Le démon de treize heures (16, à suivre)

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 Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgÔ Dieu! Encore toi! Toi le prioritaire. Hélas, tu es toujours sourd à mes discours. 

 Quelle guigne d’être né dans une famille monothéisme! Si j’étais venu au monde dans une maisonnée hindoue, j’aurais maintenant plus de choix vers qui m’adresser pour me lamenter de  mon sort. J’aurais en face de moi, en laiton ou en terre cuite bien entendu, Brahma, Shiva, Vishnou et toute un panoplie d’avatars. Quelle aubaine pour mes yeux! Moi qui ai tendance à vouloir jouer à la guerre avec des soldats en plomb.

 En effet, j’ai sur mon bureau, ou plutôt ma modeste table de travail, trois figurines,  trois pions de l’échiquier du Grand Architecte qui représentent chacun un personnage historique. Soit: Pierre le Grand, empereur de toutes les Russies, Napoléon Bonaparte et Staline.

 Le premier semble protéger sérieusement son épée avec sa main gauche, le deuxième caresser discrètement son ventre gonflé avec sa main droite à moitié enfouie dans son gilet et le troisième réfléchir profondément avec sa pipe éteinte et sans tabac. 

 Le Russe pèse 84,3 grammes, le Corse 74, 3 grammes et le Géorgien 60,5 grammes. Selon ma mini balance électronique que je viens d’acheter par caprice.

 Le poids de chacune de ces statuettes que représente-t-il à mon cogito en perpétuelle gestation?   

 Tout et rien à la fois. 

 - Impossible, bordel! crierait  ma concierge contestataire. Tu ne peux pas être au four et au moulin en même temps. À moins que tu aies un frère jumeau qui se prend pour toi. Mais ça, c’est une toute autre histoire!

 Alors je lui répondrais, fier tel un étudiant en psychologie ou en philosophie:

 - En effet, peut-être, pas forcément... Tout cela dépend de l’humeur de ma conscience. Plus précisément: rien quand je préfère me  taire de peur de me trouver en taule dans un pays dont les dirigeants sont hostiles à toute liberté d’expression, non ce n’est pas de la paranoïa due aux réseaux sociaux, ou quand les fesses de ma voisine m’obsèdent jour et nuit. Et tout quand j’ai envie de cracher quelques vérités dans l’espoir de... de... de...

 Mes pensées vont souvent plus loin que mes écrits. Car faute d’avocats sincères et de juges honnêtes et puissants à mes côtés, je me censure régulièrement...

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