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  • Journal d'un singe (4, à suivre)

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     Je n’écris pas pour me relire mais pour m’oublier.

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     Je pense souvent à mon ex femme. Et chaque fois que je pense à elle, mon visage  se métamorphose en une gueule de singe soucieux de son destin.

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     Quand une femme commence à me préoccuper, est-ce le singe ou l’homme qui commence à se réveiller?

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     Celui qui scie la branche scie l’arbre. La vie est continuité.

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     Histoire vraie. Il y a fort longtemps, j’avais  huit ans je crois, le fils d’un médecin  grec se fâcha avec sa mère... Deux jours plus tard, on retrouva le jeune homme perché sur un arbre. Méditant, comme Socrate, sur la connaissance de soi. Quoi de plus naturel! L’arbre n’est-il pas le berceau ou le ventre de l’humanité? La fuite est une sorte de retour aux sources.

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     De l’ordre jaillit le désordre. Du tronc de l’arbre jaillissent les branches. Le singe saute d’une branche à l’autre. L’homme regarde l’arbre... à suivre

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  • Journal d'un singe (3, à suivre)

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     9 janvier... Quel est l’ange ou le démon qui, dans mon enfance, m’a mis un crayon dans les mains? Ça doit être mon père, mon grand frère ou mon oncle. Ou plus simplement: le premier geste de création artistique qui ne cesse de véhiculer dans le sang.

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     Samedi, 11 janvier... Je fais la connaissance de B.B., spécialiste en psychologie clinique, divorcée, mère de deux filles. Nous dînons ensemble. Elle me raconte sa vie. Moi la mienne. Des fragments de vie, bien entendu. B.B. me semble sincère et sans préjugés. Elle est à l’écoute de l’autre. Quand elle m’écoute, ses yeux sont brillants, humides, presque en larmes. Cela me donne l’envie de l’embrasser par moment. Je me sens tout envahi par une sorte de désir de consolation. L’amour peut-il naître d’un tel désir? Ou suis-je déjà dans le monde de l’amour?

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     Même jour. Quelques heures auparavant. À Berne. Jacques Guidon, enseignant, historien, dramaturge, peintre et grand admirateur de la nature, me dédicace la reproduction, une photocopie en couleur, d’un de ses tableaux. C’est une peinture abstraite. Des taches de différentes couleurs... À quoi pensait-il Guidon en créant cela? À l’homme de hier ou au singe de demain? Je suis séduit par cette composition artistique, picturale. Et je me demande: pourquoi l’art a ses secrets qui échappent à la raison?

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     Il n’y a rien de laid. C’est la putréfaction des êtres et des choses qui me fait peur... à suivre

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  • Journée de la femme

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      La femme: cet homme à l'intelligence si intuitive et aux beautés si féminines. Berceau de l'humanité.

     Journée de la femme et anniversaire de ma chère épouse.

     Je rends donc hommage à toutes les femmes du monde pour leur rude labeur sur terre et je remercie en particulier toutes celles qui m'ont permis de devenir l'être que je suis. Par leurs joies et leurs larmes.

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  • Journal d'un singe (2, à suivre)

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     8 janvier... T.R., chanteur et humoriste, me rend visite. Rencontre de deux solitudes. Trop de larmes ont coulé sous nos pieds. J’avais un chez-nous, je n’ai plus qu’un chez-moi, vide, suspendu dans les airs.  Il avait la gloire et la fortune, il n’a plus que sa voix et sa guitare pour survivre. Il chante par-ci par-là, dans des cafés populaires, des chansons nostalgiques et plaisante peu sur les singeries des hommes. Un coeur traqué par la misère s’éloigne-t-il du monde des singes?

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     Un jour, date gravée nulle part, un homme, ou une femme, reproduisit contre la paroi d’une caverne ce qu’il venait de voir... Coup de génie ou coup de folie? L’art venait de naître. Trois jours plus tard, la caverne fut prise d’assaut par une armée de singes. Trois semaines plus tard, on organisait déjà des écoles. L’art commençait à vieillir... à suivre

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  • Journal d'un singe (1, à suivre)

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     Du singe à l’homme, il n’y a qu’un pas: l’oubli de soi.

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     Je suis un singe. Et j’espère mourir en homme. Pas en sage, ni en illuminé mais comme personne. Ou comme quelqu’un qui ne ressemble à personne. Quelqu’un qui a effacé de sa mémoire toutes les singeries du monde. Rectificatif: le plus de singeries possibles. Question de modestie.

