     - Ils étaient des libérateurs d’esclaves, des nobles au cœur noble et non pas des lèche-bottes...

     - Eh bien, je lui chanterai des chansons partisanes qui coloreront tout son corps ainsi que son âme, dit-elle ironiquement.

     - Alors chante! lance-t-il, un peu énervé.

     - Pas maintenant! Tu ne vois que le petit s’est endormi?...

     - Mais qu’avez-vous toutes avec ce Mussolini?

     - Toutes?

     - Ta mère, tes sœurs, tes cousines, tes copines d’école...

     - Maintenant en Italie, les hommes n’ont plus le droit le siffler les femmes, de cracher par terre et de prononcer des mots grossiers... sous peine d’amende... Quand je me balade toute seule dans la rue, je me sens plus en sécurité, j’ai la certitude de vivre enfin parmi des gens civilisés. Et ça, c’est grâce au Duce.   

     - Et c’est tout? C’est cela sa grande révolution culturelle et sociale qui vous fait tant jubiler?

     - Tu préfères le comportement de nos arabes? Ils sont voleurs, sales, marchent pieds nus et pissent partout. 

     - Pas tous. Les mal éduqués seulement.

     - Ils le sont tous.

     - Uniquement ceux que nous exploitons à mort. Un jour, ils se vengeront...

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  • Le démon de treize heures (3, à suivre)

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     Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgVive Israël, la Jordanie et la Palestine!

     J’entends subitement une voix, lointaine, trop lointaine.

     Que bafouille-t-elle?

     Elle répète très doucement mais distinctement:

     - Est-tu certain?

     Il faut bien que les habitants de ces trois pays finissent par s'entendre comme larrons en foire afin que nous puissions visiter la Terre Sainte en toute sécurité, bordel! J’espère ne m’être pas trompé, géographiquement. Avec ces frontières qui bougent sans cesse, dans ma tête et en réalité, j’ai parfois de la peine à me situer dans l’espace et dans le temps. Comme ici dans la région d'Ohalatva. Jadis finlandaise voire suédoise et aujourd’hui russe. Avant, après... et plus tard?

     - Tu connais la  Slovénie?

     - Oui... sans doute.

     - La Croatie?

     - Oui... sans doute.

     - La Serbie?

     - Oui... sans doute.

     - Pourquoi ajoutes-tu sans doute après chaque oui?

     - Parce que quand j’avais vingt ans, avec des copains...  nous n’avons traversé qu’un seul état, la Yougoslavie, pour nous rendre au Moyen-Orient et je ne me souviens pas très bien de la route que nous avons prise... 

     C’était une conversation hasardeuse à La Prison, un bar à café, à la vieille-ville de Genève, bien connu des soixante-huitards et autres ploucs de l’époque, qui scintille parfois encore dans les limbes de ma mémoire.

     Mensonge par omission! C’est à la mode... C’était ailleurs, dix ou quinze ans plus tard, dans un coin bien bourge. Que veux-tu, ange du ciel ou de l’enfer, les calvinistes préfèrent le fric et les flics à la vie de bohème. Les banques aux services sociaux. Les cliniques privées aux hôpitaux populaires. De vrais idolâtres du veau d’or et de parfaits masochistes, ces Genevois! Certains même ont vachement dû aimer se faire castrer par les théories du terroriste légalisé Jean Calvin. Au catéchisme ou auprès, pas trop près, de leur belle-maman. Ah, ces vauriens! Bien que nous soyons tous des moins-que-rien face aux travaux du Créateur, autodidacte par excellence.     

     On s’unit, on se désunit. Mariage, divorce, on vit à la colle, on se sépare, on se recolle... la mentalité des hommes me rappelle souvent le soufflet de l’accordéon. Ou plutôt inversement quand je sirote dans un bal musette. Quoique la musique et moi ça deux. 

     Mais!

