• Double Tsar (20, à suivre)

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    Double Tsar, Hank Vogel.jpgArrivés au moins inquiétant des lieux dits, plus précisément au cabinet du soi-disant docteur timbré, mon maître en techniques d’hygiène me demande sans la moindre hésitation:

    - Peux-tu garder un grand secret, quasi d’état?

    Je ne sais pas quoi répondre, cela me semble tellement incroyable de la part d’un bonhomme que je viens à peine de connaître et mon supérieur hiérarchique par-dessus le marché.

    - Peux-tu garder un grand secret? répète-t-il.

    - Si cela vous libère d’un poids, je susurre.

    - Pas de vous entre nous! crie-t-il... Nous sommes sur le même bateau à la dérive.

    - Quel bateau à la dérive? je m’interroge à haute voix.

    - Chut! murmure-t-il. La surveillante pourrait nous entendre.

    - Qui ça, la gouvernante?

    - Tu n’es pas con, toi... Tu es étudiant, n’est-ce pas?

    - Ça se voit autant que ça?

    - Ta tronche en premier, tes paluches en deuxième.

    - Et en troisième?

    - Je ne suis pas un intello, moi! Ni un flic quand je suis au plus bas de ma forme! Je devine tout tout de suite ou à la Saint-Glinglin...

    - On doit faire quoi ici? Tout paraît si propre, si parfait...

    - Pourquoi, tu as le feu au cul?

    - Non, mais... je suis...

    - Pas de panique, camarade! Nous avons tout notre temps... Si j’ai bien compris, tu penses que ce que j’ai à te dévoiler... c’est du pipi de chameau, n’est-ce pas?

    - Non, pas du tout. Au contraire, je suis très curieux de nature...

    Il s’installe confortablement dans le fauteuil du professeur et m’ordonne en prenant de grands airs :

    - Passe alors la serpillière, mouillée ou pas, dans toute la pièce et sois ultra attentif à ma petite histoire.

    J’obéis et il me raconte:...

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  • Double Tsar (19, à suivre)

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    Double Tsar, Hank Vogel.jpgCinq jours après mon engagement hospitalier, je me lève à trois heures et demie du matin non pas pour pisser mais pour m’habiller en toute hâte, enfourcher mon vélo torpédo et pédaler comme un taré jusqu’à mon boulot. Car Miss Ponctualité et Miss Propreté n’attendent de pied ferme. Et j’arrive forcément à mon poste, toujours entre guillemets, tout essoufflé.

    Mon chef d’équipe, Monsieur Couille-ayer, profite donc pour m’avertir amicalement:

    - A ce rythme-là, camarade novice, tu finiras par devoir te rendre directement au service des urgences et pas ici. Bref! Plaisanterie mise à part, la gouvernante préfère les lèche-culs et les mignons et déteste les retardataires et les... à moins que tu sois...

    - Quoi?

    - Pas de commentaire!

    Puis il me confie mon outil de travail, soit un balai serpillière et un seau muni d'un bac d'essorage, et m’explique gentiment comment l’utiliser le plus efficacement possible. Sans faire le moindre bruit dans les longs et lugubres couloirs.

    - Où ça et tout seul? je lui demande, un peu effrayé.

    - Non, avec moi pour commercer, me répond-t-il tout souriant... Tu me suis? On va au sommet presque de cette tour infernale, direction le bureau du fameux professeur d’épistémologie médicale complètement gâteux et des chiottes les moins fréquentées...

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  • Double Tsar (18, à suivre)

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    Double Tsar, Hank Vogel.jpgQui veut déjà un peu, peut énormément! A condition que le beau fixe est là.

    Et la conjoncture actuelle le permet. Le travail ne manque pas. Au contraire, on réclame partout des petites mains, de gros bras et de fraîches cervelles.

    Après toutes ces années de guerre, de conflits internes et de catastrophes naturelles, dont certaines ont été provoquées par des scientifiques corrompus et non pas par la science, l’homme de la rue souhaite pouvoir marcher de nouveau, librement et allègrement, sur ses trottoirs de tous les jours. Même chargés de crottes de chien.

