Soyons Net - Page 2

  • J'ai aimé et tué ma soeur (37, à suivre)

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     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgBistrot, café, troquet, bar, quel que soit le déterminatif, c’est le lieu parfait pour draguer, jubiler, se faire aimer, critiquer son voisin, comploter... et refaire le monde en compagnie de ses meilleurs amis en ingurgitant des litres de boissons sans frontière ou tout seul tel un poète égaré en déshonorant des pages vierges ou plutôt en chargeant son cahier bleu d’écolier à la retraite de notes et de fautes notes.

     Qu’importe la réalité, à chacun sa vérité! Ou l’inverse! La littérature n’a pas besoin d’un dieu ou d’un maître pour exister. Et encore moins d’éditeurs reconnus, pour survivre de nos jours. 

     Les ploucs proposent sans cesse des règles, des lois et des murs. Et les hommes libres et de bonne foi s’opposent constamment à à ces êtres vils, geôliers et bourreaux par nature.

     La société est un constant bombardement de bonnes et de mauvaises idées. Et celui qui est capable de focaliser sur autrui la moindre de ses pensées perverses est un criminel en puissance.

     Il... je... nous commandons finalement ensemble un pichet de vin rouge maison, excellente cuvée paraît-il, pour les deux.

     Et après avoir avalé une gorgée de ce millésime non déclaré sans doute, Pierre-Jean me dit:...

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (36, à suivre)

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     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgQuel bonheur d’être loin, à l’abri des griffes des flics et des toubibs! me dis-je,  une fois dehors, à cent mètres du poste de police. Mon père avait tellement raison lorsqu’il cherchait à me le faire comprendre, avec des termes moins crus: quand ils ne nous ruinent pas, ils nous sucent tout notre sang. Jusqu’à ce que l’on devienne des couilles molles ou des agneaux pour les holocaustes à venir. J’ai honte de moi. Je suis un lâche, un faible, un froussard, un dégonflé, un jean-fesse, un jean-foutre, une lavette, une lopette, une gonzesse... J’ai trahi mes convictions profondes. Si proches de celles de Tell, pourtant. Si infaillibles.  Peut-être pas! J’ai eu un moment d’égarement, d’étourdissement, plus intellectuel que mental. J’ai dû confondre méfiance naturelle et sentiment mesquin, préjugé prémédité. A force de trop philosopher sur tout et sur rien... Le diable a souvent la peau douce et lisse afin qu’il puisse mieux glisser, plus rapidement, à travers les mailles de nos filets. Cette grâce spontanée, en quelque sorte, de la part de cet étrange  serviteur de l’ordre public, n’était-ce qu’un poisson d’avril? Un piège? Me redonner  goût à ma liberté dans l’espoir que je libère davantage ma parole? Car celui qui parle trop risque fort de marcher sur des plates bandes interdites... Eh bien, fils de pute, tu ne m’auras pas!

     Quelques minutes plus tard, je déambule    gai comme un pinçon dans une ruelle pleine à craquer quand un homme de couleur, un Africain certainement, m’interpelle en me disant:
     
     - Hé l’ami, je te reconnais toi! Tu as passé à la télé il n’y a pas si longtemps, n’est-ce pas?

     - Impossible, mon frère! je lui réponds tout décontracté, évidemment. Je ne fréquente pas ce milieu-là. Trop ringard, vieux jeu pour moi. Et heureusement! 

     - Pourquoi ça?

     - Parce qu’il a tendance à porter la guigne.

     - Comment ça?

     - Beaucoup d’invités, habitués des plateaux de télévision, des émissions à forte audience pour ne rien te cacher, qui pétaient plus haut que leur cul pètent maintenant de froid en prison. 

     - Vraiment?

     - Je suppose. 

     - Tu... vous n’êtes pas sérieux?

     - Ai-je l’air?

     Le Congolais, l’ Ivoirien ou le Suisse naturalisé s’essuie le front avec le dos de sa main gauche et, avec la paume de sa main droite, les doigts bien écarté, me caresse amicalement mais très brièvement l’épaule. Puis il s’exclame en souriant de toutes ses dents blanches:

     - Sacré Africain blanc! Vous alors!

     Et il poursuit, le regard digne d’un marabout: 
     
     - Désolé de vous avoir mal considéré, cher lointain cousin, c’est sur YouTube que je vous ai aperçu. Par hasard. Oui, c’est par hasard que je suis tombé sur une de vos vidéos... La nonne d’Ohatlava.

     - D’Ohalatva, je corrige. Il m’arrive aussi de m’y tromper.

