Double Tsar (11, à suivre)

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Double Tsar, Hank Vogel.jpgQuel bonheur d’être con et de ne jamais s’en rendre compte ou seulement à la vieillesse seulement, éventuellement, quand on n’espère plus rien, ou presque! On avale tout comme une lettre à la poste qui n’arrive à son destinataire qu’à Pâques ou à la Trinité. Ou, par chance, cinq ou six mois plus tard.

Je m’explique:

Ma parole, on se croirait dans un commissariat! Expliciter, caractériser, communiquer, formuler, objecter, préciser, proférer, renseigner... bref! Le dix mars de cette année, j’ai commandé cinq romans à mon libraire en France que je n’ai reçus que le 7 août dernier, à Saint-Pète-La Bourge. Entre temps, croyant qu’on me les avait volés ou perdus, j’ai commandé les mêmes bouquins chez un autre marchand.

Moralité: con ou pas, jeune ou vieux, on est toujours piégé par le temps.

Mais revenons à la problématique maria et moi.

- Les plus belles femmes du monde finissent toutes par ressembler à de vieux crapauds, me souffla dans mes yeux tout éblouis un moine bouddhiste, égaré par hasard dans un louche quartier chinois.

Et il poursuivit, cette lumineuse nuit d’été:

- Rien n’est éternel. A quoi bon donc te laisser séduire par l’éphémère et risquer de te perdre à jamais dans ses sphères chargées d’interrogations sans queue ni tête? Le corps, telle une splendide pagode dorée et adorée par les plus crédules d’entre nous mais condamnée à s’effriter à longue, disparaît tôt ou tard mais l’âme perdure. Un bol est précieux par son contenu et non pas par son allure. Médite sur ces quelques paroles, c’est le seul cadeau que je puisse t’offrir en ce jour de fête.

- Comment sais-tu que c’est mon anniversaire? je lui demandai, fortement surpris.

Il sourit et me répondit:

- Ton visage est livre ouvert. Et... et...

-Et?...

Et en plus de son effritement (pagode)

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