    Alors, nu comme un verre de terre sorti de nulle part, c’est-à-dire sans certificat ni la moindre lettre de recommandation, je m’envole presque et me présente au bureau du personnel de l’hôpital le plus proche. Et, illico presto, on me propose un poste, entre guillemets, de nettoyeur.

    Ou de technicien de surface. Ou d’agent d’entretien et maintenance. Ou encore d’agent de propreté et d’hygiène. Tout dépend du chef du service des ressources humaines, de son directeur, des ministres de l’économie et de l’éducation en exercice et de la politique en vigueur. Que d’étiquettes élogieuses pour un boulot ingrat et trop souvent mal rémunéré!

    J’accepte évidemment. Et ce pour donner libre cours à la prophétie de ma chère Maman entre autres...

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  • Le professeur Didier Raoult mérite toute notre attention!

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    Didier Raoult magistral face à Laurence Ferrari sur le masque obligatoire, les vaccins, etc.

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  • Double Tsar (17, à suivre)

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    Double Tsar, Hank Vogel.jpg- Je me trouve sur le fil du rasoir, je murmure.

    A ce moment-là, ma mère entre dans ma chambrette et, toute surprise, me demande:

    - Tu pries maintenant?

    Je ne réponds pas.

    Durant un long instant, la vieille femme à mes yeux me regarde tendrement puis, d’une voix inhabituelle, me conseille:

    - Confie-toi à nous si tu as un problème. Ton père et moi, nous sommes là aussi pour ça. Nous ne pensons qu’à ton bien, tu sais. Rien qu’à ton bien. Rester des heures couché là à remuer ciel et terre, ce n’est pas très bon pour ta santé mentale.

    Un petit silence.

    Puis, avec une énergie persuasive quasi prophétique, elle poursuit:

    - Bouge-toi les fesses, enfant gâté! Les vacances scolaires ne sont pas faites seulement pour se reposer et glander. Trouve-toi un petit boulot pour un mois au moins. Dans chantier, une ferme ou à l’hôpital. Parmi ceux qui bossent comme des nègres ou ceux qui souffrent et qui agonisent. Cela te permettra peut-être de comprendre la vraie douleur humaine... As-tu sérieusement l’intention de devenir écrivain?

    - Sans aucun doute, je confirme, très sûr de moi.

    - Alors plonge dans la merde d’abord, fiston! crie-t-elle...

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  • Double Tsar (16, à suivre)

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    Double Tsar, Hank Vogel.jpg- Allongé sur ton lit, tu contemples le plafond de ta chambre telle une vache égarée qui cherche à brouter de l’herbe dans un pré totalement recouvert de neige en plein hiver, me dirait ma concierge biélorusse. Vas chez moi et tu n’auras pas besoin de trouver la moindre fissure quelque part pour t’imaginer que tout est en train de s’effondre. Démocratie, amour, avenir, fortune, mariage, travail... tout est jeu. Et quand on joue, soit on gagne soit on perd. C’est la règle. Il n’y point d’autres voies possibles. Pas de juste milieu comme lorsqu’on plane dans les sphères philosophiques du vaporeux et de l’incertain. A moins que l’on soit un individu de mauvaise foi ou un type amoral des pieds à la tête... même coupée.

    Je ne suis qu’un pion, noir ou blanc, sur l’immense échiquier glacial de la vie, me dis-je. Mon statut ne me permettra jamais d’avancer aussi dignement que le cheval, la tour ou le fou. Et j’ai du mal à me voir porter sérieusement une couronne plus tard. Du matin au soir et du soir au matin...

    Hank Vogel, Double Tsar.jpg

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  • Double Tsar (15, à suivre)

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    Double Tsar, Hank Vogel.jpgMa mère laisse tomber une assiette par terre.

    - Fais attention, bordel! je crie... Tu m’as vraiment foutu la trouille.

    Elle esquisse une étrange grimace.

    - Tu as fait exprès, je l’accuse. N’est-ce pas?

    Elle cligne rapidement plusieurs fois des yeux puis elle m’avoue telle une prêtresse très fière de son éducation occulte:

    - Oui, j’ai fait exprès. Pour deux raisons. La première, c’était pour chasser le vilain démon qui s’est réfugié dans les limbes de tes entrailles. La seconde...

