• On nous observe! (22, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgNon, un, une en particulier!

     Bonjour, Madame. J’aurais bien voulu vous dire: salut à toi, vieille taupe des ruines de mon âme ou de ma psyché...

     Du coup, je pense à rat et, de fil en aiguille, à ces souris humaines qui s’exhibent sur la toile pour satisfaire la libido des excités tels que moi. Soit à: Aubrey, Blue, Carla, Elisa, Joslyn, Lina, Molly, Monica, Natalie, Nikita, Riley, Silvia, Sophie, Taissi, Tiffany, Tracy, Vitoria... 

     Et, par crainte de souiller une fois de plus des draps étrangers et stérilisés, je replonge aussitôt dans ma lecture, autre perception des êtres et des choses:

     Je viens vers vous ou vers toi pour te faire cracher le morceau de mensonge que tu as au fond de ton estomac pourri, pourri par un système si délicatement mis en place par une bourgeoisie née aux sources de l’hypocrisie et de la peur... 

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  • On nous observe! (21, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgJe pousse une porte, j’entre, c’est le paradis. Mon paradis. Fabriqué de toutes pièces. Par mon esprit. Et par le Grand Barbu, bien entendu. Vais-je pouvoir rire, rire un peu? Qui lira rira! Je l’espère. Je l’espère sincèrement.

     Il y a dans ce lieu, si généreusement étiqueté par mes soins, des hommes et des femmes de toutes les couleurs et de tous les formats. C’est-a-dire: de grands noirs et de grands blonds, de petits noirauds et de petits châtains, de grandes blondes et de grandes frisées, de petites rousses et de petites nées dans la brousse, des sveltes et des lents, des gros et des grosses, des convaincus et des vaincus...

     Il y a dans ce lieu, si généreusement étiqueté par mes soins, des hommes et des femmes de toutes les couleurs et de tous les formats. Je décide donc d’en prendre deux ou trois, au hasard, et de leur faire voir de toutes les couleurs. Comme le fait si souvent le Grand Barbu quand il décide, lui, de jouer au diable et au Bon Dieu. Deux ou trois individus comme vous et moi. C’est-à-dire: ni beaux, ni laids. Ni trop intelligents, ni trop stupides...

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  • On nous observe! (20, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgLe lendemain matin, après le petit déjeuner, lors du colloque, le professeur, responsable du service auquel on m’a affecté dont j’ignore totalement ses objectifs et sa véritable utilité, faute de tout et de rien, me conseille à plusieurs reprises d’aller voir ailleurs si deux fois deux font toujours quatre, en des termes plus savants bien entendu.

     A force de répéter, on finit par se répéter... Il a chopé le tic du vieux pion, le clinicien pistonné, me dis-je, après sa charmante visite.  

     Rassuré par son état mental, plus catastrophique que le mien, et fou de joie, tel un condamné à mort gracié à la dernière seconde, je téléphone à Zita et lui demande gentiment de bien vouloir me ramener mes habits, lavés ou encore sales, afin que je puisse rentrer chez moi.

     Chose dite chose faite... non, en route! Car avec elle rien n'est certain.

     Alors, en attendant que ma concierge adorée veuille bien se pointer à l’horizon, je plonge dans les fabulations du sieur de l’Himalaya. Exactement, à partir de la page 17...

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  • On nous observe! (19, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgMais comme la donzelle refuse phylogénétiquement de se considérer le jouet personnel de qui que ce soit et encore moins de l’un de ces trois enfants gâtés et impolis qui se croient tout permis, dont je fais partie, elle jette le journal éponyme de L’homme de Skardou par terre, et ce avec un flagrant mépris, et quitte la chambre en marmonnant des mots en latin et en grec ancien.

     - Les études pour devenir doctoresse obsèdent parfois les faibles en langue, ricane l’ Asiatique.

     - Je pensais qu’elle était tout sauf ça, dis-je.

     - Trop bas ou trop haut, l’estimation est plus qu’un art, plaisante l’Africain ou l’Australien pur jus.

     - Errare humanum est!

     Et tel un écolier humilié par sa maîtresse devant ses camarades de classe, je saute du lit, je ramasse rapidement mon folio non répertorié et bafoué et je me mets aussitôt à le feuilleter dans tous les sens et dans un délire hors de mes habitudes.

     - Tu cherches quoi, son numéro de téléphone? me demande mon voisin de droite.

