Soyons Net - Page 15

  • Il était une fois le confinement

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    Voici quelques notes audiovisuelles... D'après ce que j'ai entendu et compris, beaucoup de Russes pensent que ce confinement est une grande farce. Sans doute, ces gens-là... ne font-ils plus confiance à leur cher Président? Et, caméra éteinte bien entendu, certains rêvent même d'une sérieuse révolution...

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  • On naît ange, on meurt démon (4, à suivre)

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    On naît ange on meurt démon, Hank Vogel.jpgCette histoire pourrait se terminer là. Surtout pour la grande Allemande, Néerlandaise ou Suédoise. Qui raisonne sûrement comme ma concierge qui dit et redit ce que les autres avant elle ont dit, c’est-à-dire: un de perdu, dix de retrouvés. Bien que, en effet, il y a chez Charly matière à comparaison et à réflexion. Des choses que l’on découvre chez tout le monde mais aussi des choses typiques, étranges qui encouragent un auteur à prendre sa plume et à partir en guerre contre ceux et celles qui les ont déclenchées, engendrées ou avortées. Car il ne faut pas oublier, les mots naissent souvent à cause des maux. Alors, allons-y, partons à la poursuite du délicat, du dérangeant et du vite camouflé...

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  • On naît ange, on meurt démon (3, à suivre)

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    On naît ange on meurt démon, Hank Vogel.jpgÉtonné, même fort étonné de l’image qu’il vient de donner de lui, il demande à cette créature de rêve, car il faut dire qu’elle est vraiment très belle:

    - Ai-je l’air si angélique que ça?

    - Peut-être, répondit-elle avec un sourire au bout des lèvres, en se retirant.

    La prison m’a-t-elle donc transformé à ce point-là? se demande Charly.

    Et toute une montagne de scènes vécues dans l’univers carcéral surgissent du fond de sa mémoire et il se met à transpirer.

    Et d’autre scènes, d’avant sa condamnation, se réveillent et se mettent à danser dans sa tête.

    Et c’est l’enfer! La cervelle bout dans des eaux diaboliques. Les mains tremblent, le cœur palpite et les yeux cherchent de l’aide, cherchent bizarrement une solution dans des airs incontrôlables. Charly se croit perdu. Il a peur d’exploser. De se transformer en une boule de haine et de colère. Car les longues et longues années passées entre quatre murs gris et sales est le fruit amer d’une énorme injustice qu’il n’a jamais digérée. Elle est encore là cette pomme empoisonnée des hommes. Elle est toujours là. Dans son estomac, ses veines, son sang... dans tout son être.

    Brusquement, comme piqué par un insecte, Charly se lève, jette un billet de dix francs sur la table, abandonne son thé de Chine et son baba au rhum, et quitte le tea-room...

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  • On naît ange, on meurt démon (2, à suivre)

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    On naît ange on meurt démon, Hank Vogel.jpgConfortablement assis dans leur fauteuil en cuir noir et souple, les bien installés boivent leur traditionnel café crème et mangent leurs croustillants croissants au beurre dans la quiétude la plus totale. Pendant qu’ailleurs des hommes sans ressources se battent à mort pour un coin de terre aride et enterrent leurs morts en gesticulant et en hurlant des slogans de haine et de vengeance. Sur quelle planète sommes-nous? La planète des injustices et du non-sens.

    Charly Stone, surnommé Charleston par toute une peuplade d’individus avides de sourires et de moqueries, vient de sortir de prison. Il avait été condamné pour viol et pour avoir battu, tel un animal assoiffé de sang, sa victime.

    Charly entre dans un tea-room chargé de vieilles femmes dont une bonne partie sont de vieilles filles, s'installe dans un coin, à l’écart des discours de ces dames, et commande un thé de Chine et un baba au rhum.

    La serveuse, une Allemande, une Néerlandaise ou une Suédoise, vu la grandeur et la blondeur, dit à Charly, en posant le tout sur la table:

    - Vous semblez tomber tout droit du ciel...

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  • On naît ange, on meurt démon (1, à suivre)

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    On naît ange on meurt démon, Hank Vogel.jpgPrélude

    Au pays des petits profs qui rêvent tous de devenir de grands maîtres, j’ai cru entendre quand j’étais dans mon berceau:

    - Qu’il est mignon, on dirait un ange. Pourvu qu’il ne grandisse pas trop vite.

    I

    Ô limpidité, qu’il est agréable de vivre! Bien entendu le ciel bleu y est pour quelque chose. Le hasard obéit aux lois des saisons et des caprices météorologiques. L'hiver engendre les ancestrales et pieuses espérances. Le printemps, les joies anticipées et primitives. Il ne faut pas considérer cela comme une malfaçon divine mais plutôt comme une nécessité naturelle. Convaincu de cette philosophie, qu’il estime la plus logique, la plus sensée, le poète se laisse emporter par ce bouillonnement intérieur au risque même de se transformer en ange ou en nuage rose. Et pourtant nous sommes à la fin du vingtième siècle. Siècle des proliférations techniques et matérialistes. Il faut dire qu’à chaque époque les êtres au comportement différent ont leur place au soleil et laissent derrière eux un parfum d’existence. Une bonne chose en soi. Sans quoi la vie ne serait qu’une tombe vide et sans passé...

