• J'ai aimé et tué ma soeur (38, à suivre)

    Imprimer

    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg  Et après avoir avalé une gorgée de ce millésime non déclaré sans doute, Pierre-Jean me dit:

     - Navré de ruminer souvent pire qu’une vache du Nord-Kivu, mais c’est dans mon sang. Et tant que je ne recrache pas les herbes amères, je me sens mal dans ma peau.

     - Tant va le crachat au ciel, jusqu’au jour où il nous brise, j’ironise.

     - Donc, je devrais me taire selon vous, n’est-ce pas?

     - Au contraire. Une fois à terre, quelle joie pour se relever!... On se dit tu maintenant, OK?

     - OK!

     - Quel est ton problème?

     - Le même que le tien, je crois.

     - C’est-à-dire?

     - La réalité ne nous donne pas toujours raison. Car nous faisons partie de la race des gentils et des trop confiants.

     - Où veux-tu en venir?

     - Je sais pourquoi le rital de service t’a à l’œil. Fais attention à lui, mon frère, c’est un raciste et un pervers. Il déteste les noirs et ceux qui les défendent... 

     - Mais de qui parles-tu?...

    Lien permanent 0 commentaire
  • J'ai aimé et tué ma soeur (37, à suivre)

    Imprimer

     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgBistrot, café, troquet, bar, quel que soit le déterminatif, c’est le lieu parfait pour draguer, jubiler, se faire aimer, critiquer son voisin, comploter... et refaire le monde en compagnie de ses meilleurs amis en ingurgitant des litres de boissons sans frontière ou tout seul tel un poète égaré en déshonorant des pages vierges ou plutôt en chargeant son cahier bleu d’écolier à la retraite de notes et de fautes notes.

     Qu’importe la réalité, à chacun sa vérité! Ou l’inverse! La littérature n’a pas besoin d’un dieu ou d’un maître pour exister. Et encore moins d’éditeurs reconnus, pour survivre de nos jours. 

     Les ploucs proposent sans cesse des règles, des lois et des murs. Et les hommes libres et de bonne foi s’opposent constamment à à ces êtres vils, geôliers et bourreaux par nature.

     La société est un constant bombardement de bonnes et de mauvaises idées. Et celui qui est capable de focaliser sur autrui la moindre de ses pensées perverses est un criminel en puissance.

     Il... je... nous commandons finalement ensemble un pichet de vin rouge maison, excellente cuvée paraît-il, pour les deux.

     Et après avoir avalé une gorgée de ce millésime non déclaré sans doute, Pierre-Jean me dit:...

    Lien permanent 0 commentaire
  • J'ai aimé et tué ma soeur (36, à suivre)

    Imprimer

     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgQuel bonheur d’être loin, à l’abri des griffes des flics et des toubibs! me dis-je,  une fois dehors, à cent mètres du poste de police. Mon père avait tellement raison lorsqu’il cherchait à me le faire comprendre, avec des termes moins crus: quand ils ne nous ruinent pas, ils nous sucent tout notre sang. Jusqu’à ce que l’on devienne des couilles molles ou des agneaux pour les holocaustes à venir. J’ai honte de moi. Je suis un lâche, un faible, un froussard, un dégonflé, un jean-fesse, un jean-foutre, une lavette, une lopette, une gonzesse... J’ai trahi mes convictions profondes. Si proches de celles de Tell, pourtant. Si infaillibles.  Peut-être pas! J’ai eu un moment d’égarement, d’étourdissement, plus intellectuel que mental. J’ai dû confondre méfiance naturelle et sentiment mesquin, préjugé prémédité. A force de trop philosopher sur tout et sur rien... Le diable a souvent la peau douce et lisse afin qu’il puisse mieux glisser, plus rapidement, à travers les mailles de nos filets. Cette grâce spontanée, en quelque sorte, de la part de cet étrange  serviteur de l’ordre public, n’était-ce qu’un poisson d’avril? Un piège? Me redonner  goût à ma liberté dans l’espoir que je libère davantage ma parole? Car celui qui parle trop risque fort de marcher sur des plates bandes interdites... Eh bien, fils de pute, tu ne m’auras pas!

