• Tarbouche (2, à suivre)

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    Tarbouche, Hank Vogel.jpgTarbouche?

    Le tarbouche, d’après le dictionnaire, lintern@ute, qui me convient le mieux, c’est:

    Une coiffure portée autrefois par les hommes dans les pays ottomans, faite en feutre rouge et en forme de tronc de cône.

    Voir le dessin ou plus exactement le graffiti sur la couverture de ce livre.

    C’est le portait de ma personne coiffée d’un tel couvre-chef, effectué à la va-vite sur un mur, imaginaire, et non pas celui d’ un Turc avec un saut de peinture rouge renversé sur sa tête.

    Mais pourquoi donc ce terme, quasi barbare, qui rappelle à la fois la tare et la bouche?

    Tout simplement à... parce que mes copains et copines d’enfance m’appelaient ainsi en ajoutant parfois le titre d’éfendi qui me donnait des ailes.

    Et ma concierge bien aimée, une psychologue sans cabinet faute de relations merdeuses, défendrait ma cause en vous expliquant, telle une cantatrice d’opéra:

    - Il rêvait, il rêvait... il leur disait souvent qu’il désirait en posséder un. Un de ces tarbouches des rues et non pas des cabarets! Comme le violacé de Farah, le gardien de son école ou le rouge vif de Moustafa, le domestique de son oncle Georges, un syrien adorable qui a eu le courage d’épouser sa tante Lina, une italienne plus maniaque d’une Toto...

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  • Tarbouche (1, à suivre)

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    Tarbouche-couv.jpgIl n’y a point d’hommes libres, il n’y a que des partisans. Quelle soit propre, poussiéreuse ou tachetée de sang, on tire toujours la couverture à soi.

    Enfant, chaque fois je voyais par la fenêtre de ma chambre natale passer des prisonniers, enchainés comme des esclaves ou des bêtes sauvages, je voulais vite devenir grand pour sauver le monde de l’injustice et de la misère.

    Adulte voire à l’extrême, chaque fois je regarde les nouvelles à la télévision, j’ai le regrettable sentiment d’avoir échoué et l’horrible certitude de n’avoir pensé qu’à sauver ma peau.

    Enfant également, je rêvais de voyager, d’écrire des romans et de devenir célèbre.

    Là et à l’instant même, je peux déclarer sans vergogne que j’ai réussi.

    - Presque ou à moitié! Soyez tout de même un peu modeste, jeune homme! me rabaisserait, non totalement à tort, mon pire ennemi.

    Suis-je différent des autres?

    Bref, laissons de côté pour le moment mes intimes réflexions et plongeons ensemble dans les eaux froides de l’actualité.

    Le confinement!

    Le confinement? Oui, le confinement à cause du fameux virus couronné offert gracieusement par les Chinois, diraient les mauvaises langues.

    Il semblerait que beaucoup de personnes ne soient pas du tout contentes d’être obligées de rester chez elle.

    Personnellement, cette interdiction ne me dérange pas spécialement. Car tout est une question d’éducation, de formation, de conditionnement... Permettez-moi de faire un retour en arrière.

    Enfant, étant un Européen de race blanche vivant dans un pays arabe, je m’avais pas le droit de jouer en dehors de la maison. La rue n’était faite que pour aller d’un endroit à un autre. Et que sur haute protection et surveillance! C’est-à-dire: tenu fortement par la main et sous l’œil attentif d’un gardien familier. Il est vrai qu’à cette époque, le kidnapping de gamins blonds comme moi battait tous les records dans le domaine de la criminalité.

    De toute façon, sortir pour voir et faire quoi? Tous les matins, le laitier apportait le lait; le marchand d’œufs et de poules, les poules et les œufs et le vendeur de fruits et légumes passait devant chez nous en criant ou en chantant. Pour le reste, soit le pain, le fromage et les olives, c’est la bonne qui allait, toute voilée mais avec une joie énorme, chez le boulanger copte, célibataire, et chez l’épicier grec, très généreux.

    Ce n’est qu’en Suisse que j’ai commencé à faire le crétin dans la rue. Sans doute notre appartement helvétique n’était pas aussi spacieux et lumineux que celui d’Alexandrie.

    Alors, aujourd’hui en Russie, j’ai l’impression de vivre comme en Égypte. Différemment, certes! Mas pas trop. Un coup de fil (ou un message envoyé depuis mon ordi) et voilà que vingt-quatre ou quarante-huit heures plus tard, tout ce que j’ai commandé est derrière la porte. Protection oblige!...

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  • Péril jaune (5, fin)

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    Péril jaune, Hank Vogel.jpgUn long silence et je poursuis:

    - D’après un psychiatre qui a failli me rendre fou, il y aurait trois sortes de bonne femme. La castratrice, l’aspiratrice et la propulseuse. Plus explicitement: celle qui t’empêche de te comporter comme un mâle toute la journée voire davantage, celle qui te prend pour son esclave et t’épuise jour et nuit... et, la sublime, celle qui ne pense qu’à ton bonheur et qui ne cherche qu’à te propulser dans les sphères du merveilleux même dans tes rêves. Mais probablement...

    - Probablement?

    - Non, rien... La jalousie n’a rien à voir avec l’amour et tout son bastringue, d’après lui.

    - Lui qui?

    - Le psy... Bien que... bien que...

    - Que?

    - Nos chères moitiés possèdent toutes ou ont possédé, pendant leur longue jeunesse pleine de grâces divines, une horloge, dite biologique, beaucoup plus utile que nos belles et nombreuses montres-bracelets qui ne servent qu’à bluffer.