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  • Tarbouche (9, fin)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpgJe suis sur mon balcon. Je contemple le ciel. Les nuages qui obéissent aux caprices du vent et les oiseaux qui volent, voyagent en toute liberté. Aucune protestation, aucune manifestation. C’est normal, c’est l’ordre des choses, c’est la vie qui obéit à ses propres règles depuis que les anges ont cédé leur place à des reptiles volants. Et peut-être avant, avant... Mais après!... Aucun élément de la nature n’est aussi perturbateur que l’homme. Il détruit tout sur son passage. Tel un montre assoiffé de feu et de sang. Au nom d’un Dieu imaginaire, d’un bien-être hypothétique, d’une vertu sans queue ni tête ou d’une future société soi-disant meilleure ou parfaite.

    - A quoi tu penses? me demande ma chère épouse.

    - A rien de particulier, je lui réponds d’un air vaseux.

    - Tu es souffrant?

    - Non. Peut-être insatisfait.

    - Insatisfait de quoi?

    - D’avoir imaginé et écrit des scènes surréalistes voire absurdes.

    - Et alors? C’est un peu ta spécialité, non?

    - Probablement.

    - Tu aurais voulu quoi?

    - Voir surgir la vérité du fond des ténèbres.

    - Tu sais très bien que c’est impossible.

    - Je sais!

    - Pense plutôt au mois de juin. Nous pourrons bientôt nous promener librement avec nos petits-enfants dans les parcs et prendre le métro sans la moindre angoisse. Demain plus personne ne parlera de ce virus chinois ou multinational, de cet étrange confinement imposé et semi-obligatoire et encore moins de ces douteuses statistiques plus rapides que jamais...

    - Je doute fort... On fête encore 39-45.

    Je ferme les yeux, je m’endors et je rêve d’une infinité de murs sur les lesquels on a peint mon portait, avec un tarbouche forcément.

    - Je suis célèbre maintenant, je murmure. La vérité a certainement dû s’échapper de ma tête de Turc.

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  • Tarbouche (8, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpg- F...

    - Oui, c’est de la pure folie! Probablement. Mais cela n’est point une nouveauté. La société... Notre démocratie n’est qu’un leurre. Quand une minorité dirige une majorité, c’est de la dictature que l’on veuille ou non. Et plus ce groupe d’individus aux commandes se rétrécit, plus la liste des libertés individuelles se raccourcit. Les élections ne servent qu’à rafraichir le pouvoir en place. Ni plus ni moins. Un brin de toilette. Tout est apparence. Les nouveaux arrivés, mâles ou femelles, finissent toujours par imiter les anciens. Sinon... sinon...

    - Sinon?

    - C’est la meute qui se jette sur la petite bête... Le virus, couronné, naturel ou artificiel, aura permis aux gouvernements à tendance totalitaire de mieux tester ses citoyens. Mouton aujourd’hui, gigot demain!... Merci, cher psychiatre, de m’avoir écouté tout en pianotant sur votre téléphone mobile. Mais retenez parfaitement ceci: votre note, vous pouvez vous la mettre là où je pense...

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  • Tarbouche (7, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpg- ... Misérable situation! C’est la crise dans toute sa gloire. Pendant que les employés travaillent à la sueur de leur front, les patrons jouent au golf, au tennis, aux cartes ou au chat et à la souris avec des pucelles dévergondées, pour rester poli. Bien sûr, pas tous! Il y en a tout de même quelques braves qui se cassent le cul à vivre au même niveau que leurs salariés. Par exemple... pour exemple... exemple... Désolé, j’ai la mémoire qui flanche. Ou...

    - Ou?

    - Non rien!

    - Si!

    - OK! Juste pour satisfaire votre malsaine curiosité... Tous ceux en qui j’avais confiance ont subitement soit changé de camp, influencés à forte dose par leurs conjointes ou concubines avares, soit passé l’âme à gauche... Donc, seul avec ma barque caritative, je rame comme un imbécile au milieu de nulle part...



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  • Tarbouche (6, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpg- ... pour moi, Marie c’est la femme parfaite...

    - P...

    - Et pour ceux également qui rêvent de la femme dans ses plus sublimes états et non pas pour ceux qui la confondent à l’ombre effrayante de leur mère. Dieu a bien calculé son coup. Seul le chasseur sachant chasser sans son chien est un bon chasseur et pourra ainsi exposer tous ses trophées. A vous d’approfondir le problème, si problème il y a, la veille de l’ouverture de la chasse. Moi, j’ai cessé ce genre d’activité. Non pas par solidarité envers les Chinois, loin de là, mais par manque de gibier disponible...