     Et je profite pour critiquer: 

     - Que voulez-vous, certains mots finnois et noms finlandais sont parfois si durs à prononcer que j’ai de la peine à croire que les Finlandais sont les gens les plus heureux du monde. Et je ne compte pas leurs hivers trop longs et leurs nuits blanches en été qui pèsent sur leur moral. Bizarres ces experts des Nations Unies, non?     

     - En effet.

     Mais le providentiel bonhomme préfère continuer à parler de lui:

     - Et de fil en aiguille, de blogue en blogue, de récit en récit, j’ai fini par acheter votre roman La Nubienne. Je l’ai savouré tel un collégien accro aux récits historiques, page après page. Déjà, en admirant la couverture, j’ai jubilé et pleuré aussi. Merci de tout cœur pour avoir essayé de mettre les pendules à l’heure. Malheureusement, la réalité ne vous donne pas raison.

     - Quelle réalité?

     - Et si on allait boire un verre?

     - Excellente idée!

     - Je m’appelle Pierre-Jean Kashama.

     - Moi, c’est...

     - Pas la peine, je connais.

     Et nous voici partis pour une plus profonde conversation. Souhaitons-le!...

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (35, à suivre)

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     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgEt merde! De nouveau, le syndrome de Stockholm se met à clignoter dans mon ciboulot.

     L’idée seulement, bien entendu! Car le fait de caresser les parties génitales d’un mec ne m’apporterait rien. Strictement rien. Contrairement à ce que voudraient nous faire croire de nos jours certains scénaristes de séries télévisuelles œuvrant pour des chaînes européennes et américaines très complices. Le lobbying de l’accouplement sans frontière mais stérile est astucieusement  bien lancé. Malheureusement pour  les adeptes de ce type d’exercice,  mes appétits sexuels ne commencent à rayonner qu’aux approches de la féminité, seulement. Ainsi le Grand Bouc et l’éducation accidentelle de mes parents m’ont fabriqué.

     Eh bien? Eh bien oui! 

     Ainsi, inopinément, une autre idée, plus superficielle, remplace sans la moindre hésitation  la stockholmoise. Soit une envie folle de cracher le morceau.

     Quelle plus sage décision!

     Quel cafouillage intellectuel plutôt! je songe. C’est du pareil au même! La tronche et le cul se retrouvent dans le même sac. Et je me fais des films.  

     - Que vous arrive-t-il? me demande Raoul, le regard digne d’un samaritain bleu en pleine activité. Vous semblez un peu pâle.  Vous faut-il un verre d’eau?

     - Un grand bol d’air frais ferait mieux l’affaire, je lui réponds la mine épuisée. Je suffoque et j’ai l’impression de séjourner déjà en prison, injustement... 

     - Je comprends.

     C’est à ces laps de temps que l’être sensible et bien éduqué diffère du sauvage livré à lui-même et que le bon gendarme se distingue des ses collègues conditionnés à l’extrême et refuse de dégainer d’après les consignes de son supérieur, me dis-je. Désobéir pour la bonne cause. Pour le salut de l’autre.

     - Puis-je? je murmure.

     - Rentrez chez vous! m’ordonne-t-il d’une voix réconfortante. Avant que ma charité ne se rapproche de cet infâme hôpital. Ne pas s’acquitter d’une facture pour des soins non souhaités n’est nullement une infraction à mon sens...

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (34, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg- Sinon?

    - Votre ego de matraqueur risquerait de vous propulser dans des sphères surréalistes semblables à celles que fréquente régulièrement votre collègue ou ex collègue Paul Popol.

     - Comment ça? Soyez plus terre à terre, je suis allergique aux explications à tendance littéraire. Et puis c’est qui ce Pol Pot?

     - Popol!... Le rapprochement était inévitable, j’en conviens. Comme Raspoutine avec Poutine... Pourtant... pourtant...

     - Pourtant?

     - Mon petit doigt prétend le contraire.

     - Concernant quoi?

     - De l’amoureux de ma frangine, nom de Dieu!

     Raoul, surnom que j’attribue à tout imbécile qui s’exalte momentanément dans son imbécillité, tire une gueule pas possible et me crie dessus, une fois de plus, tel un curé de campagne hors de lui:

     - On ne prononce pas le nom du Seigneur en vain, misérable!

     Puis sur ton carrément moins ecclésiastique:

     - A force de jouer avec l’interrupteur, les plombs finissent par sauter... Nous sommes dans une ville calviniste où les bourgeois de la haute ne jurent jamais. En tout cas publiquement. Ce qui se passe en cachette ne doit pas être différent d’ailleurs. A Rome comme à Babylone! 

     - A Genf comme au Vatican! j’ajoute gaiement.

     - Je ne déplore que ce que je sais. Pour le reste, je suppose et j’enquête. 

     - Au plus pire, vous chassez les pédophiles des crèches et les nécrophiles des cimetières actuellement, non?

