Soyons Net - Page 3

  • On naît ange, on meurt démon (7, à suivre)

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    On naît ange on meurt démon, Hank Vogel.jpgCharly se prépare un petit plat. D’après une recette de cuisine découverte, par hasard comme d’habitude, dans un quotidien du matin. Avant, les menus étaient obligatoirement proposés. La nourriture n’était que nécessité vitale. La différence est énorme. Incalculable.

    Il déguste. Il se souvient. Les repas de son enfance. De sa mère. Préparés avec tant d’amour. Et les rares repas avec les rares amis. Rares, rares, rares... tout fut si rare. Quelle machine! Sans cesse en activité. Sans cesse en train de remuer les boues préhistoriques. De faire et de défaire des nœuds.

    Il avale son dernier morceau de pain. Qui a saucé à la perfection son assiette. Car pour Charly, rien ne doit être jeté.

    Un rot profond sort de sa bouche. On pourrait dire de sa gueule.

    Puis il ouvre le robinet et laisse couler l’eau. La largesse d’Isis, il ne l’aime que fraiche, très fraiche. Et jamais pendant le repas. Toujours après. Après aussi son énorme et bruyante éructation. Qui choque les esprits raffinés. Il engloutit toute une rivière. Quelle soif! Le repas était fort. Pimenté.

    Il se gratte le ventre. Rond. Ouvert à toute gastronomie depuis peu. Du jamais vu pour Charly. Que cacherait cette nouvelle passion? Oui, on peut dire passion. Un vide à combler? Des vides? Quels vides? Il y a sûrement de nombreuses réponses et la bonne ou la meilleure parmi elles. Mais... il y a toujours un mais.

    Il s’allonge sur son lit. Un deuxième rototo s’échappe de son bec. Involontaire celui-là. Les yeux ont été plus gros que le ventre? Ou complices d’un avaloir sans la moindre retenue? Certainement. Mais ce n’est pas un drame...

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  • Un salaud de bonne moralité (17, à suivre)

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    Un salaud de bonne moralité, Hank Vogel.jpg- Je te le sous-loue meublé aux mêmes conditions que je me saigne pour sa location non meublé mais pas question que je te cède mon bail, je propose à Yvette. Cela te convient?

    - C’est très généreux de ta part, me répond-t-elle toute rassurée et souriante. J’accepte!

    - Tu ne te demandes pas pourquoi?

    Le visage de la timide étudiante se transforme illico presto en...

    - En un panneau d’affichage où l’on a collé la publicité suivante: Dieu est mort, venez tous à son enterrement, hurlerait ma concierge.

    Mais pourquoi faut-il toujours que je pense à cette laveuse d’escaliers quand le sens du descriptif semble m’échapper? De vrais voyous parfois mes neurones!

    - Tu as tort de songer au diable, je dis à ma future sous-locataire toute traumatisée. La raison est plus que simple. Je souhaite retrouver mon petit appart au retour de mon long voyage.

    Un ouf magistral sort quasi violemment de sa bouche.

    Puis elle bégaye:

    - Tu... tu pars... pour... pour long... temps?

    - Loin des sympathiques nains et des effroyables géants jusqu’au jour où j’aurai découvert mon île déserte, je fabule.

    - Mais... mais...

    - Je comprends ton inquiétude. Je reviendrai sûrement avant la fin de tes études. Et puis sache qu’en cas de problème financier, ma mère, qui me remplacera en tant que caissière, est aussi cool et généreuse que moi. C’est une mamma et non pas une mutti. Elle craint moins le nègre que le zèbre.

    - C’est-dire?

    - Qu’elle est très gentille, très humaine.

    - Et si elle ne l’était pas, tu aurais dit quoi?

    - L’inverse.

    - Tu es raciste?

    - Jamais de la vie! C’est trop fatiguant pour moi, le racisme et tous ses dérivés à la dérive. Je laisse ça aux gens compliqués... Mais les pires dans cet univers chargé de vengeurs tous azimuts sont les anti-ceci et anti-cela. Ils prêchent la tolérance le marteau de la justice à la main... prêts à fracasser le crâne des têtes brûlées et des insoumis.

    - Finalement, tu es moins salaud en nature qu’en photo.

    - Je dois avoir une mauvaise réputation, non?

    - Seulement, auprès de mes copines.

    - Toutes?

    - Certaines. Celles...

    - Qui m’ont pris en photo et à poil, il y va de soi!