    - V...

    - Non, camarade, je ne divague pas, j’essaie tout simplement de paraphraser un petit texte qui tambourine au fond de mes entrailles. Un aphorisme qui a certainement voulu se distancer de mes nombreuses thèses, antithèses ou foutaises en pleine gestation...

    - C...

    - Confinement! Vous avez raison, c’est lui le véritable responsable... à tout ce gigantesque cahot... Contrairement à moi, vous, vous avez énormément de chance. Vu votre rang d’individu blindé à tout, vous sortez de chez vous comme bon vous semble. Et sans le moindre souci de vous faire amender. C’est moi qui ai pris tous les risques. La preuve, vous êtes là devant moi, vautré dans votre fauteuil en cuir tout usé, à vous en foutre plein les poches en m’écoutant seulement...

    - S...

    - Oui, seulement!... Misérable situation! C’est la crise dans toute sa gloire...

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  • Tarbouche (5, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpg- Vive Gustave, le roi de Suède, le gouvernement et le peuple suédois! Ce sont eux les véritables démocrates de nos jours. Tous les autres ne sont que des charlatans.

    - B...

    - Bien que... En effet, les bonnes âmes qui n’ont pas su ou pu résister au diabolique virus sont nombreuses. C’est... C’était pourtant le prix à payer pour la conserver, cette sacrée démocratie! A moi, cela ne me dérange pas forcément. On envoie bien les jeunes en bonne santé se faire tuer comme des mouches sur les champs de bataille pour éviter que toute la nation ne soit pas sous les griffes de ses ennemis. Au nom de la patrie!... Un pour tous, tous pour un! Pour les montagnards à la mémoire courte. Ou plutôt raccourcie au fil du temps. Adieu les vaches et les alpages! Bonjour messieurs les loyalistes et mesdames les gratte-ciels! Leur dieu chrétien s’est métamorphosé à nouveau en veau d’or... Finalement, mieux vaut mourir de maladie que de crever à cause des autres ou pour les autres. Non?

    - J...

    - Je sais, Jésus est mort sur la croix pour nous. Uniquement pour nous, d’après certains. Une croix en bois fabriquée pas le pire concurrent de son père...

    - B...

    - Pardon, beau-père évidemment... Ah, le brave Joseph!... Bizarrement, je suis plus attiré par lui que par son fils. Sans doute parce que je suis amoureux de sa femme.

    - M...

    - Oui, Marie. Celle que les naïfs surnomment volontiers: Théotokos ou la Mère de Dieu. Philosophiquement et non pas charnellement...

    - S...

    - Non, ni spirituellement ni religieusement mais bel et bien en raisonnant avec beaucoup de sagesse... Pour moi, Marie c’est la femme parfaite...

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  • Tarbouche (4, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpg- M...

    - Non? Vous aussi vous faites partie de cette bande de rigolos, soi-disant élus de Zeus ou de sa sœur jumelle, qui prétendent tout savoir mais qui, en réalité, ne connaissent rien à rien. Cessez de brandir le drapeau de la liberté tous azimuts en souriant comme un illuminé et en même temps vous êtes prêt à m’abattre sur le champ avec votre pistolet militaire ou à me saigner à mort avec votre canif de boy-scout raté pour un simple mot sortie de ma bouche, anodin mais contraire à votre ramassis de principes! Facho! Fiasco intellectuel!... Certes! A cause de la pandémie, je n’ose plus sortir de chez moi sans être masqué, foulardé et ou coiffé d’un fez. Mais vous!...

    - Q... ?

    - Grâce à elle, vous vous êtes fait démasquer... Spécialement vous? Non! Vous et tous les zinzins qui vous ressemblent.

    - M...

    - Vive Gustave, le roi de Suède, le gouvernement et le peuple suédois! Ce sont eux les véritables démocrates de nos jours. Tous les autres ne sont que des charlatans...

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  • Tarbouche (3, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpg- Qu’est-ce que vous avez à me regarder comme ça? Vous n’avez jamais vu un Africain blanc avec un tarbouche sur son crâne?

    - ...

    - C’est fait maintenant!... Que voulez-vous, contrairement aux habitants de ce pays, moi, j’aime les Turcs et les Arabes. Si cela vous dérange, allez vous faire voir chez les Grecs ou chez ceux qui détestent les abricots et les lentilles et vous verrez que ce n’est guerre mieux. Oui, guerre avec deux r en non pas guère avec un seul, bordel!... Ce n’est pas de ma faute si certains mots prêtent souvent à confusion. Aucune langue n’est parfaite. C’est pourquoi le bilingue a un double regard sur les êtres et les choses ou une vision plus élargie et plus précise sur le monde. A condition qu’il le soit dès sa petite enfance, bien entendu. Pour moi, par exemple, qui en parle deux et en baragouine plusieurs autres, certains termes et expressions que j’ai appris en italien, grâce ma mère qui était une vraie Milanaise, traduits en français perdent toute leur puissance voire du sens. Exemple: sei un stonzo! Tu es un connard! A vous de voir la différence, Docteur! Tout est une question de poids et de volume dans la vie, dirait mon épicier du coin...