     J’adore les chansons de Cliff Richard, de Neil Sedaka, de Ricki Nelson, de Brenda Lee... Certaines d’entre elles, malgré leur superficialité, se sont... comment dire...

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  • Le démon de treize heures (2, à suivre)

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    Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgPas de réponse, bonne perspective. Cela nous permet et nous pousse à réfléchir, à chercher... Me pousse!  A écrire surtout! Les autres, je n’en sais rien et je n’en ai rien à foutre. Personne ne se précipitera pour prendre ma place le jour de mon dernier souffle. Dans le cercueil, bien entendu. Et les fous de Jésus nous bassinent à longueur d’année qu’il faut absolument aider son prochain. Quel prochain? Mes voisins? Ce sont des escrocs, des macros, des machos et des fils à papa. Des futurs présidents, ministres ou chefs d’entreprise(s). La vie est peut-être une réussite mais nos sociétés sont des échecs. J’ai dit peut-être! Car elle mérite aussi le doute, mon doute. Quand tout va bien, l’humain comme la bête naît en pleine forme et meurt à moitié ou totalement esquinté. Le contraire nous donnerait sûrement des ailes et plus d’estime envers nous-mêmes. En quelque sorte, nous serions tous des toubibs à la naissance. De vrais médecins, innés, à l’état latent, et non pas des produits de bonne ou  de mauvaise qualité à devenir selon les circonstances. Yes? No, l’amerloque? Je divague?

     Je m’imagine, tu t’en moques éperdument. Parce que la grande faucheuse t’a réduit au silence une fois pour toutes. La salope! Elle est pire que ces abrutis de la censure qui, dans de nombreux pays soi-disant démocratiques entre autres, savent à peine lire ou louchent en lissant... 

     Flash dans mon esprit!

     La vilaine m’a aussitôt fait penser à la mer Morte. On prétend qu’aucun poisson n’y vit. C’est faux! A l’embouchure de ce grand lac salé et d’un cour d’eau qui venait de je ne sais où, j’ai vu de mes propres yeux plusieurs alevins, de deux à trois centimètres de long, nager librement comme des grands... J’ai gouté l’eau, elle était salée. Soit les océanographes n’y ont vu que du feu ou plutôt ne sont pas donné la peine d’explorer également toutes ses rives, soit à ce moment-là je venais d’avoir une sérieuse crise de delirium tremens, moi qui ne bois que très rarement du vin. Bref! Mais une chose est sûre, certaine, nullement contestable: on peut confortablement y lire un de tes romans en flottant, le cul dans la flotte et les genoux en plein soleil...

    Mer_morte.jpg

    Mer Morte (pour plus d'infos cliquez sur la photo)

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  • Le démon de treize heures (1, à suivre)

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    Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgJe chante:

     - Vor der Kaserne... vor dem großen Tor... stand eine Laterne... und steht sie noch davor...

     Lili Marleen est la plus belle chanson d’amour de tous les temps. Cette déclaration, qui n’est autre que la tienne, m’a terriblement ébranlé l’âme, mon ami John. Le savais-tu? Non? Eh bien maintenant tu le sais, camarade des souris et des hommes.  D’autant  plus que c’est en te lisant que j’ai décidé de m’engager à fond dans la voie de l’écriture à en perdre parfois la raison. Ou d’entendre de toutes mes oreilles la voix de la vérité toute crue et toute nue et d’essayer ensuite de la transmettre aux autres par le biais des mots. Noms, adjectifs, verbes, adverbes et tout le tralala. Tu n’es pas d’accord? Ce n’est pas ça? Pourtant, d’après Malraux, André pour les copains, le plus sublime des ministres français de la culture, on ne naît pas écrivain, sculpteur ou peintre mais on le devient en découvrant des livres, des sculptures ou des peintures. Ou en d’autres termes, plus proches de sa pensée: je peins une pomme, non parce que je viens de voir une vraie pomme, mais parce que je viens de voir la peinture d’une pomme. Toujours pas d’accord? A quoi et à qui penses-tu? A l’homme des cavernes  qui, faute de musées à cette époque, a eu l’idée géniale de ramasser une pierre noire, blanche ou ocre et de se mettre à... dessiner? Notre ancêtre était un génie!

