Péril jaune (3, à suivre...)

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Péril jaune, Hank Vogel.jpgLe temps passe. Tout change, se transforme sauf l’imbécillité des hommes. C’est-à-dire: en apparence mais pas en profondeur. Les riches sont toujours là. Et les pauvres également, forcément. Parfois à égalité pour satisfaire l’ego des égalitaristes tordus.

Avec quelques retours en arrière sans importance, bien entendu. Comme les habitants de Léningrad qui sont redevenus des Saint-Pétersbourgeois. Mais pour moi, des saints péteux. Car il m’arrive très souvent de nommer cette belle et impériale ville Saint-Pète. C’est plus court et plus humain.

Oui, tout change, se transforme sauf Youri aussi qui boit et mange toujours tel un naufragé ou un évadé d’un goulag.

- C’est bon? je lui demande.

- La bouffe et la baise, il n’y a pas mieux que ça, me répond-t-il.

- Il faut mercier Napoléon pour cela.

- En quel honneur?

- Parce que les troupes du vilain sir, pour les Anglouzes, vous ont apporté quelques raffinements.

- Quoi par exemple?

- Le plafond et la bouché à la reine. Malheureusement aussi bien l’un que l’autre, vous les avez légèrement déformés ou déplacés. Comme pour tout d’ailleurs, dirait un journaliste français bien connu des Français dont j’ai oublié son nom...

- Crache au lieu de te lécher les babines comme une chatte bien nourrie!

- La bouchée à la reine s’est métamorphosée en une sorte de petit pain rond recouvert de chocolat et le plafond en lustre.

- Et c’est tout?

- Oui et non.

- C’est-à-dire?

- Non et oui.

- Tu te fous de moi ou quoi?...

- D’après certains historiens, à l’origine, les poupées russes seraient japonaises et le samovar mongole ou chinois.

- Formidable! crie Youri. Quelle astuce pour revenir à Ping!

Je me gratte la tête. J’ai de la peine à comprendre son raisonnement.

Soit il souffre d’un manque de vitamines A, B, C, D, K et X pas encore sur le marché, me dis-je. Soit les médecins du SUS ont paralysé en ligne quelques neurones de son cerveau. De son hémisphère gauche qui, chez lui, s’avère plutôt à droite.

- Vas-y! Pendant que tu y es, mets en branle tes jumelles de penseur à la noix, sale voyeur de nos vies! m’insulte-t-il.

Illico presto, Bouddha surgit du fond de mes ténèbres et me chuchote à l’oreille:

- Rappelle-toi ma petite histoire. Ne pas réagir à une injure c’est comme refuser un cadeau qui te semble de pas t’être destiné. Secoue donc l’intelligence de ton âme et non pas l’ignorance de ton esprit...

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