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     Qui êtes-vous? Et d’où venez-vous? À ces deux questions, j’aimerais répondre: je ne suis rien et je viens de nulle part. Mais au singe qui se trouve sur le même baobab que moi, je me sens obligé de répondre: je suis le fils du plus gros singe qui se balance sur la plus grosse branche. Moi, je me balance souvent au sommet de l’arbre. Car j’aime le danger.

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     Un jour, las d’être sans cesse interrogé et de devoir répondre à trente-six mille questions quasi identiques, j’ai quitté mon arbre et je suis allé cueillir un papyrus.

     Vous comprenez maintenant pourquoi j’écris?

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  • Théorie de l'universalité (2/2)

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     Après ces arabesques littéraires, tâchons de bondir en aval. L’univers, notre univers,  est-il le fruit d’une incommensurable explosion? Si nous partons d’un point de vue religieux ou spirituel, nous nous heurtons à de nombreux obstacles de symbolisme. Et si nous partons d’un point de vue matérialiste, nous nous heurtons à de nombreuses lacunes de connaissance. Il ne  nous reste en somme qu’une seule voie possible: la démarche poétique. C’est à dire: non pas un point de vue mais un point de fuite. Où la certitude des faits n’obéit pas forcément aux lois de la logique. Je poursuivrai donc mon exposé en arrachant de-ci delà de ma mémoire des arguments et des hypothèses supportables, susceptibles de vous rendre ma théorie acceptable.

     Un jour, lors d’un entretien, suite à un travail universitaire, une enseignante de linguistique appliquée m’accusa, bien que gentiment, de rêveur. Si au moins c’était vrai, j’aurais eu la certitude d’avoir accouché d’un chef d’oeuvre.  Car l’univers du rêve est le berceau des évènements passés et des évènements à venir. C’est dans ce lieu sacré  que tout se prépare. Les images journalières du vécu y sont accumulées, brassées, examinées, hiérarchisées, classées et encodées. Afin de servir en tant qu’ indicateurs, orientateurs, metteurs-en-garde, stimulateurs le jour suivant ou l’instant suivant. Ces propulseurs, car ils poussent l’homme dans la voie de l'existence, obéissent aux mêmes lois structurales que n’importe quelle énergie issue de notre univers. C’est à dire: ils partent d’un état de puissance extrême ou maximale, relative aux dimensions et aux possibilités interactives au sein de ce même système, pour aboutir à un état de puissance nulle ou minimale.

     L’homme n’a jamais rien inventé, il n’a fait que de suivre les instructions de sa voix intérieure. Mais qu’est-ce cette voix intérieure? Des propulseurs qui surgissent du fond de la mémoire aux moments adéquats... La mémoire humaine est en effet un réservoir où fourmillent des montagnes d’informations. De vieilles informations incrustées depuis le début des temps et de nouvelles informations. Les vieilles informations ont joué un rôle important pour l’évolution de l’espèce. Ce sont elles qui ont permis à l’homme d’être ce qu’il est actuellement avec toute sa violence et toutes ses espérances.  Quant aux nouvelles informations, elles engagent l’individu dans les voies de l’existence.  Parmi ces dernières, certaines enregistrées dans la tendre enfance, ont participé à la fabrication de sa charpente caractérielle. Il s’agit bien d’une charpente et non pas de fondations qui ne sont guère modifiables. Bien que les premiers murmures et les premiers parfums pré-sélectionnent les chemins de l’existence. A-t-on vu un pommier donner des poires ou un peuplier des cerises?  Ce qui vient à dire que la modifiabilité caractérielle n’est que pure illusion. Probablement. Mais pas certainement. Car la vie nous a souvent démontré que même l’éternité, que nous croyons éternelle, n’est pas à l’abri du changement. Tout ordre établi risque chaque seconde de basculer dans le désordre.  Les lois de l’univers sont imprévisibles. Ou plutôt, nous sont imprévisibles. Pour la simple raison que notre ignorance ne nous permet pas de savoir à quel stade de la création nous nous trouvons. Au stade premier, juste après l’explosion, à un stade intermédiaire ou d’harmonisation, où tous les cycles ont trouvé un certain équilibre mais provisoire, ou au stade second, où tout s’approche de la non-existence? Oui, comment le savoir? Aucune méthodologie, aussi savante soit-elle, n’est en mesure de nous aider, à trouver une réponse. Ni de prouver que ma théorie n’est que pure folie, bref. Néanmoins, malgré toute cette ignorance, je serais tenté de dire que l’âge de notre univers est symétriquement pareil à l’âge d’un adolescent en pleine crise de croissance. Où la charpente caractérielle se cherche un avenir de stabilité. Où les cycles ignorent encore leurs trajectoires existentielles. Ce qui me fait dire cela, c’est le comportement général de l’homme. Et surtout ce qui découle de ce comportement, si en déséquilibre, en pleine crise, perpétuellement à la recherche d’une illusoire harmonisation: les guerres, les discriminations, les injustices sociales, les révolutions sanglantes, les idéologies abusives et toutes les autres calamités.