     - Conformément aux lois en vigueur.

     - Qui sont aussi élastiques que ma culotte.

     - C’est le peuple qui décide, démocratiquement.

     - Pendant que la majorité jouit, la minorité se ronge les ongles. 

     - Désolé, mais jusqu’à présent personne n’a trouvé quelque chose de mieux.

     - Je suis entièrement de votre avis.

     Et merde! De nouveau, le syndrome de Stockholm se met à clignoter dans mon ciboulot...

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (33, à suivre)

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     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgAlors, alors, alors... tel un politicien qui n’a pas inventé la poudre mais qui rêve de s’approprier la poudrière, je me lance verbalement:

     - Un coronavirus solitaire, fabriqué en Chine ou échappé d’un laboratoire chinois, est nettement plus dangereux pour la santé et la sécurité de toute notre nation qu’une barque surchargée d’Africains échouée sur une rive isolée de notre beau lac Léman. Mais! Oui, mais encore plus dangereux est le pouvoir malin de la pensée avec ses divers et nombreux buts de conditionnement, d’assujettissement. Synonymes: soumission, servitude, domestication, oppression, dépendance, asservissement, subordination, abrutissement etcétéra. Par le truchement de la parole, de l’écrit, de l’image dessinée ou peinte, du film, des télécommunication et de la télépathie.  Les scientifiques ont probablement inventé les mathématiques mais ils ont certainement volé l’imagination aux poètes. CQVD, époque iphonique oblige: ils prétendent, les plus convaincus, que le cerveau humain actuel est apparu il y a 1,7 million d’années. Quelle générosité avec les chiffres! Je veux bien. Tel le concept du père, du fil et du saint esprit. Depuis notre plus tendre enfance, on nous bombarde des histoires à faire sauter de colère le Bon Dieu. Comme celle de son soi-disant fils unique, lui qui nous a tous créés, mort sur la croix pour tous nos péchés. Passés, présents et futurs. Belle mentalité!... Bref! Étant donné que votre  hémisphère cérébrale droite est aussi raide  que la couille gauche de l’homo sapines, vous souhaitez vraisemblablement que j’avoue mon impardonnable crime avec de véritables preuves à l’appui. Malheureusement, la pensée ne laisse aucune trace apparente. Sinon... sinon...

     - Sinon?...

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (32, à suivre)

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     Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpgL’idée du syndrome de Stockholm m’inquiète un bref instant.

     - Merde! Je n’espère pas, je bredouille.

     L’homme, prêt à tout pour prouver à ses supérieurs que son poste est plus qu’indispensable vu que l’état cherche à tout prix à  diminuer le nombre de ses fonctionnaires, d’après la presse actuelle, se penche vers moi et me dévoile comme s’il s’agit d’un secret trop longtemps gardé:

     - Nous l’admettons et je l’admets aussi, la police de grand-papa a trop souvent échoué, celle d’aujourd’hui, au contraire,  pour éviter ce triste résultat, met l’accent sur tout afin que ce tout devienne une parfaite réussite. Vous comprenez, c’est clair? Non?

     Je hoche la tête tel un Bengali contrarié. 

     Il m’explicite à sa manière alors:

     - Métaphoriquement, tout nouvel arrivé sur le territoire, qu’il soit suisse ou étranger, est observé à la loupe et tous les crimes au microscope. Soit: les assassinats, les meurtres, les matricides, les parricides, les brigandages, les voles, les violes et tous les autres délits majeurs et mineurs.

     Je grimace fortement. 

     Il fronce les sourcils.

     - Et les virus au télescope, dis-je, prolongeant ainsi ironiquement son explication métaphorique

     - Virus ou Vénus? me demande-t-il, sérieusement. 

     Soit il est sourd, soit il joue au con et il a l’intention de gagner, me dis-je.

     Alors, alors, alors... tel un politicien qui n’a pas inventé la poudre mais qui rêve de s’approprier la poudrière, je me lance verbalement:

     - Un coronavirus solitaire, fabriqué en Chine ou échappé d’un laboratoire chinois, est nettement plus dangereux pour la santé et la sécurité de toute notre nation qu’une barque surchargée d’Africains échouée sur une rive isolée de notre beau lac Léman...

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (31, à suivre)

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     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgIl éclate de rire.

     Quant à moi:  c’est la froideur et le silence total.

     Mais! Mais?

