L'espionne et moi (29, à suivre)

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 L'espionne et moi Hank Vogel.jpgElle pose le tout sur une petite table d’appoint qui se trouve au milieu de la pièce, s’assied à l’envers sur une chaise face à moi, croisse ses bras et me dit d’un air irrité:

 - A toi de faire le reste. Car j’en ai assez bavé dans ma vie avec les maniaques de la mousse. 

 - Et? je chevrote.

 - Lève ton cul et sers-toi! A quarante-cinq degrés. Écart géométrique entre la bibine et la chopine. Bien que la géométrie n’a jamais été mon fort à l’école. 

 - Et l’algèbre?

 - Quelle rapport?

 - Comment as-tu réussi à berner tant d’inconnus?

 - Je ne comprends pas... Explique!

 - Laisse tomber, c’était une blague... de mauvais goût...

 - Tu attends quoi? Que je la boive à ta place?

 - Pourquoi pas?

 - Je préfère le vin.

 - Es-tu certaine qu’elle n’est pas empoisonnée? 

 - Qui aurait fait ça?

 - Youri, son compatriote ou le Pékinois de Taïwan ou son contraire...

 - D’où tu connais mes clients?

 - Tes clients?

 - Pas vraiment. Client est un terme générique dans notre jargon.

 - Jargon de qui?

 - Bois d’abord!

 Choqué par cet ordre, à cheval entre le maternel et le médical, je jaillis du lit, je cours comme un cinglé vers la salle de bain, j’ouvre à fond le robinet de l’eau froide du lavabo, je me désaltère tant bien que mal et je trottine vers elle en chantonnant d’une voix folâtre:

 - De l’eau, de l’eau! Rien que ça! Merci mon Messie! Car sans cela, je serais déjà un ramassis de vieux os.

 Puis je lui déclare d’un ton sérieux:

 - Sans transparence, il ne peut y avoir de véritable confiance. Donc dès à présent parlons franchement. Simplement. Sans chichi ni détour. Disons-nous ou redisons-nous tout depuis le commencement, même si nous avons déjà deviné certaines choses. A toi l’honneur, en premier!...

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Commentaires

  • Les Suisses se marchent vraiment sur leurs bretelles, de vacher. Ils préfèrent le Fribourgeois, un gars moins instruit, moins intelligent et moins beau que le Tessinois.

    On dirait que les ritals, comme moi à moitié, sont toujours mal considérés au pays de Tell.

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