    - Et?

    - Où étais-je?

    - A l’épicerie ou au cabinet.

    - Quel cabinet? Vous pensez au vôtre?... Non, revenons à mes chers amis qui me rappellent malgré eux les saveurs de l’Orient. Les uns: les loukoums à la rose. Et les autres: les foules et les falafels...

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  • Tarbouche (2, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpgTarbouche?

    Le tarbouche, d’après le dictionnaire, lintern@ute, qui me convient le mieux, c’est:

    Une coiffure portée autrefois par les hommes dans les pays ottomans, faite en feutre rouge et en forme de tronc de cône.

    Voir le dessin ou plus exactement le graffiti sur la couverture de ce livre.

    C’est le portait de ma personne coiffée d’un tel couvre-chef, effectué à la va-vite sur un mur, imaginaire, et non pas celui d’ un Turc avec un saut de peinture rouge renversé sur sa tête.

    Mais pourquoi donc ce terme, quasi barbare, qui rappelle à la fois la tare et la bouche?

    Tout simplement à... parce que mes copains et copines d’enfance m’appelaient ainsi en ajoutant parfois le titre d’éfendi qui me donnait des ailes.

    Et ma concierge bien aimée, une psychologue sans cabinet faute de relations merdeuses, défendrait ma cause en vous expliquant, telle une cantatrice d’opéra:

    - Il rêvait, il rêvait... il leur disait souvent qu’il désirait en posséder un. Un de ces tarbouches des rues et non pas des cabarets! Comme le violacé de Farah, le gardien de son école ou le rouge vif de Moustafa, le domestique de son oncle Georges, un syrien adorable qui a eu le courage d’épouser sa tante Lina, une italienne plus maniaque d’une Toto...

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  • Tarbouche (1, à suivre)

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    Tarbouche-couv.jpgIl n’y a point d’hommes libres, il n’y a que des partisans. Quelle soit propre, poussiéreuse ou tachetée de sang, on tire toujours la couverture à soi.

    Enfant, chaque fois je voyais par la fenêtre de ma chambre natale passer des prisonniers, enchainés comme des esclaves ou des bêtes sauvages, je voulais vite devenir grand pour sauver le monde de l’injustice et de la misère.

    Adulte voire à l’extrême, chaque fois je regarde les nouvelles à la télévision, j’ai le regrettable sentiment d’avoir échoué et l’horrible certitude de n’avoir pensé qu’à sauver ma peau.

    Enfant également, je rêvais de voyager, d’écrire des romans et de devenir célèbre.

    Là et à l’instant même, je peux déclarer sans vergogne que j’ai réussi.

    - Presque ou à moitié! Soyez tout de même un peu modeste, jeune homme! me rabaisserait, non totalement à tort, mon pire ennemi.

    Suis-je différent des autres?

    Bref, laissons de côté pour le moment mes intimes réflexions et plongeons ensemble dans les eaux froides de l’actualité.

    Le confinement!

    Le confinement? Oui, le confinement à cause du fameux virus couronné offert gracieusement par les Chinois, diraient les mauvaises langues.

    Il semblerait que beaucoup de personnes ne soient pas du tout contentes d’être obligées de rester chez elle.

    Personnellement, cette interdiction ne me dérange pas spécialement. Car tout est une question d’éducation, de formation, de conditionnement... Permettez-moi de faire un retour en arrière.

    Enfant, étant un Européen de race blanche vivant dans un pays arabe, je m’avais pas le droit de jouer en dehors de la maison. La rue n’était faite que pour aller d’un endroit à un autre. Et que sur haute protection et surveillance! C’est-à-dire: tenu fortement par la main et sous l’œil attentif d’un gardien familier. Il est vrai qu’à cette époque, le kidnapping de gamins blonds comme moi battait tous les records dans le domaine de la criminalité.

    De toute façon, sortir pour voir et faire quoi? Tous les matins, le laitier apportait le lait; le marchand d’œufs et de poules, les poules et les œufs et le vendeur de fruits et légumes passait devant chez nous en criant ou en chantant. Pour le reste, soit le pain, le fromage et les olives, c’est la bonne qui allait, toute voilée mais avec une joie énorme, chez le boulanger copte, célibataire, et chez l’épicier grec, très généreux.

    Ce n’est qu’en Suisse que j’ai commencé à faire le crétin dans la rue. Sans doute notre appartement helvétique n’était pas aussi spacieux et lumineux que celui d’Alexandrie.

