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  • L'escalier de Talpiot (37, à suivre)

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    Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Des spéculations, camarade! Rien d’autre...

    - Tout le monde spécule, ma donzelle! Les pauvres comme les riches. Les crétins comme les intelligents. À sa manière... Lupus est homo homini, non homo, quom qualis sit non novit, a écrit Plaute.

    - Traduction, s’il te plaît!

    - Quand on ne le connaît pas, l'homme est un loup pour l'homme.

    - Et c’est qui Plaute?

    - Titus Maccius Plautus? C’est le plus grand écrivain, dramaturge latin.

    - Latin?

    - Romain, si tu préfères.

    - Je ne préfère rien du tout. Car il ne m'inspire pas confiance, ton auteur. Comme tous ceux de sa race d'ailleurs... pardon, de sa tribu. Mais j’ai l’impression que tu n’as pas choisi la bonne locution pour t'exprimer...

    - Comment ça?

    - Cherche au fond de toi-même et tu verras que j’ai raison. Ou du moins pas tout à fait tort...

    - Tu es aussi compliquée que les Évangiles.

    - Pour l’amour du Ciel, ne me compare jamais à je-ne-sais-quoi mille fois manipulé! Qui...

    - Qui?

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  • L'escalier de Talpiot (36, à suivre)

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    Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Eh bien! Tu as tout du patron minable. Je plains tes employés.

    - Je n’en ai point... Je ne suis le patron de personne et personne n’est mon patron.

    - Et ton directeur alors?

    - C’est une couille molle comme tous les pistonnés communaux de Bousembeck... Il n’ose pas me donner des ordres car, connaissant mon caractère, il a peur de me perdre.

    - Nul n’est irremplaçable.

    - Si. Moi!

    - Et pourquoi donc?

    - Parce que sans moi, le Saviboum est cuit.

    - Le quoi et quoi?

    - Le Service d’archéologie de la ville de Bouzembeck est voué à la fermeture définitive... Mais heureusement, je suis là avec mes travaux et mes publications d’outre-tombe qui tiennent en haleine une bonne partie de la population...

    - Des spéculations, camarade! Rien d’autre...

     

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  • L'escalier de Talpiot (35, à suivre)

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    Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Mais c’est de la folie! Tout va si vite. Je pédale, je cours, je vole, je plane... Combien de marches ai-je déjà descendues?...

    - Ou montées...

    - Ce n’est pas ce que je souhaite.

    - Alors inspire-toi de la théorie des contraires! Ou mets-toi quelques bâtons dans les roues!

    - Tu plaisantes? Et puis si c’était réalisable, je risquerais de me casser sérieusement la figure et c’est l’arrêt de mes recherches... Quelle catastrophe!

    - Pourtant, une pause permet souvent pour mieux rebondir...

    - Discours de prolétaire! Je ne m’amuse pas à ça. Quand ça roule, ça roule! Je ne freine jamais. Adieu les entractes, les congés, les vacances et tout le tralala!

    - Eh bien! Tu as tout du patron minable. Je plains tes employés...

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  • L'escalier de Talpiot (34, à suivre)

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    Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Je nage dans une soupe de poisson bourrée d’arêtes.

    - Bizarroïde expression!

    - Dois-je te l’expliquer? Je croyais que seul l’intello jouissait sous une pluie d’argumentations.

    - Prétention de mandarin, camarade! Intello, manuel, fainéant... la jouissance n’épargne personne et j’en sais quelque chose. L’homme vit de rêves et de fantasmes. Sans cela, il n’est rien. Une épave au milieu de nulle part. Et beaucoup d’états veulent réduire l’individu à ce niveau...

    - Ton discours me donne le tournis, change de disque, s’il te plaît!

    - Ce ne sont pas mes paroles qui te font tourner la tête mais cet escalier...

    - Je vais finir par vomir.

    - Alors arrête-toi! Cesse de descendre ces marches comme un fou.

    - Tu dis n’importe quoi. Ça fait des heures que je n’ai pas bougé d’un pouce.

    - Erreur! Monstre erreur! Tu n’as qu’à regarder tes pieds.

    - Je ne les vois plus.

    - La vitesse les rend invisibles.

    - C’est incroyable, je n’ai jamais vécu ça... Comment est-ce possible?