     Quelques minutes plus tard, je déambule    gai comme un pinçon dans une ruelle pleine à craquer quand un homme de couleur, un Africain certainement, m’interpelle en me disant:
     
     - Hé l’ami, je te reconnais toi! Tu as passé à la télé il n’y a pas si longtemps, n’est-ce pas?

     - Impossible, mon frère! je lui réponds tout décontracté, évidemment. Je ne fréquente pas ce milieu-là. Trop ringard, vieux jeu pour moi. Et heureusement! 

     - Pourquoi ça?

     - Parce qu’il a tendance à porter la guigne.

     - Comment ça?

     - Beaucoup d’invités, habitués des plateaux de télévision, des émissions à forte audience pour ne rien te cacher, qui pétaient plus haut que leur cul pètent maintenant de froid en prison. 

     - Vraiment?

     - Je suppose. 

     - Tu... vous n’êtes pas sérieux?

     - Ai-je l’air?

     Le Congolais, l’ Ivoirien ou le Suisse naturalisé s’essuie le front avec le dos de sa main gauche et, avec la paume de sa main droite, les doigts bien écarté, me caresse amicalement mais très brièvement l’épaule. Puis il s’exclame en souriant de toutes ses dents blanches:

     - Sacré Africain blanc! Vous alors!

     Et il poursuit, le regard digne d’un marabout: 
     
     - Désolé de vous avoir mal considéré, cher lointain cousin, c’est sur YouTube que je vous ai aperçu. Par hasard. Oui, c’est par hasard que je suis tombé sur une de vos vidéos... La nonne d’Ohatlava.

     - D’Ohalatva, je corrige. Il m’arrive aussi de m’y tromper.

     Et je profite pour critiquer: 

     - Que voulez-vous, certains mots finnois et noms finlandais sont parfois si durs à prononcer que j’ai de la peine à croire que les Finlandais sont les gens les plus heureux du monde. Et je ne compte pas leurs hivers trop longs et leurs nuits blanches en été qui pèsent sur leur moral. Bizarres ces experts des Nations Unies, non?     

     - En effet.

     Mais le providentiel bonhomme préfère continuer à parler de lui:

     - Et de fil en aiguille, de blogue en blogue, de récit en récit, j’ai fini par acheter votre roman La Nubienne. Je l’ai savouré tel un collégien accro aux récits historiques, page après page. Déjà, en admirant la couverture, j’ai jubilé et pleuré aussi. Merci de tout cœur pour avoir essayé de mettre les pendules à l’heure. Malheureusement, la réalité ne vous donne pas raison.

     - Quelle réalité?

     - Et si on allait boire un verre?

     - Excellente idée!

     - Je m’appelle Pierre-Jean Kashama.

     - Moi, c’est...

     - Pas la peine, je connais.

     Et nous voici partis pour une plus profonde conversation. Souhaitons-le!...

    Lien permanent 0 commentaire
  • J'ai aimé et tué ma soeur (35, à suivre)

    Imprimer

     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgEt merde! De nouveau, le syndrome de Stockholm se met à clignoter dans mon ciboulot.

     L’idée seulement, bien entendu! Car le fait de caresser les parties génitales d’un mec ne m’apporterait rien. Strictement rien. Contrairement à ce que voudraient nous faire croire de nos jours certains scénaristes de séries télévisuelles œuvrant pour des chaînes européennes et américaines très complices. Le lobbying de l’accouplement sans frontière mais stérile est astucieusement  bien lancé. Malheureusement pour  les adeptes de ce type d’exercice,  mes appétits sexuels ne commencent à rayonner qu’aux approches de la féminité, seulement. Ainsi le Grand Bouc et l’éducation accidentelle de mes parents m’ont fabriqué.

     Eh bien? Eh bien oui! 

