Journal d'un singe (18, à suivre)

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 Quand j'étais petit, j’ai reçu une gifle d’un singe.

 - C’est ce qui vous pousse à écrire ce journal dont le titre est très évocateur, m’a dit un psychologue, il y a quelques jours.

 Pourtant, j’ai reçu d’autres gifles plus monstrueuses, de la part de ma mère (Que Dieu la bénisse!), de la part d’un maître et directeur d’école, un ancien militaire au service de la paix envoyé par la Croix rouge en Corée (Heureusement, il est à la retraite ou mort.), de la part de mon premier amour (Une seule et quelle belle déclaration d’amour!), de la part du gouvernement de mon pays (J’ai brûlé les lettres et effacé de ma mémoire le nom des auteurs, cruels et médiocres.) et bien d’autres gifles de grande et de petite importance... et rien ne me pousse et ne me poussera à écrire le journal d’un giflé.

 Alors, j’ai répondu à cet homme de science, convaincu de sa science, en me grattant la tête:

 - Je comprends maintenant pourquoi mon frère s’est fait circoncire... Dans sa jeunesse, un pasteur, protestant bien entendu, lui avait donné un coup de pied au cul. Et comme mon frère n’aime pas écrire, il s’est exprimé autrement... à suivre

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Commentaires

  • le dernier paragraphe rejoint exactement mes pensées qui dès l'aube m'ont fait écrire ; dés 1920 c'était pour beaucoup de sombres brutes épaisses.
    Les pluies de coups faisaient vraiment partie de l'éducation et votre texte en entier reflète le cas de nombreux instits qui même enseignants recevaient des coups de la part de leur directeur
    Et le mêmes schéma se répéta sur plusieurs générations d'élèves qui pour beaucoup avaient été prévenu par ceux les ayant précédé.Ce procédé dura tout de même de 1920 à 1958
    C'est à croire que les gaz noutarde avaient intoxiqué leur géniteur
    Drôle d'époque tout de même ce qui me fait dire en vous lisant Monsieur Hank ;bienvenue à bord du bateau nommé Silencio par peur de recevoir une raclée supplémentaire sans doute aussi juste pour permettre à ces brutes de se décharger d'une atmosphère lourdes de menaces précédent 39
    très belle soirée pour Vous

  • Chère Madame,

    Le monde n'a pas changé, les brutes se sont seulement déplacées...

    Mais les hypocrites sont toujours sur place et occupent malheureusement des postes importants dans notre société... L'actualité en est la preuve.

    Très bonne soirée, chère Madame.

  • Oui, aujourd'hui ils ne frappent plus, ils tuent en paraphant d'un coup de stylo en bas de page.

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