Un amour entre les gouttes (7, à suivre)

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 Un amour entre les gouttes, Hank Vogel.jpgLa veille de Noël, au dîner, sans champagne ni dinde, ni bûche, car nous ne sommes pas riches mais pas pauvres à mendier, mon père nous annonce, à ma mère, mon frère Ouly et moi:

 - Mon chef de service me propose un poste de vendeur au rayon des disques, avec la possibilité de devenir chef... mais... mais...

 - Accouche Eddy! s’énerve ma chère Maman, qui a hâte de vivre plus à laisse et surtout m’améliorer ses recettes culinaires en tant que Mamma.

 - La tradition de la maison exige, poursuit-il,  que l’on soit d’abord assistant durant au moins un année. 

 - Tu seras chef et jamais assistant, je lui dis sûr de moi.

 - Impossible! rétorque mon Vieux, qui n’a que quarante-sept ans.

 - Tu seras chef et jamais assistant, je répète... Tu verras! Les traditions se construisent et se détruisent au gré du vent, au même titre que les caprices. Surtout dans l’univers du veau d’or.

 - D’où tu sors ça, toi? Du roman d’Isha Schwaller de Lubicz?

 - Je ne plagie jamais personne.

 - Alors comment cela se fait-il que tu reçoives du courrier au nom d’un certain Pois Chiche alias Jean ou Hans Vogel,  ou inversement?

 - Ce n’est pas moi, c’est mon ancien prof d’allemand, Monsieur Schulz, un adepte de Confucius et qui vit actuellement en Tunisie, comme vous avez pu le constater grâce aux timbres, qui a pris cette initiative de me rebaptiser ainsi, symboliquement. Après que je lui aie parlé de ce bouquin, bien entendu. Il est parfois zinzin, le bonhomme. Et puis cela n’a rien à voir avec le  plagiat...

 - Peut-être pas si farfelu que ça.

 - Où veux-tu en venir?

 - Tu l’as lu, ce livre?

 - C’était ton meilleur cadeau jusqu’à présent... avec Philosophie et culottes courtes...

 - Tu l’as lu ou pas?

 - C’est la première fois de ma vie que j’ai vraiment eu plaisir à lire... 

 - Tu as tout compris?

 - Quand Pois Chiche n’est plus Pois Chiche mais Her-Bak, l’histoire se complique un peu. Alors, j’ai commencé à m’y perdre...

 - Eh bien, relie le roman depuis le début, plus attentivement. Ou cherche tout simplement la voie... Ton maître et ami philosophe n’est pas aussi farfelu que ça. Mais fais tout de même attention, produit du cicer arietinum. Car tu pourrais facilement te noyer dans son plat de couscous.

 - Que veux-tu insinuer, Papa?

 Soudainement, mon frère sort de ses rêveries, amoureuses sûrement, et me répond à sa place:

 - L’entubage parfait.

 - L’entubage parfait? s’exclame ma mère.

 - Se faire embobiner par un pédé puis se faire farcir par lui, loin des parents et à l’abri des lois, nous explique-t-il...  Comme avec moi au Collège, avec mon prof de français mais que moralement.

 - Vraiment, comment ça? s’étonne le monarque familial, l’homme sincère et honnête au-dessus de tout soupçon... Crache ce que tu as à cracher, fiston!

 Et Ouly vide son sac:

 - J’ai l’impression qu’il m’en veut à mort  sans aucun raison apparente, ce salaud, et je crois que vais louper mon année à cause de lui... Chaque fois que je prends la parole pour m’exprimer, il ne m’écoute qu’à moitié et il me regarde d’un air bizarre, narquois, méchant... Oui, il me déteste cet arménoïde maniéré qui se prend pour un grand poète...

 - Ce n’est qu’une impression, un dur moment à passer, temporise ma chère Maman... Plus tu penses au mal, plus il se colle à tes fesses, me disait souvent votre grand-père. Focalise-toi sur autre chose!

 - Comme mon frère, sur un fantôme?

 Vexé, je quitte brusquement la table, je cours vers ma chambre et je plonge sur mon lit. 

 Non, je ne pleure pas. Toutes mes larmes, je les ai versées en Égypte, avant de quitter Alexandrie...

Pois Chiche.jpg

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Commentaires

  • Cher Monsieur Vogel,

    Une bonne nouvelle... en espérant que ce ne soit qu'un début:

    https://www.globaltimes.cn/Portals/0/attachment/2022/2022-01-17/208144cd-bf27-4f03-9b45-dc3897fbdb00.jpeg

    Cordialement,!

  • Bonne année à vous et aux vôtres cher Daniel.

    Quant à l'univers chaotique des "covids" qui vont et qui viennent et aux vaccins qui se suivent au profit d'une certaine élite, je laisse cela, non ça, à ces spécialistes qui prétendent tout savoir et à ces journalistes qui adorent jouer au pompier pyromane. Il faut bien qu'ils aient quelque chose à se mettre sous la dent, les pauvres!

    Ainsi, je préfère plonger dans mes eaux romanesques afin de découvrir, peut-être, une perle rare... Bénéfique également aux autres, je l'espère!

    Très bonne journée!

  • Merci Monsieur Vogel pour vos bons voeux!

    Bonne et heureuse année à vous aussi et à votre famille!

    Etes-vous toujours à Léningrad? ;-)

    Ou de retour dans le sud au bord de la Mer Noire?

  • Monsieur Daniel,

    J' habite actuellement, avec mon épouse bien entendu, à Pouchkine, anciennement Tsarskoïe Selo, à 500 mètres du château Catherine... qui est sous la juridiction de Saint-Pétersbourg.

    Ses fantômes me rendent plus souvent visite que mes amis. Bien que ce terme (ami) s'est effiloché avec les années. Qu'importe! Il me reste le plus important: les enfants, les petits-enfants, les souvenirs et le plaisir d'écrire.

    Et de temps à autre, je me rends à Ohalatva, à 150 klm de la frontière finlandaise, dans l'espoir de respirer un peu de cet air si pur et si bénéfique, grâce au vent, où les gens seraient les plus heureux du monde.

    Mais là, chaque fois, la dernière de mes petites-filles me fait redescendre sur terre et je redécouvre tout le bonheur de l'univers à travers ses grands sourires et ses petites grimaces.

    Bonne soirée, cher Ami.

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