• La tour de Babel, c'est de la nioniote à côté!

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    La tour de verre, opaque pour le grand public, est un bordel étatisé où tout le monde couche avec tout le monde, ou presque, aux frais de la princesse, m'a dit un jour mon ancienne concierge qui écoutait aux portes pour le compte du KGB et de la CIA. En tout cas, c'est sûr, les réalisateurs baisent avec leurs monteuses, parfois même dans les box de montage. On tutoie aisément son dirlo et on complote derrière son dos, sans vergogne et à longueur de journée. Ça pédale et ça gouine dans tous les coins obscurs et isolés, aussi. A rendre jaloux les cochons et les cochonnes de nos chers parlements, égalité oblige! On n'entre pas dans ce lieu sacré qui flirte avec le ciel sans un gros coup de piston. Non! C'est certain! Grâce ou à cause de qui? Mystère et boule de gomme. La tour de Babel, c'est de la nioniote à côté, du pipi de chamelle...

    Alors l'affaire du beau parleur, qui chausse du 48 et qui s'est tiré chez les grandes gueules, ne m'étonne guère.

    D'autres histoires du même genre voire plus croustillantes méritent d'être déterrées. Dans les hôpitaux et les banques, également.

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  • Extrême (24, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgLe véritable chemin pour toucher le cœur d'un homme passe par son estomac, disent les Chinois.

    Ou plutôt les Chinoises qui savent aussi bien adoucir les chinoiseries de leurs pénibles maris que de faire du feu sans allumettes ni briquet et tricoter sans aiguilles.

    En somme, le conard, avec un ou deux n, qui épousera une nana qui sait tout faire avec ses doigts et cuisiner comme un grand chef vivra une vie de pacha. C’est-à-dire: dix fois plus amusante que celle d’un roi et cent fois plus rassurante que celle qu’un président.

    - Je n’aurais jamais imaginé manger une si bonne choucroute sous les tropiques, dis-je à ma voisine, tout rayonnant de joie.

    - Et de vraies saucisses de Strasbourg, ajoute-t-elle gaiement.

    - En effet!

    - Quand on est alsacienne par son père et milanaise par sa mère, on a forcément du nez.

    - Cela confirme pourquoi Chinta vous a surnommée Madame Cameron.

    - Quelle horrible nom!... Mais où est-elle allé chercher ça?...

    - Cameron est dérivé du mot gaélique qui signifie nez crochu.

    - Me prend-t-elle pour une sorcière, la cachottière intellectuelle? Pute, j’accepte encore mais pas ça...

    - C’est elle la sorcière pas vous... Tenez, pour preuve, il m’arrive souvent de rêver d’elle moins noire que d’habitude et masquée d’une étrange cagoule qui change de couleur toutes les secondes ou presque. Elle m’a jeté un sort à distance...

    L’ Italo-Alsacienne éclate de rire...

    Chintamanee.gif

    Chinta dans mes rêves!

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  • Extrême (23, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgQu’il soit blanc, jaune ou noir, le visage d’un homme, que je rencontre pour la première fois, me fait penser à un tableau noir mal effacé. Par contre, celui d’une femme à un livre sacré et secret qui m’incite à la prière.

    Vénus réincarnée lève les mains au ciel et murmure en italien:

    - Grazie per la tua velocità.

    - Désolé, je croyais che eri francese, je baragouine.

    - En effet, je le suis, me confirme-t-elle avec fierté... J’utilise la langue de Dante uniquement quand je m’adresse à Dieu. Et vous?

    - Je ne m’adresse jamais à lui.

    - Pourquoi?

    - Parce que ce n’est dans mes habitudes de réveiller quelqu’un qui dort pour un caca nerveux.

    Étonnée par ma réplique, voir peut-être choquée, elle me regarde de la tête aux pieds d’une manière très bizarre.

    Puis elle m’avoue avec sincérité, malgré tout:

    - De près et maintenant, vous avez meilleure allure que de loin et il y a trois semaines.

    - Comment ça? Vous venez à peine de débarquer.

    - On vous a mal informé.

    - Impossible, mes sources sont sûres.

    - C’est votre Négresse qui a monté cette salade? Vous ne savez pas qu’une femme terriblement amoureuse préfère se taire ou mentir au lieu de tout dévoiler à son futur amant...

    - Mais de qui parlez-vous?

    - De Chintamanee, mon cher!

    - Eh bien!...

    - Qui m’aide du mardi au jeudi à transformer ce capharnaüm en un habitat à peu près convenable...

