• Petite pause en images

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    Pouchkine, anciennement Tsarskoie Selo: un coin merveilleux chargé de belles et de tristes histoires. A un quart d'heure à pied de mon (notre) appartement à Inkeri...

    Je croyais que c'était une mosquée...

    C'était en été évidemment!

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  • Joyeuses fêtes!

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    Chères lectrices et chers lecteurs,

    Permettez-moi de vous souhaiter de joyeuses fêtes de Noël, de fin d'année et de nouvel an, en ajoutant une de mes phrases préférées:

    Soyons amants, amis ou ennemis mais soyons quelque chose! 

    Car le pire qui puisse nous arriver en ces périodes de festivités, c'est de nous sentir totalement inexistants aux yeux des autres.

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  • Sven (9, à suivre)

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    Sven, Hank Vogel.jpgJ’aimerais bien terminer cette histoire en aboyant:

    - Une de perdue dix de retrouvées!

    Mais voilà! Cela me paraît trop banal et typiquement phallocratique. Et surtout: anti avant-gardiste à différents points de vue.

    On ne peut pas prétendre être un ethnologue très attentif ou un philosophe très humaniste et agir comme un voyou de la pire espèce.

    Bien que, dans notre société bordélique, de nombreux personnalités, religieuses et autres, hautement respectées et appréciées de la populace, ces branleurs de drapeaux et de naïves pancartes, transgressent impunément les lois en commettant sans cesse des actes diaboliques pour assouvir leur soif de destruction, alors à quoi bon se faire du mouron? me soufflerait à l’oreille ma concierge bien aimée.

    Mais aussitôt, je lui chanterais en me pincer le nez:

    - Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise. Ainsi font, font, les petites marionnettes...

    Donc deux voies s’ouvrent à moi et c’est à moi seul de décider laquelle choisir.

    Mais ou et donc or ni car? Qui me lira, saura de quelle étoffe je suis fait.

    Bizarrement, en me grattant la barbe et en me palpant le cou, les femmes girafes que j’ai filmées en Birmanie me viennent à l’esprit suivies illico presto de divers sévices dus aux traditions dont l’excision et la circoncision.

    Je me trouve ainsi coincé, prisonnier mentalement dans le monde confus et absurde de l’obéissance aveugle et du fait accompli. Pour un mini laps de temps seulement. Heureusement!

    - Quelle barbarie intellectuelle! je murmure...

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  • Sven (8, à suivre)

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    Sven, Hank Vogel.jpg- Quand je travaillais à l’université, mon chef me reprocha à plusieurs reprises de lui répondre souvent voire systématiquement oui mais. Mais jamais ou très rarement oui tout court... Malheureusement un chef n’est qu’un chef. Surtout lorsqu’il a gagné ses galons par pistonnage comme dans la plupart des secteurs de la fonction publique. Que veux-tu, certains titres ont la fâcheuse tendance à ramollir le cerveau. Bref!... Dans une société sourde aux finesses de l’esprit, tel le milieu des armes et des casernes, on s’exprime sèchement soit par l’affirmative soit par la négative. Jamais autrement. Le soldat n’a pas le droit de penser, de méditer, de raisonner, de peser le pour et le contre, de délibérer, de réfléchir, de cogiter... Il doit obéir aux ordres et les exécuter. Tel un robot. Le oui mais est considéré comme une tentative de refus, parfois même de trahison. Et pourtant! C’est par l’assemblage spontané de ces deux vocables quasi minables que la voix en quête de vérités cherche à atteindre son but sans causer trop de dégâts. Oui mais, c’est oui je doute... oui je crains... oui sans grand plaisir... oui va te faire foutre fils de chien...

    - Tu dérapes, mon cher ami! Quel rapport avec les sauvages que tu filmes?

    - Ils ne sont guère plus sauvages que toi et moi... Leur vie, leur façon de vivre, me paraît plus simple que la nôtre, plus nuancée.

    - Nuancée?

    - Paradoxalement plus colorée. Pas de radio. Pas de téléviseur. Pas de fauteuil ni de canapé. Pas de frigo ni de congélateur. Moins d’objets: plus d’espace et de liberté...

    - Tu n’as pas répondu à ma question.

    - Quelle question?

    - Quel rapport avec les... gens que tu filmes?...

