On nous observe! (9, à suivre)

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On nous observe, Hank Vogel.jpg  Elle pointe sa queue vers moi, en feutre bien entendu, et me menace:

 - Si vous refusez de me le dévoiler, vous ne vous guérirez jamais.

 Je bondis du divan, elle recule d’un pas.

 - Tant pis! Car j’en ai un tas, je lui avoue avec colère. Des moindres, des meilleurs et des plus gros. De quoi pimenter toutes les sauces et faire rougir toutes les saucisses et tous les saucissons. D’ici et d’ailleurs. 

 Tout à coup, je lis un étrange rictus sur son visage, digne d’un fantôme, et mon cœur se met aussitôt à palpiter.

 - Vous vous adonnez à des activités trop singulières? je lui reproche. Vous me faites peur.

 Elle sourit finalement, normalement, tel un être vivant. Et, tambour battant, mon rythme cardiaque retrouve sa stabilité habituelle.

 Nous sommes des machines souvent manipulées par les autres, je m’inquiète. De près, de loin, qu’on le veuille ou non... Y a-t-il un truc, un moyen efficace pour empêcher cela? La chair est vraiment faible, de bas en haut. Le sexe, c’est du pipi de chameau par rapport l’ensemble de nos organes. Ou du crottin de cheval à bas prix. Je comprends maintenant pourquoi on traite facilement quelqu’un de fumier. 

 - Il fumait comme un pompier, me lance-t-elle... N’est-ce pas?

 - Non, la pipe comme Sherlock Holmes! je lui réponds. Et des cigares à la Churchill, de temps à autre.

 - Alors c’est le même.

 - Le même quoi?

 - Le même zèbre qui a failli tuer ma mère.

 - Lui, un sale type? C’est aller vite en besogne... Tu devrais changer de métier, ma vieille. Inspectrice aux objets trouvés  te conviendrait à merveille. Sur ce, je me casse.

 - Oui, c’est ça, barre-toi, pauvre con.

 - Je sais, merci!

 Et je claque la porte...

Hank Vogel à Skardou.jpg

L'homme de Skardou

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