    Yvette rougit...

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  • On naît ange, on meurt démon (6, à suivre)

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    On naît ange on meurt démon, Hank Vogel.jpgCharly arrive chez lui. Ce chez-moi tout récent. Tout neuf. Tout neuf par rapport à la prison. À cette terrible demeure close où il a dû payer sa peine. Une peine qu’il ne méritait pas. Selon lui et selon d’autres personnes. On le sait. Mais l’insistance n’est pas négligeable... Charly s’installe. Cherche à s’habituer à son nouveau décor qu’il vient de louer. Il y a une semaine déjà. Mais ce n’est pas facile. Le travail est long. Parfois rude. Il faut du temps. Beaucoup de temps. La liberté, pour un prisonnier de longue durée, est une affaire sérieuse, délicate, parfois problématique. On passe du limité à l’infini. Du cloîtré au vide. De l’impersonnel au personnel. Du dicté au multiprobable. Du censuré à l’intime. De l’artificiel au naturel. Celui qui a inventé le système carcéral devait être plus près du diable que du bon sens. Que de familles gâchées pour une mise à l’écart et à l’index! Que de fuites! Que de suicides!...

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  • On naît ange, on meurt démon (5, à suivre)

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    On naît ange on meurt démon, Hank Vogel.jpgLa rue est déserte. Quel bonheur pour Charly! Eh oui, la solitude le rassure. Empêche les démons du passé de se manifester. De se donner en spectacle. De salir davantage son image. Si anciennement de maligne. Quel crime! Un crime contre un viol. C’est impardonnable.

    - Être, être, être tout simplement, murmure Charly.

    Et pourtant, il est calme en ce moment. Mais il souhaite tout de même un changement radical autour de lui. Il désire vivre à l’abri de toute attaque, volontaire ou involontaire, qui perturberait son équilibre mental. Vivre enfin normalement, comme un citoyen sans reproche. Mais cette probabilité existentielle lui paraît comme un rêve difficilement réalisable, voire même impossible. Car, pour Charly, les gens, ici comme ailleurs, se réjouissent toujours et jouissent du malheur des autres. La société a besoin d’exemples, de boucs émissaires et de symboles pour exister. Surtout de nos jours où les médias exploitent à l’extrême tout sentiment considéré comme pervers et socialement néfaste par la majorité de la population. Par ces êtres fabriqués selon un moule manipulé par des siècles et des siècles d'ignorance et de traditions...

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  • Il était une fois le confinement

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    Voici quelques notes audiovisuelles... D'après ce que j'ai entendu et compris, beaucoup de Russes pensent que ce confinement est une grande farce. Sans doute, ces gens-là... ne font-ils plus confiance à leur cher Président? Et, caméra éteinte bien entendu, certains rêvent même d'une sérieuse révolution...

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  • On naît ange, on meurt démon (4, à suivre)

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    On naît ange on meurt démon, Hank Vogel.jpgCette histoire pourrait se terminer là. Surtout pour la grande Allemande, Néerlandaise ou Suédoise. Qui raisonne sûrement comme ma concierge qui dit et redit ce que les autres avant elle ont dit, c’est-à-dire: un de perdu, dix de retrouvés. Bien que, en effet, il y a chez Charly matière à comparaison et à réflexion. Des choses que l’on découvre chez tout le monde mais aussi des choses typiques, étranges qui encouragent un auteur à prendre sa plume et à partir en guerre contre ceux et celles qui les ont déclenchées, engendrées ou avortées. Car il ne faut pas oublier, les mots naissent souvent à cause des maux. Alors, allons-y, partons à la poursuite du délicat, du dérangeant et du vite camouflé...

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  • On naît ange, on meurt démon (3, à suivre)

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    On naît ange on meurt démon, Hank Vogel.jpgÉtonné, même fort étonné de l’image qu’il vient de donner de lui, il demande à cette créature de rêve, car il faut dire qu’elle est vraiment très belle:

    - Ai-je l’air si angélique que ça?

    - Peut-être, répondit-elle avec un sourire au bout des lèvres, en se retirant.

    La prison m’a-t-elle donc transformé à ce point-là? se demande Charly.

    Et toute une montagne de scènes vécues dans l’univers carcéral surgissent du fond de sa mémoire et il se met à transpirer.

    Et d’autre scènes, d’avant sa condamnation, se réveillent et se mettent à danser dans sa tête.

