J'ai aimé et tué ma soeur (24, à suivre)

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J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpg  Puis, illico presto, c’est l’obscurité presque totale. Ou, en d’autres termes, le noir quasi absolu. C’est-à-dire: un ramassis d’ombres sombres où le côté artistique du cerveau, l’hémisphère droit d’après les scientifiques, peut encore distinguer les différentes nuances de cette couleur qui n’en  serait pas une d’après certains, faute d’avoir été mal éclairés depuis leur tendre enfance. Soit: l’aile de corbeau, le brou de noix, le cassis, le dorian, l’ébène, le noir animal, le noir charbon, le noir d’aniline,  le noir de fumée, le noir de Jais, le noir d’encre, le noir d’ivoire, le noiraud, le réglisse et j’en passe et des meilleurs. Même dans le black-out, l’aventurier cherche toujours tandis que le zèbre qui s’est embourgeoisé renonce rapidement à ses zébrures. 

 Puis, puis, puis... j’ai la bizaroïde sensation de m’extraire d’un puits sans fond. Ainsi, petit à petit, mes yeux s’invitent à la lumière et je constate en final, avec stupéfaction, que je suis allongé sur un lit, dans une chambre d’hôpital, vu la propreté et l’odeur des désinfectants, et qu’une femme en blouse blanche, une infirmière sans doute, vautrée sur un fauteuil roulant, est en train de ronfler près de la fenêtre...

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