L'indomptable merdier (4, à suivre)

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 Ceux qui nous gouvernent, ces drôles d’oiseaux, migrateurs pour certains qui ont emporté l’obsédant parfum de leur premier nid ou de leur arbre natal, ont été élus grâce au fait qu’ils se sont inscrits un jour à un parti, le bon, le meilleur pour leur avenir. La chance de leur vie! Car sans ces sectes qui engendrent idées et contradictions, ils ne seraient aujourd’hui que de bizarroïdes sauterelles errant dans les parcs publiques ou les bistrots... Et le peuple les a choisis sur la base de critères vaporeux proches de l’univers des croyances.

 Je m’explique. Je vote pour celui-ci, plutôt que pour celui-là, parce que, consciemment ou inconsciemment, une ou plusieurs choses me plaisent en lui. Son appartenance politique, identique ou très proche de la mienne, son allure, sa gestuelle, sa voix, son sourire, ses yeux, ses mains, ses chaussettes, sa coiffure ou ses fesses...  et bien entendu ses déclarations, mises au goût du jour. Des ramassis de  mots qui me conviennent fortement, même truffés de mensonges, et qui me propulsent dans un monde utopique, le temps d’une larme ou d’une émotion.

 Mais rien ne me garantit que mon candidat préféré, une fois élu, sera capable de gérer ou de participer avec intelligence à l’administration de ma région ou de mon pays. Rien, rien et rien.

 En somme, je vote aujourd'hui comme je flirtais hier, dans ma jeunesse, les soirs d’été avec les étrangères de passage. Sur le banc le plus long du monde, à Genève. Je plongeais les yeux fermés dans les eaux sulfureuses de l’amour... à suivre

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