    - Et?

    - Qui les rendrait parfois jalouses. Par réflexe! Le réflexe de conservation. Et la petite est très sujette à ça... Nous ne sommes finalement que des machines, camarade. Des marionnettes manipulées par le grand manitou.

    Youri se frotte le front, se caresse la joue gauche, la droite, se pince le nez puis il me dit:

    - Merci. Cela conforme mes doutes. Ping est une vraie salope tyrannique. Je transmettrai donc à mes supérieurs, en notre langage codé: trompée par son mari, le professeur Pong, elle a ouvert la porte du garage avant que ce dernier ne puisse mettre au point sa contre-machine.

    Encore une histoire de fesses qui va nous foutre tous dans le pétrin!

    Fin de la première mission.

    Avertissement! C’était une œuvre de fiction. Donc: toute ressemblance avec des personnes et des faits réels n’était, n’est et ne sera que le fruit du pur hasard.

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  • Péril jaune (4, à suivre...)

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    Péril jaune, Hank Vogel.jpg- K2r... K2r... k2r, je murmure.

    - Ça va? Tu as une miette au fond de la gorge? s’inquiète Youri.

    - Non, c’est la marque d’un détachant à sec.

    - Pourquoi, tu te lances dans la pub maintenant?

    - Je pense à ta chemise... pleine de taches de graisse.

    - Ma chérie adore faire la lessive.

    - Ce n’est pas une raison suffisante pour que tu prennes du plaisir à plonger dans ton assiette...

    - Occupe-toi de tes oignons et parle-moi plutôt de Ping.

    - C’est toi l’informateur ou moi?

    - Moi, évidemment! Quelle question!...

    - Alors?

    - Je veux d’abord savoir ce que tu penses d’elle. Car d’après ce que l’on m’a raconté sur tes activités de séducteur imbattable, ça m’étonnerait fort que la petite n’ait jamais fait la sieste dans ton lit juvénile.

    - Jamais!

    - Et avant?

    - Avant quoi?

    - La sieste.

    - Quelle sieste? La mienne ou la sienne?

    - La sienne, forcément!

    - Mais où veux-tu en venir? On dirait que tu es en train de m’interroger comme un jeune inspecteur qui vient tout juste de terminer l’école de police. Sois direct et con comme un flic, bon sang! C’est pourtant simple, non?

    - Soit!... Tu as couché avec elle?

    - Voilà! Parfait!... C’est ainsi que je t’aime bien...

    - Oui ou non?

    - Oui.

    - Une fois, deux fois ou plusieurs fois?

    - Avant ou après la sieste?

    - Mais... mais... mais...

    - Stop!... Tu t’es focalisé sur ses moments d’épuisement et non pas sur... bref! Aucune importance... A l’époque, je tringlais à la va-vite, à la va-comme-je-te-pousse. Pas de chichi ni avant ni après. C’était... te voilà, me voici, allons-y, merci, salut et à la prochaine! Et Ping participait volontiers à mes parties de ping-pong...

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  • Péril jaune (3, à suivre...)

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    Péril jaune, Hank Vogel.jpgLe temps passe. Tout change, se transforme sauf l’imbécillité des hommes. C’est-à-dire: en apparence mais pas en profondeur. Les riches sont toujours là. Et les pauvres également, forcément. Parfois à égalité pour satisfaire l’ego des égalitaristes tordus.

    Avec quelques retours en arrière sans importance, bien entendu. Comme les habitants de Léningrad qui sont redevenus des Saint-Pétersbourgeois. Mais pour moi, des saints péteux. Car il m’arrive très souvent de nommer cette belle et impériale ville Saint-Pète. C’est plus court et plus humain.

    Oui, tout change, se transforme sauf Youri aussi qui boit et mange toujours tel un naufragé ou un évadé d’un goulag.

    - C’est bon? je lui demande.

    - La bouffe et la baise, il n’y a pas mieux que ça, me répond-t-il.

    - Il faut mercier Napoléon pour cela.

    - En quel honneur?

    - Parce que les troupes du vilain sir, pour les Anglouzes, vous ont apporté quelques raffinements.

    - Quoi par exemple?

    - Le plafond et la bouché à la reine. Malheureusement aussi bien l’un que l’autre, vous les avez légèrement déformés ou déplacés. Comme pour tout d’ailleurs, dirait un journaliste français bien connu des Français dont j’ai oublié son nom...

    - Crache au lieu de te lécher les babines comme une chatte bien nourrie!

    - La bouchée à la reine s’est métamorphosée en une sorte de petit pain rond recouvert de chocolat et le plafond en lustre.

    - Et c’est tout?

    - Oui et non.

    - C’est-à-dire?

    - Non et oui.

    - Tu te fous de moi ou quoi?...

    - D’après certains historiens, à l’origine, les poupées russes seraient japonaises et le samovar mongole ou chinois.

    - Formidable! crie Youri. Quelle astuce pour revenir à Ping!

    Je me gratte la tête. J’ai de la peine à comprendre son raisonnement.

    Soit il souffre d’un manque de vitamines A, B, C, D, K et X pas encore sur le marché, me dis-je. Soit les médecins du SUS ont paralysé en ligne quelques neurones de son cerveau. De son hémisphère gauche qui, chez lui, s’avère plutôt à droite.

    - Vas-y! Pendant que tu y es, mets en branle tes jumelles de penseur à la noix, sale voyeur de nos vies! m’insulte-t-il.