     Ainsi, inopinément, une autre idée, plus superficielle, remplace sans la moindre hésitation  la stockholmoise. Soit une envie folle de cracher le morceau.

     Quelle plus sage décision!

     Quel cafouillage intellectuel plutôt! je songe. C’est du pareil au même! La tronche et le cul se retrouvent dans le même sac. Et je me fais des films.  

     - Que vous arrive-t-il? me demande Raoul, le regard digne d’un samaritain bleu en pleine activité. Vous semblez un peu pâle.  Vous faut-il un verre d’eau?

     - Un grand bol d’air frais ferait mieux l’affaire, je lui réponds la mine épuisée. Je suffoque et j’ai l’impression de séjourner déjà en prison, injustement... 

     - Je comprends.

     C’est à ces laps de temps que l’être sensible et bien éduqué diffère du sauvage livré à lui-même et que le bon gendarme se distingue des ses collègues conditionnés à l’extrême et refuse de dégainer d’après les consignes de son supérieur, me dis-je. Désobéir pour la bonne cause. Pour le salut de l’autre.

     - Puis-je? je murmure.

     - Rentrez chez vous! m’ordonne-t-il d’une voix réconfortante. Avant que ma charité ne se rapproche de cet infâme hôpital. Ne pas s’acquitter d’une facture pour des soins non souhaités n’est nullement une infraction à mon sens...

    Lien permanent 0 commentaire
  • J'ai aimé et tué ma soeur (34, à suivre)

    Imprimer

    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg- Sinon?

    - Votre ego de matraqueur risquerait de vous propulser dans des sphères surréalistes semblables à celles que fréquente régulièrement votre collègue ou ex collègue Paul Popol.

     - Comment ça? Soyez plus terre à terre, je suis allergique aux explications à tendance littéraire. Et puis c’est qui ce Pol Pot?

     - Popol!... Le rapprochement était inévitable, j’en conviens. Comme Raspoutine avec Poutine... Pourtant... pourtant...

     - Pourtant?

     - Mon petit doigt prétend le contraire.

     - Concernant quoi?

     - De l’amoureux de ma frangine, nom de Dieu!

     Raoul, surnom que j’attribue à tout imbécile qui s’exalte momentanément dans son imbécillité, tire une gueule pas possible et me crie dessus, une fois de plus, tel un curé de campagne hors de lui:

     - On ne prononce pas le nom du Seigneur en vain, misérable!

     Puis sur ton carrément moins ecclésiastique:

     - A force de jouer avec l’interrupteur, les plombs finissent par sauter... Nous sommes dans une ville calviniste où les bourgeois de la haute ne jurent jamais. En tout cas publiquement. Ce qui se passe en cachette ne doit pas être différent d’ailleurs. A Rome comme à Babylone! 

     - A Genf comme au Vatican! j’ajoute gaiement.

     - Je ne déplore que ce que je sais. Pour le reste, je suppose et j’enquête. 

     - Au plus pire, vous chassez les pédophiles des crèches et les nécrophiles des cimetières actuellement, non?

     - Conformément aux lois en vigueur.

     - Qui sont aussi élastiques que ma culotte.

     - C’est le peuple qui décide, démocratiquement.

     - Pendant que la majorité jouit, la minorité se ronge les ongles. 

     - Désolé, mais jusqu’à présent personne n’a trouvé quelque chose de mieux.

     - Je suis entièrement de votre avis.

     Et merde! De nouveau, le syndrome de Stockholm se met à clignoter dans mon ciboulot...