    Alors, aujourd’hui en Russie, j’ai l’impression de vivre comme en Égypte. Différemment, certes! Mas pas trop. Un coup de fil (ou un message envoyé depuis mon ordi) et voilà que vingt-quatre ou quarante-huit heures plus tard, tout ce que j’ai commandé est derrière la porte. Protection oblige!...

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  • Péril jaune (5, fin)

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    Péril jaune, Hank Vogel.jpgUn long silence et je poursuis:

    - D’après un psychiatre qui a failli me rendre fou, il y aurait trois sortes de bonne femme. La castratrice, l’aspiratrice et la propulseuse. Plus explicitement: celle qui t’empêche de te comporter comme un mâle toute la journée voire davantage, celle qui te prend pour son esclave et t’épuise jour et nuit... et, la sublime, celle qui ne pense qu’à ton bonheur et qui ne cherche qu’à te propulser dans les sphères du merveilleux même dans tes rêves. Mais probablement...

    - Probablement?

    - Non, rien... La jalousie n’a rien à voir avec l’amour et tout son bastringue, d’après lui.

    - Lui qui?

    - Le psy... Bien que... bien que...

    - Que?

    - Nos chères moitiés possèdent toutes ou ont possédé, pendant leur longue jeunesse pleine de grâces divines, une horloge, dite biologique, beaucoup plus utile que nos belles et nombreuses montres-bracelets qui ne servent qu’à bluffer.

    - Et?

    - Qui les rendrait parfois jalouses. Par réflexe! Le réflexe de conservation. Et la petite est très sujette à ça... Nous ne sommes finalement que des machines, camarade. Des marionnettes manipulées par le grand manitou.

    Youri se frotte le front, se caresse la joue gauche, la droite, se pince le nez puis il me dit:

    - Merci. Cela conforme mes doutes. Ping est une vraie salope tyrannique. Je transmettrai donc à mes supérieurs, en notre langage codé: trompée par son mari, le professeur Pong, elle a ouvert la porte du garage avant que ce dernier ne puisse mettre au point sa contre-machine.

    Encore une histoire de fesses qui va nous foutre tous dans le pétrin!

    Fin de la première mission.

    Avertissement! C’était une œuvre de fiction. Donc: toute ressemblance avec des personnes et des faits réels n’était, n’est et ne sera que le fruit du pur hasard.

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  • Péril jaune (4, à suivre...)

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    Péril jaune, Hank Vogel.jpg- K2r... K2r... k2r, je murmure.

    - Ça va? Tu as une miette au fond de la gorge? s’inquiète Youri.

    - Non, c’est la marque d’un détachant à sec.

    - Pourquoi, tu te lances dans la pub maintenant?

    - Je pense à ta chemise... pleine de taches de graisse.

    - Ma chérie adore faire la lessive.

    - Ce n’est pas une raison suffisante pour que tu prennes du plaisir à plonger dans ton assiette...

    - Occupe-toi de tes oignons et parle-moi plutôt de Ping.

    - C’est toi l’informateur ou moi?

    - Moi, évidemment! Quelle question!...

    - Alors?

    - Je veux d’abord savoir ce que tu penses d’elle. Car d’après ce que l’on m’a raconté sur tes activités de séducteur imbattable, ça m’étonnerait fort que la petite n’ait jamais fait la sieste dans ton lit juvénile.

    - Jamais!

    - Et avant?

    - Avant quoi?

    - La sieste.

    - Quelle sieste? La mienne ou la sienne?

    - La sienne, forcément!

    - Mais où veux-tu en venir? On dirait que tu es en train de m’interroger comme un jeune inspecteur qui vient tout juste de terminer l’école de police. Sois direct et con comme un flic, bon sang! C’est pourtant simple, non?

    - Soit!... Tu as couché avec elle?

    - Voilà! Parfait!... C’est ainsi que je t’aime bien...

    - Oui ou non?

    - Oui.

    - Une fois, deux fois ou plusieurs fois?

    - Avant ou après la sieste?

    - Mais... mais... mais...

    - Stop!... Tu t’es focalisé sur ses moments d’épuisement et non pas sur... bref! Aucune importance... A l’époque, je tringlais à la va-vite, à la va-comme-je-te-pousse. Pas de chichi ni avant ni après. C’était... te voilà, me voici, allons-y, merci, salut et à la prochaine! Et Ping participait volontiers à mes parties de ping-pong...

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  • Péril jaune (3, à suivre...)

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    Péril jaune, Hank Vogel.jpgLe temps passe. Tout change, se transforme sauf l’imbécillité des hommes. C’est-à-dire: en apparence mais pas en profondeur. Les riches sont toujours là. Et les pauvres également, forcément. Parfois à égalité pour satisfaire l’ego des égalitaristes tordus.

    Avec quelques retours en arrière sans importance, bien entendu. Comme les habitants de Léningrad qui sont redevenus des Saint-Pétersbourgeois. Mais pour moi, des saints péteux. Car il m’arrive très souvent de nommer cette belle et impériale ville Saint-Pète. C’est plus court et plus humain.