    Illico presto, Bouddha surgit du fond de mes ténèbres et me chuchote à l’oreille:

    - Rappelle-toi ma petite histoire. Ne pas réagir à une injure c’est comme refuser un cadeau qui te semble de pas t’être destiné. Secoue donc l’intelligence de ton âme et non pas l’ignorance de ton esprit...

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  • Péril jaune (2, à suivre...)

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    Péril jaune, Hank Vogel.jpg- Comme tu as pu le constater à plusieurs reprises dans les quartiers chinois de Bangkok et d’ailleurs, les bridés rotent facilement et très fort à table mais pour le reste ils sont très discrets, me dit-il.

    - C’est vrai, c’est pourquoi j’ai une préférence pour les Japonaises, je lui avoue joyeusement. Elles osent à peine jouir au lit et éternuer au cabinet quand la porte n’a pas de loquet... Mais où veux-tu en venir?

    - A Pong.

    - L’ami de Ping?

    - Parfaitement.

    - Je l’ai connu il y a très longtemps, lorsqu’il préparait sa thèse sur l’éléphant... l’éléphant...

    - Rose?

    - Non, mauve!... Il prétendait que prendre l’éléphant par les défenses, c’est autre chose que de prendre le taureau par les cornes. A la différence du taureau, un éléphant châtré reste éléphant. Il garde toute sa mémoire. Le taureau lui devient bœuf.

    - C’est lui qui a dit ça? Cela m’étonne.

    - C’est écrit noir sur blanc.

    - Où ça?

    - Dans un livre.

    - De qui?

    - Secret d’état... Ou!

    - Ou quoi?

    - Si tu souhaites me rectifier, tu n’as qu’à chercher sur google.

    - Je n’ai pas le temps pour ça.

    - Alors salut! A la prochaine...

    - Non, attends! C’est très important. Peut-on se voir?

    - Dans une ruelle sombre ou sur les quais?

    - Au pied de la statue de Lénine à midi précise.

    - OK, j’y serai.

    Quand j’étais communiste, j’adorais plus Lénine que Staline. Sans doute à cause ou grâce à sa casquette d’ouvrier. Quand j’étais fasciste, j’adorais plus le Duce que le Führer. Sans doute parce que ma mère était italienne. Quand j’étais chrétien, j’adorais plus Marie que Jésus. Sans doute parce qu’ à cette époque j’étais terriblement attiré par les vierges.

    Que d’adorations et de doutes dans ma jeunesse!

    Aujourd’hui que je ne suis ni de gauche, ni droite et ni du centre, je n’adore que le chocolat. Et ce avec certitude.

    - A quoi tu penses, l’ami? me demande Youri, les yeux fixés, comme moi, sur le bonnet tout chiffonné de Vladimir Ilitch.

    - A rien, à une boutade sans importance, je lui réponds d’un ton mitigé.

    - Raconte! J’adore ça.

    - Tu ne comprendrais pas, tu as trop vécu ici.

    - Serais-tu raciste dans ton genre?

    - Toi aussi tu t’y mets... à ce jeu débile?

    - On ne sait jamais!

    - Comment veux-tu qu’un pauvre type comme moi qui ai fréquenté une musulmane, une juive, une Vietnamienne, une Congolaise, une Indienne d’Amérique, une Tokyoïte et une albinos puisse l’être? Le racisme, c’est réservé aux gens trop bien dans leur peau... Ma concierge, la plus intime, m’a dit un jour: je sais maintenant pourquoi tu aimes tout le monde! Pourquoi? Parce que tu n’es pas sérieux.

    - Et c’est vrai?

    - Non, c’est faux, je suis paresseux... Ma cervelle n’est pas faite pour ruminer... Bon! Passons aux choses sérieuses!

    - Terrifiantes selon les experts et...

    - Accouche! Quelle genre de surprise est-il en train de nous mijoter, mon vieux copain Pong?

    - Une machine invisible et une contre-machine à cette machine, également invisible.

    - Peux-tu être plus clair? Je ne comprends rien à ton charabia.

    - Impossible!

    - Pourquoi?

    - On m’a interdit de nommer ces deux monstres autrement. Enfin, le premier plus que le second. Sinon... sinon...

    - C’est la Sibérie tous les hivers jusqu’au réchauffement certain de la planète.

    - Seul ou avec ta famille?

    - On ne me l’a pas précisé.

    - Ça, c’est vraiment méchant. Laissez quelqu’un dans le doute, c’est pire que de le poignarder dans le dos... Et Ping dans cette histoire?

    - Je ne la connais pas.

    - Mais tu mens comme tu respires!

    - Simple déformation professionnelle.

    - De mieux en mieux! C’est lamentable. Je ne te reconnais plus...

    - J’ai une épouse et deux filles à nourrir, moi! Et, excepté les patates et le pain noir fait maison, tout est hors de prix de nos jours.

    - Mais la vodka coule toujours à flots.

    - Uniquement dans les grandes occasions.

    - Désolé! Je comporte encore... parfois comme un touriste mal informé ou malveillant. Mille excuses, camarade! Tu me pardonnes?...

    - Tu ne vas pas en faire tout un gruyère pour ça?

    - Un fromage!

    - Quoi?

    - On dit un fromage et non pas un gruyère.

    - Je suis au courant. Mais c’était pour te faire plaisir.

    - Alors tu aurais dû choisir le schabziger.

    - Je le déteste. Il pue la vieille chèvre toute épuisée...

    - Nul n’échappe donc à la pensée touristique.

