On nous observe! (17, à suivre)

Imprimer

 On nous observe, Hank Vogel.jpgJe suis assis tout nu sur un banc dans le vestiaire d’une école. Sans doute celui de mon collège. Mon prof de littérature et d’histoire, rabat ou bavette au cou, un pédophile patenté mais protégé, m’a demandé de sortir de la classe et je suis sorti. J’ai obéi sans la moindre objection. Par peur d’aggraver mon cas. Qu’ai-je donc fait pour mériter cela?

 Mystère et boule de gomme, me dis-je pour me rassurer.

 A un moment donné, au-delà des casiers, j’entends mes camarades réciter en cœur:

 - J’observe, tu observes, il observe, nous observons, vous observez, ils observent...

 - Le silence, j’ajoute en murmurant. Ou l’autre, les autres...

 Et ils enchainent presque aussitôt:

 - Guetter, surveiller, épier, dénoncer, fliquer, filer, ficher...

 - Filer, ficher! C’est ça la vraie raison pour laquelle on m’appelle souvent Fiti, je conclus sur le champ.

 Étrangement, depuis que j’ai lu L'interprétation des rêves de Sigmund Freud, dans ma jeune jeunesse, j’ai l’impression d’analyser mes propres songes, fruits de mes angoisses, quand je suis dans les bras de Morphée. Certainement hâtivement et maintes fois maladroitement ou faussement. Qu’importe! Le but est de soulager ma psyché vite fait sur le gaz et sans frais... 

Sigmund_Freud,_by_Max_Halberstadt_(cropped).jpg

Sigmund Freud (cliquez sur la photo pour des infos sur L'interprétation des rêves)

Lien permanent 0 commentaire

Les commentaires sont fermés.