Un amour entre les gouttes (28, à suivre)

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 Un amour entre les gouttes, Hank Vogel.jpgLe temps passe comme une lettre à la poste, soviétique ou du Zimbabwe. A vous de comprendre cette allusion.

 Le cercle familiale en Suisse s’est agrandi au fil de ces dernières années.

 Mes oncles, tantes, cousins et cousines ont dit bye bye à Nasser et à sa clic de bandits pro-soviétiques et hostiles aux Européens et boivent maintenant des tisanes digestives  préparées avec l’eau du Léman et plus avec celle du Nil, bourrée d’amibes.

 Mon grand frère Frédéric, bien que décoré Officier de la reine d’Angleterre pour avoir trouvé et mis au point une méthode toute particulière pour sécher les bananes, a dit également bye bye à l’Australie et à ces Australiens qui maltraitent les Aborigènes et qui traitent tous les étrangers de bastards et s’adonne à fond à présent aux betteraves sucrières au sein des Stations fédérales de recherches agronomiques.

 Mon frère moyen Ouly arrache de justesse sa belle Elsa des griffes de son paternel, à Venise, dû à un départ précipité de ses parents, l’épouse vite fait sur le gaz et les deux tourtereaux s’installent dans un nid près de chez nous. Il a dix-neuf ans, elle un peu moins. 

 Le frangin, conscient de sa situation merdique, décide de reprendre sérieusement le chemin des études, abandonne ainsi son minable  apprentissage de dessinateur en bâtiment dans un bureau où les architectes pètent tous plus haut que leur cul voire parfois au-delà de la Cathédrale Saint-Pierre, s’inscrit à l’ETS (Écoles techniques supérieures, section architecture et génie civil) et m’entraîne avec lui dans cette aventure.

 Ma mère également consciente de sa situation merdique, mais en tant que femme et cheffe de famille à égalité avec son mari, quitte le clan des Dallasiens ou des Chicagoans, tant pis pour mes chaussettes blanches et mes chemises bleu ciel de la marque Arrow commandées aux USA par la charmante Madame Ackerman, postule à un poste de vendeuse au GP et, vu qu’elle parle le français, l’italien, l’anglais, l’ARABE, le grec et un peu l’arménien, elle est aussitôt engagée. Car c’est l’âge d’or où les princesses arabes, dotées de dix mille francs d’argent de proche par jour, font du shopping dans les rues basses de la Rome protestante.

 La vieille, fière son exploit, profite donc de réclamer à son vieux: 

 - Oggi o mai più! J’en ai marre de me lever tous les matins dans un appart situé aux confins d’une enclave morbide dont le sol est en linoléum bleu caca et dont toutes les fenêtres donnent sur un Salève qui n’arrête pas de s’effriter! Si tu apprécies toujours mes pâtes au four, rase ta légère moustache à la Hitler et lave-toi mieux les yeux.

 - Mais que réclames-tu exactement? s’énerve le Glaronais francisé...

Un amour entre les gouttes de Hank Vogel.jpg

Edgar Vogel avec sa légère moustache (piqué du virus de la photo de père en fils)

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