    Lien permanent 0 commentaire
  • J'ai aimé et tué ma soeur (33, à suivre)

    Imprimer

     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgAlors, alors, alors... tel un politicien qui n’a pas inventé la poudre mais qui rêve de s’approprier la poudrière, je me lance verbalement:

     - Un coronavirus solitaire, fabriqué en Chine ou échappé d’un laboratoire chinois, est nettement plus dangereux pour la santé et la sécurité de toute notre nation qu’une barque surchargée d’Africains échouée sur une rive isolée de notre beau lac Léman. Mais! Oui, mais encore plus dangereux est le pouvoir malin de la pensée avec ses divers et nombreux buts de conditionnement, d’assujettissement. Synonymes: soumission, servitude, domestication, oppression, dépendance, asservissement, subordination, abrutissement etcétéra. Par le truchement de la parole, de l’écrit, de l’image dessinée ou peinte, du film, des télécommunication et de la télépathie.  Les scientifiques ont probablement inventé les mathématiques mais ils ont certainement volé l’imagination aux poètes. CQVD, époque iphonique oblige: ils prétendent, les plus convaincus, que le cerveau humain actuel est apparu il y a 1,7 million d’années. Quelle générosité avec les chiffres! Je veux bien. Tel le concept du père, du fil et du saint esprit. Depuis notre plus tendre enfance, on nous bombarde des histoires à faire sauter de colère le Bon Dieu. Comme celle de son soi-disant fils unique, lui qui nous a tous créés, mort sur la croix pour tous nos péchés. Passés, présents et futurs. Belle mentalité!... Bref! Étant donné que votre  hémisphère cérébrale droite est aussi raide  que la couille gauche de l’homo sapines, vous souhaitez vraisemblablement que j’avoue mon impardonnable crime avec de véritables preuves à l’appui. Malheureusement, la pensée ne laisse aucune trace apparente. Sinon... sinon...

     - Sinon?...

    Lien permanent 0 commentaire
  • J'ai aimé et tué ma soeur (32, à suivre)

    Imprimer

     Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpgL’idée du syndrome de Stockholm m’inquiète un bref instant.

     - Merde! Je n’espère pas, je bredouille.

     L’homme, prêt à tout pour prouver à ses supérieurs que son poste est plus qu’indispensable vu que l’état cherche à tout prix à  diminuer le nombre de ses fonctionnaires, d’après la presse actuelle, se penche vers moi et me dévoile comme s’il s’agit d’un secret trop longtemps gardé:

     - Nous l’admettons et je l’admets aussi, la police de grand-papa a trop souvent échoué, celle d’aujourd’hui, au contraire,  pour éviter ce triste résultat, met l’accent sur tout afin que ce tout devienne une parfaite réussite. Vous comprenez, c’est clair? Non?

     Je hoche la tête tel un Bengali contrarié. 

     Il m’explicite à sa manière alors:

     - Métaphoriquement, tout nouvel arrivé sur le territoire, qu’il soit suisse ou étranger, est observé à la loupe et tous les crimes au microscope. Soit: les assassinats, les meurtres, les matricides, les parricides, les brigandages, les voles, les violes et tous les autres délits majeurs et mineurs.

     Je grimace fortement. 

     Il fronce les sourcils.

     - Et les virus au télescope, dis-je, prolongeant ainsi ironiquement son explication métaphorique

     - Virus ou Vénus? me demande-t-il, sérieusement. 

     Soit il est sourd, soit il joue au con et il a l’intention de gagner, me dis-je.

     Alors, alors, alors... tel un politicien qui n’a pas inventé la poudre mais qui rêve de s’approprier la poudrière, je me lance verbalement:

     - Un coronavirus solitaire, fabriqué en Chine ou échappé d’un laboratoire chinois, est nettement plus dangereux pour la santé et la sécurité de toute notre nation qu’une barque surchargée d’Africains échouée sur une rive isolée de notre beau lac Léman...

    Lien permanent 0 commentaire
  • J'ai aimé et tué ma soeur (31, à suivre)

    Imprimer

     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgIl éclate de rire.

     Quant à moi:  c’est la froideur et le silence total.

     Mais! Mais?

     Si le rire est le propre de l’homme, il n’est pas toujours très propre, je raisonne. Il camoufle bien des sentiments peu honorables telle que la satisfaction d’une défaite ou celle d’une vengeance, par exemple. On rit et on sourit beaucoup lors d’une élection ou d’une compétition. Pendant que dans le camp adverse, on pleure. Souvent à chaudes larmes. Aime ton prochain, même ton ennemi, comme toi-même! Qui a suivi à la lettre ce brave et tendre conseil? Dans toutes les circonstances? Chaque chef fabrique sa sauce à sa façon et les chefs sont nombreux. Surtout parmi les adorateurs des évangiles... A quand une police cordiale? Jamais? Un jour peut-être? Flicaille rime avec traînaille, forcément!