     Si le rire est le propre de l’homme, il n’est pas toujours très propre, je raisonne. Il camoufle bien des sentiments peu honorables telle que la satisfaction d’une défaite ou celle d’une vengeance, par exemple. On rit et on sourit beaucoup lors d’une élection ou d’une compétition. Pendant que dans le camp adverse, on pleure. Souvent à chaudes larmes. Aime ton prochain, même ton ennemi, comme toi-même! Qui a suivi à la lettre ce brave et tendre conseil? Dans toutes les circonstances? Chaque chef fabrique sa sauce à sa façon et les chefs sont nombreux. Surtout parmi les adorateurs des évangiles... A quand une police cordiale? Jamais? Un jour peut-être? Flicaille rime avec traînaille, forcément!

     Après avoir assouvi sa soif de je ne sais quoi, l’ex agent de la circulation me dit avec une gentillesse plutôt mitigée:

     - C’est grâce à des types de votre genre que j’ai pu grimper les échelons. Merci mille fois. Sincèrement. Mes collègues, eux, préfèrent les classiques. La grâce d’un côté, la  cause de l’autre. Ainsi va bon train le déroulement des choses, messes y comprises... Les affaires des classiques sont vite classées. C’est pour cela que je les appellent ainsi. Tandis que celles des espèces rares tel que vous ont du mal à trouver refuge à la salle des archives, rapidement bien entendu. Mais tôt ou tard, tous les dossiers sont bouclés.

     - Théoriquement, je souligne.

     - Rasseyez-vous! m’ordonne-t-il amicalement, en apparence.

     J’exécute son ordre avec joie, quasi avec jouissance. 

     L’idée du syndrome de Stockholm m’inquiète un bref instant.

     - Merde! Je n’espère pas, je bredouille.... 

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (30, à suivre)

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     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg - Faites-vous plaisir, j’ai tout mon temps.

     - Et vous n’êtes pas payé à la pièce, ajouterait ma concierge. N’est-ce pas? 

     Le policier, admirablement attitré et parvenu à ce rang grâce aux camarades de son parti, radical sans doute, frappe du poing sur la table et me crie dessus:

     - Cessez de me prendre pour un con, vieux schnock! Ou je serais obligé de vous interroger moins dignement. Vous debout et moi assis. Cela n’est nullement en opposition avec la convention contre la torture,  que je sache! Bien que... Compris?

     - ...

     - Inteso, verstanden, understood

     Je me lève d’un bond et lui dit sèchement:

     - Ce bien qui prouve nettement que vous avez une âme de tortionnaire. Souhaitez-vous vraiment que je meurs sur le champ comme au e-coffee&more.com ou que je vous tue comme j’ai tué ma sœur?

     Il éclate de rire...

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (29, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg  - Alors Monsieur alias El Pirata! Savez-vous pourquoi vous êtes ici cette fois-ci? me demande le commissaire, le sourire au bout des lèvres.

     Attention! Toute réponse est sujet à caution dans ces bureaux gris et froids de la police, me dis-je. Bêtement, un oui ou un non peuvent s’échapper de ma bouche. Mais avec un minimum de jugeote, digne d’un révolté de la pire espèce que je suis, deux voies plus subtiles s’offrent à moi. Celle du mutisme et celle de l’ignorance. C’est-à-dire, pour la seconde, agir tel un bourricot de père en fils ou faire l’âne... Merde! Rien n’est simple face à un flic, sa logique me semble si identique à celle d’un bourreau. Alors?

     - Alors Monsieur alias El Pirata! répète l’assujetti aux forces de l’ordre. 

     - Alors, adonc, ainsi, cependant, conséquence, donc, eh bien, lorsque, pendant, pour lors und so weiter, je récite... Notre langue est bien riche malheureusement l’homme de la rue  préfère se limiter à quelques uns. Connaissez-vous la raison à cela?

     - Et vous?

     - Soit par indifférence soit par manque de culture ou d’intelligence. Tout ça pour vous signaler qu’ El Pirate est le résultat qu’un long travail... Puis-je continuer? Ou... ou...

     - Faites-vous plaisir, j’ai tout mon temps...   

     

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (28, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg  Retour à la case départ. Avec moins de moins de panache voire pas du tout. Forcément la courtoisie rarissime dans ce milieu là. Les adeptes du prodige de Cos sont souvent de mèche avec les soi-disant enfants légitimes de la dame au bandeau sur les yeux. Mêmes fils et filles de pute, dirait ma concierge. La société, une minorité d’individus propulsés au pouvoir par de douteux arrangements, fréquemment, condamnent tout ce qui n’a pas été écrit sur le tableau noir de l’école et répété à haute voix par tous les imbéciles de la classe. Sous la pression de la baguette de la première maîtresse pour commencer. Nous sommes tous persuadés d’agir librement  et en bon berger. Illusion! Mais du plus grand au plus petit, par la chair, le sang ou l’esprit, nous avons toujours quelqu’un au-dessus de nos têtes, plus proche du loup que de l’agneau. Autrement dit, nous ne sommes que de pauvres moutons égarés sur un chemin désert d’une mère-partie incertaine. 

