L'espionne et moi (15, à suivre)

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 L'espionne et moi Hank Vogel.jpg- Je serais curieux de connaître celui qui paie tout ça.

 Elle rigole.

 Je réitère ma phrase en y ajoutant:

 - Sûrement, un pigeon de première classe.

 Elle ne me répond pas. 

 Son esprit est ailleurs ou elle préfère se taire afin que je ne soupçonne personne, me dis-je. Un élu local ou un ami très proche... Tout est possible dans la vie, la réalité comme dans l’imaginaire. L’un est forcément le fruit de l’autre mais on ne sais jamais lequel des deux a germé le premier.

 Elle virevolte telle ballerine du Bolchoï, fonce sur le frigo mini bar, l’ouvre violemment, y retire une gourde métallique, dévisse le bouchon, boit une gorgée, rote et rerote comme si je n’existais pas. 

 Elle referme délicatement le réfrigérateur, se retourne vers moi, revirevolte puis m’explique d’un ton fébrile quasi pleurnichard:

 - Sans lui, je serais totalement pétrifiée... Devine ce qu’il y a à l’intérieur de récipient magique et je te dévoilerai tous mes secrets. Des plus excitants au plus inquiétants...

 - Du Monbazillac, je crie de joie, plus convaincu que jamais.

 Elle tombe sur le cul. 

 Une fois n’est pas coutume, je suppose, la figurant dans d’autres délires.

 - Comment tu as fait? me demande-t-elle toute renversée. C’est le hasard ou l’odeur, ce qui prouve que tu as un odorat de chien?...

 - Ni l’un ni l’autre?

 - C’est quoi alors?

 - C’est le souvenir.

 - Quel souvenir?

 Elle s’approche de moi et elle s’assied sur mes genoux.

 - Quel souvenir? répète-t-elle.

 - Zut! Quelqu’un d’autre vient tout juste à l’instant de l’effacer de mon tabloïde cérébral, je divague, par exprès.

 - Alors prend ce breuvage, m’ordonne-t-elle en me collant le goulot aux lèvres.

 J’avale une lampée et je grimace aussitôt.

 Elle éclate de rire...

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