Extrême (3, à suivre)

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Extrême, Hank Vogel.jpgC’est la veille du week-end. Jour de lessive et du grand nettoyage de ma chouette baraque au bord de la mer des Antilles. Et, comme tous les vendredis de l’année, sans la moindre exception, Chintamanee, une indigène de l’îlot, une très jolie jeune femme de couleur noir animal, se pointe chez et me demande:

- Bonjou mesye Bato, koman ou ye? Mwen travay kòm dabitid?

Et pour ne rien changer à l’ordre des choses, je lui réponds d’un air absent et avec un humour digne d’un fils à papa:

- Si le travail d’esclave ne te dérange pas trop, mam’zelle.

Mais j’ajoute cette fois-ci:

- Je m’appelle Pirata et non pas Bato...

- Mwen konnen, murmure-t-elle fébrilement.

- Je sais que tu sais. Alors pourquoi tu persistes à traduire mon nom de famille? Tu cherches noise ou quoi?

Chinta, diminutif de Chintamanee, me sourit, jusqu’aux oreilles laissant ainsi apparaître ses belles dents, toutes blanches et en bonne santé, pivote sur elle-même et disparaît de ma vue en courant.

- Quel con je suis! je crie comme un putois, craignant la perdre à jamais et, forcément, déçu de mon comportement débile.

Un instant plus tard, elle réapparaît masquée et vêtue d’une blouse verte de chirurgien et m’explique:

- Majistra Ekstrèm veut que je m’habille désormais ainsi quand je bosse chez vous. Sous peine d’amende. C’est un ordre! m’a-t-il craché au visage.

- Vrai... ment? je bégaye.

- C’est vrai bòs, je ne mens jamais.

- Je te crois.

- D’après lui, tous les étrangers qui ont vécu en Chine ou en Indochine sont porteurs de vilaines maladies.

- Jusqu’où ira-t-il, le monstre?

- Vous aussi, vous avez peur de lui?...

El Pirate brûlé par le soleil, Hank Vogel.jpg

El Pirata, brûlé par le soleil, contemple la mer...

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