     - Alors Monsieur alias El Pirata! Savez-vous pourquoi vous êtes ici cette fois-ci? me demande le commissaire, le sourire au bout des lèvres... 

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (27, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg  Du coup, furax à l’extrême, je saute du lit et, le cul à l’air, je leur déclare:

     - J’en ai rien à foutre de vos promesses à la  grecque et de vos assurances obligatoires qui engraissent les petits copains de la princesse! C’est à cause de votre système tortu que je suis allé vivre ailleurs, loin de mon propre pays... Je ne vous rien demandé. Ni à vous ni à personne. Ma mort n’était qu’une mort provisoire, momentanée et expérimentale. Volontairement et consciemment  provoquée. Par moi-même. Tout était sous contrôle. Comme au Kremlin, à la Maison Blanche ou au Palais fédéral. Quand aucune faille n’est apparente ou sous-jacente, bien entendu. Le pouvoir de la ma pensée, de la mienne en tout cas, est tel que je peux également aussi bien guérir qu’anéantir, occire quelqu’un, à distance. Malheureusement, j’ai constaté, une fois de plus, qu’après une tentative métaphysique, réussie ou pas, un silence désolent s’installe au fond de mon âme, pendant un certain temps. Afin que les pendules se mettent à l’heure, en quelque sorte.  Alors à quoi bon désobéir aux règles établies par le Grand horloger!  Oui, c’est vrai, pourquoi Jésus a-t-il ressuscité Lazare pour qu’il meurt quelques années plus tard? C’était absurde. Le miracle est une provocation à l’ordre des choses, au bon fonctionnement des évènements en cours, non?... C’est à Skardou dans L’Himalaya que j’ai compris que la vie se répète telle une sinusoïde qui s’ étend vers l’infini. Le Beau, le Vide et l’ Éternité. C’est ça, le secret de l’existence, son  aphorisme... Et maintenant, donnez-moi mes vêtements pour je me tire d’ici...

    Hank Vogel au Cachemire.jpg

    Dans l'Himalaya... On dit que l'homme qui est parti pour ses hautes montagnes n'est plus le même homme à son retour.

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (26, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg  Mais à ce moment précis, tel un chien sur une patinoire, arrive un jeune toubib, les cheveux ébouriffés et la blouse à moitié boutonnée.

     - Avant-hier vous étiez mort, hier votre cœur s’est remis à battre et aujourd’hui vous semblez péter le feu, me dit-il tout contrarié. Alors?

     - Alors quoi?

     Sa collègue lui chuchote tout un discours à son oreille.

     - De l’eau plate, je ne suis pas contre, m’explique-t-il. Même le chef de ce service serait de mon avis. Mais... mais...

     - Mais quoi?

     - Le sirop pose un problème.

     Je m’apprête à m’asseoir.

     - Surtout pas, restez couché! m’ordonne-t-il, tout affolé. Ne soyez pas plus royaliste que le roi, vos os ont peut-être subi une légère décalcification due à... à... bon bref! Où en étais-je?... 

     Je tire la langue.

     - J’ai vraiment soif, je me plains.

     - Allez  lui chercher une boisson non sucrée et non homéopathisée, dit l’allopathe malgré lui à sa subordonnée.

     - De la flotte du robinet en somme, précise-t-elle pour ne pas que m’inquiète.

     - Merci, je marmonne.

     Aussitôt dit aussitôt fait! Et me voici en train de me désaltérer avec l’aide d’une paille courbée en acier inoxydable vu ma position allongée.

     Les deux cliniciens m’observent avec la plus grande attention. Semblables aux abonnés des jardins zoologiques qui ont une préférence pour les macaques et les gorilles.

     Tous les miroirs ne sont des glaces, je pense.

     Puis, passant du coq à l’âne ou plutôt du singe à l’homme:  

     Deux molécules d’hydrogène et une d’oxygène, c’est banal pour un chimiste mais vital pour un naufragé. Que la nature préserve cette formule!

     Une fois le verre vide, le futur docteur en médecine humaine, espérons-le, m’avoue timidement:

     - Nous avons dû fouiller dans vos poches  pour connaître votre numéro d’assuré. Malheureusement, nous n’avons trouvé que votre carte d’identité, la clé de votre appartement et la photographie d’une fille qui vous ressemble.

     - C’est ma sœur, elle est morte il y a fort longtemps, je murmure.

     - Nous avons fait notre devoir, se confesse-il presque. Malheureusement, le fameux serment d'Hippocrate s’arrête là où les assurances entrent en jeu.

     - D’où le problème du sirop, confirme sa complice.