    - Une invention nait souvent d’une frustration.

    - Quel rapport?...

    - Puis-je entrer pour voir?

    - Pas à présent! Quand tout sera nickel...

    - Êtes-vous au courant que la nuit, le fantôme de l’écrivain Hemingway rode au tour de votre prochain château?

    - Celui de Margaux peut-être mais celui d’Ernest, j’en doute fort.

    - Qu’est-ce qui vous a poussé à me contredire avec une telle diplomatie?...

    - Comme les messages envoyés par les tam-tams locaux ne semblent pas différer de ceux que l’on découvre sur les réseaux sociaux, permettez-moi d’ajouter ceci: oser montrer son cul en public ne signifie nullement que l’on ne possède aucune culture... Pour votre gouverne, sachez que l’auteur du Vieil homme et la mer pêchait souvent à Cuba mais jamais dans ce trou perdu où il n’y a ni bar ni magasin de cartouches.

    - Toutes mes excuses!... Je n’ai plus qu’à...

    - Qu’à me considérer comme votre égal et d’accepter de partager un petit repas à l’ombre des palmiers. D’ac, camarade?

    - D’ac, pour la paix entre naufragés.

    Quelle femme et quel homme à la fois! me dis-je. La prochaine révolution sera celle pour la véritable égalité...

    La maison d'Ernest Hemingway à Cuba.jpg

    La maison d'Ernest Hemingway à Cuba (cliquez sur la photo)

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  • Extrême (22, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgLa curiosité est un vilain défaut, dit-on. Ou dira-t-on jusqu’à quand? Si c'était vraiment le cas, Amerigo Vespucci se serait contenté de faire les cent pas dans son petit jardin adoré et je n’aurais jamais goûté aux fruits sucrés de l’Amérique.

    Alors, si l’on accepte d’obéir aveuglement à n’importe quelle sagesse populaire, mieux se cloîtrer chez soi et attendre l’arrivée d’un messie.

    A mon humble avis, il n’y a que quatre péchés à ne jamais commettre sur cette fabuleuse planète où vivent des êtres sensibles et fragiles: mentir, voler, blesser, moralement et physiquement, et tuer.

    Petit précision concernant la blessure morale:

    Quand je vous insulte personnellement, je commets l’impardonnable.

    Mais quand je blasphème, selon vous, je n’ébranle que votre délicate croyance. A vous donc de la fortifier en ignorant mes paroles!

    Madame Cameron! Est-ce sa chair fraîche ou son esprit vagabond, qui des deux m’a suscité à de telles réflexions? je me demande.

    Eh bien, pour ne pas surcharger ma cervelle de ridicules interrogations, je prends mon courage à deux mains et je me rends chez elle.

    Quelle beauté! Je suis stupéfait jusqu’aux os. Quasi foudroyé.

    - Bonjour, je suis votre voisin, je me présente d’une voix fébrile...

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  • Extrême (21, à suivre)

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    Je souris béatement.

    - C’est quoi pour une grimace? réagit-elle.

    Pour qui se pend-t-elle, cette boniche? me dis-je et je lui réponds, vexé, en haussant la voix:

    Extrême, Hank Vogel*.jpg- La récréation est terminée, le travail nous attend, parbleu!

    - Parbleu, parbleu! répète-t-elle... Tous les mêmes ces progressistes à la noix de coco, ils critiquent les patrons et ils se comportent pire qu’eux...

    - Je ne plaisante pas!

    - Vous êtes aussi versatile que Madame Cameron!

    - C’est qui encore celle-là?

    - Une ex star du porno qui vient se s’installer non loin de chez vous. Vous feriez la paire tous les deux!

    Et, comme si notre conversation n’a jamais eu lieu, elle fonce à la cuisine mettre de l’ordre et laver ma vaisselle de toute une semaine. Car elle craint sûrement l’arrivée des rats et des serpents vu le gros merdier que j’ai laissé...

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  • Extrême (20, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgAprès une pause verbale à inquiéter le plus terrifiant de ses adversaires, elle me demande sévèrement:

    - Pourquoi êtes-vous venu sur cette île paradisiaque, pour semer la zizanie parmi ses habitants ou pour enfin trouver la paix? Soit on fuit ses démons soit on s’amuse à en créer d’autres. Qui êtes-vous en réalité?

    - La réalité n’est qu’une illusion, je lui réponds sereinement, malgré ses lourdes questions. Je ne suis rien mais... oui, mais j’aimerais devenir quelqu’un à part entière... quelqu’un de bien.