    - Les limbes de tes entrailles! je répète avec mépris, en lui coupant la parole. On se croirait à une messe noire... Et la seconde?

    - Pour que tu redescendes sur terre.

    - Et ç’a marché?

    - La réponse est en toi.

    - Je n’ai rien ressenti.

    - Cela ne m’étonne pas... Dommage!

    - Pourquoi, j’aurais dû?

    - Pas nécessairement... Mais son petit côté spectacle te poussera peut-être un jour à y réfléchir...

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  • Double Tsar (14, à suivre)

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    Double Tsar, Hank Vogel.jpgLe lendemain matin, au petit déjeuner, ma mère me demande bizarrement:

    - Ça va avec ta copine, tu t’en sors gentiment?

    - Je trouve ta question inquiétante, je lui réponds... La vieille sorcière du coin t’aurait raconté des salades?

    - Mais de qui tu parles?

    - De ton amie la rousse qui prédit la pluie après le beau temps ou l’inverse.

    - Ses cheveux sont auburn et non pas roux. Nuances!... Un architecte qui ne distingue pas la différence ferait mieux de prendre des cours de peinture...

    - Justement, ça tombe à pic.

    - Tu as l’intention de t’inscrire à un atelier?

    - Loin de là... de tout arrêter.

    - Arrêter les études?

    - Oui, abandonner, interrompre, renoncer, rompre une fois pour toutes avec tout le système académique...

    - Pour faire quoi à la place?

    - Je ne sais pas encore... Écrire peut-être.

    - C’est ta dulcinée qui t’a mis ça dans la tête?

    - Impossible, mon cerveau est un bunker...

    - C’est sûrement elle!

    - Comment peux-tu en être si sûre? Tu ne la connais pas.

    - Je la vois dans tes yeux.

    - Pour l’amour du ciel, cesse d’imiter la pauvre conne!...

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  • Double Tsar (13, à suivre)

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    Double Tsar, Hank Vogel.jpg- L’ humour, c’est ma seule vraie richesse, m’explique-t-elle, le regard ironique. Un minable petit miroir aux alouettes pour éblouir et calmer mes amants en colère comme toi.

    Autre sourire totalement différent, sur mon visage encore imberbe évidemment. Proche de la grimace et l’interrogation.

    La plaisanterie cache souvent un désir ou une frustration, me dis-je.

    Mais comme l’homme est un coq, qui n’ose pas trop s’éloigner de ses poules par crainte de passer le premier à la casserole, ne cesse pas de s’assurer en coqueriquant, je coquerique donc:

    - Tu me surprends de jour en jour, ma très douce duchesse. Et je suis persuadé que les idées progressistes de ton illustre père viennent de toi.

    - Lesquelles? me demande-t-elle.

    Et je n’hésite pas à énumérer:

    - La liberté de culte, la liberté de parole, la liberté de réunion, la liberté d'association et ... et...

    - Continue! Le mot liberté me donne des ailes...

    - Le reste est à venir, peut-être.

    - Sûrement! Mais le peuple veut toujours tout et tout de suite.

    - C’est normal, il a constamment soif et faim.

    - Je doute qu’il vive dans la misère.

    - Ta réaction est pardonnable, parce tu vivotes dans un palais. Mais voyage! Échappe-toi de ta caverne dorée et éternellement illuminée et tu découvriras enfin les paysages sombres de la réalité.

    - Je ne peux pas. Tout le problème est là.

    - Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions. L’esprit de l’homme invente ensuite le problème. Citation d’André Gide...

    - Pas dans une situation contradictoire.

    - Comment ça?

    - Est-ce de ma faute si je suis prisonnière de mon rang?

    - Je ne te suis pas.

    - Chaque fois que vois un papillon voler de fleur en fleur, je m’imagine en chenille condamnée à ne jamais pouvoir se métamorphoser... Et les reines des abeilles meurent toutes comme des pétasses. Navrée pour ma grossièreté!...

    - Alors il faut abolir la royauté.

