Méo rêvait de l'Amérique (3, à suivre)

Imprimer

Méo rêvait de L'Amérique, Hank Vogel.jpg  Été 1994. Je me trouve actuellement à Krung Thep. Ou, en français dans son entière dénomination, pour ceux qui ont du temps à perdre et pour ceux qui adorent la poésie au quotidien, dans La ville des anges, des fées ou des dieux, grande ville, résidence du Bouddha d’émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, riche dans l’énorme Palais royal identique à la demeure céleste, règne du dieu réincarné, ville dédié à Indra et construite par Vishnukarn. Ou encore, pour les pressés comme des lavements et pour ceux qui prennent souvent l’avion, à BKK. En somme, à chaque type d’individu sa propre dose de phonèmes!

 - OK! Je m’imagine que tu stagnes tel un journaliste littéraire dans cet immense bordel à ciel ouvert qui, paraît-il,  ne dort jamais... mais qui es-tu réellement, l’auteur de ce massacre éditorial ou un plouc de la  pire espèce en voie de se transformer en je ne sais quoi? me demanderait ma concierge, plus critique et plus psychologue que n’importe quel expert dans le domaine de la santé mentale... Sois transparent et concis dans tes propos et surtout à l’opposé des circoncis du zizi et du cerveau! ¿Entendiste mi mensaje?

 - Si señora.

 Elle a raison, toujours raison, cette laide antifranquiste.  Bien que je coucherais volontiers avec elle, rien qu’une seule fois, juste pour l’entendre jouir, sa  boîte à conseils fermée... bref!  Erik, c’est mon nom de famille et également mon prénom. Erik Erik, ça fait rikiki voire redondant pour les simplistes, j’en conviens. Mais depuis que j’ai passé à la télé, en train de rouler les mécaniques à la John Wayne dans un western amateur, tous mes copains m’appelle Duck, Dick ou Dac. J’ai quarante-huit ans, l’âge de toutes les tempêtes possibles, à cheval entre la crise de la quarantaine et celle de la cinquantaine. Un soir, à cause d’une histoire de cul sans queue ni tête, ma chère épouse m’a flanqué à la porte, chassé à coups de balai de notre domicile conjugal. Alors pour accéder à son jeu mi-figue mi-raisin, selon moi, et lui donner une petite leçon en retour, j’ai décidé de disparaître à ses yeux pour un certain temps. C’est pourquoi, je demeure ici où j’ai pris une chambre dans un hôtel bangkokois, à plus de neuf mille kilomètres de la cité barbare où je paie régulièrement mes impôts... pardon! nos impôts.

  BKK quelques années plus tard...

Lien permanent 0 commentaire

Les commentaires sont fermés.