• Méo rêvait de l'Amérique (8, à suivre)

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     Méo rêvait de L'Amérique, Hank Vogel.jpgJe déambule dans les rues. A Sukhumvit Soi 11, plus précisément. C’est la tranche de l’avenue ou de la route la plus bruyante et la plus surprenante au monde, d’après mes expériences auditives et visuelles.

     Question bruit: même les sourds risquent d’être sonnés par la cacophonie qui ne s’arrête jamais.

     Question surprise: on y croise des champions toutes catégories au niveau de la contrefaçon, des individus qui considèrent inconsciemment que la femme est l’avenir de l’humanité et des spécimens qui estiment consciemment que la femme n’est que le miroir de leur propre avenir. 

     Ces derniers, soit ces êtres de la prochaine grande dynastie des sans-queue ou en voie de disparaître, au moindre petit sourire de votre part, n’hésitent à vous foutre la main au cul dans le but de vous persuader entre autres que la différence des sexes n’est qu’une pure illusion. N’est que... aléatoire!

     Donc!

     Amis de même nature que moi,  ne suivez que ce mot d’ordre: marchez à l’ombre et allez droit devant vous!

     Si, par malheur génétique, vos yeux ont tendance à papillonner face au soleil tropical après une partie de cache-cache avec lui, alors achetez-vous une paire de lunettes Ray-Ban. Vraie ou fausse? Le prix ne justifie pas toujours tout.

     Un double achat qui vous protégera à la fois du dieu brûlant et préféré des Incas et de ces déesses en chaleur qui se frottent jamais aux imitateurs des GI. Du moins, c’est ce que je crois.

     - Toi qui as horreur des casernes et des cavernes, protège ton derrière de l’enfer, beau jeune homme, me chantait souvent ma concierge berrichonne, dite La Cochonne, chassée de l’Opéra de Paris... Si tu ne le protèges pas, ce n’est pas Ali Baba qui le fera. 

     Après tout, faites ce que bon vous semble! Un œuf, une fois qu’il est cuit dur, il est impossible de le faire à la coq.

    Hank Vogel (Erik Erik).jpg

    Erik avec ses  Ray-Ban !

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  • Sommet à Genève: c'est du pipeau!

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     Face aux absurdités de ce monde, mieux vaut se battre avec des armes de même calibre! Non?... Alors, entre deux accouchements littéraires et au nom de la liberté d'expression tous azimuts, je me suis laissé aller... 

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  • Ma Mère, cette Italienne (23, à suivre)

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     Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpgLa guerre est une vache à lait pour les uns, une minorité, et une calamité pour les autres, la majorité. Elle n’enrichit en somme que les marchands d’armes, les fabricants de prothèses et la faune multicolore qui rôde autour... ainsi que tous ceux qui excellent dans le marché noir, bien entendu.  

     Tous les autres, pauvres, moins pauvres et riches, perdent des plumes. Jusqu’à devenir des dindons tout ramollis de la belle farce.

     En principe, les dictateurs et ceux qui jouissent en les écoutant, n’aiment que les marches miliaires qui, métaphoriquement, chassent la peur à coups de matraque.

     Ainsi: adieu les mélodies à l’eau de rose et endormantes de grand-maman et grand-papa et vive les chansons paillardes et entrainantes!  Jusqu’à quand?

     Mais hélas!

     En 1942, faute de moyens populaires, la vente des 78 tours et des gramophones His Master’s Voice était en chute libre. A cause aussi de la concurrence américaine. La fameuse mine d’or creusée dans l’énigmatique cité de Cléopâtre ne rapportait pas autant qu’à l’époque de la multiplication  des pains sonores d’Oum Kalsoum et de son véritable découvreur, Charles Clair Vogel von Glarus, qui en outre, avait créé pour le plaisir et avec l’aide d’un ingénieur et ami de Guglielmo Marconi, la première radio d’Alexandrie. 