    - Crois-tu que mon cher papa n’y a jamais songé?... Et, si j’étais la fille du président des États-Unis d’Amérique, pourrais-je poser mes grosses fesses de-ci delà sur un banc public sans être espionnée, surveillée, protégée par une dizaine de flics en civil au moins?

    - La richesse et la célébrité sont deux sœurs jumelles, splendides le matin et très moches le soir, je dirais alors.

    - Et moi: deux couronnes quasi identiques, euphorisantes le matin et épineuses le soir...

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  • Double Tsar (12, à suivre)

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    Double Tsar, Hank Vogel.jpg- Ohé! Je suis là, s’exclame Maria. J’existe, tu sais... Depuis un certain temps, tu n’es plus le même. As-tu des soucis? D’argent, peut-être?

    - L’argent n’a jamais préoccupé mon esprit, je lui dis. Mes parents m’ont enseigner l’art de se contenter du peu que l’on possède. Et je déteste jouer aux cartes, comme la plupart de mes camarades de classe, et spéculer sur quoi que ce soit...

    - Vraiment?...

    - J’étais tout simplement ailleurs.

    - Dans un de tes nombreux voyages?

    - Exactement!

    - En Asie, certainement.

    - Comment le sais-tu?

    - Tu as failli devenir tout jaune.

    Je souris en hochant la tête.

    - L’ humour, c’est ma seule vraie richesse, m’explique-t-elle, le regard ironique. Un minable petit miroir aux alouettes pour éblouir et calmer mes amants en colère comme toi...

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  • Double Tsar (11, à suivre)

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    Double Tsar, Hank Vogel.jpgQuel bonheur d’être con et de ne jamais s’en rendre compte ou seulement à la vieillesse seulement, éventuellement, quand on n’espère plus rien, ou presque! On avale tout comme une lettre à la poste qui n’arrive à son destinataire qu’à Pâques ou à la Trinité. Ou, par chance, cinq ou six mois plus tard.

    Je m’explique:

    Ma parole, on se croirait dans un commissariat! Expliciter, caractériser, communiquer, formuler, objecter, préciser, proférer, renseigner... bref! Le dix mars de cette année, j’ai commandé cinq romans à mon libraire en France que je n’ai reçus que le 7 août dernier, à Saint-Pète-La Bourge. Entre temps, croyant qu’on me les avait volés ou perdus, j’ai commandé les mêmes bouquins chez un autre marchand.

    Moralité: con ou pas, jeune ou vieux, on est toujours piégé par le temps.

    Mais revenons à la problématique maria et moi.

    - Les plus belles femmes du monde finissent toutes par ressembler à de vieux crapauds, me souffla dans mes yeux tout éblouis un moine bouddhiste, égaré par hasard dans un louche quartier chinois.

    Et il poursuivit, cette lumineuse nuit d’été:

    - Rien n’est éternel. A quoi bon donc te laisser séduire par l’éphémère et risquer de te perdre à jamais dans ses sphères chargées d’interrogations sans queue ni tête? Le corps, telle une splendide pagode dorée et adorée par les plus crédules d’entre nous mais condamnée à s’effriter à longue, disparaît tôt ou tard mais l’âme perdure. Un bol est précieux par son contenu et non pas par son allure. Médite sur ces quelques paroles, c’est le seul cadeau que je puisse t’offrir en ce jour de fête.

    - Comment sais-tu que c’est mon anniversaire? je lui demandai, fortement surpris.

    Il sourit et me répondit:

    - Ton visage est livre ouvert. Et... et...

    -Et?...

    Et en plus de son effritement (pagode)

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  • Double Tsar (10, à suivre)

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    Double Tsar, Hank Vogel.jpgLa duchesse a des principes! Mais qui n’en a pas en ce monde si laborieux? Même une prostituée risque d’en avoir. Le terme risque est-il mal choisi, mal approprié? Pas nécessairement. Car tout dépend de notre propre orientation. Où nous nous plaçons moralement. Ou plutôt politiquement. A droite, à gauche ou au centre? A vous de voir. De vous imaginer face à une telle créature, sans tabous préliminaires, après une torride et désespérante scène de ménage avec votre soi-disant moitié. Toutes les putes ne font pas tout. Certaines même refusent d’office de faire ceci ou cela. C’est-à-dire: x, y ou z. Ou, pour ceux qui insisteraient: renseignez-vous auprès d’un spécialiste en scatologie.

