Mâle dans sa peau (16, à suivre)

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 Tout à coup, je sens le poids d’une main sur mon épaule droite. Effrayé, je me lève d’un bond et je me retourne aussitôt. Killiky est là. Souriante. Elle s’approche calmement de moi et me demande comme si de rien n’était:

 - Je ne vous dérange pas trop?

 - Vous auriez pu me tuer, je lui réponds... Ne me faites plus ce coup-là. Surtout dans un endroit comme celui-ci.

 - Je ne pouvais faire autrement, vous étiez si méditatif, me dit-elle.

 - C’est quoi cette arnaque? je lui demande sèchement.

 - Arnaque?

 - Ce soi-disant rendez-vous.

 Killiky me regarde droit dans les yeux et me dit d’une voix tremblante:

 - N’allez pas en Russie. Pas comme ça. C’est trop dangereux.

 Je tombe des nues... à suivre

Lien permanent 6 commentaires

Commentaires

  • Cher Monsieur en effet elle a raison, n'y allez pas sous risque de vous faire traiter de Cochon de Suisse ,ceci après avoir lu l'info relatée dans de nombreux médias après le coup de théatre d'un jugement devenu caduque suite à l'interpellation d'un gendarme ayant traité de cochon d'étranger un immigré .Désormais que vous soyez cochons ou truies pour autant que l'info soit exacte vaut mieux sans jeu de mot rester chez soi
    On est jamais assez prudent par les temps qui courent,rire
    toute belle soirée pour Vous monsieur

  • Hank, tu n'es pas soudain devenu anti-russe j'espère.

    En tout cas, tu as bien changé en 25 ans qu'on ne s'est pas revus.

    Personnellement, j'ai moins peur de Poutine et de Sotchi que d'Obama avec son écurie de drones et sa cave de cadavres d'ennemis des USA.

    C'est dangereux d'aller en Russie si on n'aime pas son air. On pourrait s'en asphyxier. Il est donc plus prudent de rester dans son bistrot et se faire son propre film.

    Amicalement Bon week-end à toi.

  • Chère Béatrix,

    Je ne suis contre personne, loin de là, j'écris seulement des histoires...

    Deux de mes petits enfants habitent la Russie et deux autres (dont l'un va bientôt naître) les États-Unis... Les voyages forment la jeunesse mais compliquent la vieillesse!

    Amicalement, Hank.

  • Bonsoir Hank,
    Cher Hank, le Double-Genevois.

    Le contexte nous conditionne bigrement.Pardonne-moi cette pointe d'acidité.
    Je suis heureuse d'apprendre que tu sois grand-père plusieurs fois. Le mien (mon fils) vit toujours aux USA, en Californie. Me dit-il que ce n'est plus la Côte d'Azur. Bref, il est toujours perché en haut de San Francisco dans la maison paternelle, épargné des turbulences criminelles et des spectacles de la pauvreté.

    La Russie, je ne la connais pas. Mais j'ai connu dans mon enfance, un immense Russe et son immense Épouse, une vériable Matriochka. Tous deux étaient d'une gentillesse et d'une générosité incroyables. On n'en trouve plus des comme ça!

    Lui, était un véritable artiste-cordonnier, il nous confectionnait, à leur fille et à moi, des souliers à faire pâlir tout le Highwycombe (Dans le Buckinghamshire). ils étaient si confortables... et tellement plus beaux que les souliers anglais, pourtant très réputés. Au bout de quelques années, presque tous les enfants de l'école anglicane de la petite ville portaient des chaussures du "Tsar Russe". C'était le surnom que lui donnaient les Wycombers.

    Les voyages n'ont pas compliqué ma jeunesse, heureusement, ils ont fait le plein de mon coffre à images. Ils me font apprécier la routine d'aujourd'hui, les matins ouatinés des longs hivers de l'Oberland bernois avec café, croissant et... Tribune du Genève tout droit venu de Romandie et The Telegraph, passablement lu par ici. J'aime regarder en image certains souvenirs et des paysages dans le miroir du Brienzersee. L'Afrique du Sud, l'Apartheid jusque dans les UBS bien Suisse, "La seule" Migros de Johannesburg plus que luxueuse et interdite aux Africains noirs; la Chine, Pékin et ses larges avenues emplies de bicyclettes et de vélomoteurs - il n'y avait que de très rarissimes voitures mais aussi l'époustouflant et tragique fleuve jaune; le vaste et silencieux canada, les grand Saint Laurent sur lequel travaillait jour et nuit l'industrie du bois... Des grumes flottant à perte de vue...(il faut aimer la solitude et l'isolement); et bien sûr la France des comptoirs Bordelais dont les activités étaient plus intenses que maintenant, des comptoirs très liés à l'histoire de notre Helvétie Calviniste, et naturellement ses célèbres vins, ses quartiers de dockers et ses prêtres ouvriers...

    Plus récemment, j'avais envie de revoir Aalbek, sa Mer du Nord, gris-argenté jusqu'au ciel où elle s'y confond. J'espère pouvoir le faire avant d'être trop vieille.

    Tiens! Sais-tu que beaucoup de camarades que tu as connus, sont morts?

    J'ai appris que l'incorrigible Michel Viala est mort l'an passé. Lui qui fichait une trouille bleue à l'avocat Denis Payot en le suspendant dans le vide de plusieurs étages du haut d'un immeuble en le tenant par ses pieds. Oui, on a dû vivre des moments très forts avec ces deux jeunes lurons de l'époque. Oui, nos braves pasteurs comme Maurice Graber doivent encore s'en souvenir s'ils sont toujours vivants.

    Nous irons prendre un verre ensemble si la vieillesse ne te l'interdit pas, si tu aimes le vin rouge comme moi, nous tordrons le cou à quelques unes de mes pensionnaires, il me reste encore du Château Margaux et du Pétrus ainsi que du Médoc de mes Crus Privés de 1972. L'occasion de les goûter (je n'aime pas collectionner pour collectionner).

    Nous trinquerons ensemble pour un nouveau bail sur ce paradis terrestre. Si tu le veux bien.

    Bien affectueusement,
    Beatrix

  • Chère Beatrix,

    Mille mercis pour ton commentaire... Mais qui sont donc ces vieux copains qui sont morts? Et où habites-tu actuellement afin que nous puissions boire un verre ensemble à leur éternité? Du bon rouge. Rouge comme le sang de notre éternelle jeunesse!

    Affectueusement, Hank.

  • Bonjour Hank,

    Au lieu de "des camarades que tu as connus, sont morts", je devrais dire "que nous avons connus" en commun.

    Si tu me donnes ton adresse électronique, je te donnerai plus de précisions en privé et une récente photo de moi (pas une vieille de 30 ans d'âge, par ce qu'il faudrait la scanner et pour la plupart, ces photos argentiques (bon marché) sont tellement défraichies qu'on n'y voit plus grand'chose). Tu verras que tout à coup, tout te reviendra comme hier.

    Jusqu'à fin mars, je suis à Genève.

    Bon Dimanche, affectueusement,
    Beatrix

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