     Mais quelle force mystérieuse a poussé cet être poilu, robuste et courbé comme un gorille, à agir cent mille fois mieux qu’un professeur  d’université imberbe, fragile et maigre comme un clou rouillé? Dieu ou un démon? Quel Dieu? Quel démon?...

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    Pour entendre ou réentendre Lili Marleen, cliquez sur Lale Andersen!

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  • Ma Mère, cette Italienne (16, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpgEdgardon se gratta la tête, chercha dans ses souvenirs puis il dit:

     - La géographie, la géologie, la botanique, l’herbier, la collection de pierres...  Les livres sans la réalité, les cinq sens, n’engendrent que des croyances. Comme la bible, le Capital de Karl Marx, le Kamasutra, le...

     - Ton fils est en train de rougir, fit subitement Antoinette en souriant, coupant ainsi la parole à son époux.

     - Tu l’as lu? demanda inquiet le jeune mari. Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, craignant le pire.

     - Mais de quoi parles-tu?

     - Du Kamasutra.

     - Connais pas. 

     - Alors pourquoi tu as souri?

     - Quand Freddy fait son petit caca, sa maman est toujours aux anges.

     - Je préfère ça.

     - Pourquoi? Les femmes n’ont pas le droit de lire ce bouquin?

     - Il est interdit au public.

     - C’est une réponse de jésuite.

     - Peut-être mais il est interdit... pour le moment...

    Kamasutra.jpg

    Le Kamasutra (pour plus d'infos cliquez sur le... tapis)

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  • Ma Mère, cette Italienne (15, à suivre)

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     5 juin 1933: Pierre Cot a la cote, le ministre français de l'air passe son brevet de pilote et madame Antoinette Vogel, ex-mademoiselle Antonietta Banfi, met  au monde son premier garçon, Frédéric. La fameuse prédiction du bédouin au mouchoir est en bonne voie.
     
     Onze jours plus tard, à Tel-Aviv, on assassine le chef du département politique de l'Agence juive Haïm Arlozoroff, sioniste convaincu. 
     
     - Tu as l’air bien sombre aujourd’hui, que se passe-t-il? demanda Antoinette à son mari, en allaitant son enfant.

     - Je viens de lire dans la presse une triste nouvelle, répondit Edgar, le regard lointain... On a un tué un poète juif, défenseur de l'idée d'un État d'Israël et du retour des Juifs en Terre d'Israël.

     - Tu connaissais?

     - Pas du tout mais le drame s’est déroulé dans la même ville où, quand j’étais enfant, l’ancien ou un des anciens médecins du tsar, juif lui aussi, m’a sauvé d’une méchante grippe.

     - Où exactement?

     - A Tel-Aviv, en Palestine... Dans le même  hôtel où descendait souvent Latife Uşşaki.

     - Qui ça?

     - La future épouse-éclair d’Atatürk... Des oui-dire. Est-ce vrai, est-ce faux?...

     - Que faisais-tu là?

     - Ma mère, mon frère Charles et moi, nous suivions toujours le Grand Maître dans presque tous ses déplacements commerciaux.
     
     - Le Grand Maître?

     - Mon père.

     - Pourquoi le traites-tu ainsi?

    - Ce n’est pas péjoratif. C’était vraiment un grand maître à tous les points de vue... Il profitait des voyages pour nous enseigner un tas de choses. Sur le terrain.

     - Par exemple?...

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    Haïm Arlozoroff (pour plus d'infos cliquez sur la photo)

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    Latife Uşşaki (pour plus d'infos cliquez sur la photo)

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  • Bienvenue année 2021!