     Après avoir assouvi sa soif de je ne sais quoi, l’ex agent de la circulation me dit avec une gentillesse plutôt mitigée:

     - C’est grâce à des types de votre genre que j’ai pu grimper les échelons. Merci mille fois. Sincèrement. Mes collègues, eux, préfèrent les classiques. La grâce d’un côté, la  cause de l’autre. Ainsi va bon train le déroulement des choses, messes y comprises... Les affaires des classiques sont vite classées. C’est pour cela que je les appellent ainsi. Tandis que celles des espèces rares tel que vous ont du mal à trouver refuge à la salle des archives, rapidement bien entendu. Mais tôt ou tard, tous les dossiers sont bouclés.

     - Théoriquement, je souligne.

     - Rasseyez-vous! m’ordonne-t-il amicalement, en apparence.

     J’exécute son ordre avec joie, quasi avec jouissance. 

     L’idée du syndrome de Stockholm m’inquiète un bref instant.

     - Merde! Je n’espère pas, je bredouille.... 

    Lien permanent 0 commentaire
  • J'ai aimé et tué ma soeur (30, à suivre)

    Imprimer

     J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg - Faites-vous plaisir, j’ai tout mon temps.

     - Et vous n’êtes pas payé à la pièce, ajouterait ma concierge. N’est-ce pas? 

     Le policier, admirablement attitré et parvenu à ce rang grâce aux camarades de son parti, radical sans doute, frappe du poing sur la table et me crie dessus:

     - Cessez de me prendre pour un con, vieux schnock! Ou je serais obligé de vous interroger moins dignement. Vous debout et moi assis. Cela n’est nullement en opposition avec la convention contre la torture,  que je sache! Bien que... Compris?

     - ...

     - Inteso, verstanden, understood

     Je me lève d’un bond et lui dit sèchement:

     - Ce bien qui prouve nettement que vous avez une âme de tortionnaire. Souhaitez-vous vraiment que je meurs sur le champ comme au e-coffee&more.com ou que je vous tue comme j’ai tué ma sœur?

     Il éclate de rire...

    Lien permanent 1 commentaire
  • J'ai aimé et tué ma soeur (29, à suivre)

    Imprimer

    J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg  - Alors Monsieur alias El Pirata! Savez-vous pourquoi vous êtes ici cette fois-ci? me demande le commissaire, le sourire au bout des lèvres.

     Attention! Toute réponse est sujet à caution dans ces bureaux gris et froids de la police, me dis-je. Bêtement, un oui ou un non peuvent s’échapper de ma bouche. Mais avec un minimum de jugeote, digne d’un révolté de la pire espèce que je suis, deux voies plus subtiles s’offrent à moi. Celle du mutisme et celle de l’ignorance. C’est-à-dire, pour la seconde, agir tel un bourricot de père en fils ou faire l’âne... Merde! Rien n’est simple face à un flic, sa logique me semble si identique à celle d’un bourreau. Alors?

     - Alors Monsieur alias El Pirata! répète l’assujetti aux forces de l’ordre. 

     - Alors, adonc, ainsi, cependant, conséquence, donc, eh bien, lorsque, pendant, pour lors und so weiter, je récite... Notre langue est bien riche malheureusement l’homme de la rue  préfère se limiter à quelques uns. Connaissez-vous la raison à cela?

     - Et vous?

     - Soit par indifférence soit par manque de culture ou d’intelligence. Tout ça pour vous signaler qu’ El Pirate est le résultat qu’un long travail... Puis-je continuer? Ou... ou...

     - Faites-vous plaisir, j’ai tout mon temps...   

     

    Lien permanent 0 commentaire