     Alors les filles et fils du très discret et honorable Nabab louèrent leurs belles villas et leurs luxueux appartements meublés à des bourgeois mieux lotis qu’eux et s’installèrent tous, tant bien que mal, dans des logements beaucoup plus modestes et surtout moins sophistiqués. 

     Eh oui! Il faut apprendre et savoir s’habituer à tout dans la vie, même au pire! leur répétait souvent le prévoyant patriarche sans confession, dans leur heureuse jeunesse. Bien que l’exercice de telles mésaventures permet de survivre aisément. A condition que les locataires soient réglos et présents lors des encaissements.

     1943: c’est la pagaille en Italie. Qui choisir? Le roi Victor-Emmanuel III, également empereur d'Éthiopie de 1936 à 1941 et roi d'Albanie de 1939 à ce jour, ou Benito Mussolini, le vilain rital chassé par les Suisses puis attitré par ces derniers à l’Université de Lausanne? 

     Aïe aïe aïe, ces soi-disant gardiens de la morale, ils pataugent tantôt dans la choucroute tantôt dans la fondue, fribourgeoise et brûlante, jusqu’aux couilles! Avec le risque sublime d’en perdre une au nom de la neutralité. Comme ces barbus munis d’une kalachnikov qui hurlent sauvagement le nom de leur dieu après chaque prière standardisée. 

     Les Italiens se révoltent enfin. Antoinette est terriblement déçue. Elle, qui a une âme de rassembleuse et de bonne sœur,  se retrouve brusquement sur la lame du rasseoir.

     Son passé, son présent et son futur se mélangent diaboliquement dans sa tête. Sa cervelle n’est plus qu’une salade russe indigeste, dirait un neurologue, fin gastronome mais tout affolé. Prête à exploser. Identique à celles des auteurs trop engagés dans leurs propres cavernes.  

     Un matin, en se réveillant, la belle Italienne dit à son intègre Glaronais:

     - J’en ai marre de cette guerre qui n’a pas de sens, comme toutes les autres d’ailleurs.   Illico presto, je vais rendre visite  au directeur de la British Eastern Telegraph Company. Il se souviendra sûrement de moi. Et il me proposera certainement un boulot dans les services secrets...

     - Quoi? cria Edgardon, en tombant presque du lit. Dans les services secrets de l’armée britannique?

     - Ou celle des Alliés. Les Écossais  sont très forts pour embobiner les Anglais, tu sais. Et mon ancien dirlo en est un... Pourquoi, ça te dérange?

     - Non, ça m’étonne de ta part... Tu n’as pas froid aux yeux?

     - Ni aux yeux ni aux oreilles!

     - Non, je voulais dire: tu n’as honte de trahir ta patrie?

     - Mon ex patrie! Et, comme un ex mari brutal et sicilien que je m'imagine, elle m’a fait voir de toutes le couleurs. L’Italie est devenue une grande malade pour bien longtemps. Et il ne faut sûrement pas que les stronzi des fascistes et des nazis la fassent disparaître de la surface du globe.

     - Qui ou quoi veux-tu sauver concrètement?

     - Laisse-moi faire! Contrairement à toi, quand je suis en colère je trouve toujours la clé que je cherche...

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  • Peau de Nylon et Wadi Ram

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     Enfant, je me racontais et je racontais des histoires à Saïouda, la fille du portier, en dessinant et en jouant avec des soldats de plomb. Tout allait bien, la petite égyptienne me comprenait à merveille et ne cessait pas d'en redemander... C'est ma période de gloire!

     Mais voilà qu'à l'école, je découvris l'alphabet, la lecture et l'écriture. Donc: une toute autre façon de voyager dans les airs et le temps. Trop compliquée pour moi! Pour un rêveur de mon espèce. Le vocabulaire et la grammaire avaient du mal à me rassurer et à me convaincre.

     Une quinzaine d'années plus tard, coup de foudre ou coup de théâtre au sein de mes neurones. Par hasard ou par rage, je tombai amoureux du cinéma.