    Oui, tout change, se transforme sauf Youri aussi qui boit et mange toujours tel un naufragé ou un évadé d’un goulag.

    - C’est bon? je lui demande.

    - La bouffe et la baise, il n’y a pas mieux que ça, me répond-t-il.

    - Il faut mercier Napoléon pour cela.

    - En quel honneur?

    - Parce que les troupes du vilain sir, pour les Anglouzes, vous ont apporté quelques raffinements.

    - Quoi par exemple?

    - Le plafond et la bouché à la reine. Malheureusement aussi bien l’un que l’autre, vous les avez légèrement déformés ou déplacés. Comme pour tout d’ailleurs, dirait un journaliste français bien connu des Français dont j’ai oublié son nom...

    - Crache au lieu de te lécher les babines comme une chatte bien nourrie!

    - La bouchée à la reine s’est métamorphosée en une sorte de petit pain rond recouvert de chocolat et le plafond en lustre.

    - Et c’est tout?

    - Oui et non.

    - C’est-à-dire?

    - Non et oui.

    - Tu te fous de moi ou quoi?...

    - D’après certains historiens, à l’origine, les poupées russes seraient japonaises et le samovar mongole ou chinois.

    - Formidable! crie Youri. Quelle astuce pour revenir à Ping!

    Je me gratte la tête. J’ai de la peine à comprendre son raisonnement.

    Soit il souffre d’un manque de vitamines A, B, C, D, K et X pas encore sur le marché, me dis-je. Soit les médecins du SUS ont paralysé en ligne quelques neurones de son cerveau. De son hémisphère gauche qui, chez lui, s’avère plutôt à droite.

    - Vas-y! Pendant que tu y es, mets en branle tes jumelles de penseur à la noix, sale voyeur de nos vies! m’insulte-t-il.

    Illico presto, Bouddha surgit du fond de mes ténèbres et me chuchote à l’oreille:

    - Rappelle-toi ma petite histoire. Ne pas réagir à une injure c’est comme refuser un cadeau qui te semble de pas t’être destiné. Secoue donc l’intelligence de ton âme et non pas l’ignorance de ton esprit...

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  • Péril jaune (2, à suivre...)

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    Péril jaune, Hank Vogel.jpg- Comme tu as pu le constater à plusieurs reprises dans les quartiers chinois de Bangkok et d’ailleurs, les bridés rotent facilement et très fort à table mais pour le reste ils sont très discrets, me dit-il.

    - C’est vrai, c’est pourquoi j’ai une préférence pour les Japonaises, je lui avoue joyeusement. Elles osent à peine jouir au lit et éternuer au cabinet quand la porte n’a pas de loquet... Mais où veux-tu en venir?

    - A Pong.

    - L’ami de Ping?

    - Parfaitement.

    - Je l’ai connu il y a très longtemps, lorsqu’il préparait sa thèse sur l’éléphant... l’éléphant...

    - Rose?

    - Non, mauve!... Il prétendait que prendre l’éléphant par les défenses, c’est autre chose que de prendre le taureau par les cornes. A la différence du taureau, un éléphant châtré reste éléphant. Il garde toute sa mémoire. Le taureau lui devient bœuf.

    - C’est lui qui a dit ça? Cela m’étonne.

    - C’est écrit noir sur blanc.

    - Où ça?

    - Dans un livre.

    - De qui?

    - Secret d’état... Ou!

    - Ou quoi?

    - Si tu souhaites me rectifier, tu n’as qu’à chercher sur google.

    - Je n’ai pas le temps pour ça.

    - Alors salut! A la prochaine...

    - Non, attends! C’est très important. Peut-on se voir?

    - Dans une ruelle sombre ou sur les quais?

    - Au pied de la statue de Lénine à midi précise.

    - OK, j’y serai.

    Quand j’étais communiste, j’adorais plus Lénine que Staline. Sans doute à cause ou grâce à sa casquette d’ouvrier. Quand j’étais fasciste, j’adorais plus le Duce que le Führer. Sans doute parce que ma mère était italienne. Quand j’étais chrétien, j’adorais plus Marie que Jésus. Sans doute parce qu’ à cette époque j’étais terriblement attiré par les vierges.

    Que d’adorations et de doutes dans ma jeunesse!

    Aujourd’hui que je ne suis ni de gauche, ni droite et ni du centre, je n’adore que le chocolat. Et ce avec certitude.

    - A quoi tu penses, l’ami? me demande Youri, les yeux fixés, comme moi, sur le bonnet tout chiffonné de Vladimir Ilitch.

    - A rien, à une boutade sans importance, je lui réponds d’un ton mitigé.

    - Raconte! J’adore ça.

    - Tu ne comprendrais pas, tu as trop vécu ici.

