Double Tsar (4, à suivre)

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Double Tsar, Hank Vogel.jpgPetite parenthèse concernant mes amours africaines, avant de m’engager à fond dans l’antre secret de ma mémoire!

Deux fois dans ma vie, j’ai flashé sur la gent féminine de couleur. Aile de corbeau, ébène ou réglisse.

La première fois, c’était à Alexandrie à l’époque où l’on parlait le français dans tous les grands magasins...

C’était sur une Nubienne qui mendiait dans la rue, assise toujours au même endroit. Sa peau brillait sous le soleil d’Égypte tel un morceau de charbon prêt à se transformer en diamant. Je la trouvais belle, terriblement belle, parfaite à mes yeux. Quand je passais près d’elle, et je faisais tout pour cela, elle me souriait gracieusement et mon cœur se mettait aussitôt à palpiter comme un fou. Je crois que j’étais sérieusement tombé amoureux d’elle. Mais la main de mon père, serrant fortement la mienne, me forçait toujours à changer de trottoir. Forcément, je n’étais encore qu’un enfant qui ne savait goûter aux bonnes choses qu’avec ses dents de lait.

Puis un jour, elle disparut et je cessai de penser à elle fébrilement pour l’éternité.

La deuxième fois, c’était à Genève, la petite ville ou le grand village, où les espions, bien ancrés et en toute sécurité, se gavent de longeole en automne et se saoulent toute l’année aux meilleurs millésimes de Dardagny, de Peissy ou de Satigny. Malheureusement! Et quand ils s’intéressent un peu à la culture locale...

C’était une Kényane qui travaillait dans une mission diplomatique. Elle s’appelait Rose. Son prénom lui allait à merveille car son visage était doux et délicat comme une fleur. Et aussi lumineux que celui de la Nubienne. Elle parlais le swahili, la langue de Shakespeare et celle de Molière avec beaucoup de respect. Elle était instruite, intelligente, généreuse, bien éduquée et l’aînée d’une famille très riche dans son pays. Mais... mais... mais... elle adorait trop le Pape avec toutes ses bulles. C’est-à-dire: rien avant le mariage et sans la bénédiction de son curé attitré.

Nos conversations dans sa luxueuse villa de Chambésy furent longues, parfois trop longues voire stériles. Mais, heureusement, l’image du petit Jésus allongé dans sa crèche qui n’avait nullement l’intention de se lever et qui se contentait de contempler le merveilleux en compagnie de son bœuf et de son âne, n’encourageait souvent à prendre congé d’elle.

Puis un jour, elle dut quitter la Suisse pour une autre mission. Non sans larmes.

Installée définitivement à Nairobi, elle m’écrivit une très belle lettre d’amour mais j’ai préféré ne pas lui répondre. Car elle méritait un homme meilleur que moi. Plus proche d’elle, religieusement et physiquement. De vivre à l’abri de tout conflit philosophique ou racial. D’avoir une âme pure à ses côtés, non souillée comme la mienne. Je me sentais vieux pour elle et usé par mes nombreuses expériences conjugales maladroites et extra-conjugales. A vrai dire, je n’étais un cadeau pour personne en cette période trouble de mon existence, après mon divorce...

D'où:

La Nubienne, Hank Vogel*.jpg

Lien permanent 3 commentaires

Commentaires

  • Les Suisses aiment trop l'argent, ils préfèrent donc un banque malhonnête à la roulette russe.
    C'est pourquoi, tout ce qui rode autour du coronavirus les intéresse vivement.

    A moins que les soins médicaux, les masques et les vaccins soient gratuits...

  • "A moins que les soins médicaux, les masques et les vaccins soient gratuits..."


    Vous voulez sans doute dire, Monsieur Vogel, des soins médicaux, des masques et des vaccins payés par des impôts, what else ?

  • L'infirmière bénévole iranienne, en voie à l'expulsion. a-t-elle été payée? Et toutes les autres?... Baisser les hauts salaires des nombreux fonctionnaires inutiles ferait largement l'affaire! Ou une partie des monstrueux bénéfices des assurances tous azimuts... En cas de crise, tout doit être possible.

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