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    Adieu 2020! Adieu les nombreux messages inules sur Twitter de cet étrange président états-unien qui, avec son incohérente logique concernant l'histoire a redonné Jérusalem au peuple hébreux mais a totalement oublié de rendre Hawaï aux Hawaïens, New York aux Iroquois et tout le reste de l'Amérique aux autres Peaux-Rouges! Adieu le virus made in China, j'espère, qui, malgré sa cruauté, nous a rappelé qu'il faut toujours se méfier d'un plus petit que soi, qui passe vraiment inaperçu, et des eaux dormantes! Et avant tout que tous les gouvernements se valent face à un montre incontrôlable!

    Adieu année écoulée!

    Nous nous souviendrons d'elle, avec son Covid-19, avec beaucoup de dégoût, de tristesse ou de rage. Surtout ceux qui ont perdu un être cher, leur emploie ou leur entreprise. Ou, pour le moins pire, l'avoir transformée en une société en ligne.

    Adieu l'ancienne, bienvenue la nouvelle!

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  • Vous avez dit démocratie?

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    Dans une cité, dite démocratique, dont la majorité de ses citoyens sont des andouilles, les élus ne peuvent être que des imbéciles.

    *

    En dictature, c’est la loi du plus fort qui fait foi. En démocratie, c’est celle du plus grand nombre.

    *

    Tout impôt abusif est un vol étatique.

    *
    La générosité d’un élu ne sort jamais de sa poche.

    *

    Les élus, pas tous heureusement, n’ont que le génie de faire croire au peuple qu’ils sont
    géniaux. Car, la plupart du temps, ils ne sont guère plus efficaces que ma concierge quand elle fait bien son travail. C’est-à-dire: lorsqu’elle nettoie, correctement de bas en haut, les escaliers de son immeuble. Permettant ainsi aux visiteurs de passage de constater l’ordre et la propreté.

    *

    Pour avoir le maximum de change d’être élu, la première chose à faire est de choisir le bon parti. C’est-à-dire: celui qui a le plus le vent en poupe.

    *

    Les clés du succès de la démocratie helvétique ne dépendent que des serrures que l’on a bien voulu dévoiler au peuple et au monde.

    La plus rouillée d’entre elles est la collégialité. À force d'être utilisée, finira-t-elle un jour par se briser?

    *

    Les traîtres à la patrie sont moins à blâmer qu’une patrie qui fabriquent des pauvres et des sans-abris.

    *

    Les institutions dont il faut se méfier le plus dans une démocratie, ce sont la police et l’armée.

    Deux institutions qui peuvent mettre tout une population en péril uniquement pour satisfaire les exigences d’un chef devenu fou ou imbu de pouvoir.

    *

    Les listes électorales me font souvent penser aux cartons du loto. Il surfit parfois de tomber sur le bon carton pour gagner.

    *

    Après chaque votation, il y a toujours forcément des gagnants et des perdants.

    Parmi les perdants, il y a ceux qui n’acceptent pas leur défaite, ceux qui s’adaptent à la situation et ceux qui s’en foutent. En somme, la démocratie encourage la révolte, la soumission et l’indifférence.

    (Extraits de Aphorismes entre autres)

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  • Petite anecdote en trois volets sur mon Casse-tête préféré

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    L’homme inventa la poudre.
    Dieu fit pire, il créa l’homme.
    #
    Dieu créa l’homme à son image, selon certains.
    Mais en vérité, il créa d’abord la femme grâce à sa beauté et sa douceur, ensuite l’homme à cause de sa dureté et son entêtement.
    #
    Après avoir créé la femme et l’homme, Dieu se reposa... Comme il n’avait personne à qui devoir rendre des comptes, ni épouse ni patron, il fit une longue et paisible sieste.
    Malheureusement, quand il se réveilla, découvrant à sa grande stupéfaction un monde en feu et en flammes et ses créatures en train de s'entretuer, il s’écria avec tristesse et colère:

    - Mais qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour mériter ça?

