On naît ange, on meurt démon (14, à suivre)

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On naît ange on meurt démon, Hank Vogel.jpgEt l’ex-taulard déballe ouvertement:

- Je ne suis pas un homme d’affaires mais un vulgaire petit individu qui vient de sortir de tôle. Condamné pour viol, coups et blessures. Injustement condamné... Vous me croyez maintenant?

La jeune femme ne répond pas. Elle fait semblant d’être ailleurs. Sur une autre planète. La sienne. Où les princes charmants existent. Comme dans les contes de fées. Elle s’y trouve peut-être réellement. Dans cet univers chargé d’illusions.

- Vous me croyez maintenant? répète-t-il.

Elle atterrit brutalement sur terre. Avec un sourire. Un sourire proche d’une grimace. Et elle dit froidement:

- Partez! Je réglerai l’addition.

- Quoi? s’exclame-t-il à haute voix.

- Pas de scandale, s’il vous plaît! J’ai horreur de ça...

- Je vous imaginais plus humaine, vous me décevez...

- Hein! Et moi donc? Partez, je vous en prie!

Déçu, profondément déçu et très mal à l’aise, Charly se lève et disparaît en courant presque.

Dehors, c’est la fraîcheur. L’absence de tout sentiment. La nudité de tout espoir. L’autre n’est qu’une trajectoire. Un objet qui se déplace sans laisser de trace.

Charly se laisse aller, se laisse conduire comme poussé par un ange vagabond. La vie sent agréablement l’enfance en ces moments où les esprits du ciel se chargent de mener à bon port notre destinée.

Charly ne touche pas terre. Il plane, il nage, il flotte. L’indifférence est l’unique remède contre toute souffrance, toute attaque. C’est dans la solitude, une solitude forcée, que l’ex prisonnier a su flirter avec elle. Entre des murs gris et sales. Derrière les barreaux. La formule est simple: on t’agresse, laisse-toi mourir, tu renaîtras plus fort, plus invulnérable. Mais toute application n’est pas toujours une réussite...

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