    - Je ne te suis pas.

    - Il est fabriqué avec du lait de vache.

    - Pour moi, malgré cela, il pue toujours.

    - Pas pour moi. Il sens bon la vraie démocratie. La vraie! La main haute et les trous bien ouverts face aux autres.

    Bizarrement, Youri me regarde un instant avec beaucoup de tristesse et de compassion. Puis il me propose timidement:

    - Et si on allait boire un verre et manger et un morceau? Je te dévoilerais tout sur Ping et ses petits caprices.

    - Ping ou Pong? je l’interroge pour m’assurer d’avoir bien entendu.

    - Ping, ta fameuse joueuse de ping-pong à vos heures perdues, bordel!...

    Lénine, Hank Vogel.jpg

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  • Lettre d'un confiné à un autre confiné

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    Quentin Spriet.jpg

    Par @, forcément!

    Cher Monsieur Vogel,

    Je viens de passer quelques bons moments avec vous sur mon ordinateur confiné, et je vous en remercie. Tout ça pour une histoire de Pakol.

    J’ai commencé ce matin par chercher mon couvre-chef favori avant de sortir au marché pour quelques légumes (photo ci-jointe). Une fois mon attestation de sortie réglementaire covid générée au clavier, par simple curiosité j’ai tapé pakol sur le clavier, puis laissé google ronronner son moteur.

    D’images en articles divers, voilà que j’arrive sur une vidéo youtube d’un papi voyageur qui me raconte ses vêtements rapportés de voyages divers, foulard, chemise, et le fameux pakol, celui des Hunza et du Kashmir certes, mais aussi celui du Grand Alexandre de Macédoine.

    J’avoue, ma première impression fut mélangée. Qui donc est cet inconnu papi farfelu à mémoire approximative qui raconte sa vie, ses voyages, face caméra, sans fioritures, lentement et sans précipitation, à l’inverse des productions vidéo survoltées qui nous inondent.

    J’ai visionné votre clip 5 minutes 58 jusqu’au bout sans flancher. Il faut dire, les grands espaces d’Asie centrale ornaient les murs de ma chambre d’ado en 70, et mes grandes vacances de lycéen se passaient à Kaboul, via Istanbul et Ispahan. Les Baloutches, les Pachtounes, Bamyan et Band-i Amir étaient au programme de notre camionnette.

    Voilà pourquoi votre vidéo Pakol a si bien résonné en moi. Et de fil en aiguille, j’ai cliqué sur le logo de votre chaîne, et découvert l’immensité de votre regard de vidéaste sur le monde. Et n’ai pas résisté à l’envie de butiner de clip en clip, remontant le fil des 10 années de vos publications. Je n’ai pas tout vu, impossible! Et j’ai enquêté, recherché sur la carte vos lieux de vie et de villégiature, Russie, Albanie, Suisse, Italie, Pays Bas, et tant d’autres.

    J’ai aussi découvert votre activité publique littéraire et cinéaste. J’ai compris alors pourquoi je regarde vos vidéos avec appétit: le cadre est maîtrisé, la composition, les plans travaillés. À main levée l’image ne tremble pas. Parfois le souffle du cadreur, inspiré et concentré, rappelle votre présence. Ça pourrait ressembler à de la vidéo d’amateur débutant, mais non.
    On y voit de tout, de l’intime, de la famille, des enfants, des adultes, des vacances, du quotidien, de la rêverie, de l’étranger, du temps long et de la curiosité bienveillante. Tout ça dans un style d’une simplicité déconcertante, très peu de commentaires, un agréable mélange de langues et de cultures, un regard sur le monde, le voisinage, la nature et l’humanité… De l’ascenseur bloqué, à la coupe de cheveux de gamin exigeant, de baragouinage en horizons marins…

    Je suis non lecteur, il est fort probable que je ne lirai pas votre prose, fut-elle de qualité. Mais je suis addict à la belle lumière argentique et numérique de la photo et la vidéo, photo-vidéaste naturaliste amateur indécrottable, contemplatif très gourmand en histoires du monde.

    J’aime votre écriture filmée. Voilà pourquoi je continuerai d’aller de temps en temps ouvrir une de vos fenêtres au fin fond de l’Altaï, Guelendjik ou Novokouznetsk, et me dépayser de vos témoignages lucides et imagés, toujours sincères.

    Merci Monsieur Hank!

    Quentin Spriet
    Lille, France

    Quentin Spriet, photo.png

    Cliquez sur la photo!

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  • Péril jaune (1, à suivre peut-être)

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    Péril jaune, Hank Vogel.jpgIl y a deux façons de voir les choses. Telles quelles... ou autrement.

    Le péril jaune! Cette idée macabre n’est pas d’aujourd’hui. Elle est probablement aussi vieille que la Chine et ses chinoiseries. Je mets à l’écart le Japon...

    Elle a traversé l’esprit de l’empereur Guillaume II, du statisticien Edmond Théry et de nombreux autres complotistes malgré eux.

    Elle a également traversé le mieux en juillet de l’an de grâce 2018, lors d’un voyage ou, plus précisément, d’un très long trajet en voiture dans l’Altaï, la partie russe ou le Tibet russe pour les romantiques.

    Ce jour-là, à part ma chère épouse, ses deux sœurs, mon neveux Rouslan qui conduisait et moi-même, il n’ y avait personne. Ni devant nous, ni derrière, ni sur les côtés. Pas un chat. Pas le moindre habitat à l’horizon. Que des champs en friche ou à moitié semés et des steppes. C’était comme si la population de cette gigantesque et mystique région avait subitement disparu du globe ou pris la fuite par peur...

