L'escalier de Talpiot (54, à suivre)

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Hank Vogel, L'escalier de Talpiot.jpgLe lendemain matin. Je me réveille en pleine forme. L’humour et le bon sens dans les pantoufles, dirait ma concierge.

Par la fenêtre de ma chambre, je découvre au loin une petite colline. Je pense au Golgotha. Où Jésus fut crucifié.

- Des montres, ces Romains, je chuchote. D’autres les imitent aujourd’hui. Avec fierté et dévotion. Au nom de Dieu et de leur prophète! Comme si l’histoire n’en comptait qu’un seul, les ignorants. Et si cela n’était qu’un cauchemar? Une succession d’illusions diaboliques. La vie serait alors une vraie merveille...

Entre à cet instant Franchesca, portant mes chaussures et mes vêtements dans ses bras.

- Mais à qui parlez-vous encore? me demande-t-elle, un peu inquiète.

- Au roi d’Arabie, je réponds en souriant... Non, à personne, je pensais à haute voix...

- Je préfère, c’est plus rassurant.

Elle dépose le tout sur une chaise et me dit:

- Nous avons préféré les passer à la machine, tellement ils étaient poussiéreux.

- Mes souliers aussi? je lui demande pour rire.

- On a failli... Mais...

Et elle sort de sa poche une amulette en terre cuite et me la donne en m’affirmant sans grande conviction:

- Je l’ai trouvée dans l’une de vos chausses. Ça ne peut être que l’œuvre de vos agresseurs.

Et, allez savoir pourquoi, au lieu de sauter de joie au plafond ou de me jeter à genoux et de crier mille mercis à la Madone, je reste de glace et je poursuis à sa place:

- Ou celle d’une fée.

- Comme la Befani?

- Vous connaissez? Comment se fait-il pour une Australienne?

- Ma mère est Italienne.

- Je comprends tout maintenant.

- Tout?

- Le goût pour la chanson et la bonne cuisine, entre autres...

- Qui vous a raconté mes exploits en cuisine?

- Personne. C’est marqué sur l’amulette. Et d’une clarté phénoménale.

- Vous dites n’importe quoi. Ce ne sont que des griffures.

- Des griffures pour vous. Mais, pour l’archéologue que je suis, c’est un texte en araméen de grande importance...

- Vous plaisantez?

Quelques secondes de réflexions...

 

Lien permanent 3 commentaires

Commentaires

  • Bine le bonsoir Cher monsieur Vogel j'aime bien l'expression du remplissage concernant les pantoufles
    Quand au Golgotha Jésus aurait peut-être aimé avoir un diable pour l'aider
    Il aura fallu que j'épouse un catholique pour savoir tous les bienfaits de ce chariot nommé diable pour soulager son dos ,comme quoi )rire
    Epatante fin de journée pour vous Cher Monsieur

  • Le Golgotha helvétique serait-ce Berne avec ses nombreux Ponce Pilate?

    Belle soirée, chère Lovejoie.

  • Je vous remercie Cher Monsieur Vogel posons la question au Sanhédrin Genevois il a sans doute la réponse !!!!
    J'aime bien juxtaposer les semaines avec les années , nous sommes la 39e semaine avec autant de haine qu'en 39 envers les Juifs
    Toute belle soirée pour aussi Vous Cher Monsieur

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