     - Non, la clé de l’énigme, je lui réponds. Et...

     - Et?

     - Je suis sérieux. 

     - Tu t’y prends mal.

     - Comment ça?

     - Tu t’excites trop.

     - Je cherche des indices, des traces, des empreintes, une preuve, la preuve!...   

     - Serais-tu flic?

     - Jamais de la vie!

     - Pourtant tu réagis pareil... exactement comme eux.

     - Qu’est-ce qui te fait dire ça?

     - Il y a un instant, tu voulais que ta pièce à conviction soit mise au chaud et maintenant tu t’acharnes sur elle tel un commissaire revenu de vacances poussé au cul par  son supérieur...

     - Ton imagination est malsaine, chanceux rescapé! Ce n’est pas une pièce à conviction mais ma pierre de Rosette qui cache bien des secrets familiaux...

     - C’est l’hôpital qui se moque de la charité...

     - Tu persistes, vieux rabat-joie! Fais un saut dans le futur au lieu de stagner dans ta grotte, telle une stalactite qui suinte par rancune!

     - Que de sublimes compliments! Et quoi d’autre, pendant que tu y es?

     - Je ne trouve rien... La salope de Zita m’a raconté des salades.

     - Celle qui t’a fauché tous tes fringues... pour soi-disant les laver?

     - Une salope n’est forcément une voleuse. Pourquoi tu vois le mal partout? 

     - Et toi, pourquoi tu soupçonnes ton père de tromper ta mère?

     - D’où tu sors ça?

     - De sa grotte forcément, m’explique mon voisin de gauche, en souriant mi-figue mi-raisin... Sais-tu que tu parles entre deux ronflements?... Avec toi, la flicaille n’aurait pas besoin d’utiliser de sérum de vérité, une bonne sieste au mitard et le lendemain tu serais déjà cuit et farci comme un canard, prétentieux connard!...

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  • On nous observe! (18, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgJe me réveille. Grâce à mes expériences sensorielles, je constate avec exactitude et un faible affolement que je me trouve presque à poil, le sexe en plein courant d’air, allongé sur un lit dans une chambre d’une clinique, des Hôpitaux Universitaires de Genève certainement. En effet, tout laisse à croire. Soit: la chemise blanche que je porte sur moi, le décor typique visité à maintes reprises et cette odeur particulière qui me rappelle à la fois le chloroforme et l’eau de Cologne. Aussitôt, je pense à une séquence d’un film ou plutôt à une scène d’un livre que je viens de lire. La même situation, les mêmes mots. Encore un coup du déjà-vécu?

     Toutes les réponses sont bonnes à avaler, en cas de soif extrême. C’est pourquoi, mieux vaut éviter d’arriver à ce stade-là.

     Je regarde à gauche: un Chinois, un Coréen ou un Japonais, un Asiatique en tout cas, dort comme une loir. Il est peut-être en train d’agoniser, qui sait! 

     Je me retourne et je regarde à droite: un Africain ou un aborigène, vu sa figure terriblement amochée, me sourit béatement.

     - Tu veux ma photo? je lui demande sèchement.

     - Pourquoi pas, si tu en a une de trop? me répond-t-il avec peine. Comme ça, je pourrais mieux parler à mes gosses du gars qui a fait rire tout le personnel hospitalier hier soir. 

     - Impossible, j’étais totalement dans les vapes ou proche des portes du paradis...

     - Pas toi mais ton nom!

     - Sûrement des anglophiles mal éduqués...

     - C’est vrai que tu t’appelles Fuck... qui veut dire merde en anglais?

     - Quelle découverte!... Baiser, niquer et  foutre aussi!...

     - Comment est-ce possible?

     - Rien n'est impossible au royaume des bourriques!... C’est à cause d’un ancêtre norvégien qui hésitait souvent entre la pêche et la chasse.

     - Tu es Scandinave?

     - Et toi, pourquoi parles-tu avec difficulté?

     - Les flics m’ont esquinté la mâchoire et défiguré comme du peux le constater.

     - Constater, constater! Je ne fais que ça depuis que je suis né.

     - Alors cesse d’observer, vieux singe!...

     - Je croyais qu’en Suisse et en France voisine, pour ne citer qu’elles, les policiers n’ont  pas le droit de frapper quelqu’un. Même quand ils ont affaire au pire des criminels de guerre et de nos jours ils sont légion...   

     - Dans les séries télévisées seulement... Où les rôles sont préfabriqués.