    - Peur de quoi? me demandai-je. D’une énorme et certaine invasion de mouches énervantes et épuisantes nées au pays de Mao? Impossible, le dictateur les a toutes exterminées. Ressuscitées peut-être en sauterelles mécaniques? Impossible aussi, la technologie chinoise n’est pas au top? D’une probable attaque d’hommes armés jusqu’aux dents, le sourire jaune jusqu’aux oreilles? Impossible pour la troisième fois! Car vu l’ampleur d’un tel danger, Poutine aurait déjà réagi en lâchant illico presto ses fusées à tête nucléaire toutes excitées et nous serions tous au commencement de la fin, de l’humanité forcément... C’est vrai, ils sont trop nombreux, ces pauvres Chinetoques, et ils ont besoin plus d’espace. Et leur solution de l’enfant unique, de préférence un garçon, devient de plus en plus problématique, inacceptable au sein de la population. Bon bref! Ils trouveront bien quelque chose un de ces quatre, ces braves héritiers directs des premiers et inoffensifs fabricants des feux d’artifice et des raviolis.

    Une année plus tard. Voire un peu plus.

    Coup de fil de Youri, prénom d’emprunt! Un ami de longue date qui travaille au... pour le SUS. C’est-à-dire: les Services ultra secrets.

    - Les voisins sont en train de créer un monstre invisible, me confit-il d’une voix grave.

    - Où ça? je lui demande tout inquiet.

    - A Wuhan.

    Bien entendu, nos portables sont non identifiables. Équipés de trois VPN. Comme les Hollandais avec leurs digues...

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  • Un salaud de bonne moralité (16, à suivre)

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    Un salaud de bonne moralité, Hank Vogel.jpgMa mère m’a terriblement surpris, me dis-je, une fois dans le bus en direction du centre-ville. C’est vrai, j’ai pu enfin avoir une discussion sérieuse avec elle. Mais c’était comme si... j’ai eu parfois l’impression de parler avec quelqu’un d’autre, une femme beaucoup plus jeune qu’elle ou plutôt avec un jeune homme blessé qui s’est échappé d’une mystérieuse prison... Pourquoi mes parents ne m’ont jamais parlé de leur vie amoureuse, de leur rencontre ou de leurs premiers baisers? Pourquoi ont-ils laissé le soin aux autres, à l’école et à mes copains plus âgés et avertis, pour parfaire intellectuellement mon éducation sexuelle? Tabou, secret défense, moralité oblige, des poids écrasants sur leurs épaules!... Bien que vous soyez le chef de famille, Monsieur Joseph Murchadha, il vous est formellement interdit d’offrir à votre fils sa première capote! C’est gravé au carbone 14 dans vos gènes. Une cigarette passe encore, un préservatif jamais. Paradoxe des paradoxes! Tout est si arbitraire dans notre triste société. Règles et lois. Toutes arrangées et promulguées par une minorité qui dirige et écrase toujours la majorité. Comme tu as dû souffrir et tu souffres encore, mon cher Papa, dans ce monde sauvage et injuste! Qui a fait de toi un soumis, un parfait mollusque. Le souvenir de ta faiblesse sera ma force. Je l’espère!...

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  • Un salaud de bonne moralité (15, à suivre)

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    Un salaud de bonne moralité, Hank Vogel.jpg- Allô, bonjour...

    - Salut, c’est Yvette. On peut se voir pour l’appart?

    - Pas de problème!

    - J’ai aussi une proposition très intéressante à te faire.

    - Rendez-vous dans deux heures comme d’hab. Ça marche?

    - Parfait!

    Il n’y a pas mieux qu’un coup de fil vite fait sur le gaz, dirait Lolita, la concierge de mes vieux. C’est direct et moins coûteux.

    C’est son avis et, philosophiquement parlant uniquement, si je puis m’exprimer ainsi, je le partage entièrement.

    En effet, je ne supporte pas les longues et interminables conversations au téléphone. Pas de visage en face. Pas de mimiques, de signaux révélateurs, que des mots. Des mots, des mots et encore des mots. Quel gargarisme verbal! D’un côté comme de l’autre...

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  • Un salaud de bonne moralité (14, à suivre)

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    Un salaud de bonne moralité, Hank Vogel.jpgL’admiratrice sans équivoque de la Nazaréenne croise lentement ses mains puis, avec un calme quasi divin, elle me déclare:

    - Tous les régimes actuels ne sont que des dictatures. Au nom du bien universel ou de la démocratie, on nous manipule sans cesse dans tous les sens... et on nous force même, sous peine d’amende ou d’emprisonnement, à apprécier ou à supporter les êtres et les choses qui nous répugnent le plus au monde. Pourquoi devrais-je aimer absolument une fofolle qui pue le foutre de son mec à longueur d’année?... C’est épidermique chez moi. Génétique! Quand je vois, à la télé, deux hommes en train de s’embrasser, j’ai aussitôt envie de vomir. Faut-il que j’aille me faire soigner pour cela?

    - ...

    - Et pire! Qu’à toi seulement. Les orthodoxes me dégoûtent à un tel point que j’ai parfois l’envie...

    Le téléphone sonne. Avortant ainsi son secret.

    - Vas-y! m’ordonne-t-elle gentiment...