    Et c’est l’enfer! La cervelle bout dans des eaux diaboliques. Les mains tremblent, le cœur palpite et les yeux cherchent de l’aide, cherchent bizarrement une solution dans des airs incontrôlables. Charly se croit perdu. Il a peur d’exploser. De se transformer en une boule de haine et de colère. Car les longues et longues années passées entre quatre murs gris et sales est le fruit amer d’une énorme injustice qu’il n’a jamais digérée. Elle est encore là cette pomme empoisonnée des hommes. Elle est toujours là. Dans son estomac, ses veines, son sang... dans tout son être.

    Brusquement, comme piqué par un insecte, Charly se lève, jette un billet de dix francs sur la table, abandonne son thé de Chine et son baba au rhum, et quitte le tea-room...

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  • On naît ange, on meurt démon (2, à suivre)

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    On naît ange on meurt démon, Hank Vogel.jpgConfortablement assis dans leur fauteuil en cuir noir et souple, les bien installés boivent leur traditionnel café crème et mangent leurs croustillants croissants au beurre dans la quiétude la plus totale. Pendant qu’ailleurs des hommes sans ressources se battent à mort pour un coin de terre aride et enterrent leurs morts en gesticulant et en hurlant des slogans de haine et de vengeance. Sur quelle planète sommes-nous? La planète des injustices et du non-sens.

    Charly Stone, surnommé Charleston par toute une peuplade d’individus avides de sourires et de moqueries, vient de sortir de prison. Il avait été condamné pour viol et pour avoir battu, tel un animal assoiffé de sang, sa victime.

    Charly entre dans un tea-room chargé de vieilles femmes dont une bonne partie sont de vieilles filles, s'installe dans un coin, à l’écart des discours de ces dames, et commande un thé de Chine et un baba au rhum.

    La serveuse, une Allemande, une Néerlandaise ou une Suédoise, vu la grandeur et la blondeur, dit à Charly, en posant le tout sur la table:

    - Vous semblez tomber tout droit du ciel...

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  • On naît ange, on meurt démon (1, à suivre)

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    On naît ange on meurt démon, Hank Vogel.jpgPrélude

    Au pays des petits profs qui rêvent tous de devenir de grands maîtres, j’ai cru entendre quand j’étais dans mon berceau:

    - Qu’il est mignon, on dirait un ange. Pourvu qu’il ne grandisse pas trop vite.

    I

    Ô limpidité, qu’il est agréable de vivre! Bien entendu le ciel bleu y est pour quelque chose. Le hasard obéit aux lois des saisons et des caprices météorologiques. L'hiver engendre les ancestrales et pieuses espérances. Le printemps, les joies anticipées et primitives. Il ne faut pas considérer cela comme une malfaçon divine mais plutôt comme une nécessité naturelle. Convaincu de cette philosophie, qu’il estime la plus logique, la plus sensée, le poète se laisse emporter par ce bouillonnement intérieur au risque même de se transformer en ange ou en nuage rose. Et pourtant nous sommes à la fin du vingtième siècle. Siècle des proliférations techniques et matérialistes. Il faut dire qu’à chaque époque les êtres au comportement différent ont leur place au soleil et laissent derrière eux un parfum d’existence. Une bonne chose en soi. Sans quoi la vie ne serait qu’une tombe vide et sans passé...

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  • Tarbouche (9, fin)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpgJe suis sur mon balcon. Je contemple le ciel. Les nuages qui obéissent aux caprices du vent et les oiseaux qui volent, voyagent en toute liberté. Aucune protestation, aucune manifestation. C’est normal, c’est l’ordre des choses, c’est la vie qui obéit à ses propres règles depuis que les anges ont cédé leur place à des reptiles volants. Et peut-être avant, avant... Mais après!... Aucun élément de la nature n’est aussi perturbateur que l’homme. Il détruit tout sur son passage. Tel un montre assoiffé de feu et de sang. Au nom d’un Dieu imaginaire, d’un bien-être hypothétique, d’une vertu sans queue ni tête ou d’une future société soi-disant meilleure ou parfaite.

    - A quoi tu penses? me demande ma chère épouse.

    - A rien de particulier, je lui réponds d’un air vaseux.

    - Tu es souffrant?

    - Non. Peut-être insatisfait.

    - Insatisfait de quoi?

    - D’avoir imaginé et écrit des scènes surréalistes voire absurdes.

