On naît ange, on meurt démon (9, à suivre)

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On naît ange on meurt démon, Hank Vogel.jpgCharly se lève. Quitte son petit appartement, un studio. Et part à la conquête de son âme sœur, de son éventuelle moitié. Cette moitié trop fréquemment doublée. Il part tel un collégien envoûté par un parfum de femme.

- Les femmes sentent bon, murmure-t-il.

Avant, là-bas dans l’enfer des hommes, ça sentait la désinfection. Le chloroforme, l’alcool ou quelque chose comme ça. Comme à l’hôpital, presque. La femme n’existait qu’en image, en photo. En noir et blanc ou en couleur. Dans toutes sortes de positions. Des positions étudiées. Diaboliquement étudiées. Pour plonger l’homme dans l’univers de l’amour solitaire et terriblement mécanique.

Charly se prépare. Intérieurement. Psychologiquement. Comment faire le premier pas? Ce pas si important, si décisif. A partir duquel tout s’emboîte, se joue. Où l’orientation se trace...

- Restons calmes, bougonne-t-il. Pas d’affolement. La sérénité la plus totale.

Il se prépare également extérieurement. En marchant, il se donne un coup de peigne. Range le col de sa chemise. Les apparences! Elles sont si souvent si trompeuses mais enfin... elles participent activement à l’échafaudage d’une relation. Elles sont la carte de visite, le laisser-passer pour un voyage relationnel. On ouvre toutes grandes les portes ou l’on dresse des murs, une muraille.

Merde! j’aurais dû mettre une cravate, réaliste-t-il... Et puis zut! Ce serait ridicule si tout dépendait d’un petit nœud. C’est pourtant couramment le cas. L’homme est contradictoire. C’est l’animal le plus absurde. Le plus cruel aussi.

Charly retrouve le tea-room de tout à l’heure, s’arrête devant, hésite quelques secondes puis entre. Le décor lui semble différent. Inexplicablement différent...

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