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  • Un salaud de bonne moralité (13, à suivre)

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    Un salaud de bonne moralité, Hank Vogel.jpgJe me gratte la tête et lui dit:

    - D’après ton raisonnement, Jésus est devenu le Christ grâce à Marie.

    - Bingo! s’exclame-t-elle... Tu as tout compris. L’ange Gabriel, c’est l’amant idéal que toute jeune-fille souhaite rencontrer à l’aube de ses envies de grossesse afin d’engendrer sa première créature parfaite. C’est dans l’inconscient féminin. Dans notre sang à nous, les femmes!... La pucelle de Judée n’a fait que de concrétiser ses pensées en...

    - En couchant avec un Romain aux yeux bleus.

    - Ça, c’est une autre histoire.

    - Comme celle du second tombeau de ton cher sauveur! Les histoires enrichissent les historiens et appauvrissent les paroisses...

    - Spot fiston! Nous nous égarons, revenons à notre sujet!

    - Plutôt à nos tendres lascars.

    - Qui ça?

    - Le pasteur et sa prêtresse ou le curé et sa pastoresse... J’ai deux questions à te poser.

    - Pose-les toujours!

    - La première: qu’est-ce qui te dégoûte chez les pédés? La seconde: avec ton incroyable pouvoir, capable de déplacer des montagnes, qu’est-ce qu’il t’a pris de faire appel à ces deux babouins?...

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  • Un salaud de bonne moralité (12, à suivre)

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    Un salaud de bonne moralité, Hank Vogel.jpg- Sur moi? Comment?

    - Oui, Agostino Murchadha, sur toi. Tous mes espoirs! Quand tu étais tout petit et doux comme un ours en peluche, je te suppliais souvent de devenir quelqu’un de bien. Un esprit à l’écoute de l’autre. Une âme pleine de compassion. Dans sa fraîche et pure innocence, le bébé enregistre tout et certaines paroles, sous forme de sons, restent gravées à jamais dans sa mémoire. L’éducation commence là.

    Je souris.

    - Tu as beau sourire, mon fils, mais sache que tes réussites scolaires et universitaires sont les fruits de ma volonté, me confie-t-elle. Oui, la mienne. Le pouvoir de la pensée fait des miracles.

    - Mais...

    - Non, je ne t’ai pas violé psychologique. Contrairement aux suppositions malsaines des vieilles vipères, j’ai agi, telle la publicité le fait en toute impunité quotidiennement à la radio, à la télévision et via les autres médias. Mais en mieux, uniquement dans ton propre intérêt. Oui, c’est vrai, je t’ai supplié souvent quand tu étais dans mes bras ou dans ton berceau. Mais plus tard aussi, quand tu dormais comme chevalier épuisé. C’était des prières, des cris silencieux chargés de recommandations et d’encouragements. Pour tes années à avenir... Ton cher Papa rêvait que tu deviennes chirurgien, médecin ou psychiatre, des vocations fort honorables sans aucun doute. Mais moi, je voulais absolument que tu deviennes architecte, un métier moins absorbant, plus libérateur... Lui, il rêvait. Moi, je voulais absolument. Entre le souhait pas assez certain d’un père et le désir profond d’une mère, le Ciel a tranché en ma faveur...

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  • Un salaud de bonne moralité (11, à suivre)

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    Un salaud de bonne moralité, Hank Vogel.jpg- Enfin, exprime-toi clairement, Maman! je gueule.

    Elle secoue la tête, tel un enfant grondé à tort, et me dit:

    - Je sais, je me comporte parfois comme une extraterrestre. Que veux-tu, je suis née à une mauvaise époque! A une époque où les filles n’avaient pas le droit de porter des pantalons à l’école... J’ai subi tellement d’injustices dans ma jeunesse, par rapport à mes frères, le choix imposé de mes études par exemple... que j’ai fini par me refermer sur moi-même. On a fait de moi une sorte d’esclave non confinée, à l’air libre, sans chaîne mais muselée intellectuellement. «Sois belle et tais-toi!» Ou plus explicitement: «On te regarde, je veux bien, mais c’est moi que l’on doit entendre!» C’était la devise inconsciente des mâles inconscients en ces temps médiocres, si tu permets cette expression. La rencontre avec ton père fut un grand moment de joie, de délivrance, de liberté... Mais bien vite la famille et la belle-famille me firent comprendre que je faisais faute route. Traditions par-ci, coutumes par-là! Habitudes par-là, bonnes manières par-ci! A longueur d’année. Alors je me suis enfermée à nouveau dans ma cage de femelle ou ma cellule de femme condamné à la fermer. Heureusement, tu es venu au monde et j’ai tout misé sur toi.

    - Sur moi? Comment?

    - Oui, Agostino Murchadha, sur toi. Tous mes espoirs! Quand tu étais tout petit et doux comme un ours en peluche, je te suppliais souvent de devenir quelqu’un de bien. Un esprit à l’écoute de l’autre. Une âme pleine de compassion. Dans sa fraîche et pure innocence, le bébé enregistre tout et certaines paroles, sous forme de sons, restent gravées à jamais dans sa mémoire. L’éducation commence là...

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  • Joyeuses Pâques!

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    Joyeuses Pâques, Hank Vogel.pngBien que je ne pratique aucune religion, j'adore étrangement les fêtes de Pâques. Et là où j'habite actuellement, à Pouchkine, je suis religieusement bien servi. Mon épouse et moi, nous les fêtons toutes. C'est-à-dire: celles des orthodoxes et celles de ma tendre et belle enfance.

    En épluchant un œuf rouge, vert, jaune ou bleu, mon esprit se me met souvent à vagabonder, à voyager...