    C'est l'art de la liberté pour la liberté! me dis-je. Mais jusqu'à quand?

    Mais aussitôt une voix (c'était certainement celle de Jean Cocteau) me chuchota à l'oreille:

    - Lance-toi sans vergogne ni regret dans le monde libre des images en mouvement, jeune homme! Un film sans erreurs est un film sans âme, d'après moi.  Et d'après toi sûrement! Alors? De qui aurais-tu peur?

    Ainsi, grâce à l'aide de Dieu et du diable, je réalisai Peau de Nylon puis Wadi Ram.

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  • Ma Mère, cette Italienne (22, à suivre)

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     Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpgDu 9 au16 septembre de cette même triste année (1941), c’est l’invasion italienne de l’Égypte. La Regia Aeronautica bombarde entre autres Alexandrie. Les Italiennes et les Italiens, qui ont passé entre les filets de la police britannique, crient déjà victoire!

     Pourtant, Antoinette Vogel, toujours Antonieta Banfi dans ses veines et convaincu à mort des promesses bénéfiques de son Duce, se met à trembler comme une feuille morte après chaque alerte. 

     Quant à Edgar, lui, il ne bouge pas d’une oreille. Malgré qu’il doute sur l’existence de Dieu, il fait confiance aux Cieux. Même quand ceux-ci sont noirs de fumée et en feu. Ses nombreuses lectures philosophes et légendaires, notamment celles concernant  le Valhalla, lui avaient sans doute évité d’avoir des réflexes trop conditionnés.        

     Un jour de cette fameuse quinzaine terriblement cacophonique, lors d’une accalmie apparente entre les belligérants,  juste avant la traditionnelle sieste de l’après-midi, Edgar regarda par hasard par la fenêtre de son beau bureau bibliothéqué et aperçut avec enchantement un bel objet métallique, accroché à un splendide parachute quasi doré, tomber harmonieusement du ciel.  

     - Très sympas tes compatriotes, ils nous envoient des médicaments et du chocolat,  cria-t-il en bon Suisse, à Noussy qui se trouvait au salon en train de jouer avec Freddy.

     Mais dès que le cadeau céleste toucha le sol égyptienne: patatras boum boum! 

     Soit: toutes les vitres et les persiennes de la maison partirent violemment en éclats et le fan présumé de Tell se trouva assis le cul râpant le carrelage, dix mètres en arrière, tel Aladin expulsé de son tapis volant par une vilaine sorcière.

     Abasourdi comme jamais, le Glaronais courageux, et forcément intègre, se relava et, malgré ses jambes flageolantes, courut aussitôt vers les siens.

     Heureusement! Que des dégâts matériels. Femme et enfant étaient sains et sauves.  

     La mère protégea son fils en se jetant sur lui et le mur de la veranda la brave maman en ralentissant et en renversant à moitié l’onde de choc de l’explosion. 

     La maison, ma maison natale, construite sur les vestiges d’un cimetière gréco-romain était protégée des dieux, me semble-t-il!

     Mais dehors, dans la rue, en face... c’était plus que l’honneur! C’était le vide chaotique, l’absence de tout. La bombe, une mine marine destinée à faire sauter un pont entre Alexandrie et le Caire, avait pulvérisé un immeuble tout entier et anéanti plusieurs familles...

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  • Méo rêvait de l'Amérique (7, à suivre)

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     Méo rêvait de L'Amérique, Hank Vogel.jpgJe tombe sur le cul et j’ai vraiment l’air con.

     - Pauvre falang! dit-elle. 

     - Vous... vous... par... lez... ke... co... une... Française, je bégaye.

     - C’est seulement maintenant que vous vous rendez compte? me demande-t-elle.

     - J’ai... j’ai...

     - Non, ce n’était ni de l’anglais ni franglais et pourtant je vous ai dépendu dans la langue de Molière. Mais voilà! Vous étiez soit sur Soleure soit dans la lune. Ai-je tort ou raison?

