Une fumée en couleurs (extrait 3, à suivre)

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  Une fumée en couleurs.jpgSous un soleil de plomb, sac au dos, nous cherchons désespérément un lieu paradisiaque pour y passer la nuit, dans le style de l’auberge du sixième bonheur, et finalement, nous trouvons, épuisés et en sueur comme deux troufions en exercice sous le dieu dominant des tropiques, un minable petit hôtel, bien que convenable pour nos chers porte-monnaie, un peu éloigné du centre-ville, certes, mais à l’abri des nombreux coups de klaxon et pétarades des mobylettes dont les Viets en raffolent.

 Après des salamalecs et des blablas, inhabituels à ses oreilles, le réceptionniste en profite pour nous proposer, en français avec un accent insolite, sa plus belle chambre à deux lits bien séparés, mais de loin la moins coûteuse, la numéro 7. Emballés probablement par ce chiffre magique, nous acceptons aussitôt sa proposition par des OK et nous lui confions nos passeports. Telle la loi l’exige, là où les Américains ont reçu la plus belle raclée de leur histoire, paraît-il!

 Une charmante jeune femme nous y conduit et me dit, en me donnant la clé, également en français et presque avec la même élocution que son collègue:

 - Je m’ appelle Minh-Hiên. N’hésitez pas à m’appeler si vous avez besoin de quelque chose...

 - Intelligence et douceur! je m’exclame... Un magnifique prénom qui vous va à merveille.

 - Merci... Vous parlez le vietnamien?

 - Non, j’ai connu...

 Mais Jean-Jacques me coupe la parole, en m’ordonnant presque:

 - File-lui son bakchich pour qu’on en finisse! Nous avons d’autres chats à fouetter...

 Et la belle Vietnamien disparaît hors de vue avant même que ce râleur de Genevois ne termine sa complainte...

Une fumée en coulers**, Hank Vogel.jpg

Un sosie de Minh-Hiên (ou elle avec un autre prénom)

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