     Du coup, furax à l’extrême, je saute du lit et, le cul à l’air, je leur déclare:...     

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (25, à suivre)

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      J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg- J’ai soif! je crie.

     La préposée à me veiller ou à me surveiller sort aussitôt de son sommeil,  éthylique probablement, se lève d’un bond, accoure vers moi en s’écriant:

     - Sainte Marie Mère de Dieu, vous l’a sauvé!

     - J’ai soif, je répète.... Un sirop ou de l’eau sucrée de préférence  

     - Dans trois secondes, si vous permettez, il faut d’abord que le médecin de garde arrive, m’explique-t-elle toute bouleversée.

     - Alors appelez-le!

     - C’est déjà fait.

     - Comment ça?

     - J’ai un bip d’alarme dans ma poche.

     Elle me sourit. Cela me rassure. Un peu d’humanité enfin!

     - Où est-il votre soi-disant prince charmant? je lui demande. Avec Tiffany, Nikki  et ou Mimi?

     - Je ne vous suis pas, me répond-t-elle d’un  air confus.

     - En train de faire des galipettes ou à jouer à saute-mouton?
     
     Elle grimace par gêne ou par rage, selon moi.

     - Les docteurs en herbe avec les soignantes débutantes, je poursuis. Comme à la télé, les réalisateurs-journalistes avec leurs monteuses attitrées. Tous les coins à peine éclairés sont bons pour donner libre cours à sa libido, n’est-ce pas? Ma parole, rien n’a changé dans de la cité bordélique de Calvin! Quand viendra-t-il votre compagnon de la Tour de Babel? A Pâques ou la Trinité? Un bédouin dans le désert m’aurait déjà apporté une cruche d’eau et je...

     Mais à ce moment précis, tel un chien sur une patinoire, arrive un jeune toubib, les cheveux ébouriffés et la blouse à moitié boutonnée...

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (24, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg  Puis, illico presto, c’est l’obscurité presque totale. Ou, en d’autres termes, le noir quasi absolu. C’est-à-dire: un ramassis d’ombres sombres où le côté artistique du cerveau, l’hémisphère droit d’après les scientifiques, peut encore distinguer les différentes nuances de cette couleur qui n’en  serait pas une d’après certains, faute d’avoir été mal éclairés depuis leur tendre enfance. Soit: l’aile de corbeau, le brou de noix, le cassis, le dorian, l’ébène, le noir animal, le noir charbon, le noir d’aniline,  le noir de fumée, le noir de Jais, le noir d’encre, le noir d’ivoire, le noiraud, le réglisse et j’en passe et des meilleurs. Même dans le black-out, l’aventurier cherche toujours tandis que le zèbre qui s’est embourgeoisé renonce rapidement à ses zébrures. 

     Puis, puis, puis... j’ai la bizaroïde sensation de m’extraire d’un puits sans fond. Ainsi, petit à petit, mes yeux s’invitent à la lumière et je constate en final, avec stupéfaction, que je suis allongé sur un lit, dans une chambre d’hôpital, vu la propreté et l’odeur des désinfectants, et qu’une femme en blouse blanche, une infirmière sans doute, vautrée sur un fauteuil roulant, est en train de ronfler près de la fenêtre...

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (23, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg  Tout à coup, je sens le poids d’une main légère sur mon épaule droite.

     Pourquoi réagir, me retourner brutalement, comme d’habitude? me dis-je aussitôt. La spontanéité mérite une pause, d’être en stand-by, non? Ne serait-ce d’une fois! A titre expérimental. Tout se passe très vite dans le cerveau. Certains de mes neurones ont peut-être osé bousculer les règles établies, leurs propres règles. Par caprice ou révolte. Le miracle n’est-il pas lui aussi une extravagance, une impatience? Alors mon corps tout entier décide de s’immobiliser. Et je deviens de marbre. Pour de vrai pour ainsi dire. La pesanteur de cette masse étrangère sur ma peau sensible, pourtant à travers mon veston épais, n’a plus raison d’être, elle n’est plus là, elle a disparu. Qui suis-je? Où suis-je? Je vole, je plane. Suis-je dans le jardin de Dieu?

     Brusquement, je me sens secoué comme une prunier et  j’entends une voix lointaine et féminine, m’expliquer:

     - Les murs ont des oreilles mais aussi parfois des yeux ou un œil.

     Puis, toute affolée:

     - Revenez à vous, cher monsieur! Pour l’amour du ciel!

     - On dirait qu’il est mort, le con, réplique une autre voix, tout autant distante mais masculine. Appelez une ambulance ou les pompes funèbres, bordel! 

     Et comme par enchantement, je me retrouve dans la ruelle où j’ai rencontré l’énigmatique Paul Popol. Face aux graffitis. 