    Tout est une question d’éducation. Soit: un ramassis de conseils, de présentations, de persuasions, d’expériences, de comparaisons, de lectures, de discours et de messes enregistrés, d’acceptations et de refus. Une véritable salade russe cérébrale de tout et de rien au final, durement ou facilement avalée.

    Nous sommes tous cons, plus au moins au même stade, au départ de la course. Mais à l’arrivée, le trophée n’est pas forcément remis au vrai vainqueur. Complaisance, favoritisme ou tricherie sont monnaie courante au sein de la plupart des jurys. A Cons-la-Grandville, à Cannes comme ailleurs.

    Après ces allégations fallacieuses, d’après les bien-pensants, j’avoue que les principes de Maria ne m’empêchent pas de dormir sur mes deux oreilles et de ronfler comme un dinosaure, la nuit dans mon lit douillet. Au contraire, ils me rassurent terriblement en quelque sorte. C’est vrai, je n’ai nullement besoin d’acheter des préservatifs ni un thermomètre vaginal, en cas de panne de grossesse, à la pulpeuse pharmacienne de mon quartier que je garde en réserve. Ouf!

    La noble et jeune dame veut être, et non pas paraître seulement, vierge le jour de son mariage. Donc: pas de coït intégral avant que l’heureux élu ne lui ait enfilé la fameuse bague au doigt. Un diamant ou une émeraude d’une valeur inestimable, sûrement!

    J’explicite:

    Quand nos violons commencent à se désaccorder, nous nous embrassons illico presto. Langoureusement. Puis, vu que le sang est attiré par la chair, nous nous caressons bestialement et, tout excité mais craignant recevoir une grosse claque de sa part, je ne la pénètre que superficiellement... abandonnant ainsi le plus prometteur de moi-même aux portes du néant. Après son dernier petit hurlement ou miaulement de satisfaction, bien entendu. Courtoisie oblige!

    C’est sans doute pour cela, penserait certainement un psychanalyste, qu’il m’arrive parfois de marmonner en rentrant chez mon, surtout après de sulfureux ébats:

    - Elle est vraiment chouette la chatte de mon cœur.

    Et de ruminer:

    J’aurais dû m’inscrire aux beaux-arts et non pas à cette foutue école d’architecture. Afin, afin... quelle faim! Afin de la peindre allongée toute nue sur un drap telle l’odalisque du Père Jules.

    Du professeur Jules Joseph Lefebvre, en clair...

    jules-joseph-lefebvre-odalisque.jpg

    L'Odalisque de Jules Lefebvre, un coup de maître plus photographique qu'une photo...

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  • Double Tsar (9, à suivre)

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    Double Tsar, Hank Vogel.jpgIl suffit d’une graine en plus ou en moins pour que la forêt ne soit plus la même.

    A condition que l’arbre ne cache pas toujours la forêt, bien entendu.

    - Je te trouve moins bien intentionné à mon égard aujourd’hui, me dit la belle duchesse. J’ai la certitude que tu broies du noir.

    - En effet, je confirme. Mais cela ne te concerne pas spécifiquement.

    - Spécifiquement?

    - C’est difficile à énoncer avec précision sans risquer de basculer dans l’excès.

    - Puis-je savoir pourquoi?

    Mes yeux se fixe un bref instant sur sa poupée préférée, assise sur ses genoux, puis je me lance, le regard lointain:

    - Adolescents, les enfants du peuple rêvent tous, du moins les plus romantiques, de rencontrer et de tomber amoureux d’une éclatante princesse ou d’un prince charmant. Et quand par miracle le rêve se réalise, petit à petit, une muraille se dresse devant eux. Cela commence par un mur à sauter et un balcon à grimper, la nuit. Au début, on trouve cela très amusant, très excitant... Puis... Puis...

    - Puis?