    Je me souviens ainsi d'Alexandrie avec ses nombreux temples, églises et mosquées. De la générosité de mes parents. Du gros lapin en chocolat, forcément. Des sourires et éclats de rire de mes petits copains et copines suisses, irlandais, italiens, grecques, arméniens et arabes. Tout allait si bien, à merveille. L'avenir nous attendait les bras grand ouverts.

    Je me souviens aussi de Guelenjik, ville du Caucase qui m'a tant inspiré, avec ses habitants et ses prêtres fort sympathiques.

    Je me souviens de tout cela, et d'autres choses encore, et mes yeux se mettent à briller.

    Je regarde le Ciel et je chuchote en cachette:

    - Merci!... Joyeuses Pâques à tous!

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  • Un salaud de bonne moralité (10, à suivre)

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    Un salaud de bonne moralité, Hank Vogel.jpg- Tu ne les aimes pas?

    Pas de réponse verbale mais une grimace.

    Le visage d’une mère est une belle encyclopédie, un bréviaire ouvert, chargé de petits signes miraculeux. Des signes qui mettent en garde, rassurent et expliquent.

    Tout y est dans ce livre sacré qui s’ouvre à la naissance du premier enfant. L’amour, la peur, la douleur, l’espoir, la mort, la vie!

    Malheureusement, à force de l’avoir trop regardé, consulté, fouillé dans ma petite enfance, mon regard pourtant si admiratif mais terriblement vagabond et follement attiré par l’ailleurs s’est finalement détourné de lui.

    Alors ce bouquin unique, par tristesse, s’est refermé sans protester. Fermé pour l’éternité. Probablement, certainement.

    Va-t-il s’ouvrir à nouveau, exceptionnellement pour mes beaux yeux? je me demande. Non, la parole a sans doute détruit définitivement ce langage si divin.

    - Enfin, exprime-toi clairement, Maman! je gueule...

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  • Un salaud de bonne moralité (9, à suivre)

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    Un salaud de bonne moralité, Hank Vogel.jpg

    - Sors-la immédiatement et allume! crie-t-il de toutes ses forces. J’obéis et que vois-je à ma plus grande stupéfaction? Une photographie géante de moi déguisé en nonne.

    ***

    Au petit-déjeuner, encore à moitié endormi, ma mère me demande, en me beurrant une tartine:

    - Sais-tu que tu parles dans ton sommeil?

    - On me l’a déjà reproché, je lui réponds.

    - Qui ça? Pétra?

    - Pas possible!

    - Elle est au moins jolie?

    - Plus que ça!

    - Jolie mais pas polie.

    - Pourquoi tu dis ça?

    - Parce qu’elle a téléphoné sans se présenter et n’a pas voulu laisser son numéro de téléphone.

    Morphée disparaît pour de bon.

    - Quand ça? je m’inquiète.

    - Ce matin très tôt pendant que tu dormais comme un loir... mais je n’ai pas osé te réveiller, m’avoue ma chère protectrice.

    - Tu aurais dû! C’était certainement Yvette, elle est si timide, la pauvre...

    - Encore une?

    - Mais non Maman! Pétra est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO et Yvette à mon ancienne école.

    - Je ne comprends rien à tes salades...

    - C’est une étudiante franco-suisse très douée qui souhaite reprendre ma chambre en ville... Zut! Je ne sais pas ce qu’il m’a pris de lui filer vos cordonnées...

    - Tu penses revenir définitivement à la maison? Jusqu’au mariage, bien entendu...

    - Certainement... Pour mieux vous surveiller... Au fait, il est où Papa?

    - Mais au travail! Comme tous les autres jours... Nous surveiller pour quelle raison?

    - Je trouve que vous avez beaucoup changés depuis un certain temps.

    - Tu dis ça à cause de hier soir?

    - Justement, je vous dois des excuses...

    - C’est plutôt le contraire.

    - Comment ça?

    Ma mère hésite un instant puis, d’un air désolé voire coupable voire les deux à la fois, elle m’explique à voix basse:

    - Ton père et moi, nous avons joué la comédie face ces deux messieurs. Je sais, même un libre penseur dirait que ce n’est pas très catholique ce que nous avons fait. Mais nécessaire pour ton avenir. Afin que tu obtiennes rapidement un bon poste et un passeport. Ça n’a pas fonctionné cette fois-ci. De qui la faute? Aucune importance. Tant pis! Ce n’est pas grave. Bref! En réalité, nous sommes moins religieux et pratiquants que nous le prétendons...

    - Et la tresse du dimanche alors? je grogne.

    - Chut! me dit-elle très doucement en levant son index. On nous espionne là-haut. Assis confortablement sur leur nuage rose.

    Je jette un coup d’œil vers la fenêtre ouverte.

    - Pas au ciel mais à l’étage supérieur, précise-t-elle. Pas de micro-fouineur mais de grandes oreilles. Ils habitent ensemble nos chers visiteurs de hier soir.

    - Non?

    - Oui! Et vivent comme deux agapornis canus.

    - Deux quoi?

    - Des inséparables à tête grise. Ce sont des oiseaux qui, selon la légende, quand l’un meurt l’autre se laisse mourir.

    - Mais ils porteraient aussi malheur comme dans le film Alfred Hitchcock.

    - J’espère pour eux-mêmes.

    - Tu ne les aimes pas?...