     Je regarde le mur et je constate que l’on a remplacé ma caricature, en cow-boy, par celle du personnage éponyme de mon roman El Pirata.

     Subitement, une troisième voix, distincte celle-là, répète mot à mot ou presque les paroles de la première, soit:

     - Attention, les murs ont des oreilles et au moins un œil. La preuve...

     Et le visage de cette créature picturale se met d'emblée à s’animer...


     

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (22, à suivre)

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    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg  Étonnement, la conseillère municipale chargée de la culture se lève d’un bond et quitte le bar à café avec précipitation.

     - Imbue de toi-même, je murmure. Tu n’as pas inventé la poudre et encore moins le poudrier de réserve. Et tu crois pouvoir améliorer notre société.

     Puis en mon for intérieur, au saint des saints de mon temple privé:

     Ils se ressemblent presque tous, ces politiciens. Beaucoup d’appelés, peu d’élus convenables et rarement une perle. De temps à autre suivant les évènements. Surtout quand le vent de la colère souffle en poupe. De toute ma vie, je n’en ai découvertes que deux. Des bijoux humains. Des cadeaux tombés du ciel. Un médecin et un enseignant, membres du même parti, axé principalement sur le social et l’éducation. L’essentiel à vrai dire! C’étaient deux âmes dépourvues de vanité qui œuvraient pour le bien de tous et non pas comme certaines raclures individualistes que certains osent encore porter aux nues.

     Tout à coup, je sens le poids d’une main légère sur mon épaule droite... 

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  • J'ai aimé et tué ma soeur (21, à suivre)

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     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg- Anne Bouille, tu t’embrouilles! je crie soudainement.

     Puis à voix basse:

     - C’était un autre slogan. A vendre à votre futur adversaire. Au cas où.

     - Au cas où? s’étonne-t-elle, les yeux hors  de sa tête.

     - Ou si.

     - Ou si?... A quoi jouez-vous?

     - Au petit train qui ne s’arrête pas à toutes les stations.

     - Où voulez-vous en venir?

     - Aux primordiaux!

     Et j’élucide:

     - Toutes vos subventions, raclées au peuple, vont pour les artistes connus ou reconnus du grand public et aux copains des copains ou les pistonnés. Et vous primez ceux qui ont déjà été primés. Malheureusement, des décisions peu louables identiques aux vôtres sont prises au sein de la plupart des soi-disant nobles institutions... Il y a deux sortes de créateurs artistiques. La pute et le sincère. Le premier est pire qu’un rat désorienté, il adhère au mouvement le plus en vogue, cherche à s’allier d’amitié avec un max de célébrités dans son domaine et baisse facilement sa culotte pour atteindre le sommet de sa gloire éphémère. Le second ne réclame rien à personne. Il n’a rien à foutre ni des critiques ni des compliments. Il crée comme le Bon Dieu, un point c’est... C’est vers ce type d’individu que vos regards devraient plutôt se porter.  Et non pas comme d’habitude vers ces saltimbanques des festivals aux compétences souvent douteuses. Outre cela, le théâtre est quasi mort. Le cinéma l’a largement devancé. Pourquoi jetez-vous tant d’argent par les fenêtres, pour un art épuisé et agonisant?  Mieux vaut alors éclairer les cimetières en plein jour. J’attends de votre part une réponse juste et non partisane.

     Étonnement, la conseillère municipale chargée de la culture se lève d’un bond et quitte le bar à café avec précipitation...

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  • Le démon de treize heures (15, à suivre)

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    Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpg  De nos jours, grâce à la blogosphère, il n’est pas interdit d’être con. Au contraire,  il est fortement conseillé de le devenir.

     Mais c’est quoi un con, exactement?

     Seul un con plus fort que lui se presserait pour vous fournir des explications vite faites sur le gaz. En étalant sur la toile une myriade de commentaires, malheureusement souvent sans queue ni tête.

     - Prétentieux esclavagiste! m’insulterait ma concierge des Caraïbes. Tu te prends  pour qui? Pour une pirate qui a étudié à Harvard ou la Sorbonne?...

     - Jamais de la vie! je réagirais aussitôt mais tout froissé. L’univers des cons et de la connerie est trop complexe et trop vaste à mes yeux pour que je permette de le définir succinctement. Il me faudrait toute une vie voire plusieurs pour enfin aboutir à un résultat convaincant. Mais pour assouvir votre soif de connaissance, je tâcherai de me mettre dans la peau d’un tel individu.

     - Pour s’y mettre il faut l’être.

     - En effet!

     - Alors?

     - Je ne sais pas quoi vous répondre.

     - Crache la première connerie qui te traverse l'esprit!  Afin ne pas passer pour un abruti fini...