    - Ah oui!... Leurs... Les gestes et les mimiques sont plus révélateurs que la parole. Les mots, surtout les mots traduits, prêtent souvent à confusion.

    - Si j’ai bien compris, tu n’as pas besoin de moi comme interprète, n’est-ce pas?

    - Pas dans l’immédiat.

    - Quand alors?

    - I don't know... Peut-être un jour ou jamais.

    Vexée à mort, elle se lève d’un bond, me crache au visage et disparaît de ma vue en courant...

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  • Sven (7, à suivre)

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    Sven, Hank Vogel.jpgJe souris gentiment, elle me tire la langue.

    Je souris à nouveau, narquoisement, et, telle une vipère aux abois, elle me crache son venin:

    - Tous les mêmes, ces falang! Nous ne sommes bonnes qu’à ça, nous les filles. La baise, la baise, rien que la baise, merde!... Tu sais, je ne suis pas seulement une idiote qui œuvre sans capote, spécialement pour toi, mais aussi une fine polyglotte que tu ignores totalement. En plus du français et du thaï, comme tu as pu le constater, je parle également l’anglais, le lao forcément, et au moins deux langues palaungiques. Donc, donc... je pourrais te servir de guide lors de tes escapades aux confins de nulle part.

    - Excellente suggestion! je m’exclame... Mais!

    - Mais?

    - Ce foutu mais, ou le mais en général, est peut-être la clé de tous les mystères... Petit retour en arrière dans le temps, si tu permets.

    - Ai-je le droit de refuser?

    - On a tous les droits dans l’univers de la communication.

    - Bon! Vas-y, déballe ce que tu as à déballer!

    - ...

    - Vas-y!

    - Quand je travaillais à l’université, mon chef me reprocha à plusieurs reprises de lui répondre souvent voire systématiquement oui mais. Mais jamais ou très rarement oui tout court... Malheureusement un chef n’est qu’un chef. Surtout lorsqu’il a gagné ses galons par pistonnage comme dans la plupart des secteurs de la fonction publique. Que veux-tu, certains titres ont la fâcheuse tendance à ramollir le cerveau. Bref!...

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  • Sven (6, à suivre)

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    Sven, Hank Vogel.jpgJe rumine quelques vieilles idées puis je me lance tel scout plein de bonne volonté:

    - Je suis un explorateur, un ethnologue non conventionnel et non subventionné, qui cherche à se rendre dans les lieux les plus éloignés, les plus perdus de la terre afin de mieux comprendre les bases des sentiments humains.

    Je me gratte la tête et je poursuis:

    - Cela peut paraître ridicule, insensé pour certaines personnes. Y compris pour toi, peut-être... Surtout pour celles éduquées, conditionnées, mathématisées, formatées à coups de fouet intellectuels...

    - Spot, spot! m’arrête-t-elle brutalement. Moi aussi, j’ai fréquenté les hautes écoles et les clubs universitaires et je peux comprendre ou faire semblant de comprendre tout discours chargé de sublimes et d’inhabituelles paroles mais je préfère les mots simples et les explications encore plus simples voire muettes car j’ai vécu toute mon enfance dans un village à l’abri du vacarme et de la folie des gens de la ville... Pourquoi tout ce cinéma en cinémascope sur une brève partie de ton existence? Que cherches-tu à me prouver? Je sais qui tu es! Ou du moins, je l’imagine...

    - Alors... qui... que suis-je... d' après... selon toi? je bégaye, tout contrarié.

    - Un mec coupable.

    - Coupable de quoi?

    - D’être ici et de forniquer à tout bout de champ...

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  • Sven (5, à suivre)

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    Sven, Hank Vogel.jpgNous nous installons à une table d’une sorte de café-restaurant à l’air libre d’un somptueux centre commercial hyper climatisé dont le nom sur l’enseigne à l’entrée m’a échappé.

    Sven, persuadée de devenir ma future épouse et la cheffe d’une famille nombreuse, commande à boire et à manger. Sans me consulter, forcément.

    L’espoir donne des ailes, me dis-je.

    Un transgenre, légèrement dans les vapes, nous apporte deux tom kha kai accompagnés de deux bols de riz et deux canettes de diet coke.

