Un vide trop plein (17, fin)

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 Poussière. Château. Moyen-âge. La peste. Le vol. Le viol. Les soi-disant élus de Dieu et les autres. Succession d’images. Succession de successions. J’ai un grand besoin de voyage. Un voyage littéraire. Au-delà des citadelles. Je veux partir la tête vide et revenir les mains pleines. Pleines de messages. Afin de mettre sur le papier le témoignage d’une société parfaite. Utopie! Comment philosopher avec intelligence? Question sans réponse?

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 Mes désirs sont nombreux. J’aimerais flirter avec Codo. Puis l’aimer corps et âme. J’aimerais mettre une croix sur mes relations avec Genève. Par respect pour Codo. J’aimerais être le personnage d’un conte de fée. Pour elle. Coup de klaxon! Une voiture passe. Un visage me regarde. C’est le visage d’Isabelle, ma première et dernière épouse. Elle m’a tout donné. Elle m’a tout détruit. Et elle continue à me détruire. À cause d’un regard. À cause d’un coup de klaxon. La machine à remonter le temps s’est mise en route. En marche arrière puis en marche avant. Je suis fatigué. J’en ai marre de me perdre dans mes rêveries. Finalement: mes désirs sont trop nombreux. Je ne sais pas ce que je veux.

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 Jean Delarue quitta Genève. En quittant Genève, il quitta Genève, Codo, l’inconnue  de la page 73, ses amis, ses ennemis, visibles et invisibles, son passé, un passé qui revenait sans cesse avec ses fantômes, à chaque coin de rue, dans chaque parc et près de chaque fontaine... Jean avait besoin d’air pur, d’espace, de visages différents, d’idées nouvelles, d’une vie tout autre. Quand Jean quitta Genève, il eut cette dernière pensée: Quand le vide est trop plein, de bruit ou de rien, mieux vaut partir afin de mourir un jour dignement. C’est-à-dire: en mourant solitaire, accompagné éventuellement d’un chat ou d’un chien. C’est-à-dire aussi: en plein silence, le véritable silence, le véritable vide.

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