J'ai aimé et tué ma soeur (31, à suivre)

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 J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgIl éclate de rire.

 Quant à moi:  c’est la froideur et le silence total.

 Mais! Mais?

 Si le rire est le propre de l’homme, il n’est pas toujours très propre, je raisonne. Il camoufle bien des sentiments peu honorables telle que la satisfaction d’une défaite ou celle d’une vengeance, par exemple. On rit et on sourit beaucoup lors d’une élection ou d’une compétition. Pendant que dans le camp adverse, on pleure. Souvent à chaudes larmes. Aime ton prochain, même ton ennemi, comme toi-même! Qui a suivi à la lettre ce brave et tendre conseil? Dans toutes les circonstances? Chaque chef fabrique sa sauce à sa façon et les chefs sont nombreux. Surtout parmi les adorateurs des évangiles... A quand une police cordiale? Jamais? Un jour peut-être? Flicaille rime avec traînaille, forcément!

 Après avoir assouvi sa soif de je ne sais quoi, l’ex agent de la circulation me dit avec une gentillesse plutôt mitigée:

 - C’est grâce à des types de votre genre que j’ai pu grimper les échelons. Merci mille fois. Sincèrement. Mes collègues, eux, préfèrent les classiques. La grâce d’un côté, la  cause de l’autre. Ainsi va bon train le déroulement des choses, messes y comprises... Les affaires des classiques sont vite classées. C’est pour cela que je les appellent ainsi. Tandis que celles des espèces rares tel que vous ont du mal à trouver refuge à la salle des archives, rapidement bien entendu. Mais tôt ou tard, tous les dossiers sont bouclés.

 - Théoriquement, je souligne.

 - Rasseyez-vous! m’ordonne-t-il amicalement, en apparence.

 J’exécute son ordre avec joie, quasi avec jouissance. 

 L’idée du syndrome de Stockholm m’inquiète un bref instant.

 - Merde! Je n’espère pas, je bredouille.... 

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