     - Mais qui donc être-vous donc?

     - Deux donc dans la phrase ça fait redondant, vous ne trouvez pas?

     Je souris.

     Un silence. Long en apparence. Archi court dans la réalité. Permettant ainsi aux horloges de la réflexion de toutes parts à se mettre à l’heure.

     - Je n’ai rien à expliciter dans le futur, j’avoue comme si j’avais commis un tas de crimes dans le passé. Car mon avenir est ici et maintenant. Banal et nullement ambitieux. Certaines choses ne s’expliquent cas. Du moins aux autres. Mes allégations sans queue ni tête  ne servent qu’à me rassurer. Tel un bon coup de ventilateur en pleine gueule pour ne pas perdre conscience. Mais... mais...

     - Mais?

     - Mais dans ces états au-delà du bien et du mal, je capte malgré moi des vérités qui planent dans les airs.

     - Bonnes ou mauvaises?

     - Je n’ai pas une âme de juge ou de justicier pour pouvoir en débattre.

     L’Asiatique, aux réactions imprévisibles,  à l’opposé de la femme soumise selon moi, pose son arme occasionnelle près de mon bol vide, s’assied en face moi et m’ordonne, une fois de plus, mais avec flegme typiquement britannique:

     - Frappe-moi avec cet engin si mon tom sens la tome!

     - Ou le gruyère? je temporise.

     - Je ne plaisante pas.

     - Moi non plus.

     - Alors frappe ou avoue!

     - Avouer quoi?

     - Ce que tu as vu, capté ou ressenti...

     - On se tutoie maintenant?

     - On se tutoie.

     - OK! 

     - Alors?

     - Comment tu t’appelles, d’abord? 

     - Ratana.

     - Ratana comment?

     - La suite est quasi un secret d’état. Et toi?

     - Erik. Ma suite est sans suite.

     - Parfait! Nous sommes sur la même longueur d’onde. En somme, nous sommes pareils à deux intellos qui pataugent dans la même mare aux connards.

     - J’ai déjà entendu ça.

     - Sûrement, nous avons dû lire les mêmes bouquins débiles... bref! Tu cognes ou tu craches?

     - Tu t’es trahie, ma belle. Ou plutôt ton vocabulaire t’a trahie. On véhicule sans cesse notre passé grâce ou à cause des mots que l’on divulgue. Par exemple, le terme expliciter est souvent utiliser par les enseignants, les pédagogues et les adeptes des sciences du langage. Comme courbe, gain ou profit chez nos chers banquiers. Ou les mêmes vocables des voyou chez les flics. Qui se ressemble s’assemble. Non? On n’échappe pas à son éducation et encore moins à son vécu.

     Elle applaudit. Pour me déstabiliser ou pour en savoir plus?

     Tant pis! je me lance:

     - Ratana, tu es plus nue toute habillée qu’après une séance de strip-tease intégral. 

     Elle ne réagit pas. Je poursuis donc:

     - Outre celui déjà évoqué, voici les trois points de fuite d’un fragment de ta vie que j’ai vaguement ressenti: Molière, Soleure et falang ou farang... Tu as soit épousé un prof d’histoire romand fan de Jean-Baptiste Poquelin et raciste à retardement qui t’a chassée de chez lui après une année de bons services soit donné des cours d’art dramatique à des adolescents qui suçaient encore leur pouce et...

     Brusquement, elle se lève, me coupant ainsi la parole, et me crie dessus:

     - Cesse de me poignarder! Tu n’es guère plus rassurant qu’un moine qui prédit tout et n’importe quoi.

     Je me sens tout embarrassé, confus, gêné, honteux, pantois... voire tout ça et davantage. 

     Alors, sans perdre le moindre laps de temps, je paye chichement ce qu’ai avalé, au sens propre comme au figuré, et je m’éclipse à l’anglaise...

