Un salaud de bonne moralité (12, à suivre)

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Un salaud de bonne moralité, Hank Vogel.jpg- Sur moi? Comment?

- Oui, Agostino Murchadha, sur toi. Tous mes espoirs! Quand tu étais tout petit et doux comme un ours en peluche, je te suppliais souvent de devenir quelqu’un de bien. Un esprit à l’écoute de l’autre. Une âme pleine de compassion. Dans sa fraîche et pure innocence, le bébé enregistre tout et certaines paroles, sous forme de sons, restent gravées à jamais dans sa mémoire. L’éducation commence là.

Je souris.

- Tu as beau sourire, mon fils, mais sache que tes réussites scolaires et universitaires sont les fruits de ma volonté, me confie-t-elle. Oui, la mienne. Le pouvoir de la pensée fait des miracles.

- Mais...

- Non, je ne t’ai pas violé psychologique. Contrairement aux suppositions malsaines des vieilles vipères, j’ai agi, telle la publicité le fait en toute impunité quotidiennement à la radio, à la télévision et via les autres médias. Mais en mieux, uniquement dans ton propre intérêt. Oui, c’est vrai, je t’ai supplié souvent quand tu étais dans mes bras ou dans ton berceau. Mais plus tard aussi, quand tu dormais comme chevalier épuisé. C’était des prières, des cris silencieux chargés de recommandations et d’encouragements. Pour tes années à avenir... Ton cher Papa rêvait que tu deviennes chirurgien, médecin ou psychiatre, des vocations fort honorables sans aucun doute. Mais moi, je voulais absolument que tu deviennes architecte, un métier moins absorbant, plus libérateur... Lui, il rêvait. Moi, je voulais absolument. Entre le souhait pas assez certain d’un père et le désir profond d’une mère, le Ciel a tranché en ma faveur...

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