On nous observe (36, à suivre)

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 On nous observe, Hank Vogel.jpg- Pour m’annoncer en plus une étrange nouvelle...

 Mais, séance tenante, le visage de mon père se fige. Pour un bon moment. Tel un arrêt sur image, enrichirait avec exaltation un obsédé du cinéma. De trois secondes, pour rester dans son style. 

 Un parent qui dévoile droit dans les yeux  et la tête froide sa vie amoureuse à ses enfants relève de la science-fiction ou du miracle, me dis-je. Soit il s’est drogué soit on l’a drogué, le vieil infidèle.

 Le narrateur malgré lui, bloqué par la complexité de son récit, vraisemblablement, revient à lui et me déclare tout sèchement:

 - Tu as une sœur!

 Et, par réflexe de fils unique, convaincu et gâté, je conteste:

 - Impossible!... Et Maman est au courant de ça?

 Un inhabituel oui s’échappe rapidement de sa bouche. Ressemblant étrangement à la fois à un miaulement et à un aboiement.

  Subitement, j'ai la désagréable impression d’avoir conversé avec à un bizarre inconnu.

 Et, du coup, une pensée farfelue embrouille davantage mon esprit. Soit:

 L’homme aurait-il une âme proche du chien et de la chatte et la femme, de la chienne et du chat?

 - Alors pourquoi j’ai dû fermer la porte? je lui demande.

 - Bonne question, me répond-t-il tout décontracté. 

 - Donc?

 - Donc quoi?

 - Ouvre-la!

 Et voilà que le renard sort de sa tanière et m’explique avec un profond sérieux, digne d’un professeur universitaire, d’une faculté sans faille encore mieux:

 - Chez moi, tout signifie, ne représente que l’essentiel. Les détailles ne concernent  nullement ceux et celles qui ont tendance à en fabriquer des montages. Et ta mère, comme toutes les personnes de son genre, trop sensibles voire naïves, est une spécialise de ce type d’exercice, d’évaluation...   En quelque sorte, pareil à l’information destinée au grand public. Pourquoi réveiller un volcan quand il dort si bien! Et puis... ai-je le droit de compromettre les bases de mes biens sentimentaux afin que l’on puisse enfin mettre au net une page brouillon de mes années de jeunesse? Non, non et non! Ceci dit, passant aux choses sérieuses... Veux-tu savoir qui sait? Ou préfères-tu attendre les résultats des tests ADN, grâce à un cheveu blond, t’appartenant sans aucun doute, et à un autre cheveux d’une couleur bizarroïde, appartenant à ta présumée sœur probablement, trouvés sur ton éternel blouson le même jour?... 

 - C’est quoi encore ça? je m’inquiète... Zita serait ma sœur?

 - Bien sûr que non, fiston! s’exclame-t-il en riant à moitié. Comment peux-tu confondre les torchons avec les serviettes?...

 - Et si je te disais... non, rien... chaque chose en temps. Et rira bien qui rira le dernier. Bref! Alors, c’est qui ou éventuellement qui?

 - Ta psy.

 Je me tords de rire.

 Puis, je me lève prudemment et, en partant tout chargé de courbatures, je conseille à mon père:

 - Cesse de regarder la télé, surtout les séries de retrouvailles, ça rendrait les téléspectateurs plus réels que réels, paraît-il.

 - C-à-d?

 - Supraréalistes ou surréalistes à l’excès...

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