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  • Méo rêvait de l'Amérique (6, à suivre)

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     Méo rêvait de L'Amérique, Hank Vogel.jpg- Stop! Plus d’alcool entre deux tempêtes pouet pouet, je bredouille.

     Et je pars à l’aventure en direction du Nana, la tête haute et la démarche à la John  Wayne. Bien que j’ai plus adoré Steve McQueen avec son sourire narquois, dans ma jeunesse. Mieux vaut imiter les stars du cinéma américain qui nous font à moitié bander que les couilles molles de nos présidents et ministres qui nous incitent à nous expatrier.

     - Mieux vaut être apatride finalement, je murmure.

     J’entre dans un boui-boui, thaï ou chinois, et je commande un tom kha kaï, une soupe de poulet au lait de coco.

     Ça et les sauterelles grillées, il n’y a pas de plus déchirant pour faire fuir tous nos démons, me dis-je.

     Et trois minutes plus tard, j’avale en toute hâte ce breuvage et je me sens prêt à cracher du feu tel un dragon.

     - Fabuleux, je comprends tout maintenant! je m’exclame sans retenue.

     Trois secondes après mon exclamation, la serveuse et cuisinière de ce mets ultra épicé et brûlant éclate de rire. Du jamais vu, du jamais entendu! 

      Jaune ou pas? je me demande. Difficile de le savoir sur le moment mais la question inquiète.

     Puis, après les éclats forcément la grisaille, la gargotière asiatique m’ordonne en me regardant droit dans les yeux et en me menaçant de son inséparable louche:

     - A l’avenir, sois plus explicite, fiston!

     Je tombe sur le cul...

    (Les personnages de mes romans sont rarement les fruits de mon imagination mais la plupart du temps les produits de mes enquêtes, observations ou rencontres dont celle-ci.)

    En souvenir de ce camarade de voyage, disparu l'année passée.

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  • Méo rêvait de l'Amérique (5, à suivre)

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     Méo rêvait de L'Amérique, Hank Vogel.jpg... En effet, comme pour l’information, trop de réflexions nuit à la réflexion. L’ignorance nous conduit parfois vers de plus merveilleux jardins. Alors, tel un paumé de la pire espèce, je quitte mes quatre murs peints en bleu en murmurant cette phrase absurde:

     - Si Dieu était mon frère, je l’appellerais Maman.

     Et le Seigneur, soucieux des âmes à la dérive, me chuchote à l’oreille la plus proche du cœur:

     - Tu es aussi macho que la plupart des bridés.

     Telle ma concierge anti-franco, mon Père céleste a toujours raison. Même  quand il exagère dans ses propos. Surtout quand je suis sous l’effet du Mekhong, le whisky thaïlandais, comme à présent.

     Que voulez-vous, le Maître absolu passe son temps à observer et à fouiner partout... Et les petits merdeux de la Maison Blanche et du Kremlin ne cessent pas de l’imiter. Mais en moins bien que  lui, forcément. Car, malgré leur apparence d’enfant de chœur, ils se font parfois chopés. Par maladresse ou par souhait? Ça, c’est une toute autre histoire?

     Alors pourquoi pas moi aussi?  me dis-je.

     Et, grâce à mon don d’auto-persuasion et de détermination,  j’ai constaté, il me semble, il me semble je répète, que la femme asiatique bosse du matin au soir et du soir au matin comme une négresse et l’ homme se dandine toute la journée comme un planteur blanc. 

     Vraiment, ils ne foutent rien, les zèbres!  A part tricher aux cartes ou au mah-jong, forniquer sans retenue ni capote et fumer de l’opium à ruiner toute leur famille. Beaucoup moins qu’avant, concernant la dernière activité. Heureusement!

     On dirait que la colonisation a porté ses fruits ailleurs qu’en Amérique. 

     Du coup, je pense à ce Corse qui se croyait plus français qu’un Français. Ou plus franc  qu’un Gaulois.  

     - Maladettu stronzu!

     Et moi donc, suis-je mieux que lui, mieux  d’eux?...