    - Il a dû passer à la casserole au moins à double face cette nuit, j’ironise en m’adressant à ma compagne.

    Le jeune homme ou la jeune femme à l’état latent, ou l’inverse, me foudroie du regard.

    - Vous parlez le français? je lui demande, tout gêné.

    - Je fais parfois des remplacements au Lycée des moqueurs nés, me répond-t-il sans accent mais avec une froideur digne d’un homme d’état.

    - Je... je... il s’agissait du...

    - Bien entendu. Comme tout bon cuisinier qui ne juge la cuisson qu’à l’œil nu.

    Et il tourne les talons.

    Merde! J’aurais mieux fait de fermer ma grande gueule de semeur inconscient.

    Après avoir avalé en pleurant la soupe de poulet au lait de coco terriblement pimentée et rincé ma gorge avec le décapant américain, je propose à ma belle Laotienne:

    - Et si on se disait tout maintenant? De A à Z. Sans bavures ni garnitures.

    - C’est-à-dire? s’inquiète-t-elle.

    - Qui suis-je vraiment, quelles sont mes véritables intentions...

    - Commence alors?

    Je rumine quelques vieilles idées puis je me lance tel scout plein de bonne volonté:

    - Je suis un explorateur, un ethnologue non conventionnel et non subventionné, qui cherche à se rendre dans les lieux les plus éloignés, les plus perdus de la terre afin de mieux comprendre les bases des sentiments humains...

    Hank Vogel, Vietnam 1994.jpg

    Viernam 1994.jpg

    Hank Vogel, au Vietnam.jpg

    Au nord du Vietnam (1994)

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  • Sven (4, à suivre)

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    Sven, Hank Vogel.jpgDieu, les dieux, les anges et les autres habitants de l’au-delà!

    Depuis que j’ai entendu une mystérieuse voix féminine, qui m’a ébranlé et m’a empêché de tomber par la fenêtre, et un étrange homme silencieux creuser une tombe puis disparaître, je me demande souvent s’il y a un couple invisible qui rode régulièrement autour de moi. Pour me protéger des esprits malins et me guider sur la voie du bon sens.

    C’est sans doute pour cela que je ne prie jamais. Sauf évidemment, soyons honnêtes, quand j’ai la fâcheuse et éphémère certitude que mes éternels protecteurs m’ont fait faux bond.

    Mais, étant un farouche défenseur de la liberté de pensée, aussi absurde soit-elle, je m’interdis d’interdire l’accès à mon jardin sacré toute croyance, tout croyant jugé trop dangereux par mes paires, muni ou pas d’un ou de trente-six-mille signes religieux considérés provocateurs par les mêmes abrutis.

    Tout n’est que parti pris et folklore sur cette terre asile!

    La reine avec sa couronne sur sa tronche de travers, le juge avec sa perruque sur son crâne dégarni et la strip-teaseuse avec ses plumes au cul. Tout n’est que spectacle, plutôt! Personne n’est sérieux. Qui donc a inventé la prière?

    Alors?...

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  • Sven (3, à suivre)

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    Sven, Hank Vogel.jpg- Qu’est-ce que tu as à me mater ainsi? me demande-t-elle. On dirait un adolescent timide et complexé qui découvre pour la première fois une gonzesse à poil autre que sa nourrice.

    - Un puceau ultra naïf ou un moine qui a fait vœu de chasteté, je corrige.

    - Comment ça? Déjà, tu ne t’intéresses plus à moi?

    - Au contraire. Je te savoure avec mes yeux de l’innocence. Sans arrière-pensée, sans désir de possession, de soumission, de consommation et de mise à mort. Tel un sculpteur qui se prépare à modeler la statue vivante d’une déesse.

    - Est-ce un compliment?...

    - Oui, je te contemple, je te contemple!... Sais-tu pourquoi j’aime ce mot?

    - Quel mot?

    - Contempler.

    - Aucune idée.

    - Parce que dans contempler il y a temple. L’endroit magique où tous les espoirs sont permis.

    - Mais il y a aussi le préfixe, le terme con.

    - Devant! Comme à l’entrée de chaque lieu sacré où les mendiants sont souvent traités ainsi.

    Soudainement, elle se lève d’un bond et me supplie presque:

    - Allons voir Phara Phrom!

    - C’est qui?

