Double Tsar (2, à suivre)

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Double Tsar, Hank Vogel.jpgD’après un poteau indicateur, planté en bas de chez moi, j’habiterais, en non pas j’habite, vu que je me méfie phylogénétiquement et très philosophiquement du service des ponts et chaussées, à neuf-cent-cinquante mètres du palais Alexandre situé à Tsarskoïe Selo ou Pouchkine, pour ceux qui préfèrent les poètes aux monarques. Palais néo-classique construit par l’architecte lombard, comme ma mère, Giacomo Quarenghi. Chaleureuse bâtisse en apparence mais trop chargée d’immenses salles à manger et pour danser, de grandes chambres à coucher et de petits salon douteux, pour moi qui ai peur des fantômes. Pour ne rien vous cacher du triste sir que je suis, je ne me sens rassuré, en toute sécurité, que dans une cabane. Mieux encore: dans un mobil-home équipé de tout confort nécessaire et d’une sirène.

Le petit Nicolas II est né au palais d’Alexandre, dans une chambre couronnée, sous les applaudissements de son peuple. Moi: à la maternité d’Alexandrie, dans une chambre de deuxième classe, sous les applaudissements de mes futures et encourageantes concierges.

Bizarrement, dans mon enfance, ma Sainte Mère m’appelait souvent Nicola. Croyait-elle que j’étais la réincarnation du tzarévitch assassiné? Difficile de communiquer avec les défunts. Mon esprit n’a pas été forgé pour ce genre gymnastique cérébrale. Trop craintif de nature, trop vite effrayé.

En fin de compte, conte serait plus justifiable à mon avis, je ne souhaite guère être la prolongation d’un personnage historique mais plonger dans le passé avec mon âme ou en chair et en os avec une machine telle que celle à explorer le temps de Wells m’enchanterait peut-être...

Feuille du nouveau-né 271, Hank Vogel.jpg

Ma feuille de sortie de la Maternité d'Alexandrie.

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