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  • Ma Mère, cette Italienne (14, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgEt Edgar, alias Eddy, alias Pitzi, alias El Inglizi, expliqua:

     - En attendant que les autorités helvétiques se décident à descendre de leurs montagnes enneigées et se confronter enfin à la réalité, les consulats de leurs trois pays voisins s’occupent des suisses établis en Égypte et Dieu sait où ailleurs.

     Il sortit de la poche intérieure de sa veste en coton égyptien son passeport français, l’ouvrit à la première page et dit à Antonietta en le lui montrant:

     - Regarde, c’est marqué administré de nationalité suisse... Quand nous étions sous la tutelle de l’Allemagne, nous étions souvent espionnés par des agents britanniques. Alors un soir sous haute surveillance, afin que ce jeu ridicule cesse, mon père décida de bannir à jamais l’allemand au sein notre la famille. C’est pourquoi, à part mes sœurs Henriette et Wanda nées bien avant nous, mes frères et moi ignorons totalement la belle langue de Goethe.

     - Quelle triste décision politique, murmura-t-elle.

     - Tout est politique sauf souvent les politiques... Mais heureusement un jour, mon père qui ne supportait pas les longues attentes, se fâcha avec le consul prussien et se rendit d’un pas pressant au consulat général de France où il fut accueilli les bras grand ouverts. Comme aujourd’hui... 

     En effet, Monsieur Louis Frédéric Girieud, assisté de deux témoins pris au hasard parmi ses collaborateurs, célébra le mariage d’Antonietta Banfi et d’Edgar Vogel et  ajouta à son traditionnel discours enflammé et joyeux:

     - Edgar, élève brillant au Lycée français d’Alexandrie, j’espère qu’aux moments les plus  sombres de l’histoire, vous n’oublierez pas la France et encore moins sa culture. Et soyez loyal envers vos amis et vos alliés comme votre père l’a toujours été.

     Et le jeune directeur de dix-huit ne se sentit plus pisser, crierait aujourd’hui sur les toits le plus minable des journalistes. C’est-à-dire: celui qui est bourré de préjugés et partisan du copier-coller sans la moindre preuve.

    Lycée français d'Alexandrie, Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpg

    Lycée français d'Alexandrie (cliquez sur le premier certificat)

    Lycée français d'Alexandrie, Ma Mère cette Italienne Hank Vogel*.jpg

    Consulat général de France à Alexandrie (cliquez sur le dos du certificat, en arabe)

    Certificat d'Edgar Vogel, Mère cette Italienne Hank Vogel.jpg

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  • Joyeux Noël 2020

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    Hank Vogel en Père Noël.jpgVu la situation sanitaire actuelle, pour être sûr de voir le Père Noël cette année, j'ai décidé de me déguiser... non, de prendre sa place et œuvrer tel que lui. Malheureusement, uniquement là où j'habite et là où je séjourne de temps à autre. C'est-à-dire à Pouchkine-Inkeri et à Ohalatva. Surtout à Ohalatva où vécurent jadis des Ingriéens.

    Car, en fouillant à fond aux tréfonds de mon âme, je me suis rendu compte que j'ai  beaucoup plus de plaisir à offrir qu'à recevoir. Donc, en parfait égoïste imbu de lui-même, je profite de Noël pour donner, donner, donner... même un sourire, sans rien espérer en retour.

    Bien que le Bouddha me conseillerait de choisir la voie du juste milieu et je resterais muet!

    Mais à celui ou à celle qui me dirait, comme a essayé de m'en persuader un chercheur post-universitaire il n'y a pas si longtemps, Noël, Nouvel An et toutes les autres fêtes n'ont aucun sens, elles sont aléatoires dans la trajectoire du temps, je lui répondrais, en pensant aux paroles de mon cher père, je préfère la lune du poète à celle du scientifique.

    Si les réunions de famille(s) ou entre amis, grâce aux fêtes, ne servent à rien, alors adieu l'humanité! Et bonjour les ténèbres!

