L'espionne et moi (32, fin)

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L'espionne et moi Hank Vogel.jpeg  Je reviens à moi et je réalise avec stupéfaction, sans doute à cause de l'ampleur de ce coup nullement mérité, que je suis allongé sur une chaise longue en face de la mer.

- Enfin de retour parmi nous! s'exclame ma femme, assise à côté de moi sur le sable... A plusieurs reprises, j'ai essayé de te réveiller mais en vain. On dirait que tu pourchassais un zèbre en pleine brousse, tellement tes jambes s'agitaient. Malheureusement, ils viennent de partir. Dommage, tu as tout loupé. Je suis sûre que tu aurais ramené ta fraise...

- Mais de quoi parles-tu? je lui demande tout étonné.

- D'un trio belge, français ou suisse romand, m'explique-t-elle... Ils se sont arrêtés à cinq mètres de notre parasol pour se sécher et, tout en se frottant comme des frileux, ils se sont mis à critiquer à fond l'Albanie. Aucun respect envers un pays hôte...

- Que l'Albanie?

- Non, également la Russie, Berne avec ses lingots d'or sous le Palais fédéral, Genève avec ses espions... et, je n'ai pas bien compris, ils ont rigolé au sujet d'un maltais qui croyait encore à la cigogne.

- Alors c'était des Genevois. Et contestataires pardessus le marché. J'en suis convaincu.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça?

- La blague de la cigogne... Heureusement que les bras de Morphée m'ont retenu de toutes leurs forces.

- Pourquoi?

- Parce que.

- Parce que quoi?

- Parc que j'aurais terriblement bâclé mon rêve. Et ce que j'ai rêvé était quasi un roman accompli. Grâce aux critiques de ces zigotos.

- Je ne te suis pas.

- Les romans sont souvent les fruits qu'une parfaite communication entre le monde réel et un monde rêvé. Ou plus simplement: entre le rêve et la réalité lorsque l'âme est à l'écoute.

                                                                                                            Kavajë, le 5 septembre 2022.

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