Extrême (34, fin)

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Extrême, Hank Vogel*.jpg

Après la soif et la peur, toutes les fontaines coulent librement à flots et plus rien n’est comme avant.

Malheureusement les crétins et les salauds préfèrent le contraire. Soit par ignorance soit, selon eux, pour mieux contrôler la situation. L’ancien serait plus rassurant que le nouveau, a fait ses preuves et tous les gens ou presque ont survécus aux pires tempêtes.

Six semaines plus tard, Napoléon alias Ekstrèm se pointe chez moi, accompagné de deux mercenaires armés jusqu’aux dents, un noir et un blanc originaires probablement de Cuba, et me dit:

- Je conteste le vote. Il a été truqué. On a volontairement mal compté.

- Comment ça truqué, mal compté? je lui demande tout étonné. Nous avons tous dit oui en levant le bras. Même toi!

- Quel bras?

- Je ne comprends pas. Nous avons tous sauté de joie. Même toi!

- Tu te répètes, faux patriote!

- C’est la vérité.

- Je me suis forcé pour ne pas gâcher la fête.

- Alors?

- Ta complice négroïde a déclaré: le bras droit pour le oui et le gauche pour le non... et j’ai compté plus de...

- Spot! Chantimanee a proposé exactement, et cela figure dans mes archives: que tous ceux qui sont pour la pension lèvent leur bras droit et tous ceux qui sont contre leur bras gauche... ou plutôt aillent se faire bouffer par les requins!... Et personne ne s’est baigné ce jour-là.

- L’eau était trop froide.

Je m’esclaffe puis je lui avoue:

- Tu me fais vraiment penser au plus mauvais perdant des présidents américains... J’espère que tu es plus intelligent et moins orgueilleux que lui pour changer ton fusil d’épaule.

- Va chercher tes archives, tête de nœud! m’ordonne le mercenaire blanc, crûment.

- Excellente idée! souligne Extrême.

Et le mercenaire noir sort aussitôt de sa poche arrière une boîte d’allumettes.

A cet instant précis, je me trouve face à un trilemme: obéir, fuir ou me battre.

Obéir: c’est souvent frustrant mais c’est la chose la plus facile à faire. Il n’y qu’à regarder autour se soi.

Fuir: c’est angoissant, dangereux très difficile à atteindre un but.

Se battre: seul, c’est la mort assurée. Pas seul, c’est la défaite ou la victoire.

Alors, en tant que Glaronais de père en fils depuis des siècles et au nom de la démocratie nouvelle version, je siffle de toutes mes forces et par chance...

Deux concubines en colère valent à elles seules toute une armée de Cubains!

La femme est l’avenir de l’homme, a écrit le poète Louis Aragon.

Ohalatva, le 21 novembre 2020.                                                                                                            

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