    Joyeuses fêtes à tous et à toutes. Ou plutôt à toutes et à tous.

    1024px-Inkerin_lippu.svg.png

    Les Ingriens (cliquez sur le drapeau)

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  • Ma Mère, cette Italienne (13, à suivre)

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     Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgMais la calèche s’arrêta à ce moment-là.

     L’Au-delà a ses règles et ses lois qui dépassent l’entendement, pensa certainement l’Italienne, ma mère. Un pigeon en plein vol qui défèque sur le paletot d’un patron en train d’engueuler un employé, il faut voir cela comme un signe du ciel. Peut-être, un avertissement pour le dominant ou l’exploiteur et une chance pour le dominé ou l’exploité. De toute façon, il y a rupture lors de l’évènement, sa continuité est interrompue. Tout cela en d’autres termes ou nébuleusement, bien entendu.  

     - A toi maintenant, répéta Edgar.

     -  Tout le monde descend maintenant, hurla  le cocher, simultanément. Mon cheval crève de soif et a besoin de repos. De toutes  façons, vous êtes arrivés à destination. 

     - Quand deux maintenant se croissent presque, mieux vaut obéir au plus pressant, fit-elle.

     Le couple descendit de la calèche et la femme, une peu inquiète, demanda à l’homme:    

     - Pourquoi ici en face du consulat français?

     Et l’homme, tout souriant et sûr de lui, répondit:

     - Pour nous y rendre tout simplement, ma chère.

     - Quémander un visa?

     - Non, nous marier.

     - Mais, mais... pourquoi pas au consulat suisse?

     - Parce qu’il n’existe pas encore.

     - Comme c’est étrange!

     - Rien n’est étrange, tout s’explique en fin de compte.

    - Vraiment?

     Et Edgar, alias Eddy, alias Pitzi, alias El Inglizi, expliqua:...

       

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  • Ma Mère, cette Italienne (12, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgEt le jeune chercheur en sciences occultes répondit fébrilement:

     - Mezzo mezzo! Entre la harpe et le scalpel.

     - C’est-à-dire?

      - Dans un premier temps, on regarde, on fouille, on découvre et on s’étonne. Dans un second temps, on s’interroge, on se renseigne et on cherche à comprendre le pourquoi de la chose.

     - Pratiquement?      

     - Après chaque séance, si l’on peut appeler cela ainsi, mon papounet déchirait la feuille en mille morceaux et jeter à la poubelle ces bouts de papier chargés de messages célestes. Et moi, curieux comme n’importe quel voyou en pleine puberté, caché derrière les rideaux de sa chambre préférée, son laboratoire privé, je le regardais faire,  dans son état second ou pas... craignant parfois le pire.

     - Pourquoi, il te frappait souvent?

     - Un homme intelligent ne bat jamais ses enfants... Non, j’avais peur qu’il me gronde pour mon comportement sauvage...

     - Et?

     - Le lendemain matin, je plongeait ma main indigne là où il ne fallait pas.

     - Tu fouilles dans la zibala (ordures en persan)?

     - C’était une belle corbeille en osier.

     - Le principe est le même. Bon bref! Et après?

     - Des fragments de mot, des mots amputés qui ne suscitaient aucun désir de verbalisation. Est-ce clair pour toi?

     - On se croirait à l’université...

     - Sauf une fois! Deux lexèmes, tel un couple uni pour l’éternité, m’ont terriblement secoué... à jamais secoué.

     - Lesquels?

     -  Caro paperino... Quant à la suite, elle est plus que ordinaire... Un soir de pluie, adulte, aussi rusé, indélicat et distant qu’un officier de police, je demandai à ma mère si feu son mari flirtait avec les esprits. Et la vieille dame, sereine et digne, me répondit: oui, toutes les nuits mais seulement avec Fifi... A toi maintenant...

     Mais la calèche s’arrêta à ce moment-là...