    - Et alors? C’est un peu ta spécialité, non?

    - Probablement.

    - Tu aurais voulu quoi?

    - Voir surgir la vérité du fond des ténèbres.

    - Tu sais très bien que c’est impossible.

    - Je sais!

    - Pense plutôt au mois de juin. Nous pourrons bientôt nous promener librement avec nos petits-enfants dans les parcs et prendre le métro sans la moindre angoisse. Demain plus personne ne parlera de ce virus chinois ou multinational, de cet étrange confinement imposé et semi-obligatoire et encore moins de ces douteuses statistiques plus rapides que jamais...

    - Je doute fort... On fête encore 39-45.

    Je ferme les yeux, je m’endors et je rêve d’une infinité de murs sur les lesquels on a peint mon portait, avec un tarbouche forcément.

    - Je suis célèbre maintenant, je murmure. La vérité a certainement dû s’échapper de ma tête de Turc.

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  • Tarbouche (8, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpg- F...

    - Oui, c’est de la pure folie! Probablement. Mais cela n’est point une nouveauté. La société... Notre démocratie n’est qu’un leurre. Quand une minorité dirige une majorité, c’est de la dictature que l’on veuille ou non. Et plus ce groupe d’individus aux commandes se rétrécit, plus la liste des libertés individuelles se raccourcit. Les élections ne servent qu’à rafraichir le pouvoir en place. Ni plus ni moins. Un brin de toilette. Tout est apparence. Les nouveaux arrivés, mâles ou femelles, finissent toujours par imiter les anciens. Sinon... sinon...

    - Sinon?

    - C’est la meute qui se jette sur la petite bête... Le virus, couronné, naturel ou artificiel, aura permis aux gouvernements à tendance totalitaire de mieux tester ses citoyens. Mouton aujourd’hui, gigot demain!... Merci, cher psychiatre, de m’avoir écouté tout en pianotant sur votre téléphone mobile. Mais retenez parfaitement ceci: votre note, vous pouvez vous la mettre là où je pense...

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  • Tarbouche (7, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpg- ... Misérable situation! C’est la crise dans toute sa gloire. Pendant que les employés travaillent à la sueur de leur front, les patrons jouent au golf, au tennis, aux cartes ou au chat et à la souris avec des pucelles dévergondées, pour rester poli. Bien sûr, pas tous! Il y en a tout de même quelques braves qui se cassent le cul à vivre au même niveau que leurs salariés. Par exemple... pour exemple... exemple... Désolé, j’ai la mémoire qui flanche. Ou...

    - Ou?

    - Non rien!

    - Si!

    - OK! Juste pour satisfaire votre malsaine curiosité... Tous ceux en qui j’avais confiance ont subitement soit changé de camp, influencés à forte dose par leurs conjointes ou concubines avares, soit passé l’âme à gauche... Donc, seul avec ma barque caritative, je rame comme un imbécile au milieu de nulle part...



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  • Tarbouche (6, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpg- ... pour moi, Marie c’est la femme parfaite...

    - P...

    - Et pour ceux également qui rêvent de la femme dans ses plus sublimes états et non pas pour ceux qui la confondent à l’ombre effrayante de leur mère. Dieu a bien calculé son coup. Seul le chasseur sachant chasser sans son chien est un bon chasseur et pourra ainsi exposer tous ses trophées. A vous d’approfondir le problème, si problème il y a, la veille de l’ouverture de la chasse. Moi, j’ai cessé ce genre d’activité. Non pas par solidarité envers les Chinois, loin de là, mais par manque de gibier disponible...

    - V...

    - Non, camarade, je ne divague pas, j’essaie tout simplement de paraphraser un petit texte qui tambourine au fond de mes entrailles. Un aphorisme qui a certainement voulu se distancer de mes nombreuses thèses, antithèses ou foutaises en pleine gestation...

    - C...

    - Confinement! Vous avez raison, c’est lui le véritable responsable... à tout ce gigantesque cahot... Contrairement à moi, vous, vous avez énormément de chance. Vu votre rang d’individu blindé à tout, vous sortez de chez vous comme bon vous semble. Et sans le moindre souci de vous faire amender. C’est moi qui ai pris tous les risques. La preuve, vous êtes là devant moi, vautré dans votre fauteuil en cuir tout usé, à vous en foutre plein les poches en m’écoutant seulement...

    - S...