    - Le dieu de la prospérité entre autres. J’aurai besoin beaucoup d’argent avant de partir avec toi...

    Phara Phrom.jpg

    Phara Phrom

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  • Sven (2, à suivre)

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    Sven, Hank Vogel.jpg- Ta mère aussi?

    Un ange passe. Paisiblement. Forcément, nous sommes dans un chambre d’hôtel à La ville des anges, la résidence du Bouddha d’émeraude.

    - Laisse ma mère tranquille! réagit-elle avec une pointe de colère, trente secondes plus tard. Elle ne connaît rien à l’amour, aux hommes, la pauvre. Elle passe presque tout son temps à ramasser des insectes pour les vendre ensuite à des restaurants branchés... On l’a forcée à se marier à l’âge de quatorze ans...

    - Il est vrai que les fourmis ont un goût épicé? je lui coupe la parole.

    - Possible... Moi, j’ai un faible pour les sauterelles grillées... Tu as déjà goûté ça?

    - Une seule fois.

    - Et?

    - Et quoi?

    - Tu as aimé?

    - Bizarrement... Ça m’a fait penser à des cacahuètes sucrées... C’est tout sauf sentimental!

    - Mais de quoi parles-tu?

    - De ta chère maman, pardi!

    - Concernant son boulot ou son mariage?

    - Ses épousailles factices.

    - Tu aurais préféré qu’elle accouche toute seule dans la forêt, comme une adolescente profanée?

    - Elle a été violée?

    - Peut-être. Mais cet éventuel violeur, qui n’est autre que mon paternel, a accepté de l’épouser.

    - Parce qu’on l’a forcé aussi, n’est-ce pas?

    - C’est ce qu’on raconte dans les chaumières. Surtout quand je retourne auprès de mes semblables...

    - Comment est-il?

    - Qui ça?

    - Ton vieux, maintenant. Il est gentil avec elle, avec toi... Il fait quoi dans la vie?

    - Il fait ce que la plupart des hommes asiatiques font.

    - C’est-à-dire?

    - Rien.

    - Sois plus explicite!

    - Pour ne pas être trop méchante, je dirais: il médite vaporeusement du matin au soir et du soir au matin. Et parfois, quand il émerge de son état hypnagogique, il se met à donner des ordres dans le seul but de faire croire aux personnes présentes autour de lui qu’il travaille... Par contre, il est très fort pour soutirer de l’argent à n’importe qui et profiter des gains des autres, spécialement de ceux de sa petite bourgeoise.

    - Un vrai patron, en somme.

    - Un proxénète plutôt!

    Et toi... qui donc profite de toi, ma belle? je culpabilise, en admirant pourtant son si beau corps. Régulier, équilibré, bien proportionné, harmonieux, svelte, d’une douceur extrême... qui sent bon tantôt le jasmin, tantôt la civette...

    Sven (1994), Hank Vogel.jpg

    Sven (1994)

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  • Sven (1, à suivre)

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    Sven, Hank Vogel.jpgL’homme a créé sept merveilles. Dites les sept merveilles du monde.

    Pour rappel: la pyramide de Khéops à Gizeh en Égypte, les Jardins suspendus de Babylone, la statue de Zeus à Olympie, le temple d'Artémis à Éphèse, le mausolée d'Halicarnasse, le colosse de Rhodes et le phare d'Alexandrie.

    Quant à Dieu, notre père bien aimé pour ceux qui l’adorent, par modestie et par goût des formes en mouvement et de l’équilibre, il s’est contenté de n’en créer qu’une seule: la femme.

    Un monstre sacré ou un sacré monstre. Chacun est libre de choisir ce que bon lui semble.

    - A quoi ou à qui tu penses? me demande Sven, allongée toute nue sur le divan en train faire des exercices de gymnastique avec ses jambes.

    - A Ève, je lui réponds, effondré dans un fauteuil en slip de bain.

    - C’est qui?

    - L’épouse d’Adam.

    - Un de tes amis?

    - Loin de là.

    - Je connais?

    - Apparemment non. Ce sont des personnages bibliques.

    - J’aime mieux ça.

    - Serais-tu du genre jaloux?

    - Toutes les Laotiennes le sont. En tout cas, toutes les filles de mon village.

    - Ta mère aussi?...

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