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  • Le démon de treize heures (20, fin)

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     Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgIl y aurait 324 de pays dans le monde mais seulement 195 sont considérés comme des états à part entière et 2, bien que toujours assis sur un strapontin confortable, comme des figurants parlants, des silhouettes par l' O.N.U., le Vatican et la Palestine.

     Notre société est un vrai spectacle, tantôt tragique tantôt comique ou plutôt les deux à la fois. 

     Eh oui! Les princes, les rois, nos dirigeants ancestraux,  à force de se la couler douce, ont fini malgré eux par céder leur trône à leurs valets de chambre, attitrés ou favoris: les bouffons! Qui n’ont pas cessé d’imiter leurs protecteurs... en mieux. Non, en plus gras! je gueulerais les jours de dégoût.

     A mort les carrosses! Vives les limousines!

     Ainsi, les badauds, ainsi que les journalistes et les photographes qui œuvrent pour les revues à sensations, la bouche ouverte, accourent dans les rues pour voir défiler à toute pompe ces automobiles polluantes où sont assis les chefs d’état soi-disant favorables à l’écologie.

     Mais voilà, la sécurité prime avant tout le reste! Le reste vient forcément après, très loin après. En somme, il compte pour du beurre.

     Moi, moi, moi... d’abord! Toi, toi, toi... vas te faire voir par les Grecs de Lesbos et d’ailleurs!

     L’être humain est un drôle d’oiseau qui ne se prend pas pour la queue d’une pie, dirait ma concierge Irma qui fut taxidermiste avant de se faire déplumer par les autorités de sa patrie et de fuir celle-ci pour des raisons politiques. Il adore paraître et faire croire  aux autres qu’il est le plus beau, le plus fort et le plus intelligent de tous. Mais pas nécessairement ou pas du tout le plus sage. 

     Pour preuve:

     Je songe au jeune et imprudent président: Emmanuel Macron.

     Quelle idée il a eu de vouloir embrasser toute la foule d’un seul coup ou presque au risque de se faire poignarder. Pardon, gifler! C’est moins douloureux et plus rassurant. 

     Tu l’as cherchée? Eh bien, tu l’as eue, mon garçon!

     Mais voilà, à nouveau, que la justice, jamais pressée, se presse comme un lavement et condamne aussitôt le gifleur à plusieurs mois de prison. 

     Un crime de lèse-majesté, selon les pharisiens de la noble France. Et un tel crime ne peut mériter qu’une sévère sanction. Bourges de la révolution! Faux maquisards! 

     Pourtant, Jésus aurait tendu l’autre joue. Mais le prodige de Nazareth n’est que le fils de Dieu, dont le royaume semble si douteux aux yeux des républicains.

     Je retranslate donc, en français bien entendu, succinctement mais en toute transparence, les pensées secrètes d’Irma ma douce:

     - Le plus connard des connards adore paraître et faire croire  aux autres qu’il est le plus beau, le plus fort et le plus intelligent de tous. Mais pas le plus sage. Hélas pour lui! Il devra rendre des comptes au guichet du paradis.

     Pour mettre un terme à cet mascarade existentielle, je déclare haut et fort: 

     - La vie est un immense théâtre populaire où l’on joue des pièces absurdes et où les spectateurs sont sur scène et les pauvres comédiens, faute de sincère talent, au chômage. 

     C’est ainsi que j’ai pu interpréter les rôles suivants:

     Le bébé tranquille, l'enfant capricieux, l’adolescent curieux, le premier de classe, l’étudiant paumé, l’amoureux, l’adorateur trahi, le séducteur, le pornographe, le mari fidèle, le père de famille, l’époux infidèle, l’employé sérieux, l’étalonneur, le chef de laboratoire, le romancier, le scénariste brouillon, l’acteur, le monteur  et le réalisateur de films, le bleu en politique, le gréviste, le traitre, le divorcé, le solitaire, le voyageur, l’aventurier, l’enseignant bénévole, le professeur de cinéma, le directeur d’école, le remarié, le retraité et enfin le vidéaste avant-gardiste et l’écrivain libre.