    - Oui, seulement!... Misérable situation! C’est la crise dans toute sa gloire...

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  • Tarbouche (5, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpg- Vive Gustave, le roi de Suède, le gouvernement et le peuple suédois! Ce sont eux les véritables démocrates de nos jours. Tous les autres ne sont que des charlatans.

    - B...

    - Bien que... En effet, les bonnes âmes qui n’ont pas su ou pu résister au diabolique virus sont nombreuses. C’est... C’était pourtant le prix à payer pour la conserver, cette sacrée démocratie! A moi, cela ne me dérange pas forcément. On envoie bien les jeunes en bonne santé se faire tuer comme des mouches sur les champs de bataille pour éviter que toute la nation ne soit pas sous les griffes de ses ennemis. Au nom de la patrie!... Un pour tous, tous pour un! Pour les montagnards à la mémoire courte. Ou plutôt raccourcie au fil du temps. Adieu les vaches et les alpages! Bonjour messieurs les loyalistes et mesdames les gratte-ciels! Leur dieu chrétien s’est métamorphosé à nouveau en veau d’or... Finalement, mieux vaut mourir de maladie que de crever à cause des autres ou pour les autres. Non?

    - J...

    - Je sais, Jésus est mort sur la croix pour nous. Uniquement pour nous, d’après certains. Une croix en bois fabriquée pas le pire concurrent de son père...

    - B...

    - Pardon, beau-père évidemment... Ah, le brave Joseph!... Bizarrement, je suis plus attiré par lui que par son fils. Sans doute parce que je suis amoureux de sa femme.

    - M...

    - Oui, Marie. Celle que les naïfs surnomment volontiers: Théotokos ou la Mère de Dieu. Philosophiquement et non pas charnellement...

    - S...

    - Non, ni spirituellement ni religieusement mais bel et bien en raisonnant avec beaucoup de sagesse... Pour moi, Marie c’est la femme parfaite...

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  • Tarbouche (4, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpg- M...

    - Non? Vous aussi vous faites partie de cette bande de rigolos, soi-disant élus de Zeus ou de sa sœur jumelle, qui prétendent tout savoir mais qui, en réalité, ne connaissent rien à rien. Cessez de brandir le drapeau de la liberté tous azimuts en souriant comme un illuminé et en même temps vous êtes prêt à m’abattre sur le champ avec votre pistolet militaire ou à me saigner à mort avec votre canif de boy-scout raté pour un simple mot sortie de ma bouche, anodin mais contraire à votre ramassis de principes! Facho! Fiasco intellectuel!... Certes! A cause de la pandémie, je n’ose plus sortir de chez moi sans être masqué, foulardé et ou coiffé d’un fez. Mais vous!...

    - Q... ?

    - Grâce à elle, vous vous êtes fait démasquer... Spécialement vous? Non! Vous et tous les zinzins qui vous ressemblent.

    - M...

    - Vive Gustave, le roi de Suède, le gouvernement et le peuple suédois! Ce sont eux les véritables démocrates de nos jours. Tous les autres ne sont que des charlatans...

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  • Tarbouche (3, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpg- Qu’est-ce que vous avez à me regarder comme ça? Vous n’avez jamais vu un Africain blanc avec un tarbouche sur son crâne?

    - ...

    - C’est fait maintenant!... Que voulez-vous, contrairement aux habitants de ce pays, moi, j’aime les Turcs et les Arabes. Si cela vous dérange, allez vous faire voir chez les Grecs ou chez ceux qui détestent les abricots et les lentilles et vous verrez que ce n’est guerre mieux. Oui, guerre avec deux r en non pas guère avec un seul, bordel!... Ce n’est pas de ma faute si certains mots prêtent souvent à confusion. Aucune langue n’est parfaite. C’est pourquoi le bilingue a un double regard sur les êtres et les choses ou une vision plus élargie et plus précise sur le monde. A condition qu’il le soit dès sa petite enfance, bien entendu. Pour moi, par exemple, qui en parle deux et en baragouine plusieurs autres, certains termes et expressions que j’ai appris en italien, grâce ma mère qui était une vraie Milanaise, traduits en français perdent toute leur puissance voire du sens. Exemple: sei un stonzo! Tu es un connard! A vous de voir la différence, Docteur! Tout est une question de poids et de volume dans la vie, dirait mon épicier du coin...

    - Et?

    - Où étais-je?

    - A l’épicerie ou au cabinet.