    Edgar, son père ert son frère : Ma Mère cette Italienne de Hank Vogel.jpg

    (de droite à gauche) Edgar, son père et son petit frère au fameux laboratoire...

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  • Ma Mère, cette Italienne (11, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgEt comme la vérité toute crue n’a pas besoin d’ornements, contrairement au beau mensonge que l’on se force à faire gober, Edgardon, autre surnom tardif, dit en toute simplicité, naïvement pour les incrédules durs à convaincre:

    - En secret, tous les jours ou presque aux alentours de mi-nuit, durant plus de vingt ans, mon père a communiqué avec son fils mort. Mon frère Fifi que je n’ai pas eu la change de connaître... Mon paternel hors du commun s’installait confortablement à son bureau, posait une feuille de papier vierge sur le buvard, décapuchonnait son inséparable stylographe... et attendait que sa main se mette à écrire, sous l’influence de... Mystère! Tu t’imagines la scène? Psychographie ou écriture automatique?    
     
    Et forcément, malgré le son des galops du cheval et des claquements du fouet du cocher, Antonietta, en parfaite espionne amatrice,  imagina la scène comme si elle y était. Mais demanda à son cher et tendre:

    - Des preuves? C’est du vécu ou du rapporté telle une information journalistique transformée ou déformée?...

    Chico_Psicografia_Emmanuel.jpg

    Psychographie (cliquez sur l'image)

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  • Ma Mère, cette Italienne (10, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpg5 juin 1932: le Grand Prix automobile de Milan ouvre ses portes, Edgar Vogel ferme définitivement celles de sa Balilla et propose à Antonietta Banfi de se balader avec lui en calèche...

    Un pékin tiré à quatre épingles au volant de sa voiture est cent fois moins expressif et mille fois moins entreprenant qu’un zigoto qui ne conduit pas.

    - Par hasard, aurais-tu tes papiers sur toi? demanda le jeune homme à sa belle, loin d’être une donzelle.

    - Comme c’est étrange! répondit-elle d’un air béat.  Ce matin en me levant, un ange de la sainte d’Alexandrie m’a conseillée en sourdine de les baiser en signe d’adieu...

    - Je parlais... il s’agit de ton passeport ou de tout autre document certifiant ton identité et ta nationalité...

    - J’ai très bien compris. Mais l’un n’empêche pas l’autre.

    - Je ne te suis pas.

    - Tout le contraire de mon attitude.

    - Encore moins.

    - Pourtant, moi je te suis bien et je ne m’inquiète pas. Pour l’instant.

    - Qu’est-ce qui te faire ça?

    - Tes mains, tes gestes, ta voix, tes yeux... Tu ne pourrais pas comprendre. Ça m’étonnerait que tu sois quelqu’un de très mystique.

    - Tu as à moitié raison, car j’ai failli le devenir mais mon père l’était terriblement.

    - Raconte!

    - Toi d’abord! C’est quoi, c’est qui ce chérubin?...

    - Non, toi!...

    Calèche à Alexandrie.jpg

    Une calèche à Alexandrie

    Catherine d'Alexandrie.jpg

    Sainte (Catherine) d'Alexandrie (Cliquez sur l'image, si bon vous semble!)

    Mystique.jpg

    Mystique (Cliquez sur l'image, si bon vous semble!)

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  • Ma Mère, cette Italienne (9, à suivre)

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    Ma Mère cette Italienne Hank Vogel.jpgUne semaine plus tard, voire deux, Edgar, tout décontracté mais quelque peu prudent au volant de sa balilla, demanda à Antonietta, assise fièrement à côté de lui:

    -  Quelle est la différence entre une colonie et protectorat?

    - Encore une devinette helvétique pour évaluer le quotient intellectuel d’une Italienne! répondit-elle, le regard un tantinet froissé... N’est-ce pas?

    - Absolument pas.

    - Alors je ne sais pas... 

    - Essaie! Imagine! Fantasme!

    - Tout ce que je sais,  c’est que l’Égypte est un protectorat britannique.