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  • Un salaud de bonne moralité (8, à suivre)

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    Un salaud de bonne moralité, Hank Vogel.jpgA peine trois ou quatre pas en avant, le ciel devient tout jaune et une monstre tempête se lève.

    Illico presto, je me réveille et je me frotte les yeux.

    - Saleté de sable, je râle.

    Je regarde ma montre, il est six heures du matin.

    - Quel con! je murmure en pensant à je ne sais qui ou à je ne sais quoi et je me rendors.

    C’est le noir total.

    - A qui parles-tu? me demande Legov.

    - A personne, je lui réponds, tout désorienté. Et avec toi?

    - Ton téléphone portable, pardi!...

    - Mais où sommes-nous?

    - Dans le trou du cul d’un nègre.

    - Eh bien!

    - Eh bien quoi?

    - Tu n’as pas peur que l’on te traite un jour de raciste?

    - Au fond d’une grotte ou plutôt au saint des saints d’un temple?

    - Quel temple?

    - Mais celui de Pétra, bordel!

    - Nous sommes à Pétra?

    - Non, dans les caves de l’Élysée, bébête!

    - Pourquoi tu es si nerveux?

    - Et toi si égaré?...

    - Tu n’as pas répondu à ma question?

    - Vraiment?

    - Pas vraiment.

    - Répète-là!

    - Tu n’as pas peur que l’on te traite un jour de raciste?

    - C’est déjà fait.

    - Par qui?

    - Par tous ceux qui ne m’aiment pas.

    - Et?

    - Et quoi?

    - Ça te touche?

    - Ça m’énerve. Uniquement quand on n’arrête pas de me les briser.

    - Sois plus explicite!

    - Soit! Imagine: tu as toujours défendu les minorités et voilà qu’un soir lors d’un conférence de presse un branleur de ces gens-là t’accuse du contraire et insiste... Ça te ferait quoi à toi?

    - Je n’en sais rien... Du moins, j’essayerais de le comprendre.

    - Tu es un parfait salaud mais de bonne moralité. Bref! Par hasard... tu n’aurais pas des allumettes ou un briquet?

    - Je ne fume pas.

    - Je m’en doutais. Moralité oblige!...

    - Mais j’ai une petite torche électrique dans ma poche.

    - C’est seulement maintenant que tu me le dis?

    - C’est que...

    - Sors-la immédiatement et allume! crie-t-il de toutes ses forces.

    J’obéis et que vois-je à ma plus stupéfaction?...

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  • Reflets

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    Reflets, Hank Vogel.jpgLe berger ne caresse et ne met en avant que ses tendres et propres moutons.

    Il y va de même avec les hommes politiques et les autres petits chefs.

    ***

    La vie est faite plus de douleurs que de satisfactions.

    Quand tout va pour le mieux! Bébés, on nous espère et on nous adore. Enfants, on nous supporte et on nous réprimande. Adultes, on nous utilise et on nous exploite. Vieux, on nous abandonne et on nous oublie.

    Finalement, un collier de perles n’a-t-il pas forcément plus de chance et de valeur que nous, pauvres humains?

    Peinture (acrylique) du maître Koli que je côtoie et admire.

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  • Un salaud de bonne moralité (7, à suivre)

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    Un salaud de bonne moralité, Hank Vogel.jpgMerde alors! Suis-je sur ou dans la lune? je m’interroge. Non, en plein désert. C’est plus plausible.

    J’... arpente, avance, me balade, chemine, circule, clopine, crapahute, me dirige, déambule, erre, flâne, tourne en rond, traîne, trimarde, trotte, trottine, vagabonde, voyage.

    Bizarre! Tant de verbes dans ma tête pour me persuader... de quoi au fait? Et par ordre alphabétique par dessus le marché! Est-ce à cause de mes études scientifiques ou semi-scientifiques? M’a-t-on mathématisé à ce point-là?

    Stop!

    Tout à coup, je me trouve nez à nez avec mon écrivain préféré, Legov.

    - Qu’est-ce que tu fous-là? je lui demande, tout surpris.

    - Et toi alors? me répond-t-il d’un air pressé.

    - Tu vas où? J’ai l'impression que tu as le feu au cul.

    - C’est fort possible.

    - Cela est dû à quoi?

    - A tes cachotteries.

    - Quelles cachotteries?...

    - Pourquoi tes zinzins ignorent mon existence?

    - Mais de quoi et de qui parles-tu?

    - Veux-tu que je te fasse un dessin... une perspective ou un plan? Tu adores ça, non?

    - Non merci, j’en ai assez bavé. Et puis chaque chose en son temps!... Où sommes-nous exactement?

    - Sur la route de Damas, je crois.

    - Damas Damais! La ville... qui n’est plus qu’une ruine?

    - Elle t’intéresse?

    - Je ne suis pas archéologue.

    - Je sais. Mais en tant qu’architecte?

    - Sûrement. Car j’ai hâte de porter secours aux sans-logis.

    - Dommage! Je pensais le contraire.

    - Comment ça?

    - Je sens l’odeur de Pétra. Tu ne sens rien?

    - Quoi par exemple?

    - L’antiquité.

    - Pétra n’est pas une femme?

    - Non, un transsexuel ou un transgenre.

    - C’est vrai?

    - Mais non, maçon diplômé! C’est un site archéologique... anciennement la capitale des Nabatéens, un peuple qui a mystérieusement disparu. Sans doute à cause de ces abrutis de Romains...

    - C’est comment?

    - Marchons et tu découvriras la splendeur des splendeurs...

    Pétra.jpg

    Pétra (Cliquez sur l'image!)

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