    - Quel cabinet? Vous pensez au vôtre?... Non, revenons à mes chers amis qui me rappellent malgré eux les saveurs de l’Orient. Les uns: les loukoums à la rose. Et les autres: les foules et les falafels...

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  • Tarbouche (2, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpgTarbouche?

    Le tarbouche, d’après le dictionnaire, lintern@ute, qui me convient le mieux, c’est:

    Une coiffure portée autrefois par les hommes dans les pays ottomans, faite en feutre rouge et en forme de tronc de cône.

    Voir le dessin ou plus exactement le graffiti sur la couverture de ce livre.

    C’est le portait de ma personne coiffée d’un tel couvre-chef, effectué à la va-vite sur un mur, imaginaire, et non pas celui d’ un Turc avec un saut de peinture rouge renversé sur sa tête.

    Mais pourquoi donc ce terme, quasi barbare, qui rappelle à la fois la tare et la bouche?

    Tout simplement à... parce que mes copains et copines d’enfance m’appelaient ainsi en ajoutant parfois le titre d’éfendi qui me donnait des ailes.

    Et ma concierge bien aimée, une psychologue sans cabinet faute de relations merdeuses, défendrait ma cause en vous expliquant, telle une cantatrice d’opéra:

    - Il rêvait, il rêvait... il leur disait souvent qu’il désirait en posséder un. Un de ces tarbouches des rues et non pas des cabarets! Comme le violacé de Farah, le gardien de son école ou le rouge vif de Moustafa, le domestique de son oncle Georges, un syrien adorable qui a eu le courage d’épouser sa tante Lina, une italienne plus maniaque d’une Toto...

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  • Tarbouche (1, à suivre)

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    Tarbouche-couv.jpgIl n’y a point d’hommes libres, il n’y a que des partisans. Quelle soit propre, poussiéreuse ou tachetée de sang, on tire toujours la couverture à soi.

    Enfant, chaque fois je voyais par la fenêtre de ma chambre natale passer des prisonniers, enchainés comme des esclaves ou des bêtes sauvages, je voulais vite devenir grand pour sauver le monde de l’injustice et de la misère.

    Adulte voire à l’extrême, chaque fois je regarde les nouvelles à la télévision, j’ai le regrettable sentiment d’avoir échoué et l’horrible certitude de n’avoir pensé qu’à sauver ma peau.

    Enfant également, je rêvais de voyager, d’écrire des romans et de devenir célèbre.

    Là et à l’instant même, je peux déclarer sans vergogne que j’ai réussi.

    - Presque ou à moitié! Soyez tout de même un peu modeste, jeune homme! me rabaisserait, non totalement à tort, mon pire ennemi.

    Suis-je différent des autres?

    Bref, laissons de côté pour le moment mes intimes réflexions et plongeons ensemble dans les eaux froides de l’actualité.

    Le confinement!

    Le confinement? Oui, le confinement à cause du fameux virus couronné offert gracieusement par les Chinois, diraient les mauvaises langues.

    Il semblerait que beaucoup de personnes ne soient pas du tout contentes d’être obligées de rester chez elle.

    Personnellement, cette interdiction ne me dérange pas spécialement. Car tout est une question d’éducation, de formation, de conditionnement... Permettez-moi de faire un retour en arrière.

    Enfant, étant un Européen de race blanche vivant dans un pays arabe, je m’avais pas le droit de jouer en dehors de la maison. La rue n’était faite que pour aller d’un endroit à un autre. Et que sur haute protection et surveillance! C’est-à-dire: tenu fortement par la main et sous l’œil attentif d’un gardien familier. Il est vrai qu’à cette époque, le kidnapping de gamins blonds comme moi battait tous les records dans le domaine de la criminalité.

    De toute façon, sortir pour voir et faire quoi? Tous les matins, le laitier apportait le lait; le marchand d’œufs et de poules, les poules et les œufs et le vendeur de fruits et légumes passait devant chez nous en criant ou en chantant. Pour le reste, soit le pain, le fromage et les olives, c’est la bonne qui allait, toute voilée mais avec une joie énorme, chez le boulanger copte, célibataire, et chez l’épicier grec, très généreux.

    Ce n’est qu’en Suisse que j’ai commencé à faire le crétin dans la rue. Sans doute notre appartement helvétique n’était pas aussi spacieux et lumineux que celui d’Alexandrie.

