J'ai aimé et tué ma soeur (6, à suivre)

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J'ai aimé et tué ma soeur, Hank Vogel.jpgTout revient à la normale, façon de parler.

Je me frotte les yeux. Le commissaire en profite, pareil à un serpent biblique, pour m’extorquer quelques lointains souvenirs:

- Pourtant la femme de ménage a dépoussiéré mon bureau juste avant votre arrivée, glisse-t-il. Seriez-vous plus sensible à la poussière domestique qu’ à celle du désert? Les tempêtes de sable, ça doit être très éprouvant, n’est-ce pas?

- Rudement voire terriblement éprouvant, j'avoue. Mais je n’en ai vraiment vécu aucune. Ou de loin et très rarement, tel un voyeur qui prend plaisir à observer la mort en train de tout anéantir et de tout effacer sur son passage. En même temps. Tuer et gommer à jamais la moindre trace de son abominable crime. Voilà un bel exploit!... Qui est capable de faire mieux? Vous? Moi? Non! Nous sommes trop honnêtes ou pas assez futés. Les dictateurs alors? Ceux que tous les crétins et branleurs de drapeaux adorent et que toutes les polices du monde protègent sans raisonner...

- Comment ça?

Brusquement, je me lève et je lui demande tout énervé:

- Vous n’auriez pas un fauteuil douillet comme le vôtre pour mes vieilles fesses, par hasard? Question de respect, de courtoisie ou simplement d’égalité!

Puis je lui explique gentiment et sans gêne:

- Les chaises métalliques et sans coussin finissent toujours par me gonfler les couilles et me donner de sacrées douleurs au cul. Vous savez, je n’ai plus l’âge débile où l’on accepte volontiers de s’asseoir même sur des crottes de chien pour écouter les paroles soi-disant sensées d’un farfelu vautré dans un canapé. Et ils sont nombreux ces guignoles qui prétendent tout savoir. Je n’ai ni maître ni dieu. Je n'ai besoin de personne. Ma modeste boussole cérébrale me suffit largement pour naviguer dignement sur cet océan infesté de requins... Ceci dit, je vous salue officier des ténèbres.

Et je m’éclipse...

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