Un vide trop plein (5, à suivre)

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 On parle pour parler. On déclare pour déclarer. On essaye de croire dans l’espoir de se persuader. Un pied sur terre, l’autre dans les airs. Constamment ici et ailleurs. Adulte, l’homme est un papillon qui rêve encore comme une chenille. La victoire, sa victoire sur lui-même, sur ses préjugés, sur ses craintes, sur ses égoïsmes, est loin d'éclater dans sa cervelle. Le vent de l’éternelle hésitation souffle encore trop souvent à travers les champs de sa conscience. Quelle conscience? La sienne. Uniquement la sienne.

 - Qu’est-ce que vous recherchez exactement? me demande Genève.

 - Exactement, je ne sais pas, je réponds.

 - Mais vous avez une idée?

 - Une vague idée.

 - Exprimez-vous davantage.

 - Disons, je cherche une fontaine aux eaux pures.

 - Afin?

 - Afin de purifier mon âme. Ou afin de vivre autrement.

 - Il faudra chercher longtemps.

 - Pessimiste!

 - Réaliste!... Notre société est une société hostile aux poètes, aux artistes, aux réformateurs ou aux chercheurs comme vous.

 - Je ne cherche qu’une fontaine aux eaux pures. Je ne demande que ça.

 - C’est ça le problème. Ce que demandez est au-delà de tout.

 - Et pourtant c’est si simple.

 - Trop simple et trop compliqué à la fois.

 Les conversations se terminent souvent en queue de poisson ou ne se terminent jamais. Chacun suit son chemin la tête gonflée d’images floues. On rentre à la maison et on ne garde que ce que bon nous semble. Chacun fabrique sa philosophie à son avantage. On récolte le plus et on rejette le moins. Drôle de comportement que celui de l’homme, animal avide de bien-être... à suivre

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