Peau de Nylon et Wadi Ram

Imprimer

 Enfant, je me racontais et je racontais des histoires à Saïouda, la fille du portier, en dessinant et en jouant avec des soldats de plomb. Tout allait bien, la petite égyptienne me comprenait à merveille et ne cessait pas d'en redemander... C'est ma période de gloire!

 Mais voilà qu'à l'école, je découvris l'alphabet, la lecture et l'écriture. Donc: une toute autre façon de voyager dans les airs et le temps. Trop compliquée pour moi! Pour un rêveur de mon espèce. Le vocabulaire et la grammaire avaient du mal à me rassurer et à me convaincre.

 Une quinzaine d'années plus tard, coup de foudre ou coup de théâtre au sein de mes neurones. Par hasard ou par rage, je tombai amoureux du cinéma.

C'est l'art de la liberté pour la liberté! me dis-je. Mais jusqu'à quand?

Mais aussitôt une voix (c'était certainement celle de Jean Cocteau) me chuchota à l'oreille:

- Lance-toi sans vergogne ni regret dans le monde libre des images en mouvement, jeune homme! Un film sans erreurs est un film sans âme, d'après moi.  Et d'après toi sûrement! Alors? De qui aurais-tu peur?

Ainsi, grâce à l'aide de Dieu et du diable, je réalisai Peau de Nylon puis Wadi Ram.

Lien permanent 2 commentaires

Commentaires

  • Très bel endroit, ce Wadi Ram. J'y suis passé en 1983 avec un groupe et nous avons picniqué plus loin dans le désert, à l'ombre des rochers monumentaux. Là où habite le Temps.

  • Un endroit à couper le souffle! J'y suis resté au moins un mois, en 1966. A l'époque, c'était encore possible, d'après ce l'on raconte...

    Le bédouin, en train de prier vers la fin du film, voulait que j'épouse sa fille... contre une somme qui équivalait plus ou au moins le prix d'un chameau ou d'un dromadaire, bien entendu.

Les commentaires sont fermés.