     - C’est-à-dire? 

     - L’état, par le biais de ces arabesques audiovisuelles,  espère influencer le public et montrer à la face du monde qu’il est à la droite du Seigneur...

     - Qui, le petit cachottier, aurait tendance à virer vers la gauche.

     - Tu as tout compris, mon frère!

     Une infirmière ou aide-soignante ou agente de nettoyage entre, un bouquin à la main.

     - A qui appartient ça? crie-t-elle en levant les bras au ciel.

     - Trop haut et trop loin pour un esclave battu et enchaîné, plaisante le présumé délinquant africain. 

     - A moi, si c’est L’homme de Skardou, j’ explique à la jeune femme. Mais je préfère   qu’on me le garde au chaud pour le moment...

     - Au chaud?

     - Qu’on le fourre délicatement dans la poche intérieure de mon blouson. 

     - Où ça?

     - Dans mon cassier, pardi!

     - Il n’y a pas de blouson dans votre casier.

     - Eh bien dans une des poches de mon pantalon. 
     
    - Il n’y pas de pantalon non plus.

     - ...

     - Il n’y a que vos basquettes et vos affaires personnelles...
     
     - Mais alors... j’ai débarqué en tenue d’Ève  dans ce bordel?

     - Soyez poli envers la charité, Monsieur!

     - Où sont donc mes vêtements?

     - Celle qui vous a sauvé du pire les aurait pris pour les laver. Une certaine Madame Zita... désolée, j’ai oublié le reste...

     - Ça alors! Elle m’en bouche un coin...

     - Je fais quoi avec finalement? m’interroge la grande jeannette en pleine action, avec un tantinet d’ironie. Je le pose froidement  près de vos chaussures ou je le glisse chaudement dans l’une d’elles?

     - Là où tu veux, ma nénette! lui répond le bridé tout énervé, en sortant brusquement de son profond sommeil... Quelle bande de bavards, ces nez longs!..

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  • On nous observe! (17, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgJe suis assis tout nu sur un banc dans le vestiaire d’une école. Sans doute celui de mon collège. Mon prof de littérature et d’histoire, rabat ou bavette au cou, un pédophile patenté mais protégé, m’a demandé de sortir de la classe et je suis sorti. J’ai obéi sans la moindre objection. Par peur d’aggraver mon cas. Qu’ai-je donc fait pour mériter cela?

     Mystère et boule de gomme, me dis-je pour me rassurer.

     A un moment donné, au-delà des casiers, j’entends mes camarades réciter en cœur:

     - J’observe, tu observes, il observe, nous observons, vous observez, ils observent...

     - Le silence, j’ajoute en murmurant. Ou l’autre, les autres...

     Et ils enchainent presque aussitôt:

     - Guetter, surveiller, épier, dénoncer, fliquer, filer, ficher...

     - Filer, ficher! C’est ça la vraie raison pour laquelle on m’appelle souvent Fiti, je conclus sur le champ.

     Étrangement, depuis que j’ai lu L'interprétation des rêves de Sigmund Freud, dans ma jeune jeunesse, j’ai l’impression d’analyser mes propres songes, fruits de mes angoisses, quand je suis dans les bras de Morphée. Certainement hâtivement et maintes fois maladroitement ou faussement. Qu’importe! Le but est de soulager ma psyché vite fait sur le gaz et sans frais... 

    Sigmund_Freud,_by_Max_Halberstadt_(cropped).jpg

    Sigmund Freud (cliquez sur la photo pour des infos sur L'interprétation des rêves)

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  • On nous observe! (16, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgPuis, la sérénité revenue, aléatoirement, elle se lève d’un bond et elle me lit à haute voix, en tournant les pages du fameux ouvrage, qu’elle m’a chipé et qu’elle tient dans ses mains forcément:

     - Nous sommes tous des artistes face à l’inconnu, excepté ceux qui stagnent dans leur caverne... Un âne qui brait n’arrête pas un cheval en pleine course... L’avantage d’être con, c’est que l’on ne sent pas venir les choses... Les scientifiques ont inventé les mathématiques, certes, mais il ont volé l’imagination aux poètes... On a souvent tendance à confondre méfiance et préjugé... L’amour est un jeu chargé de règles, malheureusement plus on est amoureux plus on désobéit aux règles... Au-delà des mots, il y a des maux que, ni vous ni moi, sommes capables de décrire... Si vous mettez une idée trop intelligente dans la tête d’un crétin, il y a de fortes chances que ce dernier devienne un terroriste... Jeune on est courageux mais mal informé,  vieux on est mieux informé mais le courage est parti en fumée... Adhérer à une religion, c’est   d’accepter d’avoir une épine dans le pied sans le savoir, à un mouvement politique un furoncle aux fesses... Je suis devenu intelligent non pas en lisant mais en écrivant... Denisa Bojová... Denyse Bigarrow... Que des Denise et des DB...