    - Est-ce ce mais dû à l’éducation qui vous dérange ou vous démange?

    - Probablement.

    - Restez donc à l’ombre de vous-même et l’univers s’en portera mieux. Ou alors!...

    - Ou alors?

    - Brûlez les mauvaises herbes qui ont envahi votre petit jardin secret et plantez y de nouvelles graines. Tel un révolutionnaire prêt à tenter le tout pour le tout. Qu’avez-vous à perdre? Pour une personne toute seule, votre fortune immense ne vaut pas grand-chose dans ce coin perdu au milieu de nulle part. Elle vous permet tout juste de commander sur votre portable des objets inutiles made in China et de vous payer les services de l’unique domestik qui a accepté de venir bosser chez vous. Avez-vous pensé à ça?

    Je souris béatement.

    - C’est quoi pour une grimace? réagit-elle...

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  • Extrême (19, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpg- Quelle vraie vérité? me demande-t-elle en fonçant les sourcils.

    - Chez de nombreuses personnes, éduquées plus à se taire qu’à s’exprimer, le problème est qu’elles anticipent mentalement les évènements et souvent de travers avant même de se poser les bonnes questions et de les poser aux autres aux moments opportuns. Le noir est d’office trop noir et le blanc pas assez blanc. Une torche, une canne ou un bras! On ne peut pas avancer dignement dans l’obscurité la plus totale sans la moindre aide. La vérité n’éclate pas au visage forcément à tout instant...

    - C’est trop sophistiqué tout ça pour moi, venez au fait. Que s’est-il réellement passé entre vous et lui?

    - Pour prouver à la face du monde que je ne suis pas raciste, il m’a conseillé d’épouser une femme de couleur. Je lui ai dit que je suivrai son fabuleux conseil et il a flippé.

    - Vous êtes certain?

    - Oui, en gros.

    - C’était avant. Non?

    - Avant quoi?

    - Qu’il ne flippe selon vous!... Certains anticipent, d’autres rétrogradent et la société pédale dans la semoule. Et mes fesses alors, elles comptent pour beurre?

    - Je ne me souviens pas très bien.

    - Lui, par contre, il a une mémoire d’éléphant. Et il m’a répété mot pour mot ce que vous lui avez dit, avant d’exploser de chagrin ou de jalousie. Soit, qu’est-ce qui chatouille le plus ta curiosité: mon glaronisme en chute libre ou, au contraire, mon attirance en croissance vertigineuse pour les fesses de Chinta, si fermes et si douces?

    Je me frotte l’œil droit et je murmure:

    - Toute une histoire pour quelques mots.

    - On déclenche une guerre pour moins que ça, me dit-elle, toute chiffonnée de mon manque de sincérité, probablement...

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  • Extrême (18, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgChinta réfléchit un long moment.

    Elle stagne dans ses pensées, je rumine entre temps, tel un psychanalyste attentif et soucieux de sa patiente. Elle cherche une stratégie, un angle d’attaque, se concentre sur sa probable verbalisation, pèse le pour et le contre. Va-t-elle déclencher une tempête au risque de perdre son emploi?

    Puis elle me dit tout sagement:

    - Pour ne pas changer ses sacrées habitudes, Ekstrèm raconte des histoires à faire peur aux crédules et aux petits enfants. Comme tout extrémiste qui se respecte, aussi bien à gauche qu’à droite. Dommage pour lui! Car il n’est pas moche, le mulâtre, et de loin idiot...

    - Quel genre d’histoire?

    - Que vous sautez sur tout ce qui bouge.

    - Même sur vous?

    - Spécialement sur moi.

    - Le salaud!

    - Non, il est jaloux.

    Je me frappe le front et j’avoue:

    - Tout est de ma faute... Je le savais, je le savais! En réalité, il ne savait rien, il voulait sans doute connaître la vraie vérité.

    - Quelle vraie vérité? me demande-t-elle en fonçant les sourcils...

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  • Extrême (17, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgHier, c’était: métro, boulot, dodo.

    Aujourd’hui, c’est: plage, nage, dorlotage.

    Hier, j’étais un esclave anonyme parmi une myriade d’abrutis de la même espèce d’une société mercantile sans scrupule.

    Aujourd’hui, je suis un membre isolé du farniente et du rien-à-foutre.

    Un retour en arrière définitif, c'est le pire qui puisse m'arriver. C’est pour cela que tous les matins en me levant, j’embrasse la vie de pleines lèvres. A faire rougir le Bon Dieu. Ainsi, les heures coulent à mes pieds au lieu de ronger ma cervelle comme dans le passé.

