Un salaud de bonne moralité (25, à suivre)

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Un salaud de bonne moralité, Hank Vogel.jpgBrusquement, Yvette alias Ivy alias Dieu seul sait comment demain, s’écarte de moi, se lève et, en se rhabillant en toute hâte, me déclare pathétiquement:

- Je ne suis pas assez bonne pour toi. Mais pas forcément plus nulle que toutes les autres connes. Tu tires ton coup et hop aussitôt prêt à vouloir baiser une autre. Tu es un prédateur sexuel. Tu ne penses qu’à bouffer du cul du matin au soir. Ton unique nourriture spirituelle. Qui t’a violé dans ton enfance pour que tu sois ainsi?

Étrange déduction, me dis-je. Est-elle abonnée à la revue de psychanalyse pour les poulets trop souvent en panne d’intuition? Ou souhaite-t-elle que je sois sa copie conforme?

Je m’éjecte du lit et, insensible tel une plaque photographique déjà utilisée, inattendue et bizarre expression, je lui réponds:

- Pas à ma connaissance. J’étais terriblement naïf quand j’étais petit. Je faisais totalement confiance aux grandes personnes. Et elles ont profité de me circoncire quand je dormais sur mes deux oreilles, dans mon mignon berceau, paraît-il. Mes parents, pourtant chrétiens, ont sans doute dû suivre les conseils troublants d’un rabbin persuasif ou d’un iman menaçant. Ou l’inverse. Je trouve tout cela aussi grave qu’un viol. Et à cause de sombre épisode de mon existence, quand je suis à poil je me sens doublement nu. Tu n’as rien remarqué?

Elle bondit un pas en arrière, braque ses yeux sur mon sexe et m’avoue presque avec regret:

- Je suis novice en la matière... Il n’a pas l’air plus biscornu que celui de... d’un autre.

Et elle rougit, forcément.

Je m’approche d’elle, je lui caresse le visage, elle se laisse faire, et je lui dis:

- Je te demande pardon. J’adore fabuler comme j’adore me déguiser en nonne pur jus ou fan de foot américain. Mon âme est actuellement celle d’un vulgaire saltimbanque. Autrefois, elle était celle d’un poète amoureux. Plein d’espoir. De bonnes intentions... Depuis que mon premier amour m’a quitté pour se marier avec le plus hypocrite de mes copains, je refuse de faire deux fois l’amour avec la même personne. C’est plus fort que moi. Plus fort que tout. C’est comme si on m’obligeait à récidiver ou à revenir sur les lieux du crime. Tu me suis?

Elle sourit puis elle me conseille, ironiquement:

- Enfile ton pantalon avant que la brigade des mœurs ne te découvre dans cette état.

- Elle en vu d’autres...

- Tu devrais écrire des romans policiers, tu sais.

- En somme, j’ai parlé dans le vide.

- Si au moins!

- Plaît-il?

- Si au moins c’était le cas.

- Je ne comprends pas

- Cherche et tu trouveras. Tu as tendance à tout dramatiser pour rien. Baisote comme bon te semble mais ne culpabilise pas. Il y a autant de salopes que de salauds sur terre. Et plus problématiques que toi et moi.

- La lune ment, je mens, tu mens, nous mentons tous!

- Pour paraître plus brillants qu’elle...

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Commentaires

  • Cher M. Vogel, je lis régulièrement vos billets romans, que j'apprécie beaucoup, Merci. Vos échanges avec Mme lovejoie me manquent, j'espère qu'elle va bien.
    Une pensée pour elle et pour vous. Meilleurs salutations.

  • Merci pour votre très aimable commentaire. Madame lovejoie me manquent aussi...
    J'essayerai de la contacter par email.

    Je vous souhaite une agréable fin de soirée, chère Madame. Lisette.

  • Merci pour votre très aimable commentaire. Madame lovejoie me manquent aussi...
    J'essayerai de la contacter par email.

    Je vous souhaite une agréable fin de soirée, chère Madame. Lisette.

  • Merci autant à Lisette d avoir pensé à notre consoeur-commentatrrice, lovejoie, que le geste d e-mail de notre sympathique Hôte, M. Hank Vogel!
    Bien à Vous.
    Charles 05

  • Mes meilleures pensées à vous, cher Charles.

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