     Mais une erreur ne s’est-elle pas glissée au  cours de ce discours? Certainement pas. Je ne confonds pas univers et humanité. L’humanité, qui est un constituant de l’univers et qui doit forcément obéir aux mêmes lois structurales que celui-la, ne peut pas évoluer sans subir et faire subir aux autres éléments et à l’ensemble des éléments (l’univers) des transformations aux interactions... En d’autres termes, je dirais: l’humanité, ou le comportement général d’une espèce vivante, ne peut pas faire bande à part, elle ne peut pas dépasser le niveau d’évolution du système dans lequel elle se trouve, toute seule. Tout est relié. Et rien n’a aucune conséquence. Les systèmes se calquent selon un modèle universel unique: agitation - équilibre - anéantissement. Et notre psyché n’échappe pas à ce moule existentiel et organisationnel. Notre intérieur, si invisible à nos yeux,  se chemine un destin de la même façon que tout système extérieur ou physiquement observable.

     Partant d’un état d’agitation, où l’ontogenèse se profile à grands pas, l’univers psychique de l’homme finit par trouver refuge dans une sorte de trou noir de l’existence où nos lumières mentales ne peuvent pas, pour l’instant, pénétrer.
        
     © Le Stylophile, Hank Vogel, 1993, 2014.

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  • Théorie de l'universalité (1/2)

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     14467471_cover.jpgNous vivons dans un monde si chargé de sciences en pleine gestation que je serais tenté de m’abstenir à jamais d’ébaucher la moindre théorie susceptible d’élargir le champs des connaissances et des éternelles interrogations. Mais mon esprit forgé au fil du temps à n’obéir à aucun ordre disciplinaire d’où qu’il soit, je décide de me lancer à l’aventure dans un univers sans relief et sans structures définitives, l’univers de notre âme, de notre psyché, de notre conscience et, pourquoi pas, de l’univers.

     Cette décision est sans doute la conséquence ou la résultante de mes observations, de mes lectures et, surtout, de mes bouillonnements intellectuels concernant la dite chose ou les lesdites choses. Nous allons donc nager dans un océan agité. Souvent sans bouée de sauvetage. Parfois avec des risques de noyade certains. Sauve qui peut la mémoire! Notre si bien préfabriquée mémoire! Nous y reviendrons.

     Au commencement, bien que ce terme soit très vague, l’homme était un être aux structures psychiques proches, voire même identiques, de l’animal le moins rusé de la planète. Sa mémoire phylogénétique était au point zéro. Et son pouvoir de cumuler des images du vécu était nul. Pour la simple raison que sa conscience était un terrain vierge, historiquement vierge, sans repères. L’homme mangeait, buvait, se reproduisait et mourait dans la simplicité et l’ignorance la plus totale. Sa vie était gérée par ses instincts ou plutôt par une sorte d’instinct unique que j'appellerais énergie génétique. Cette énergie génétique avait les propriétés essentielles suivantes: conserver l’individu dans un temps limité, conserver le couple ou le groupe dans un temps indéterminé et conserver l’espèce dans un temps indéfini.

     L’homme a été propulsé dans un système écolo-cosmique basé sur des phénomènes cycliques à court et à long terme. Et tous ses mécanismes ne pouvaient et ne peuvent donc fonctionner que sur les directives de ces phénomènes établis par le système. Et qui dit cycle dit obligatoirement temps, traces et mémoire.

     J’ouvre une parenthèse. Si nous acceptons l’idée que la vie n’a vu le jour, pour employer une expression poétique, que grâce à une incommensurable explosion, nous devons admettre que notre existence  n’est autre chose  que la conséquence ou la continuité de cette explosion. Donc une suite de petites explosions en chaînes qui débutent par un état d’agitation extrême, qui passent par un état d’harmonisation et qui finissent par un état d’autodestruction, d’annulation ou de non-existence. L’état d’harmonisation étant sans doute l’état le plus prometteur.