    Les lundis, les mardis, les mercredis, les jeudis, les samedis et les dimanches passent comme une lettre à la poste.

    Pour moi, le jour du Seigneur, c’est le vendredi. Quand Chintamanee est là.

    Et quand on parle du loup on en voit la queue!

    Ma bèl sèvitè arrache nerveusement le masque blanc et bleu de son visage noir animal et me dit toute essoufflée:

    - Désolée d’être en avance... sur mon horaire... mais il fallait que je vous vois... de toute urgence.

    - Vous êtes malade? je m’inquiète.

    - Non, c’est ce filtre imposé qui me rend dans cet état.

    - Alors ne le portez plus. L’île est à l’abri de toute contagion. Personne n’entre ni ne sort de ce paradis perdu. A part le capitaine et les deux matelots de la navette qui nous approvisionne et transporte nos colis...

    - Justement! Extrême se méfie d’eux... Et... et...

    - Et?

    - Particulièrement de vous.

    - Il pense que je suis porteur de ce virus chinois parce que j’ai commandé des produits en Chine?

    - Entre autres.

    - Pourtant, dernièrement, il est venu chez moi sans la moindre protection.

    - Mais le problème principal, ce n’est pas ça.

    - C’est quoi alors?

    - C’est vous!

    - Moi?

    - Oui, vous... rien que vous. Avec vos messes basses made in je ne sais quoi...

    - Allez droit au but, au lieu de tourner autour du pot!

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  • Extrême (16, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgJe le savais, je le savais!

    Chagrin, jérémiade, gémissement, lamentation, plainte... Je ne trouve pas le mot juste.

    Que voulait-il insinuer par son exclamation sans suite, ce cher Extrême? me dis-je. Sincèrement, je ne vois pas. Suis-je devenu naïf à force de ne fréquenter quasi plus personne? C’est vrai, ailleurs qu’ici, dans les grandes cités surtout, j’ai... non, j’avais la fâcheuse sensation que les autres se plaisaient à me pousser dans le cercle infernal de la méfiance afin que je ne considère que le côté sombre des êtres et des choses. Un regard de travers ou un geste maladroit de la part d’un inconnu à la mentalité différente de la mienne et voilà que toute beauté présente se transformait aussitôt en laideur... La famille, les amis, les collègues de travail, les médias avec leurs pro-ceci et les anti-cela nous influencent sans cesse et nous culpabilisent souvent à tort. Nous ne sommes jamais entièrement nous-mêmes, nous traînons toujours avec nous les rancunes et les séquelles imaginaires des autres.

    La peur, tel un monstre soutenu par ses nombreuses épouses, les craintes tous azimuts, chercherait-elle quotidiennement, systématiquement à réussir son coup? Fatal pour ceux dont l’intelligence est à fleur de peau?...

    Pitit Pitit, Hank Vogel.jpg

    Les enfants, les petits-enfants... leur avenir dépend en grande partie de leur éducation!

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  • Extrême (15, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpg

     

    Dieu créa le ciel et la terre et, en planant dans cet immense espace vide, la nature et les animaux.

    Mais las de trop bien faire les choses, pour se distraire, il se mit alors à pratiquer la voltige. Et, lors d’un exercice très palpitant, la tête à l’envers, il fabriqua l’homme à son image.

    C’est pour cette raison-là que le mouton noir de la création cherche toujours midi à quatorze heures. Voire midi à minuit...

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  • Extrême (14, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpg- Avec qui?

    - Avec Chintamanee, ta bonne à tout faire!

    C’est un piège, me dis-je. Dans la vie, on parle souvent trop. On se dévoile et les personnes que l’on côtoie ont tendance parfois à déformer nos propos. Nos amis, les minimisent et nos ennemis les amplifient. Ou le contraire. Tout dépend de quel côté de la barrière l’on se trouve. Rue ou jardin? Parmi les privilégiés ou parmi les laissés-pour-compte?

    - A quoi tu penses? me demande Extrême. Est-ce une extravagance...

    Mais avant même qu’il ne termine sa question, je lui réponds:

    - Ton idée est excellente, je n’y avait jamais pensé. Que veux-tu, mon long célibat m’a rendu trop axé sur moi-même et trop égoïste. Tu as raison, ma fortune, acquise proprement par mon grand-père, ne mérite nullement de finir dans les caisses de l’état. Surtout quand l’état est dans les mains de certains prestidigitateurs.