     - Merde alors! je m’exclame.

    - Toutes mes excuses, j'ai omis de citer la phrase que tu connais déjà, me semble-t-il!

     - D’où sors-tu tout ça?

     - D’ici et de nulle part ailleurs... C’était des annotations que j’ai effacées et bien effacés pour le compte de l’homme des bois.  

     - Qui ça?

     - Ton papounet.

     - Et tu... tu t’en souviens...

     - J’ai une mémoire d’éléphant.

     Elle me balance le bouquin à la figure et elle se rassied. 

     Je le rattrape tant bien que mal et je bafouille, en clair:

     - Cela mérite une sérieuse vérification.

     - C’est ça, c’est ça! s’énerve-t-elle. Vérifie donc!... Et quoi d’autre? Si l’amant de ces folles a aussi caressé ma petite chatte en chaleur, peut-être?

     Tout à coup, je vois flou, j’imagine des ombres cerise, pistache, azur et...

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  • On nous observe! (15, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgNous nous asseyons. L’un en face l’autre, bien entendu. A côté l’un de l’autre serait prématuré, forcément. 

     Que de fantasmes lors d’un entretien! me dis-je. Sans doute la véritable nourriture spirituelle afin que nous survivions à notre médiocre quotidienneté. Hélas, trop souvent de fausses sensations nous conduisent droit au mur.

     - Ohé! s’exclame Zita. Un caméléon ne ferait pas mieux!

     - Pardon, j’étais ailleurs, dis-je. De quoi s’agit-il?

     - Des caméléonidés.

     - Vous en possédez plusieurs?

     - Un seul mais je ne le possède pas encore.

     - Je ne vous suis pas du tout.

     - Il s’agit de vous... de toi, jeune homme! Un comportementaliste animalier te dirait que tu sautes facilement du coq à l’âne. Mentalement.

     - Je...

     - Tu me suis maintenant?

     - En somme, selon vous...

     - Selon toi!

     - Selon toi, pour ne pas salir tes propos, j’ai  tendance à pirouetter. N’est-ce pas?

     - En effet. C’est ça, si l’on veut.

     L’adrénaline monte, le ton également.

     - Mais tu ne connais pas vraiment! je riposte à haute voix. A part mon nom de famille gravé sur la porte de mes tarés.

     - Alors décline ton identité! gronde-elle. Toute ton identité! Afin que je puisse mieux te capter sur mon détecteur inné. Car le prénom a souvent une forte influence sur nos faits et gestes...

     - Foutaise!... On se croirait dans un poste de police occupé par des zouaves...

     - Pourquoi pas! Ce serait amusant, non? J’adore jouer au gendarme et au voleur.

     - Tu es sérieuse?

     - Ai-je l’air de ne pas l’être?

     - Non... Vous me faites peur...

     - Tu!

     - Tu... tu...

     - Alors accouche!

     Alors, alors, alors... plus pour rire qu’autre chose, j’exécute l'ordre de ma gendarmette, sans arme ni bretelles:

     - Farouk Fusk, en chair et en os. Né le huit du huit mil neuf cent quatre-vingt-huit à Genève. Mes parents sont suisses de père en fils et de mère en fille. Mais probablement d’origine scandinave... En effet, effectivement, réellement, véritablement, assurément, de fait, car, par le fait, vraiment, en réalité, parce que Fusk vient de fugl et fisk. Oiseau et poison en norvégien et en danois. Quant à Farouk: la racine de ce prénom viendrait de l’arabe. Il signifierait: celui qui distingue le vrai du faux. Mais... men min kjære husmor og min kjære far på jobb, eller på fransk... mais ma chère mère au foyer et mon cher père au travail  préfèrent m’appeler Fafa, Fifi ou Fufu. Ils ne pensaient pas que, à part le couscous et la harissa, les enfants de Calvin détestent la gomme arabique et ceux qui s’en servent à profusion.