     Mais revenons à l’homme. Propulsé dans un système écolo-cosmique à cycles engendré par l’incommensurable explosion, l’être humain, comme tout élément résultant de celle-la d’ailleurs, agit, et ne pas faire autrement, selon des processus organisationnels relatifs à ce système. Ce qui veut dire que toutes les composantes de l’univers obéissent aux mêmes lois...

     Dans quelle galère me suis-je fourré?  Après quelques phrases d’une naïveté probable, voici que je me rends compte que ma démarche, qui, je crois, se calque sur un concept relatif à la démarche scientifique, ne me convient pas, ne convient pas à ma façon d’écrire. Le scientifique écrit avec une arrière pensée bien précise: convaincre.  Le poète, lui, sans aucune arrière pensée. Ou, plutôt, sans fil conducteur. Et je pense être plus proche du poète que du scientifique. Car ce dernier, en écrivant, il murmure des nébuleuses sémantiques chargées d’informations axées sur une même conclusion, basée sur des concepts mathématiques comme 1+1=2. Et ce afin que ses idées soient reconnues et acceptées par ceux qui gèrent les sciences traditionnelles. Le style scientifique, si l’on peut le classer comme tel, réclame une certaine rigueur discursive qui paralyse poète. Le discours discours scientifique est en effet une suite ou une continuité de petits discours ou segments discursifs reliés les unes aux autres selon des principes sémantiques relatifs à une nébuleuse pré-orientée selon des principes logico-psychologiques. En deux mots, le langage du scientifique frise la règle de trois. Il se vérifie sans grande difficulté de décryptage.  Tandis que le langage du poète frise l’univers des anges.  Aucune vérification n’est certaine. Une petite précision: j’attribue le qualificatif de scientifique  à tout discours cohérent qui tend vers une fin, qu’il soit aussi bien de structure argumentative que narrative.

      Mais pourquoi donc ces déclarations? À mon humble avis, il est nécessaire que l’auteur dévoile d’une façon claire et nette, à un moment donné de ses accouchements littéraires et si possible au début, ses forces et ses faibles, regroupées sous le déterminatif de tendance(s), afin que le lecteur se fasse une plus concrète image de celui qui est en train de lui confectionner une certaine vision des choses ou pour être plus précis une certaine vision de certaines choses. Tout auteur qui se dévoile fait ainsi preuve d’honnêteté. Une honnêteté chevaleresque. Il précise à son adversaire, car il y aura combat de communication, l’arme qu’il utilise... à suivre

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  • Texte, sexe et poésie

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    De quel sexe est ton texte?
     Pourquoi, tu aimerais le reproduire?

     On n’épouse jamais un texte. Mais on divorce souvent avec son auteur.

     Ô belle phrase! Ne soyez pas trop belle!   Afin que je puisse vous séduire encore.

     La poésie me rend fou. Fou du vers aux pieds. L'alcool me rend plus fou. Fou du verre aux pieds. Le cinéma me rend encore plus fou. Il me rend fou du vert au trépied.

     Le roi est mort, vive la reine! Nous sommes enfin entre serviteurs.

     Buvons, buvons, mes frères! Le vin ne coulera jamais sous les ponts.

     C’est à force d’écrire des vers en boules que l’on devient hypertendu. Mais c’est à force d’avoir les nerfs libres que l’on devient hypotendu.

     C’est un artiste en herbe.
     C’est une célébrité en herbe.
     C’est un fumeur d’herbe.
     Une allumette et tout part en fumée!

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  • Ma main

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     Voici ma main
     Mais méfiez-vous d’elle
     Car elle a fait la peau à plus de sentiments
     Qu’elle n’a caressé de peaux

     Voici ma main
     Prenez-la par la main
     Uniquement ainsi
     Et vous ferez de vieux os

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  • Vague est la vague

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     Vague est la vague
     Depuis que ma mère a quitté la mer
     J’étais comme un poisson dans l’eau
     Je ne suis plus que du poison sur les flots
     Même les sirènes prennent la fuite
     Même si reines et princesses sont cuites

     Vague est la vague
     Depuis que la mer a quitté ma mère
     Sur le sable une emprunte, une trace
     Cela me bouleverse, me tracasse
     Depuis que la vague est vague
     Depuis que mon puits n’est plus un puits
     Mais une tombe où rien ne tombe
     Ni pluie, ni bruit

     Vague est la vague
     Depuis que j’ai une vague à chaque doigt

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