    - Qui soupçonnes-tu?

    - Personne et tout le monde à la fois. Aucune nation n’est blanche comme neige. Des salauds, il y en a partout. Même dans ma famille.

    - Au fait, elle est glaronaise depuis quand?

    - Avec certitude, cent ans avant qu’Amerigo Vespucci ne donne son nom à l’Amérique malgré lui.

    - C’est-à-dire?

    - Je croyais que tu étais fort en histoire et en mathématiques.

    - A l’école seulement.

    - Eh oui, les années passent et bien de belles leçons tombent aux oubliettes...

    - Alors?

    - Alors quoi?

    - Alors quoi quoi?

    - Cet alors serait-il double ou simple?

    - C’est trop compliqué pour moi, je jette ma langue au chat.

    - Qu’est-ce qui chatouille le plus ta curiosité: mon glaronisme en chute libre ou, au contraire, mon attirance en croissance vertigineuse pour les fesses de Chinta, si fermes et si douces?

    Tout d’un coup, Extrême se lève comme une bombe, trébuche, s’étale par terre et frappe du poing le sol en hurlant comme un désespéré:

    - Je le savais, je le savais!

    En bon samaritain, je sors en toute hâte de mon hamac pour l’aider à se relever mais le bougre refuse toute assistance en me repoussant du bas et il se met debout tout seul.

    Il me regarde, je le regarde et nous nous regardons en chiens de faïence, durant une dizaine de secondes.

    Puis, comme si de rien n’était, il part la tête haute sans me remercier, ni pour le repas ni pour le cigare.

    Et, une fois de plus dans mon existence, je tombe des nues...

    amerigo_vespucci1-285x300.gif

    Amerigo Vespucci (cliquez sur le portrait)

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  • Extrême (13, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgUn homme affamé vaut une meute de loup, un homme trop rassasié ne vaut que l’ombre de lui-même. Les chefs d’état qui n’ont pas compris cela s’exposent aux pires dangers.

    Le fou se réfugie dans l’ivresse, le sage plane au-dessus du bien et du mal. Entre les deux, il y a vous et moi.

    Changement de décor!

    Nous passons donc au jardin. Nous nous installons face à la mer. Lui dans un fauteuil en osier, moi dans mon hamac où je dors parfois la nuit quand il fait une chaleur torride. Et nous nous allumons individuellement un bon havane. Mes propres cigares, forcément. Lui un Montecristo. Moi un Romeo y Julieta.

    A chacun ses rêves ou sa poésie! La vie est un livre d’aventure sans préface ni conclusion. Pendant que nous sommes vivants et bien vivants, il y va de soi.

    - Et la suite? je demande à Extrême.

    - Quelle suite? me répond-t-il, détendu comme un coq en pâte.

    - Ton arrière-grand-père, ton grand-père et ton père...

    - Ils ne valent pas un clou.

    - Pas un clou?

    - Ils ne méritent pas le moindre éloge de ma part... rien!

    - Pourquoi ça?

    - Parce que, comme la plupart des crétins de mon pays qui ont la queue en feu, ils ont épousé sans réfléchir des ex-esclaves ou des pseudo-affranchies, mi-négresses mi-kalinagos...

    - Serais-tu raciste?

    - Pas plus que toi.

    - Navré de te décevoir mais je n’adhère à aucune idée discriminatoire.

    - Prouve-le moi alors!... Les nobles confessions et les belles promesses, ce ne sont que des miroirs aux alouettes, seuls les actes sont des preuves tangibles.

    - Comment? Que dois-je faire par exemple?

    - Par exemple... par exemple... marie-toi avec sèvitè ou.

    - Avec qui?

     

    Kalina_Paris_1892.jpg

    Des Kalinagos en 1892 (cliquez sur la photo)

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  • Extrême (12, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpg- Où est-il allé, ton cher ancêtre Fridolin? Il est retourné chez maman et papa comme tout bon Suisse qui a fait fiasco à l’étranger?

    Furax, il se lève d’un bond, me menace du poing et me dit:

    - Tu vois celui-ci? Encore un sous-entendu malsain et tu le reçois en pleine gueule.

    - Assieds-toi, j’ai beaucoup de respect envers ton arrière-arrière-pépé, je temporise. J’ai gaffé sans le vouloir...

    - Fridolin est mon héros!

    - J’en suis persuadé. L’alcool a fait des siennes, je l’ai confondu avec un parent éloigné... Glaronais comme moi.