    Alors, aujourd’hui en Russie, j’ai l’impression de vivre comme en Égypte. Différemment, certes! Mas pas trop. Un coup de fil (ou un message envoyé depuis mon ordi) et voilà que vingt-quatre ou quarante-huit heures plus tard, tout ce que j’ai commandé est derrière la porte. Protection oblige!...

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  • Péril jaune (5, fin)

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    Péril jaune, Hank Vogel.jpgUn long silence et je poursuis:

    - D’après un psychiatre qui a failli me rendre fou, il y aurait trois sortes de bonne femme. La castratrice, l’aspiratrice et la propulseuse. Plus explicitement: celle qui t’empêche de te comporter comme un mâle toute la journée voire davantage, celle qui te prend pour son esclave et t’épuise jour et nuit... et, la sublime, celle qui ne pense qu’à ton bonheur et qui ne cherche qu’à te propulser dans les sphères du merveilleux même dans tes rêves. Mais probablement...

    - Probablement?

    - Non, rien... La jalousie n’a rien à voir avec l’amour et tout son bastringue, d’après lui.

    - Lui qui?

    - Le psy... Bien que... bien que...

    - Que?

    - Nos chères moitiés possèdent toutes ou ont possédé, pendant leur longue jeunesse pleine de grâces divines, une horloge, dite biologique, beaucoup plus utile que nos belles et nombreuses montres-bracelets qui ne servent qu’à bluffer.

    - Et?

    - Qui les rendrait parfois jalouses. Par réflexe! Le réflexe de conservation. Et la petite est très sujette à ça... Nous ne sommes finalement que des machines, camarade. Des marionnettes manipulées par le grand manitou.

    Youri se frotte le front, se caresse la joue gauche, la droite, se pince le nez puis il me dit:

    - Merci. Cela conforme mes doutes. Ping est une vraie salope tyrannique. Je transmettrai donc à mes supérieurs, en notre langage codé: trompée par son mari, le professeur Pong, elle a ouvert la porte du garage avant que ce dernier ne puisse mettre au point sa contre-machine.

    Encore une histoire de fesses qui va nous foutre tous dans le pétrin!

    Fin de la première mission.

    Avertissement! C’était une œuvre de fiction. Donc: toute ressemblance avec des personnes et des faits réels n’était, n’est et ne sera que le fruit du pur hasard.

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  • Péril jaune (4, à suivre...)

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    Péril jaune, Hank Vogel.jpg- K2r... K2r... k2r, je murmure.

    - Ça va? Tu as une miette au fond de la gorge? s’inquiète Youri.

    - Non, c’est la marque d’un détachant à sec.

    - Pourquoi, tu te lances dans la pub maintenant?

    - Je pense à ta chemise... pleine de taches de graisse.

    - Ma chérie adore faire la lessive.

    - Ce n’est pas une raison suffisante pour que tu prennes du plaisir à plonger dans ton assiette...

    - Occupe-toi de tes oignons et parle-moi plutôt de Ping.

    - C’est toi l’informateur ou moi?

    - Moi, évidemment! Quelle question!...

    - Alors?

    - Je veux d’abord savoir ce que tu penses d’elle. Car d’après ce que l’on m’a raconté sur tes activités de séducteur imbattable, ça m’étonnerait fort que la petite n’ait jamais fait la sieste dans ton lit juvénile.

    - Jamais!

    - Et avant?

    - Avant quoi?

    - La sieste.

    - Quelle sieste? La mienne ou la sienne?

    - La sienne, forcément!

    - Mais où veux-tu en venir? On dirait que tu es en train de m’interroger comme un jeune inspecteur qui vient tout juste de terminer l’école de police. Sois direct et con comme un flic, bon sang! C’est pourtant simple, non?

    - Soit!... Tu as couché avec elle?

    - Voilà! Parfait!... C’est ainsi que je t’aime bien...

    - Oui ou non?

    - Oui.

    - Une fois, deux fois ou plusieurs fois?

    - Avant ou après la sieste?

    - Mais... mais... mais...

    - Stop!... Tu t’es focalisé sur ses moments d’épuisement et non pas sur... bref! Aucune importance... A l’époque, je tringlais à la va-vite, à la va-comme-je-te-pousse. Pas de chichi ni avant ni après. C’était... te voilà, me voici, allons-y, merci, salut et à la prochaine! Et Ping participait volontiers à mes parties de ping-pong...

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