     - Si ce n’était que ça! riote-t-elle... Excellent présentation de ta personne, qui se termine en nous menant en plein dans le sujet.

     - Je fonctionne comme toi.

     - C’est-à-dire comment?

     - Gomme arabique pour gomme tout court et profusion pour de nombreuses traces.

     - Comme clarinette pour clair et net?

     - Exactement!

     Paradoxe des paradoxes! Je suis à deux doigts de lui sauter dessus pour l’égorger mais j' opte pour lui demander à toute vitesse, sans la moindre émotion apparente: 

     - Qui est donc cette DB? Mon père a des  maîtresses? Ou un harem et tu en fais partie? 

     Zita éclate de rire...

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  • On nous observe! (14, à suivre)

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    On nous observe, Hank Vogel.jpg  Dring dring, toc toc, pan pan, taf taf,  des cris et un tas de menaces, les plus débiles qu’un jeune homme furieux puisse proférer!

     Aucune courbe ne surpasse celle de la colère, sur le graphique des imbécilités. 

     - Ça va, ça va! miaule Zita, en ouvrant la porte sans hâte. J’ai entendu, je ne suis pas sourde et il n’y a pas encore le feu au Palais fédéral que je sache! Que veux-tu, tirez ton premier coup?

     - Je... je... je... , je bégaie.

     Elle me toise, presque ou pas, je suis tout confus. 

     - Entre la fleur au canon, me propose-t-elle d’un air bizarre, à condition que ton canon ne tire pas à blanc comme un livre de choc dans une chope.

     Non, elle n’est pas bourrée, la salope, me dis-je. Elle voit tout mais transforme tout, par ruse. Comme clarinette pour clair et net.

     - Entre, entrez! insiste-t-elle. On pourrait nous filmer à travers les judas. Et ce n’est pas bon pour votre réputation.

     J’obéis.

     - La mienne, pareille à une étiquette, est déjà toute faite, ronchonne-t-elle en fermant la porte. Mes origines et mon boulot de concierge ont permis aux gens du quartier de vite m’en coller une, peu honorable d’ailleurs...

     -  Celui qui vise trop bas ou trop haut rate sa cible, je déduis.

     - Serais-tu philosophe comme l’amoureux de la demeure des neiges?

     - Qui ça?

     - Please! Your paperback out of your pocket. Pour commencer.

     A quoi joue-t-elle, au douanier british ou à la snob? je m’interroge. 

     Je sors L’homme de Skardou de ma poche et je m’apprête à l’ouvrir...

     Aussitôt, elle me l’arrache des mains et me dit:

     - Je présume que tu es à la recherche du ou des coupables, non? Mais d’abord prenons place au salon...

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  • On nous observe! (13, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgSur le champ, curieux et excité tel un inspecteur de police à ses débuts, je retourne dans ma chambre en courant, je sors dare-dare ma loupe de botaniste du fond de mon sac à dos de boy-scout et, les mains tremblantes, le front en sueur et mes yeux hors de mes orbites, je plonge dans le domaine des recherches et des spéculations archéologiques. 

     En plus court et plus facile à s’en rappeler pour la flicaille au cas où... : je ne suis plus moi-même mais plusieurs autres identités à la fois, en train de gesticuler derrière les grilles d’un asile.

     - T... u... ta... fem... e... a... bon... don... t...fi... D... B..., je marmonne.

     Et, soudainement, je me souviens de cette scène surréaliste mais bien réelle que j’ai vécue il y a tout juste deux semaines:

     Zita, à moitié saoule, à quatre pattes et les fesses en l’air, nettoyait les escaliers pendant que je la lorgnais, camouflé par la cage de l’ascenseur.

     - C’est clarinette, encore une histoire de braguette! brailla-t-elle, à un moment donné... Tue ta femme et abandonne ton fils! DB, c’est l’héroïne satanique de ma prochaine BD.

     Dans l’ordre ou le désordre mais avec certitude quant au fait.

     Elle est au courant de tout, la Toscane de Lucques, me dis-je. 

     Et je me mets à galoper dans tous les sens,  L’homme de Skardou pressé contre ma poitrine, tel un prieur soudé à sa bible qui aurait cru apercevoir la Sainte Vierge  en mini-slip...

    Hank Vogel.jpg

    L'homme de Skardou  (caricature, forcément)

    Selon lui: Derrière tout homme se cache une belle femme

    mais également un vilain taliban, avec ou sans pakol.

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