On nous observe! (6, à suivre)

Imprimer

 On nous observe, Hank Vogel.jpgPour l’ombre de moi-même qui ne m’appartient pas, et non pas mon ombre qui m’appartient, je suis un héros. Celui qui ne  saisit pas la différence entre ces deux silhouettes a la critique facile et l’insulte rapide.

 Ce casse-tête, tantôt chinois tantôt absurde, qui tourne en rond dans mon ciboulot,  telle la roue d’une souris dans une cage,  me pousse finalement à me rendre chez mon médecin de famille qui, après quinze minutes de conversation tous azimuts et  suffisantes pour facturer une consultation, me conseille sans aménagement:

 - Illico presto chez un psy, mon garçon!

 Et il me tend un bout de papier en ajoutant:   

 - Voici la prescription nécessaire et les coordonnées d’une personne très compétente.

 - Psychiatre, psychanalyste ou psychologue? je lui demande tout bêtement.

  - Vous verrez bien, me répond-t-il avec un drôle de sourire au bout des lèvres. Qui ose  évite la sinistrose et mérite une pause!

 Et, affolé et obéissant comme tout patent trop confiant envers son toubib, je me  pointe le jour même chez mon futur sauveur qui n’est autre qu’une femme qui porte des lunettes larges et des pantalons serrés ou le contraire. Et ce grâce à mon insistance et à son planning pas très chargé sans doute, cette double information n’est point totalement anodine.  

 Me voilà donc face à mon docteur féminin aussi libérateur et purificateur que le Père, le Fils, le Saint-Esprit, le Pape ou la Madone, en dernier, me dis-je. Entre parenthèses, la langue de Grand-papa me casse parfois les couilles avec son machisme.

 - Décontractez-vous et allongez sur le divan, me propose la présumée réparatrice de ma psyché, après avoir noté mon identité et tout le bastringue dans un petit carnet noir.

 - Merde! je murmure aussitôt.

 - Qu’y a-t-il? Des problèmes au dos?

 - Pas du tout. Une image n’est venue à l’esprit. C’est idiot mais vous me faites penser à une Anglaise sur une carte-postale de l’époque victorienne... 

Ma Psy, Hank Vogel .jpg

Lien permanent 0 commentaire

Les commentaires sont fermés.