    A ces mots, il s’effondre sur sa chaise tout éberlué. L’œil droit fixant l’est et le gauche, l’ouest. Ou inversement.

    - Nous... som... mes... peu... t’être... cou... zins... non? bégaie-t-il, après avoir retrouvé plus ou moins sa vision normale des choses.

    - Si tous les gens connaissaient leur acide désoxyribonucléique, nous serions tous moins acides les uns envers les autres, je lui explique.

    - Encore une drogue? Non merci!

    - Tu te trompes carrément, camarade! Je ne suis pas du tout comme ces acteurs américains qui sèment et promeuvent la poudreuse dans toutes les séries policières médiocres... Il ne s’agit pas de coke mais de l’ADN, notre passeport génétique. Tu sais ce que c’est?

    - Pour ta gouverne, sache que mon quotient intellectuel est supérieur à la moyenne.

    - Foutaise!

    - On ne peut pas tout savoir dans les détails surtout que le diable y est souvent.

    - Excellente réplique mais continue ton récit... Je reformule la phrase: où est-il allé, ton cher héros?

    Il réfléchit un bref instant et poursuit:

    - Il a fui le plus loin possible. A pied, à la nage, en pirogue, à cheval, en train et en montgolfière et a atterri finalement chez des indiens et les cowboys, plus précisément au Wisconsin. Et là, il a aidé ses compatriotes à fonder le village de New Glarus. Mais avant son escapade forcée, il a influencé l’artiste héraldiste de Saint John's pour qu’il peigne l’herbe qui se trouve sous les sabots des deux cerfs debout de la même couleur que celle du mélilot. En souvenir du schabziger!... Il aurait! Ce n’est qu’une légende, rectifient et soulignent les réfractaires et les jaloux...

    New Glarus.jpg

    New Glarus (cliquez sur la photo)

    Armoiries d'Antigua-et-Barbuda.jpg

    Armoiries d'Antigua-et-Barbuda

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  • Extrême (11, à suivre)

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    Extrême, Hank Vogel*.jpgJe secoue ma caboche. Puis je le dévisage et lui demande:

    - Mais tu es aussi antiguayen, je crois... non?

    - L’un n’empêche pas l’autre.

    - Et tes gènes suisses-alémaniques datent depuis quand?

    - Mais! Depuis que je suis né, pardi!...

    - Excuse-moi, je me suis mal exprimé. Je voulais... je voulais... je voulais...

    - Stop! Je sais ce que tu veux... Connaître l’histoire de ma famille, n’est-ce pas?

    - Nous sommes peut-être des cousins éloignés, qui sait! Mais vas-y, crache le morceau! Tu en crèves d’envie.

    Et, le cœur tambourinant tel celui d’un général vainqueur face à une foule d’admirateurs convaincus, il me raconte:

    - Mon arrière-arrière-grand-père Fridolin, né en 1812 dans un petit village de la vallée de la Linth, dans le canton de Glaris, grand aventurier et amateur d’exotisme et de nouvelles choses comme nombreux de ses copains de sa génération, débarqua sur une des petites îles de l’état d’Antigue et Barbude à l’âge de vingt ans, juste après son service militaire, prit pour épouse mon arrière-arrière-grand-mère, une belle Arawak qui n’avait pas froid aux yeux et ils eurent ensemble mon arrière-grand-père... Malheureusement, à cause de ses idées progressistes à la glaronaise, du type Landsgemeinde ou vote à seize ans, considérées surréalistes par certains et jugés très dangereuses pour la couronne d’Angleterre par les autres, les plus bornés d’entre eux, soit les amis fidèles de la reine, le chassèrent du pays à coups de fouet et de pistolet, l’obligeant ainsi à abandonner femme et enfant. Faut dire que c’était l’époque trouble de l’abolition de l’esclavage où les collons... où les pauvres collons s’inquiétaient pour...

    - Non, pas ça! je hurle.

    - Je désirais...

    - Défendre ces salauds comme ce faux-cul de Napoléon?

    - Bien sûr que non! Je désirais seulement me mettre à leur place...

    - Quel désir tordu! Et après?

    - Après quoi?

    - Où est-il allé, ton cher ancêtre Fridolin? Il est retourné chez maman et papa comme tout bon Suisse qui a fait fiasco à l’étranger?...

     Antigua-et-Barbuda.jpg

    Antigua-et-Barbuda, Antigue-et-Barbude ou Antigue et Barbude (cliquez sur la photo)

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