     Ainsi, j’ai passé de la tendre enfance à la dure vieillesse en passant sans regret par les divers démons de midi. Soit: à la trentaine, à la quarantaine et à la cinquantaine.

     Et maintenant?

     Le démon de treize m’habitue, du matin au soir. 

     Souvent, après chaque une bonne sieste, je pète un bon coup et je me dis:

     J’en ai vraiment rien à foutre des diktats et des discours des soi-disant grands de ce monde. Dont la plupart sont des corrompus et des hypocrites. 

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  • Répétitions

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    Composition audiovisuelle ou film expérimental? Des mots, que des mots! Le but de cet exercice est de donner libre cours à l'imagination... du spectateur bien entendu. Davantage qu' à l'habitude, j'espère du moins.

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  • Le démon de treize heures (19, à suivre)

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     Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgSalut l’ami Tauxinelle! Comment vas-tu? Désolé, je voulais dire comment te sens-tu à la gauche de Dieu? Sachant que la droite est occupée par le fils du charpentier, le pire ennemi des pharisiens, et ses petits copains...

     Quel silence!

     Tu refuses de me répondre, toi le Genevois? Que lui est-il arrivé à ta mordache, à ta grande gueule des Pâquis ou de Plainpalais?

      Motus et bouche cousue! Motus pour tous,  au même stade d’égalité. Enfin un peu de justice! Je suppose.

     Ici-bas, rien n’a changé depuis que tu nous as quittés il y a plus d’une année, à l’aube de  de tes soixante-dix-huit ans. Rubis sur l’ongle, voire davantage et sans relâche, les femmes, les féministes surtout,  se  battent toujours pour se trouver au même niveau que les hommes, question salaire et pouvoir, et rien ne bouge aux pays des machos.   Au mieux, les phallocentriques les laissent bêler sans intervenir. Au pire, ils leur coupent l’herbe sous les pieds avant ou après chaque long bêlement. Car la compagne du mâle, pour ces gens-là qui dominent la planète bleue, bientôt noir fumée ou noire de fumée, est toujours considérée comme une chèvre qui n’est bonne que pour être prise par derrière, engendrer et donner de bons  fromages. D’où l’expression: en faire tout un fromage. D’après moi, bien entendu.

     Mais ton nouveau papa, céleste forcément, bien qu’il ne frappe jamais ses enfants à coups de ceinture tel ton ex éducateur et protecteur terrestre, n’est pas toujours au top concernant ses jugements, ses décisions et ses actions.

     Pour preuve, la semaine dernière, je me suis permis de demander à un caissier manchot d’un petit supermarché proche de chez moi:

     - Où et quand avez-vous perdu votre main gauche, en Afghanistan lors d’un combat?

     - Loin de là, je suis né ainsi, m’a-t-il répondu en souriant... C’est dans la famille, ma cousine est venue au monde avec un pied en  moins. 

     - Et... et... cela ne vous affecte pas trop?

     - A l’école peut-être mais plus maintenant. Ni complexe ni problème. Avant de trouver cette place paisible, j’étais conducteur de bus et je conduisais mieux que mes collègues. Sobre et ivre... Pourquoi ces questions?

     - Déplacées selon vous?

     - Niet, inattendues.

     - J’écris des romans entre autres... Puis-je vous citer dans l’un de mes prochains récits?

     - Volontiers! Je m’appelle Dimitri Novokipov et vous?

     Eh oui! La nature, cette infatigable créatrice des êtres et des choses, n’hésite pas à se laisser aller parfois. Créant ainsi des situations terribles, durement surmontables pour certains de ses deniers objets amusants, ses marionnettes vivantes. Quelles énormes différences entre elles souvent! Quel casse-tête pour l’égalitaire?

     C’est le désordre à deux doigts du chaos.