    - Ne dit-on pas que le désir donne des ailes? Pourquoi ne rendrait-il pas les jambes ou les mains imperceptibles? Surtout quand on n’a pas l’âme d’un ange...

    - Mais c’est de la folie!...

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  • L'escalier de Talpiot (33, à suivre)

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    Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Seigneur! Qu’ai-je fait à Dieu pour mériter cela?

    - Rien. Pourquoi, suis-je en train de vétiller?

    - Je nage dans une soupe de poisson bourrée d’arêtes.

    - Bizarroïde expression!

    - Dois-je te l’expliquer? Je croyais que seul l’intello jouissait sous une pluie d’argumentations.

    - Prétention de mandarin, camarade! Intello, manuel ou fainéant... la jouissance n’épargne personne et j’en sais quelque chose. L’homme vit de rêves et de fantasmes. Sans cela, il n’est rien. Une épave au milieu de nulle part. Et beaucoup d’états veulent réduire l’individu à ce niveau...

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  • L'escalier de Talpiot (32, à suivre)

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    Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgJe me caresse la tête.

    - Je ne sens rien, dis-je. Ni bosse ni douleur... Qui donc m’a frappé?

    Marie-Madeleine me fait une drôle de grimace puis elle m’explique lentement, à se demander pourquoi:

    - On trouvera bien un bouc émissaire au moment voulu. L’histoire en compte bien des tas. L’immoralité permet souvent de mettre un terme à bien des interrogations. Nécessité ou lâcheté? Quand la vérité éclate, généralement les coupables ne sont plus là et la plupart des juges ne se comportent pas avec impartialité... La justice fraternise plus volontiers avec la politique qu’avec la conscience. Les inquisiteurs baisent davantage les clous que la croix.

    - Seigneur! Qu’ai-je fait à Dieu pour mériter cela?

    - Rien. Pourquoi, suis-je en train de vétiller?...

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  • L'escalier de Talpiot (31, à suivre)

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    Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpg- Mais selon lui, c’était une affaire secrète.

    - Secrète, secrète!... Pas pour ses occupants.

    - Des personnes habitent ici?

    - Oui et non...

    - Elles sont nombreuses? Je n’entends pas le moindre chuchotement...

    - Cela dépend des jours...

    - Où logent-elles exactement?

    - Tu es devenu flic maintenant?

    - Drôle d’accusation!

    - On n’a plus le droit de plaisanter?

    - Si mais...

    - Mais?

    - L’endroit me semble insalubre, mal choisi pour y vivre à long terme. Il manque de l’air pur, du soleil et de l’espace...

    - Des peuples entiers campent dans de pareilles conditions. Voire pires. Et cela ne t’a jamais vraiment dérangé. Ou que très rarement... aux fêtes religieuses probablement. Et voilà qu’aujourd’hui tu t’en inquiètes...

    - Il me fait penser à une patate en forme d’accordéon, cet escalier. Non, plutôt un à concombre.

    - Patate, accordéon, concombre... je constate que ton cerveau est en bonne voie.

    - Pourquoi, ne l’était-il pas avant?

    - Non... pas après les coups de bâton que tu as reçus sur la caboche.

    Je me caresse la tête.

    - Je ne sens rien, dis-je. Ni bosse ni douleur... Qui donc m’a frappé?...

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  • L'escalier de Talpiot (30, à suivre)

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    Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgMarie-Madeleine se ramone le nez puis elle me répond:

    - J’ai failli te répéter mon conseil préféré... mais heureusement la poussière m’a rappelé que tu es un scientifique et non pas un poète. Très attaché à la matière et si peu attiré par la lumière. Pourtant ce sont les grands rêveurs qui ont fait évoluer la science. Bien que...

    - Bien que...

    - Toutes les chandelles finissent un jour par s’éteindre. Les beautés ne durent que le temps d’un soupire et de quelques larmes. Tout n’est que poursuite, disparition et recommencement. La vie comme la mort. Mais sachant que ton cœur brûle d’envie de connaître la fin de ton voyage, je vais te conduire au berceau de l’éternité.

    - Mais je ne suis qu’à la recherche d’un tombeau.

    - Celui dont Moustache t’a parlé dans ta jeunesse? Lors de ton premier séjour en Palestine?

    - Oui. A l’époque, c’était la Cisjordanie.

    - Alors tu es à la bonne adresse...

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