     - OK! Toute personne qui ne se prend pas pour la queue d’une poire est un con qui s’ignore.
     
     - Bravo! Ça vient, continue!

     - Au pays des cocus, le plus con d’entre eux est celui qui ose déclarer haut et fort que toutes les femmes sont des putes sauf sa mère, son épouse et sa soeur... et qui, tous les samedis matin, récupère sa moitié à moitié à poil et à quatre pattes en bas de chez lui.
      
     - Donc, selon ta thèse qui frise la foutaise, le con est très proche du paumé, du couillon ou du bobet?

     - Non, il agit inconsciemment. Ou les yeux fermés. Malgré lui ou de son plein gré. 

     - Exemple!

     - Ma chérie me trompe mais je ne la quitterai jamais. 

     - Pourquoi?

     - Soit parce qu’elle est riche, soit parce que j’ai promis à son papa de l’épouser dans l’espoir de l’arracher du cercle vicieux de la nymphomanie, soit parce que je suis maso, soit parce que ceci, soit parce que cela... à l’infini.

     - Si j’ai bien compris, les cons trouvent toujours des excuses et persistent dans leurs conneries.

     - Comme nous tous, souvent.

     - En résumé: on est toujours le con de quelqu’un qui ne partage pas notre point de vue... 

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  • Le démon de treize heures (14, à suivre)

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     Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgIl suffit que la mère Überalles ferme définitivement le robinet du gaz et lance à fond l’éolienne de son jardin adoré pour que la face du monde change du jour au lendemain.

     Deux petits gestes quasi enfantins mais un immense bouleversement de société à l’horizon, tant espéré par les rêveurs d’une vie souhaitée meilleure. 

     Mais voilà! Nous ne vivons pas dans une conte de fées. Les choses ne sont donc pas aussi simples que ça. Il y a les  intérêts des uns et des autres qui sont en jeu. Diaboliquement en jeu! Le peuple, d’un côté comme de l’autre, n’en possède aucun. Zéro pour cent! Null Prozent! Nulevoy protsent (нулевой процент)!

     Eh bien?

     Mini discours de Madame Überalles:

     - D’après les grands chefs français, il n’y a pas mieux que la cuisine au gaz. Alors, si nous voulons gagner la prochaine guerre, au moins une fois, ne serait-ce qu'en gastronomie, imitons ces monstrueux spécialistes de l’ortolan à la provençale et de l’oie gavée.

     Applaudissements populaires!

     Moralité: pour biaiser un citoyen moyen, il suffit de le faire baver. Au sens propre comme au figuré... 

    Ortolon.jpg

       L'ortolan, ce mignon petit oiseau que l'on "passait" à la casserole (pour plus d'infos, cliquez sur la photo)

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  • Le démon de treize heures (13, à suivre)

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     Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgDieu où es-tu? Tu m’écoutes ou tu es en train du nous préparer encore une belle saloperie? Parce que, comme le supposent la plupart des scientifiques fébriles,  si le virus couronné n’a pas été fabriqué par les chinois alors, inéluctablement, il a été créé par toi. Ou la Nature! Non? 

     Oublions les grandes puissances en déclin! Du diable peut-être? Mais ce démon qui l’a conçu, Créateur unique et omnipotent?  

     En somme, tu es aussi étrange et contradictoire que ton soi-disant fiston. D’un côté, il a prêché l’amour du prochain et, de l’autre, il a chassé les marchands du temple à coup de fouet ou de paroles peu tendres. 

     Mais le clou de l’histoire m’inquiète davantage: il s’est comporté pire qu’eux, en multipliant des pains et des poissons et en ouvrant ainsi la voie à la grande distribution.

     - Blasphème! crieraient certains.

     Et je leur répondrait: 

     - Que tous les fanatiques aillent se faire voir chez les Grecs. De préférence à Lesbos ou à Montcuq!

     Mon Père Céleste me pardonne tout. Même quand je le traite de casse-couille. Car il connait à fond les quatre principes  que j’applique à la lettre. Forcément, c’est lui qui me les a soufflé lors d’un dîner arrosé entre la poire et le fromage.

     Pour plus de précisions et ne rien vous cacher, il m’a chuchoté à l’oreille gauche, la moins sourde:

     - Si tu tiens vraiment à vivre heureux jusqu’à ton dernier soupir,  tâche de ne jamais mentir, voler, blesser et tuer.

     Plaisanterie mise à part, tout n’est qu’une question de point de vue. Le mythomane, le mari et l’épouse infidèles, l’escroc, le détracteur et de nombreux chefs d’état, pour ne citer que ces racailles-là, raisonnent différemment.

     Dans ce monde dégénéré depuis des lustres, toute croyance est un miroir aux alouettes...

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