     Justement! En pensant à son contraire, il y a un certain temps, ma tendre épouse a rêvé de feu mon père. 

     Dans son rêve, le vieux lord, oui lord vu sa prestance et son langage prude, lui a dit:

     - L’ordre fait défaut là-haut. C’est pourquoi, j’ai l’intention de revenir sérieusement parmi vous. Mais avant cela, il faut que je fasse quelque chose. Quoi? Je ne sais pas encore...

     Alors après avoir brassé tout cela dans ma petite cervelle, j’ai décidé de faire du rangement dans mes souvenirs et ce en donnant une seconde vie à des images que j’avais abandonnées au fond de mes archives audiovisuelles.

     D’où ma série sur YouTube intitulée: Il était une fois mon vingtième siècle.  

     Tauxinelle! Nous avons découvert ensemble des lieux paradisiaques à pied, en moto, en bateau, en train, en hélicoptère, en avion et à dos d’éléphant. 

     Te souviens-tu de Coca et de Cola, ce couple de proboscidiens qui pétaient sans vergogne dans la forêt vierge ou presque,  au nord du fameux Pont de la rivière Kwaï? Quelle puanteur nauséabonde mais quels rires aussi!

     Vive l’aventure!

     Non, ne repose pas en paix, camarade! Essaie plutôt de suivre les traces célestes de mon géniteur, aventurier dans l’âme lui-aussi. Car j’ai l’impression que le vrai paradis se trouve sur terre. Et nulle part ailleurs.

     Nom de zou!

     

    A la mémoire de Jean-Jacques Tauxe. 

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  • Le démon de treize heures (18, à suivre)

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     Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgLe nez dans les étoiles et mon cul sur le sol, j’attends. J’attends quoi au fait? Que mes neurones de la révolte ou de la survie se mettent à gigoter? Peut-être!

     - On dirait que je prends ces cellules nerveuses pour une armée de petits soldats, je chuchote.

     Mes soldats! je corrige aussitôt en mon âme et conscience. Car je n’appartiens à personne. Ni l’état ni au clergé. Ni aujourd’hui ni demain. Jamais! Jamais à ces deux minorités de petits prétentieux.

     - Faussaires et fossoyeurs! je hurle.

     C’est vrai, me dis-je, ils cherchent à nous fourguer des salades mille fois fatiguées, remuées. Dans le seul but de nous voir ramper à leurs pieds et de crever la gueule ouverte avant eux.

     Mais heureusement! Tout n’est pas gangrené par le pouvoir et l’argent au pays de mes ancêtres et ailleurs. Il existe quelques élus, par le peuple uniquement,  qui échappent à cette masse de blancs-becs. 

     Ces êtres tombés presque du ciel, ils œuvrent forcément dans le domaine du social et surtout pas dans celui des paradis fiscaux. Tout le contraire des esprits pervers qui admirent, imitent ou soutiennent les dictateurs. Car ils songent avant toute chose à venir en aide aux plus démunis, aux veuves et aux orphelins. 

     Hélas, ils ne courent pas les rues!

     J’aimerais bien citer quelques noms mais, pour ne pas offenser ceux qui auraient temporairement disparu de ma mémoire, je préfère n’en signaler aucun. Malgré que ma langue me démange tel le dard d’un agent double. Ne suis-je pas un double national, l’espion juré pour certains des deux nations?... 
     
     Subitement, fou de rage, le commandant des mousquetaires de mon cerveau, défenseur farouche de la liberté d’expression et de la transparence, m’ordonne de cracher au moins les initiales de quelqu’un. Ne serait-ce que pour offrir un tantinet d’attraction en plus à ceux qui osent fréquenter mon jardin d’enfants pour grandes personnes.

     Alors, ne pouvant nullement aller contre le désir et la volonté de mon propre chef, je dévoile avec un grand plaisir:

     P-Y. M.

     Et j’ajoute pour pimenter ma farce littéraire:

     Il, et non elle, est du même signe astrologique que moi...

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