    - Était... Elle ne l’est plus depuis l’année de ma naissance. Mais pareil au chien, l’ envahisseur ne lâche jamais son os. D’où... Accidenti!... 

    - D’où quoi?

    - Excuse-moi! J’ai failli écraser un chat.

    - Je n’ai rien vu... Noir?

    - Non, tigré.

    - Bon présage!

    - Serais-tu superstitieuse?

    - Comme tous les habitants d’Alexandrie.

    - Les Grecs et les Italiens surtout.

    - Et toi?

    - Pas du tout. La seule chose à laquelle je crois... peut-être... peut-être...

    - Je t’écoute.

    - Un bédouin m’a prédit que j’aurai trois fils et... non, rien.

    - En dépit de ton apparence,  j’ai l’impression que l’automobile et toi ça fait deux... Au fait pourquoi l’as-tu choisie aussi sombre que la mort et non pas... rouge par exemple?

    - Parce que ta couleur préférée sans doute est strictement réservée à la royauté dans ce pays de cocagne.

    - Vraiment?...

    - Et aux pompiers aussi.

    - En somme, aux arroseurs et aux arroseurs arrosés.

    - A qui fais-tu allusion?

    - Aux pachas et au roi.

    - Sais-tu que mon père a fait fortune grâce au Khédive. Lequel et quand, je l’ignore.

    - Comment ça?

    - Le noble seigneur lui avait accordé la permission de vendre et d’enregistrer librement des disques sur tout son territoire... à la barbe des Britanniques. Trop nuls pour reconnaître les talents locaux. Telle qu’ Oum Kalsoum... 

    - Accordé personnellement?

    - Tout est possible avec un libre-penseur...  C’est lui qui a découvert la diva mais l’histoire officielle, toujours du côté des dominants, ne tardera pas à effacer une bonne partie de la vérité... Bref! Et ta réponse?

    - Quelle réponse?

    - Concernant la devinette helvétique.

    Antonietta ferma les yeux et dit lentement, en fouillant dans mémoire:

    - Les Italiens parlent beaucoup, les Suisses    ont de la peine à parler par peur de salir leur neutralité et les Anglais changent souvent de titre mais racontent toujours la même histoire... Il n’y a aucune différence!

    Et Edgar ajouta:

    - Si ton maître te traite aujourd’hui de bourricot et demain de bourrique, tu peux être certain qu’il fait partie de la bande des sujets de Sa Majesté le Roi. Sentence fraîchement promulguée!

    Balila.jpg

    Balilla (pour plus d'infos, cliquez sur la voiture)

    Flag_of_Egypt_1922–1958.svg_.png

    Protectorat britannique d'Égypte  (... cliquez sur le drapeau égyptien de 1922 à 1958)

    800px-Coat_of_arms_of_the_Khedive_of_Egypt.svg copie.jpg

    Khédive (... cliquez sur les armoiries)

    Concernant Oum Kalsoum

    Ajout trouvé sur Internet, en anglais et traduit en français par Google:

    Karl Friedrich Vogel, un Allemand (au lieu de Suisse allemand) basé dans la ville égyptienne d'Alexandrie, était le principal représentant de la Gramophone Company pour l'Égypte, la Turquie, la Grèce, la Syrie, la Palestine et Chypre. Il était également l'homme responsable de la découverte et du premier enregistrement de Oum Kalsoum et de Mohammed Abdel-Wahab. Alors que l'enregistrement se déroulait à Constantinople, Vogel entreprenait une tournée automobile en Palestine pour évaluer le potentiel commercial. Avec l'avènement du procédé d'enregistrement électrique au début de 1926, toute l'industrie du disque se sentit confiante quant à l'avenir. Les disques étaient plus forts et plus clairs maintenant qu'ils ne l'avaient jamais été, et les clients n'avaient pas besoin de nouvel équipement pour les lire. C'était le processus d'enregistrement, pas le système de lecture, qui était électrique.

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