L'espionne et moi (31, à suivre) (31/08/2022)

L'espionne et moi Hank Vogel.jpg- A tirer les vers du nez avec ma caméra?

 - Pas directement.

 - Elle n’est ni un scalpel ni un cure dent.

 - Je sais tout ça.

 - Ton smartphone avec son application vidéo ferait largement l’affaire.

 - Je n’ai pas le droit d’en posséder un.

 - Pourquoi?

 - Pour ne pas être localisée.

 - Mais c’est une simple question de réglage.

 - C’est ce que les fabricants prétendent... L’ennemi est partout, même dans une puce électronique.

 - Alors comment tu fais pour tous tes rendez-vous?

 - Tout passe par le standard téléphonique de l’hôtel.

 - Tu as au moins un ordinateur?

 - Pourquoi faire?

 - Pour voir ce qui se passe dans le monde et recevoir des emails...

 - Il m’est également interdit de recevoir et d’envoyer ces types de massage. La moindre trace écrite ou enregistrée quel que soit le support pourrait compromettre mes opérations... Tu trouves cela inquiétant, abusif de la part de ceux pour qui je travaille?

 - Pas forcément. Ça me rappelle la triste époque où les filles ne pouvaient pas aller en pantalon à l’école et les femmes de se bronzer les seins nus à la plage.

 - Tu trouves que c’est mieux maintenant?

 - Pour elles et pour toi: sûrement. Pour moi: nullement.

 - Qu’est-ce qui te fait dire ça?

 - La peur que l’on m’accuse un jour de voyeurisme aggravé, à tort.

 - Si c’est à tort, tu ne risque rien.

 - La  justice est rarement de cet avis. Ou plutôt: les juges et les avocats, qui se prennent presque tous pour des dieux sur terre, sont si souvent compliqués intellectuellement, voire tordus, qu’ils rendent les situations simples à leur image qu’un coupable a plus de chance de s’en sortir qu’un innocent d'un tel imbroglio...

 - Alors?... Veux-tu me seconder pour changer le système?

 - Notre société n’a plus aucune chance de s’améliorer. Car elle va droit dans le mur à la vitesse grand V. Surtout depuis que les espions de ton genre rodent partout avec la  bénédiction des autorités. 

 Louise se caresse la joue gauche. Puis elle  m’apprend avec un sourire narquois:

 - Sauf peut-être à Rhodes où ta chère maman, agent double malgré elle, soupçonnait son beau-frère maltais de vendre des chars d’assaut aux arabes et non pas des tracteurs comme il prétendait, n’est-ce pas?

 Et elle me balance une magistrale gifle qui me fait perdre connaissance...

23:06 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |