Le démon de treize heures (8, à suivre)

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 Le démon de treize heures, Hank Vogel.jpgÔ Ange des ténèbres! Dans quelle grotte les as-tu fourrés, ces petits Suisses aux idées si obscures déjà? Ils ne savent plus quel chef suivre car aucun des élus ne possède la lanterne tant espérée. On stagne au pays des Helvètes recomposés. Telle une famille très nombreuse après plusieurs divorces et plusieurs remariages forcément.

 Forcément, forcément! Il n’y a point de dignité dans ce pays de cocagne. En apparence, mercantile! Socialement et ou professionnellement, on n’y réussit qu’à coups de piston. Papa, tonton, tribu, ghetto, parti politique ou cercle intime.

 - A valeur égale, j’engage toujours un candidat membre de ma chapelle, même pour un poste minable, m’avoua personnellement un ancien maire de Genève, au volant de sa voiture.

 A valeur égale? Quelle valeur égale? C’est du pipeau tout ça, camarade de mes vieilles seringues!

 Ça me pique encore les nerfs tout ça. Je passe alors à tout autre chose. Je fouille dans mes archives. Électroniques. Sans but précis. Pareil à un fouineur dans une cave abandonnée après un bombardement. Tout à coup, je tombe sur un portait photographique de moi datant de janvier 1955.

 - Quelle fraîcheur, je murmure... Et mes esgourdes décollées?

 Comme c’est bizarre, me dis-je, elles ont dû prendre le bon pli grâce à mon insouciance, à force d’avoir trop dormi sur ses mes deux oreilles.

 1955! Un année inoubliable. Surtout le 5 du 5 1955. 

 Il y avait Nicolas, Patrick, Rosemarie et moi. Les frères O’Leary, la belle Tschanz et le petit oiseau. Nous étions des enfants heureux.

Hank Vogel, janvier 1955.jpg

Hank Vogel, janvier 1955

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Rosemarie Tschanz... 1954

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