    - Un amour en cachette n’a aucun avenir. Il finit toujours par s’étouffer malgré lui. L’espace est le seul moyen pour le sauver.

    - Est-ce de ma faute si mon père ne t’aime pas trop?

    - Enfin une vérité qui éclate tel un horrible crachat en pleine figure!

    - Je suis vraiment désolée... Être la fille d’un homme au sommet de son pays demande beaucoup de sacrifices. Je reconnais, nous sommes prisonniers de notre rang. Partout et de tout temps. Les Scandinaves font peut-être exception.

    - Alors fuyons en Suède ou en Norvège. Le plus loin possible...

    - Et les miens? Et les tiens?

    - Tu as raison, lorsqu’on épouse quelqu’un, on épouse également toute sa famille...

    La poupée de Maria de Russie ou d'une de ses trois soeurs.png

    La poupée de Marie ou celle de l'une de ses trois sœurs.

    Poucnkine Palais Catherine, Hank Vogel.png

    Le château de la Grande Catherine à Tsarkoïe Selo.

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  • Double Tsar (8, à suivre)

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    Double Tsar, Hank Vogel.jpgPetit ajout important pour la compréhension de la suite des évènements:

    Si l’on estimait que les trous noirs dans l’univers étaient des caprices de la nature au même titre que nos trous de mémoire, alors un jour des trous dans le temps pourraient avoir lieu.

    Ainsi on risquerait de sauter, par exemple, du début d’un siècle au milieu de celui-ci. Pour le bonheur des pauvres et le malheur des riches. Ou inversement. Rien ne changerait en somme. Ou presque!

    Mais ce presque ferait toute la différence. Au bénéfice des poètes progressistes qui en fabriqueraient tout un fromage, avec ou sans trou, au goût de l’anticipation.

    Plus simplement et directement, ignorez tout ce conditionnel timide et suivez-moi courageusement dans l’antre de mes plus intimes secrets!

    - Tu disais quoi? me demande Maria.

    - Rien, rien du tout... je pensais, je lui réponds.

    - Tu as pensé si fort que même mes fleurs que tu m’as offertes se sont mises à trembler.

    - Vraiment? Tu n’as pas eu peur?

    - Seul Lénine ne fait peur.

    - Il est mort.

    - Tu blagues?

    - Non, c’est la vérité.

    - Quelqu’un l’a tué?

    - Un tram l’a écrasé... à Carouge, près de Genève.

    - Que Dieu bénisse tous les tramways!...

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  • Double Tsar (7, à suivre)

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    Double Tsar, Hank Vogel.jpg- Il était une fois... non! Il sera une fois où le futur aura son mot à dire face aux incrédules de l’avenir, m’a chuchoté à l’oreille Zia Graziella, une torride nuit d’été afin que je m’endorme. Dans les années quarante.

    La phrase n’a semblé si compliquée à comprendre, à cette époque, que j’ai préféré me perdre immédiatement dans les bras de Morphée.

    Elle avait donc réussi son coup, la fausse tante à l’allure d’une sorcière. On l’appelait Zia, tante en italien, par politesse uniquement, vu son grand âge.

    Madame Graziella, c’était une très vieille dame, une sans-dent, une Sicilienne éternellement tout de noir habillée et coiffée d’un foulard, également noir, qui venait nous garder, mon frère et moi, quand les parents allaient danser. La rumba, le mambo ou le cha-cha-cha. Si je ne me trompe pas.

    Car la seule danse, qui n’excite et me soulage en même temps, que je connaisse vraiment, c’est la danse du ventre, surtout quand j’ai mal au ventre. Désolé pour la redondance, mais précision oblige!

    Alors, in memoriam à Zia Graziella, il sera donc une fois dans un futur antérieur, une duchesse de dix-huit ans et un jeune étudiant en architecture apte au service militaire.

    Je m’appelle Ivan. J’habite à Tsarkoïe Selo, non loin des Romanov. Je suis amoureux de Maria, la troisième fille du Tsar. Elle aussi de moi, peut-être.

    Tous les soirs, ou presque, nous nous rencontrons en cachette...

    Maria Romanova.jpg

    Maria Romanova

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