    - Serais-tu raciste dans ton genre?

    - Toi aussi tu t’y mets... à ce jeu débile?

    - On ne sait jamais!

    - Comment veux-tu qu’un pauvre type comme moi qui ai fréquenté une musulmane, une juive, une Vietnamienne, une Congolaise, une Indienne d’Amérique, une Tokyoïte et une albinos puisse l’être? Le racisme, c’est réservé aux gens trop bien dans leur peau... Ma concierge, la plus intime, m’a dit un jour: je sais maintenant pourquoi tu aimes tout le monde! Pourquoi? Parce que tu n’es pas sérieux.

    - Et c’est vrai?

    - Non, c’est faux, je suis paresseux... Ma cervelle n’est pas faite pour ruminer... Bon! Passons aux choses sérieuses!

    - Terrifiantes selon les experts et...

    - Accouche! Quelle genre de surprise est-il en train de nous mijoter, mon vieux copain Pong?

    - Une machine invisible et une contre-machine à cette machine, également invisible.

    - Peux-tu être plus clair? Je ne comprends rien à ton charabia.

    - Impossible!

    - Pourquoi?

    - On m’a interdit de nommer ces deux monstres autrement. Enfin, le premier plus que le second. Sinon... sinon...

    - C’est la Sibérie tous les hivers jusqu’au réchauffement certain de la planète.

    - Seul ou avec ta famille?

    - On ne me l’a pas précisé.

    - Ça, c’est vraiment méchant. Laissez quelqu’un dans le doute, c’est pire que de le poignarder dans le dos... Et Ping dans cette histoire?

    - Je ne la connais pas.

    - Mais tu mens comme tu respires!

    - Simple déformation professionnelle.

    - De mieux en mieux! C’est lamentable. Je ne te reconnais plus...

    - J’ai une épouse et deux filles à nourrir, moi! Et, excepté les patates et le pain noir fait maison, tout est hors de prix de nos jours.

    - Mais la vodka coule toujours à flots.

    - Uniquement dans les grandes occasions.

    - Désolé! Je comporte encore... parfois comme un touriste mal informé ou malveillant. Mille excuses, camarade! Tu me pardonnes?...

    - Tu ne vas pas en faire tout un gruyère pour ça?

    - Un fromage!

    - Quoi?

    - On dit un fromage et non pas un gruyère.

    - Je suis au courant. Mais c’était pour te faire plaisir.

    - Alors tu aurais dû choisir le schabziger.

    - Je le déteste. Il pue la vieille chèvre toute épuisée...

    - Nul n’échappe donc à la pensée touristique.

    - Je ne te suis pas.

    - Il est fabriqué avec du lait de vache.

    - Pour moi, malgré cela, il pue toujours.

    - Pas pour moi. Il sens bon la vraie démocratie. La vraie! La main haute et les trous bien ouverts face aux autres.

    Bizarrement, Youri me regarde un instant avec beaucoup de tristesse et de compassion. Puis il me propose timidement:

    - Et si on allait boire un verre et manger et un morceau? Je te dévoilerais tout sur Ping et ses petits caprices.

    - Ping ou Pong? je l’interroge pour m’assurer d’avoir bien entendu.

    - Ping, ta fameuse joueuse de ping-pong à vos heures perdues, bordel!...

    Lénine, Hank Vogel.jpg

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  • Lettre d'un confiné à un autre confiné

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    Quentin Spriet.jpg

    Par @, forcément!

    Cher Monsieur Vogel,

    Je viens de passer quelques bons moments avec vous sur mon ordinateur confiné, et je vous en remercie. Tout ça pour une histoire de Pakol.

    J’ai commencé ce matin par chercher mon couvre-chef favori avant de sortir au marché pour quelques légumes (photo ci-jointe). Une fois mon attestation de sortie réglementaire covid générée au clavier, par simple curiosité j’ai tapé pakol sur le clavier, puis laissé google ronronner son moteur.

    D’images en articles divers, voilà que j’arrive sur une vidéo youtube d’un papi voyageur qui me raconte ses vêtements rapportés de voyages divers, foulard, chemise, et le fameux pakol, celui des Hunza et du Kashmir certes, mais aussi celui du Grand Alexandre de Macédoine.

    J’avoue, ma première impression fut mélangée. Qui donc est cet inconnu papi farfelu à mémoire approximative qui raconte sa vie, ses voyages, face caméra, sans fioritures, lentement et sans précipitation, à l’inverse des productions vidéo survoltées qui nous inondent.

    J’ai visionné votre clip 5 minutes 58 jusqu’au bout sans flancher. Il faut dire, les grands espaces d’Asie centrale ornaient les murs de ma chambre d’ado en 70, et mes grandes vacances de lycéen se passaient à Kaboul, via Istanbul et Ispahan. Les Baloutches, les Pachtounes, Bamyan et Band-i Amir étaient au programme de notre camionnette.

