L'espionne et moi (27, à suivre)

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 L'espionne et moi Hank Vogel.jpgUne quinzaine de minutes plus tard. Peut-être plus, peut-être moins

 Louise, à ma gauche, est couchée côté cœur. Moi: sur le dos, les mains derrière la tête.

 Brusquement, elle se retourne vers moi et, consciemment ou inconsciemment, elle pose sa main sur ma braguette.

 Étrangement, je reste de glace et, tel un auteur de romans policiers agame, frigide ou en panne d’inspiration, je m’interroge:

 Qu’a-t-elle l’intention de fabriquer? Que cherche-t-elle? Les clés du coffre-fort qu’elle croit que je possède ou tout simplement mon canif suisse pour débouchonner une bouteille? Mais quelle bouteille?  

  Hélas, ces moments suspendus dans les airs, surréalistes ne durent qu’un trop bref instant. Car les images les plus osées, les plus crades du passé collées aux fesses de la culpabilité ne tardent jamais à refoutre la pagaille au sein d’un mental en train de planer.

 Mais heureusement, le dieu des paumés et des naufragés tous azimuts, toujours à l’affût des situations lamentables, secoue Louise. La fausse ingénue se réveille ou fait semblant de se réveiller et me demande aussitôt en caressant du bout des doigts l’unique fermeture éclair de mon pantalon:

 - Je te plais autant que ça ou tu caches un pistolet dans ta poche?

 - Non, c’est ma caméra, je lui réponds d’un air désolé.

 - Dommage! Je suis déçue.

 - Et moi donc! 

 Du coup, elle se lève d’un bond en s’exclament:

 - Ça tombe à pic!

 Et, toute excitée, elle réitère son offre mais en des termes plus polis et plus évocateurs. Soit:

  - Bosse pour moi et tu seras rémunéré comme un pape... Filmer pour toi, ce n’est la mer à boire, n’est-ce pas? Je dirais même que c’est un jeu d’enfant. Non?... Non?...

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