    Voilà pourquoi votre vidéo Pakol a si bien résonné en moi. Et de fil en aiguille, j’ai cliqué sur le logo de votre chaîne, et découvert l’immensité de votre regard de vidéaste sur le monde. Et n’ai pas résisté à l’envie de butiner de clip en clip, remontant le fil des 10 années de vos publications. Je n’ai pas tout vu, impossible! Et j’ai enquêté, recherché sur la carte vos lieux de vie et de villégiature, Russie, Albanie, Suisse, Italie, Pays Bas, et tant d’autres.

    J’ai aussi découvert votre activité publique littéraire et cinéaste. J’ai compris alors pourquoi je regarde vos vidéos avec appétit: le cadre est maîtrisé, la composition, les plans travaillés. À main levée l’image ne tremble pas. Parfois le souffle du cadreur, inspiré et concentré, rappelle votre présence. Ça pourrait ressembler à de la vidéo d’amateur débutant, mais non.
    On y voit de tout, de l’intime, de la famille, des enfants, des adultes, des vacances, du quotidien, de la rêverie, de l’étranger, du temps long et de la curiosité bienveillante. Tout ça dans un style d’une simplicité déconcertante, très peu de commentaires, un agréable mélange de langues et de cultures, un regard sur le monde, le voisinage, la nature et l’humanité… De l’ascenseur bloqué, à la coupe de cheveux de gamin exigeant, de baragouinage en horizons marins…

    Je suis non lecteur, il est fort probable que je ne lirai pas votre prose, fut-elle de qualité. Mais je suis addict à la belle lumière argentique et numérique de la photo et la vidéo, photo-vidéaste naturaliste amateur indécrottable, contemplatif très gourmand en histoires du monde.

    J’aime votre écriture filmée. Voilà pourquoi je continuerai d’aller de temps en temps ouvrir une de vos fenêtres au fin fond de l’Altaï, Guelendjik ou Novokouznetsk, et me dépayser de vos témoignages lucides et imagés, toujours sincères.

    Merci Monsieur Hank!

    Quentin Spriet
    Lille, France

    Quentin Spriet, photo.png

    Cliquez sur la photo!

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  • Péril jaune (1, à suivre peut-être)

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    Péril jaune, Hank Vogel.jpgIl y a deux façons de voir les choses. Telles quelles... ou autrement.

    Le péril jaune! Cette idée macabre n’est pas d’aujourd’hui. Elle est probablement aussi vieille que la Chine et ses chinoiseries. Je mets à l’écart le Japon...

    Elle a traversé l’esprit de l’empereur Guillaume II, du statisticien Edmond Théry et de nombreux autres complotistes malgré eux.

    Elle a également traversé le mieux en juillet de l’an de grâce 2018, lors d’un voyage ou, plus précisément, d’un très long trajet en voiture dans l’Altaï, la partie russe ou le Tibet russe pour les romantiques.

    Ce jour-là, à part ma chère épouse, ses deux sœurs, mon neveux Rouslan qui conduisait et moi-même, il n’ y avait personne. Ni devant nous, ni derrière, ni sur les côtés. Pas un chat. Pas le moindre habitat à l’horizon. Que des champs en friche ou à moitié semés et des steppes. C’était comme si la population de cette gigantesque et mystique région avait subitement disparu du globe ou pris la fuite par peur...

    - Peur de quoi? me demandai-je. D’une énorme et certaine invasion de mouches énervantes et épuisantes nées au pays de Mao? Impossible, le dictateur les a toutes exterminées. Ressuscitées peut-être en sauterelles mécaniques? Impossible aussi, la technologie chinoise n’est pas au top? D’une probable attaque d’hommes armés jusqu’aux dents, le sourire jaune jusqu’aux oreilles? Impossible pour la troisième fois! Car vu l’ampleur d’un tel danger, Poutine aurait déjà réagi en lâchant illico presto ses fusées à tête nucléaire toutes excitées et nous serions tous au commencement de la fin, de l’humanité forcément... C’est vrai, ils sont trop nombreux, ces pauvres Chinetoques, et ils ont besoin plus d’espace. Et leur solution de l’enfant unique, de préférence un garçon, devient de plus en plus problématique, inacceptable au sein de la population. Bon bref! Ils trouveront bien quelque chose un de ces quatre, ces braves héritiers directs des premiers et inoffensifs fabricants des feux d’artifice et des raviolis.

    Une année plus tard. Voire un peu plus.

    Coup de fil de Youri, prénom d’emprunt! Un ami de longue date qui travaille au... pour le SUS. C’est-à-dire: les Services ultra secrets.

    - Les voisins sont en train de créer un monstre invisible, me confit-il d’une voix grave.

    - Où ça? je lui demande tout inquiet.

    - A Wuhan.

    Bien entendu, nos portables sont non identifiables. Équipés de trois VPN. Comme les Hollandais avec leurs digues...

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